BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE

lundi 17 février 2020

Blanrue en citations. Extraits de l'Avant-propos du "Livre noir des manipulations historiques" (Fiat Lux, 2017), qui en est à sa seconde édition.

432 pages, 45 chapitres, 3 annexes, 23 euros

         "Cet ouvrage, réalisé au cours du printemps 2017, est constitué pour partie d’une réédition de L’Histoire dans tous ses états (collection zététique, Valbonne, 2003), un livre aujourd’hui épuisé et dont j’ai acquis les droits, et de pages publiées dans des journaux aux lignes éditoriales différentes, voire opposées. Que le lecteur en juge, on y trouve pêle-mêle des articles parus dans Historia, Le PointRivarolCharlie HebdoScience ExtrêmeLe Crapouillot ou encore Bourbons magazine !
Je m’empresse de préciser la satisfaction que j’ai à contempler aujourd’hui la diversité de ces supports. Ce qui m’intéresse, en premier lieu, c’est de pouvoir publier le résultat de mes recherches. Publish or perish !, telle est la règle adamantine du métier d’écrivain. Un manuscrit resté dans les tiroirs est perdu, sauf à croire en la sainteté de nos veuves, mais l’exemple du Journal de Jules Renard en partie brûlé par son héritière nous a rendus sceptiques !
Les idées politiques et philosophiques de mes diffuseurs ne m’intéressent guère, du moment qu’ils me permettent de publier ce que j’entends, sans me caviarder.
Il n’est pas dans l’obligation d’un journal ni d'une maison d'édition d’accepter des lignes qui peuvent mettre sa direction en péril, ses lecteurs ou ses chers actionnaires dans l’embarras ; il en faut plus pour me choquer. C’est pourquoi le mauvais sujet que je suis a aussi souvent que possible changé de média pour emprunter une voie que Montaigne eût définie comme étant « à saut et à gambade ».
Un éditeur de tempérament royaliste, avec qui je partageais une admiration pour les Capétiens, me permit, il y a belle heurette, d’éditer mes découvertes originales sur le comte de Chambord, fruit d’un mémoire universitaire, que des maisons classiques avaient refusé pour des motifs idéologiques qui fleuraient bon les « valeurs républicaines », bien que la pénible expression ne fût pas encore en vogue. Ce brave homme, en revanche, se montra incapable, pour des raisons doctrinales et par peur des mauvais retours de ses clients, de publier le fruit de mes travaux concernant le Suaire de Turin. Lequel ouvrage fut édité, ni une ni deux, par une maison communiste en coédition avec des « catholiques de gauche », puis, dans une autre version, par une maison ayant pignon sur rue du groupe Flammarion, nommée Pygmalion. Cette version réputée sérieuse me vaudra malgré tout d’être déprogrammé de l’émission « La Foi prise au mot » de la chaîne religieuse KTO, comme quoi il est vain de croire que la censure n’est exercée que par les commissaires politiques d’un seul bord !
Mon Anthologie des propos contre les juifs ne put être publiée, quant à elle, que par un éditeur connu pour ses collections érotiques et, surprise, nul autre que l’écrivain-réalisateur-chroniqueur télé Yann Moix, de l’écurie BHL, un garçon sympathique avec qui je n’ai aucun atome crochu d’ordre politique mais auquel je m’étais lié d’amitié à Paris, n’a accepté d’en établir la préface pour quelque modique somme qui faillit faire succomber l’éditeur d’une crise cardiaque.
Citons mon opus sur le trader Jérôme Kerviel, paru dans la maison de Bertil Scali, dont la devise aurait pu être « sex, drugs and rock’n’roll ! » ;  sa tournure d’esprit ne m’a pas empêché d’être le premier à annoncer la coresponsabilité de la Société Générale dans ce scandale national et de prévoir la crise financière de septembre 2008 six mois avant les « experts » de la presse officielle, à la grande joie du chroniqueur Paul Wermus, organisateur d’un joyeux débat entre l’un d’eux et moi à l’hôtel Lutétia pour VSD.
Quant à mon Sarkozy, Israël et les juifs, je fus contraint d’aller le faire éditer en Belgique où il dut patienter de longs mois en couveuse avant d’être distribué en France, le premier diffuseur ayant, sans explication mais la trouille au ventre, manqué à son plus élémentaire devoir, celui de le présenter à ses futurs lecteurs !


Toute ma vie éditoriale est ainsi faite ! Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, je trouve ma situation révélatrice de la mentalité contemporaine, sorte de brouet composé de couardise semi-liquide et d’opportunisme petit-bourgeois ultra-fragile.
         Il est sûr que, n’appartenant, de mon plein gré, à nulle écurie, ne professant pas d’idéologie référencée dans les encyclopédies, fuyant les cocktails parisiens et désirant rester un pur-sang non dopé à la moraline d’une société entrée en dissolution, je dois, pour chaque course, me trouver une casaque nouvelle. Je suis et reste un solitaire, un franc-tireur menant une vie de réfractaire, de préférence sur les îles (Venise, Rhodes, Cuba, la Corse, Saint-Honorat !), une sorte de Juif errant de l’écriture. Allergique à l’embrigadement intellectuel, à la pression sociale, me battant contre l’uniformité et le grégarisme, refusant de suivre les chemins tracés, dynamitant les carcans de la grande machine à décerveler sans me laisser intimider par l’ingérence des intérêts et des idées d’autrui, je ne peux pas me plaindre du sort qui m’est réservé.
Dois-je m’en réjouir ? Cet isolement professionnel m’a valu des déboires dans ma vie sociale. Il est difficile de rester en place avec une telle mentalité, dans un tel environnement ! Rester libre, implacable et lucide, singulier, « différencié » comme disait Julius Evola, c’est prendre en toute occasion le risque de déplaire, c’est accepter d’avance la ruine qui vous tend les bras. Il est vrai que j’ai l’audace de partager l’option de Sacha Guitry, dont la seule prétention, lançait-il crânement, était « de ne pas plaire à tout le monde », car « plaire à tout le monde c’est plaire à n’importe qui ». L’essentiel est de n’être « lié à aucun maître » (hourra Horace !) et de « persister dans sa bizarrerie » (merci, Baudelaire !).
(...) Car, oui, la question se pose, cruelle : comment, aujourd’hui, un auteur peut-il rester indépendant, digne de respect, dire et hurler ce qu'il pense sans compromis à ceux qui lui font l'honneur de le lire ? Je n’en ai pas la réponse, hélas, mais j’y parviens tant bien que mal, au cas par cas, en vertu de mes talents de slalomeur.
Dans Le Monde du 29 août 2015, informé de mon éviction discrète d’Historia et des difficultés croissantes que j’avais à trouver éditeur (et, simplement, à survivre au jour le jour !), notamment du fait d’une pétition contre la loi Gayssot que j’avais lancée quelques années plus tôt suivie d'un documentaire vidéo peccamineux consacré à quelque notoire faussaire, le journaliste Laurent Telo m’a signalé comme « censuré à perpétuité ». C’était bien trouvé !
Lors de la sortie de ce documentaire honni et pourtant légal, les mercuriales des sycophantes me sont en effet tombés sur la tête comme une pluie d’enclumes que m’aurait envoyée Vulcain ! On aurait voulu me pousser au suicide qu’on ne s’y serait pas pris autrement ! Heureusement, je suis habitué à ce qu’on déblatère sur mon compte, un compte largement créditeur en terme d’insultes et de sermons ne servant de rien, puisque j’y suis imperméable depuis ma prime enfance : « Ça entre par une oreille, ça sort par l’autre ! », j’ai entendu cette rengaine toute mon enfance, je ne vais pas me priver de la reprendre à mon compte lorsque j’ai atteint le demi-siècle ; cet écolier de dix ans qui n’écoute rien d’autre que son cœur et ce que lui dicte sa conscience, c’est toujours moi.
Durant ma vie, on m’a tour à tour qualifié d’auteur ultra-monarchiste, d’historien hyper-rationaliste, de militant athée stalinien, de fascisto-nazi-nauséabond, de propagandiste musulman fanatique (forcément payé par l’Iran), de publiciste catho-tradi, j’en passe et des meilleures. Il n’y manquait plus qu’écrivain antisémite ! Depuis, j’ai appris d’autres choses encore sur ma propre vie, et des terribles, des atroces ! N’importe ; les lecteurs jugeront si ce livre, fruit de trente ans d’études, est une ode au complotisme et à je ne sais quel « confusionnisme » selon le barbarisme à la mode, ou bien s’il a rempli sa mission de démystification tous azimuts.
Viendra le temps où il me faudra écrire une autobiographie dont le titre pourrait être Les Confessions du Diable. Je le confesse, mea culpa, je n’ai jamais été un bourgeois salarié et ma seule ambition a toujours été d’être plus libre que la moyenne de mes semblables, à commencer par ceux qui brandissent le drapeau noir de l’anarchie sur les plateaux télé pour se donner le frisson et faire semblant d’exister. Ma liberté fait des jaloux, est-ce grave ?
En attendant, les meilleurs de mes zoïles, comme (mais oui !) The Time of Israel, s’apercevant de la difficulté qu’il y a à me ranger dans une case fût-ce la case prison, m’ont placé dans la catégorie des auteurs aux « ambitions étranges », une sorte d’inclassable, à quoi je réponds préférer le terme « d’irrécupérable », qui ne permet nulle sorte d’étiquetage et de poursuivre ma route sans être mal accompagné. 
Lecteurs, rangez mes livres sur l’étagère de votre bibliothèque qui vous agrée, mais de grâce n’étiquetez pas leur auteur comme un vulgaire produit des magasins Leclerc ! Laissez-lui sa liberté de recherche et permettez-lui de vous en fournir, avec pertinacité et le maximum d’honnêteté dont il est capable, les résultats auxquels il a abouti, que ceux-ci aient ou non leurs entrées dans le salon philosophique que vous fréquentez !

On l’aura compris, mes maisons d’édition varient en fonction de leur capacité à publier mes livres, à raison de leurs propres normes idéologiques et de leur liberté financière, non en fonction de ce que je pense et de ce que je découvre. Ce n’est pas un hasard si je passe une partie de ma vie à Venise, la ville du premier ghetto, la cité des labyrinthes, des masques, des reflets et des miroirs cachés ; il faut savoir manœuvrer une gondole et maîtriser les eaux pour naviguer dans les canaux de cet univers impitoyable qu’est l’édition !
(...)"

Paul-Éric Blanrue

À COMMANDER ICI !

lundi 13 janvier 2020

Roger Scruton est mort (1944-2020). Vive Roger Scruton !


Hier, décès du philosophe britannique Roger Scruton survenu à l'âge de 75 ans.
Extraits de son livre De l'urgence d'être conservateur:



"C'est dans la famille, dans les clubs et les sociétés locales, à l'école, sur le lieu de travail, à l'église, au sein d'une équipe, à l'armée et à l'université que les hommes apprennent à interagir ensemble comme des êtres libres qui prennent la responsabilité de leurs actions et rendent des comptes à leurs voisins. Lorsque la société est organisée d'en haut, soit par le gouvernement vertical d'une dictature révolutionnaire, soit par les règlements impersonnels d'une bureaucratie obscure, alors la capacité à rendre des comptes disparaît de l'ordre politique autant que de la société. Un gouvernement vertical nourrit l'irresponsabilité des individus et la confiscation de la société civile par l'État mène à la diffusion du refus, parmi les citoyens, d'agir pour et par eux-mêmes."


"Le conservatisme est la philosophie de l'attachement. Nous sommes attachés aux choses que nous aimons et nous souhaitons les protéger du déclin."


"Il est une personne plus importante que la majorité, celle qui est en désaccord avec elle. Nous devons protéger cette personne. Elle est celle qui peut soulever la question à laquelle la foule est sourde, celle de savoir si la majorité est dans le vrai."



"Si votre budget provient de l'État, vous voterez pour l'homme politique qui promettra de l'augmenter. De cette façon, les partis de gauche sont parvenus à compter sur le vote de certains groupes en payant ces votes avec les impôts de ceux qui votaient pour leurs opposants."



"Lorsque plus de la moitié de la population est à la charge de l'État, comme en France aujourd'hui, la richesse nationale est dans les faits confisquée à ceux qui produisent et transférée vers une bureaucratie qui la distribue."



"C'est seulement lorsque les hommes disposent du droit de propriété et peuvent échanger librement ce qu'ils possèdent contre ce dont ils ont besoin qu'une société d'inconnus peut réussir à se coordonner au plan économique."




mardi 17 décembre 2019

Disparition de Bertrand Lemennicier (1943-2019), un grand économiste qui fut aussi un fervent libertarien.



"Ce n'est pas à une majorité de députés de dire quelle morale est la meilleure et de l'imposer par la force."

Bertrand Lemennicier


"Le respect du droit de propriété sur soi devient le critère par lequel on juge du « bien » et du « mal ».
Tout acte qui entraîne la violation du droit de propriété d’un individu sur lui-même et sur ce qu’il a acquis justement est un acte « injuste », « malhonnête » ou « mauvais ». Tout acte qui ne constitue pas une violation de ce droit est au contraire « juste » ou « correct » ou « honnête » ou « bon ».
Le respect du droit de propriété sur soi est le moyen par lequel on rend compatibles les diverses morales. De la cohérence et de l’universalité de ce droit de propriété sur soi émerge une éthique « objective » qui guide les actions individuelles. L’échange volontaire de ces droits de propriété pour les placer dans les mains de ceux qui savent en faire une meilleure utilisation signifie que le principe du consentement joue un rôle essentiel comme guide de l’interaction individuelle.
La notion de consentement, conjointement avec le droit de propriété sur soi, n’exclut pas certains « vices » (faute, erreur ou contrainte), ni certains problèmes d’interprétation, mais, en tant que guide des actions individuelles, elle a une force qui vient de son caractère universel, de sa cohérence et du fait qu’elle rend compatibles entre elles les diverses morales.
C’est avec ces deux principes simples que l’économiste peut pénétrer en position de force dans le domaine de la philosophie morale."


Bertrand Lemennicier


 "La fragmentation des États n’est pas une nouveauté, c’est même la caractéristique fondamentale de la fin du siècle dernier et du début du siècle dans lequel nous vivons. La majorité des États dans le monde ont une petite taille depuis que les grands empires ont implosé soit naturellement, soit à la suite des guerres d’indépendance.
Le nombre d’États en 1950, membres de l’ONU, était de 51. En 2012, cette organisation reconnaissait 197 États souverains. La taille moyenne des 9 pays les plus riches au monde, mesuré en PIB par tête et parité de pouvoir d’achat en dollars (PPA), est de 3,8 millions d’habitants. Parmi les 27 États de l’Union Européenne, 16 ont une superficie inférieure à 100 000 km2, 22 ont une population moyenne de 7,2 millions d’habitants....
La question qu’ils devraient se poser est : pourquoi les hommes politiques s’opposent-ils à cette évolution ? La raison en est simple : la fragmentation et/ou la sécession modifie(nt) la taille et la valeur de la productivité de la population, donc la base fiscale et le montant de l’impôt prélevé. Elles modifient l’extraction des rentes liées aux ressources naturelles du domaine public (puits de pétrole), le montant des profits tirés des monopoles publics (la monnaie) et la base fiscale sur laquelle l’impôt est prélevé. Une grande partie de tous ces revenus, dont vivent les élites politiques et les clientèles qui les ont portées au pouvoir, se contracte drastiquement
Penser radicalement la sécession veut dire penser la véritable nature du pouvoir et en particulier celui du pouvoir de taxation."

Bertrand Lemennicier

"Les individus rationnellement ignorants forment leurs opinions en se conformant aux croyances des autres soit pour conforter leur jugement personnel ou leurs informations privées (cascades d'information), soit par conformisme pur. Il se peut même que les individus n'hésitent pas, s'il le faut, à afficher de fausses croyances, pour ne pas être ostracisés par les autres (cascades de réputation). Les activistes des groupes latents manipulent le processus de formation des croyances pour faire émerger une opinion majoritaire sur un problème spécifique. Grâce à cette opinion majoritaire ils vont pouvoir faire pression auprès des hommes politiques pour obtenir une réglementation et des subventions à leur propre profit dans le but de protéger le groupe latent dont ils prétendent être les représentants. Ce sont les nouvelles formes d'action collective ou le politiquement correct remplace la violence physique ou le piquet de grève."

Bertrand Lemennicier


"On ne peut nier le besoin qu’ont les individus d’appartenir à un groupe (celui des homosexuels), à un clan (celui des Siciliens), à un club de football (celui de Marseille), à une société de pensée secrète (celle de la Franc-maçonnerie), ou au contraire transparente (celle du Mont Pèlerin), à des communautés (juive, musulmane, corse, bretonne) ou encore à des corps professionnels (les militaires, les enseignants, les compagnons de Lyon ou de Paris, les confréries vinicoles) ou une association d’usagers (les contribuables associés) ou charitable (Le Rotary Club).
Les services rendus par ces groupes sont éminents : réputation, entraide en cas de difficulté, information privilégiée, recrutement pour un emploi, avancement dans la carrière professionnelle, réseau d’influence sur l’opinion, groupe de pression auprès des pouvoirs publics etc. Tous ces groupes répondent à la définition de notre auteur.
Il ne faut pas non plus se méprendre sur le sentiment d’appartenance. On n’appartient pas à une nation ni à un territoire, ni à un État, qui sont des non existants sans aliéner son libre arbitre et sa condition d’être humain en tant qu’être humain.
Un territoire nous appartient au sens où des droits de propriété sont parfaitement définis sur les terres qui le constituent et dont on peut exclure autrui. On est propriétaire de son territoire et copropriétaire des parties communes à un ensemble de territoires adjacents parce qu’ils sont tangibles même si les services qu’ils rendent sont subjectifs.
Mais que veut dire être propriétaire d’une Nation c’est-à-dire d’un agrégat d’individus, s’il n’est pas incorporé dans un territoire et si l’esclavage privé ou publique est exclu ? Cela ne veut rien dire.
Toute cette discussion autour de ces concepts n’intéresse pas normalement les hommes au pouvoir tant que l’on obéit servilement aux ordres et lois qu’ils passent et que l’on accepte de sacrifier pour eux nos vies (conscription) et nos revenus (impôts).
En revanche, dès qu’ils sentent une montée de la désobéissance civile, un scepticisme sur leur capacité à offrir le paradis sur Terre à quelques élus de l’ascenseur social, ils s’inquiètent et commencent leur propagande autour du concept de Nation.
Ce qui prouve a contrario que l’émiettement du sentiment national et la fragmentation des États Nations a pris corps dans la réalité sociale par nos actions « d’incroyants » en la Nation et qu’ils essaient d’endiguer un mouvement qu’ils ne maîtrisent plus, ce qui en soi n’est pas une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui aspirent à une alternative aux États-nations d’aujourd’hui.
N’oublions pas que ces États-nations utilisent toujours le sentiment national comme levier émotif pour nous faire accepter l’inacceptable : la violation de nos droits « naturels et imprescriptibles que sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression » (Article 2 de la déclaration des droits de l’homme de 1789 au préambule de la Constitution de la Cinquième République)."

Bertrand Lemennicier

samedi 30 novembre 2019

Centenaire de Lino Ventura (1919-2019), anarchiste de droite pour qui "la politique avilit l'homme".


"Lino Ventura est mon acteur français préféré. 
Dès que je rentre au Colorado, je le visionne."
James Ellroy (lien)


"Je suis assez désabusé en ce qui concerne la politique, et même inquiet. Je veux dire qu'aujourd'hui tout est mensonge, c'est à celui qui mentira le mieux, avec le plus de charme possible. Une phrase me hante à ce propos, celle de Soljenitsyne qui a écrit : "La politique avilit l'homme". 
Quand je regarde les hommes politiques évoluer je ne peux pas m'empêcher de penser à des pantins. J'ai peu de considération pour eux, à part quelques êtres exceptionnels. Les hommes politiques devraient se rendre compte qu'à force de politiser et de parler un langage politicien, ils sont en train, autant qu'ils sont, de se discréditer. Et j'ai l'impression qu'ils ne nous parlent pas comme à des adultes mais comme à des tarés, c'est quand même très grave ! La politique, je la subis donc comme tout le monde. Elle m'entame comme tout le monde."

Lino Ventura (1981)


"Je refuse de me culpabiliser en disant que tout ça c'est de ma faute. Moi je n'y suis pour rien. Je n'ai pas de leçon à recevoir. Parce qu'un type a commis un crime d'un seul coup c'est moi qui suis le coupable, moi la société ! C'est un laxisme, une facilité qui me déconcerte complètement. Je ne comprends pas ce processus de pensée : de faire en sorte que c'est moi qui suis coupable parce qu'un type a tué ! J'ai assisté il y a quelques années sur la Côte d'Azur à un crime effroyable commis par un homme sur une jeune femme de 22 ans. Un crime ignoble. Or 48h après, dans les journaux, on ne parlait pratiquement plus de la victime. On ne parlait plus que de ce "pauvre jeune homme" qui était perdu dans cette société qui l'avait amené à... Moi j'avoue : je ne comprends pas."

Lino Ventura (1982)



vendredi 22 novembre 2019

Scandale Yann Moix : ça bouge en Israël !


Voici une interview EXCLUSIVE du chercheur israélien Nissim Amzallag de l'Université de Beer-Sheba, qui a transmis à Paul-Éric Blanrue les numéros d'USHOAHIA impossibles à se procurer en France depuis plus de 20 ans.
Il a récemment porté l'affaire auprès de l’Observatoire de l’antisémitisme israélien, qui dépend du ministère chargé des relations avec les communautés juives du monde, et a alerté deux Instituts de recherche sur l’antisémitisme contemporain : l’Institut Kantor de l'Université de Tel Aviv et l’Institut Vidal Sassoon de l'Université hébraïque de Jérusalem.
"Nous sommes confrontés à une véritable soûlerie du sang, une joie, un délire pogromiste", déclare-t-il.
Il fustige les réseaux de BHL et le gang d'Hanouna, et décrypte l'affaire, vue d'Israël.
"La connivence, le soutien dont bénéficie Yann Moix de la part de certaines personnalités de la communauté juive, je trouve cela extrêmement grave ! Si une figure juive de la lutte contre l’antisémitisme telle que Bernard-Henri Lévy - ou d’autres car il n’est pas le seul - pardonne à Yann Moix et considère que "Ushoahia" n’est qu’une erreur de jeunesse, c’est inventer une forme "d’antisémitisme casher" ! Autrement dit : à partir du moment où un antisémite - ou quelqu’un que l’on est en droit de suspecter de l’être encore ­­- demande pardon et défend Israël, son antisémitisme devient-il acceptable, tolérable ? BHL et ses complices sont en train d’inventer une nouvelle procédure d’acquittement moral où il suffirait d’exécuter quelques pirouettes contrites et judéophiles pour se faire exonérer d’avoir eu - ou d’avoir encore - l’âme d’un monstre ! C’est inacceptable !"
Du lourd, dirait Naulleau ! Du très très lourd...





mardi 5 novembre 2019

"USHOAHIA", LES INÉDITS RACISTES ET ANTISÉMITES DE YANN MOIX ENFIN EN VERSION COMPLÈTE !


Cachés au grand public durant des années, secrets inavouables de la jeunesse de Yann Moix, ces écrits interdits sont enfin dévoilés !

Un chercheur israélien de l'université Ben Gourion de Beer-Sheva, s'étonnant que la presse française n'ait donné qu'un léger aperçu des horreurs antisémites et racistes que Yann Moix a jadis commises, nous transmet l'in-té-gra-li-té des trois n° d'Ushoahia. 

Dans un mot, il nous écrit: "Voici les pamphlets antisémites produits par Yann Moix. Consternant. Plus consternant encore est de voir comment l'abject contenu est évacué ou minimisé par les journalistes et invités qui en discutent sur les plateaux."

Grâce à son aimable concours, ils sont désormais, pour la première fois de l'histoire, en libre accès, à ces adresses, au grand complet, sans retouche ni censure : 
BHL a écrit que Yann Moix avait été antisémite dans sa jeunesse. Pour une fois, il sera difficile de ne pas être d'accord avec lui. C'est maintenant au public de se forger son opinion en toute connaissance de cause, en parcourant avec dégoût cette centaine de pages immondes.





dimanche 8 septembre 2019

Anarchie et monarchie.


"Durant ces mêmes années, tandis que j’écrivais dans la Feuille d’Information légitimiste d’Hamiche, je collaborais régulièrement à  L’Homme libre de Marcel Renoulet, ancien secrétaire du militant pacifiste Louis Lecoin, la plus vieille revue anarchiste française, qui se réclamait de Friedrich Nietzsche et de Max Stirner. 
J’avais ainsi, du pouvoir politique, développé la même vue que celle de Salvador Dalí : « Je suis monarchiste et anarchiste. Monarchiste pour que notre anarchie, celle d’en bas, soit protégée par l’ordre d’en haut. » 
Trente ans plus tard, je n’ai pas varié d’un iota dans ce domaine, à ceci près que, l’instauration d’une monarchie est moins que jamais possible en raison de l’apathie générale et de l’écrasante mécanique étatique. 
S’il devait émerger un roi aujourd’hui, il devrait être propriétaire de son domaine, afin d’y faire régner le droit privé, comme le soutient Hans-Hermann Hoppe - et cela ne pourrait se faire que dans de petits États sécessionnistes, où les citoyens seraient égaux en droit."


Paul-Éric Blanrue, Sécession. L'art de désobéir (Fiat Lux, 2018) COMMANDER ICI !

Vue du Liechtenstein, modèle d'avenir pour Blanrue

mardi 27 août 2019

Négationnisme : le nouveau mensonge énormissime de l'incurable Yann Moix !



Le romancier n'a pas seulement dessiné des caricatures antisémites. Contrairement à ce qu'il affirmait lundi à L'Express, il a également écrit des textes négationnistes.

Yann Moix a menti. Confronté aux trois numéros d'Ushoahia, un journal amateur de tendance négationniste auquel il a participé à l'âge de 21 ans, en 1989-90, le romancier a assuré lundi à L'Express qu'il n'était responsable "que" des dessins antisémites, mais qu'il n'était en aucun cas l'auteur des textes extrêmement violents et révisionnistes qui les accompagnaient. Il disait aussi avoir réalisé originellement ces illustrations en vue de les proposer au magazine Hara-Kiri du professeur Choron. 
Tout juste reconnaissait-il avoir recopié à la main, car son écriture était plus lisible, le long texte antisémite d'un autre membre de l'équipe pour le numéro un d'Ushoahia. Une tirade dans laquelle Anne Sinclair, Bernard Henri-Lévy et André Glucksmann sont traités de "sodomites sionistes" et qui prétend que les camps d'extermination "n'ont jamais existé". Mais il l'assurait à L'Express : "Je me suis strictement borné à faire les dessins. Je n'ai participé à aucun texte." 

Un long manuscrit signé Yann Moix


En réalité, Yann Moix est bien l'auteur du texte cité ci-dessus et de nombreux autres. L'Express en a retrouvé le manuscrit original. Il s'agit d'une volumineuse liasse de feuilles numérotées, datées des années 1989 et 1990, et adressées à une certaine "Marie". L'ensemble se présente sous la forme d'un mélange de lettres à cette jeune femme, de chapitres de romans, de dessins, de pastiches, etc. Moix appose d'ailleurs sa signature au bas de certains feuillets. 




La première page du long manuscrit de Yann Moix contenant certains textes publiés ultérieurement dans Ushohaia.
CP

Or, à la page 98 de ce manuscrit, on retrouve des passages entiers de textes violemment antisémites qui seront publiés dans Ushoahia. Il y est question de BHL, "ce youpin dont le crâne n'a hélas pas été rasé par les amis d'Adolf". Plus loin, on peut lire : "Chacun sait, ô Marie, que les camps de concentration n'ont jamais existé." 
Les six pages suivantes sont constituées d'un conte macabre dans lequel un Juif tente de négocier une ristourne sur les tarifs de train pour Buchenwald. Ils sont illustrés par les dessins antisémites qui seront publiés eux aussi dans Ushoahia. On peut donc fortement douter que ces illustrations aient été destinées à Hara-Kiri, comme le prétend Yann Moix pour sa défense. 
Ce conte antisémite sera repris à la ligne près dans le numéro 1 d'Ushoahia. Yann Moix s'est en fait contenté de photocopier son manuscrit original pour le publier. Il a seulement effacé à trois ou quatre reprises les références à "Marie", qui devenaient incompréhensibles dans une publication, et les a remplacées par des "Voilà" ou "vous voyez"... 


La version originale du manuscrit de Yann Moix.
CP

Et la version modifiée publiée dans Ushoahia. CP

On retrouve également dans ce manuscrit la longue et violente lettre ouverte à Jean-Luc Godard, publiée quasiment mot pour mot dans Ushoahia. Bref, à l'évidence, Yann Moix est l'auteur de nombreux textes de cette publication. 

Rapport compliqué à la vérité

À vrai dire, il semblait étrange que le romancier, qui se décrit dans Orléans comme un graphomane impénitent à 20 ans, ait pu participer à une revue étudiante composée de trois membres au maximum, sans y écrire une seule ligne. En avouant être l'auteur des dessins, il semblait faire son mea-culpa. En réalité, il cachait peut-être l'essentiel.  
Ce mensonge d'un homme de cinquante ans jette évidemment une nouvelle lumière son rapport à la vérité, déjà au centre des violentes polémiques familiales entourant la parution de son dernier roman, Orléans. Nul doute qu'il devrait s'en expliquer lors de son passage comme invité samedi à On n'est pas couché, l'émission de Laurent Ruquier, dont il fut chroniqueur.
Contacté par L'Express, Yann Moix n'a pas souhaité s'exprimer. 

Par Jérôme Dupuis, 

Article issu du site de L'Express.

lundi 26 août 2019

Moix : les années négationnistes.

Les savants lecteurs de Sécession étaient informés depuis un an de ce drôle de mensonge qui a duré 30 ans. 
Ce qui est significatif c'est que, interrogé sur cette nouvelle affaire, Yann Moix prétende que seuls les dessins de la revue Ushoahia sont de lui.
INCURABLE : même pris la main dans le pot à confiture, il continue de mentir ! 
Qui est ce monsieur qui ose moraliser péremptoirement depuis tant d'années ? 
D'où tire-t-il sa légitimité à qualifier les uns et les autres de complotistes ? 
Il est temps de démêler l'écheveau de l'imposture moixienne. L'Express jette les premiers jalons ICI. Ce n'est qu'un début !

Dessin de Yann Moix 1989-90



dimanche 25 août 2019

Yann Moix, menteur pathologique.

Yann Moix, enfant martyr ? Tu parles ! Dénouement : le bourreau c'était Yann Moix. Celui qu'il décrit dans son roman comme étant son père, c'était lui. Celui qu'il décrit comme étant lui, c'était son frère. Lisez cette émouvante et détonnante lettre de son frère Alexandre qui remet les pendules orléanaises à l'heure dans Le Parisien.
Moix menteur pathologique : ça n'étonnera pas les lecteurs de Sécession !



Extraits de Sécession, Fiat Lux, 2018 :


"Après la publication d’une première liste de signataires, nous eûmes à faire face à deux défections. Mgr Gaillot nous demanda d’ôter son nom. Le prélat gauchiste ne chercha pas à nier avoir subi des pressions de groupes opaques et s’en excusa platement auprès de nous. Moins correcte fut l’attitude de Yann Moix, qui était un ami (très) intime depuis le début des années deux mille. Après avoir signé crânement le texte en connaissance de cause, il fut pris d’une subite crise de panique et se désista sans m’en avertir, m’accusant, qui plus est, de l’avoir fait tomber dans un piège ! Misérable petit sacripant !


Sur le site de La Règle du Jeu, la revue de son mentor BHL, ce ladre déclara qu’il ignorait que le nom de Faurisson apparût sur la pétition et qu’en conséquence il ne pouvait moralement y figurer. Je réagis sur mon blog en prouvant qu’il mentait comme une brassière. Deux journalistes du Monde.fr, spécialisés dans la traque des extrémistes de droite, réels ou supposés, menèrent une enquête et parvinrent au même résultat que moi en utilisant Google-cache, la mémoire du moteur de recherche. Moix venait d’être pris la main dans le pot à confiture cyanurée ! 



Le pire c’est que Moix connaissait Faurisson depuis longtemps. Depuis son enfance orléanaise, de fait. C’est une information classée « secret défense » qu’il a soigneusement cachée à tout le monde. Son médecin de famille était en effet l’époux d’une sœur de Faurisson, qui venait régulièrement déjeuner le dimanche chez ses parents, lorsqu’il était gamin. Par la suite, lorsqu’il fit ses études supérieures, Moix crut original de rédiger à la main, avec maintes caricatures qui ne plairaient point au CRIF, une revue intitulée Ushoahïa, le magazine de l’extrême, qui s’inspirait de l’émission de Nicolas Hulot mais surtout de l’album de bandes dessinées Hitler = SS de Jean-Marie Gouriot et Philippe Vuillemin, et des thèses faurissoniennes. C’eût été catastrophique pour sa réputation et sa carrière si cette anecdote était éventée ! Il fut tellement épouvanté qu’on découvrît l’existence de sa farce estudiantine de mauvais goût qu’il courut à plat ventre l’avouer par prévention à son éditeur Jean-Paul Enthoven et à BHL. On imagine leurs bobines à cette occasion – et on se doute de l’estime qu’ils portent désormais à leur poulain en leur for intérieur. On sait aussi par la peau de quelle partie de son anatomie ils le tiennent !



C’est à cette époque que je conseillai à Moix de se faire passer pour un descendant des marranes, ces juifs espagnols convertis de force au catholicisme sous l’Inquisition et qui avaient continué à pratiquer le judaïsme en tapinois. C’est une fable très pratique pour se défausser en cas de polémique qu’il sert aujourd’hui encore à qui veut l’entendre, sans être démenti puisque nul ne mène d’enquête sérieuse sur lui. 



Avant le lancement de la pétition, j’évoquai un moment l’idée d’écrire un livre sur Faurisson en le considérant comme un homme, oui, un homme, avec ses qualités et ses défauts. Je m'en étais ouvert à ce cher Yann, avec lequel je discutais très librement de tous ces sujets (il est amusant de relire aujourd’hui nos textos et nos mails dûment conservés par prudence). Il m'avait proposé de présenter l’idée à Philippe Sollers, pour lequel j’éprouve une certaine admiration. Yann m’avait assuré que l’auteur de Femmes serait intéressé par la publication d’un livre de ce genre dans la collection L'Infini qu’il dirigeait chez Gallimard. Après le succès des Bienveillantes de Littell, la voie était ouverte pour une telle expérience littéraire. Mais avec le Vénitien Sollers, rencontré au bar de l’hôtel Montalembert devant un verre de J&B,  la question ne fut guère abordée, à cause de la frousse de Moix, dont la franchise a toujours été comparable à celle d’un âne qui recule. Avez-vous observé son regard ? On se comprend."

dimanche 28 juillet 2019

La dictature du "on". Sortir de l'opinion et de la croyance, s'extraire du bavardage et du divertissement, être soi en propre : sécession de Martin Heidegger !

"Le monde ambiant immédiat intègre chaque fois déjà en lui le "monde ambiant" du domaine public qui est utilisable et qui préoccupe collectivement. Dans l’usage des moyens publics de transport en commun et dans le recours à des organes d’information (journal), chaque autre équivaut l’autre. Cet être-en-compagnie fond complètement le Dasein qui m’est propre dans le genre d’être des "autres" à tel point que les autres s’effacent à force d’être indifférenciés et anodins. C’est ainsi, sans attirer l’attention, que le on étend imperceptiblement la dictature qui porte sa marque. Nous nous réjouissons et nous nous amusons comme on se réjouit ; nous lisons, voyons et jugeons en matière de littérature et d’art comme on voit et juge ; mais nous nous retirons aussi de la "grande masse" comme on s’en retire ; nous trouvons "révoltant" ce que l’on trouve révoltant. Le on qui n’est rien de déterminé et que tous sont, encore que pas à titre de somme, prescrit le genre d’être à la quotidienneté."

Martin Heidegger, Être et Temps, 1927 (Gallimard, 1986).