Contrairement à ce que certains apologètes veulent vous faire croire (pour faire passer la pilule de Vatican I et/ou II) l'enseignement catholique ne limite PAS l’obligation d’adhésion aux seules définitions infaillibles dites ex cathedra.
16 juillet 1705 Clément XI et Vineam Domini Sabaoth
Dans la controverse janséniste, le pape refuse que le seul silence respectueux suffise à satisfaire l’obéissance due aux condamnations antérieures. Il exige un rejet intérieur des propositions condamnées.
21 mars 1853 Pie IX et Inter multiplices
Le pape demande aux évêques et aux auteurs catholiques français de préserver l’unité et la soumission au Siège apostolique.
21 décembre 1863 Pie IX et Tuas libenter
Aux savants catholiques réunis à Munich, Pie IX rappelle que la soumission ne se limite pas aux dogmes définis par des décisions solennelles.
8 décembre 1864 Pie IX et Quanta cura
L’encyclique condamne l’idée que les jugements et décrets du Siège apostolique relatifs au bien général de l’Église puissent être refusés dès lors qu’ils ne portent pas sur les dogmes de foi et de morale. Elle atteste une exigence d’obéissance plus large que la seule acceptation des définitions dogmatiques.
24 avril 1870 Vatican I et Dei Filius
La conclusion rappelle qu’il ne suffit pas d’éviter l’hérésie : il faut aussi observer les constitutions et décrets par lesquels le Saint-Siège proscrit les erreurs qui s’en rapprochent. Le chapitre III reconnaît par ailleurs le magistère ordinaire et universel comme mode de proposition de vérités à croire de foi divine et catholique.
18 juillet 1870 Vatican I et Pastor aeternus
Le chapitre III affirme la subordination hiérarchique et l’obéissance dues au pontife romain, y compris en matière de discipline et de gouvernement. Le chapitre IV définit les conditions de l’infaillibilité ex cathedra.
17 juin 1885 Léon XIII et Epistola tua
Dans sa lettre au cardinal Guibert, le pape appelle les catholiques, spécialement les journalistes, à la docilité envers le Saint-Siège et les évêques. Cette exigence dépasse les seuls dogmes, mais relève aussi de la conduite ecclésiale et de l’action publique.
10 janvier 1890 Léon XIII et Sapientiae christianae
L’encyclique précise que l’obéissance aux pasteurs, spécialement au pontife romain, ne se limite pas aux dogmes dont la négation constitue une hérésie. Elle comprend aussi la direction exercée par les évêques et le Siège apostolique.
3 juillet 1907 Saint Office et Lamentabili sane exitu
Le décret, approuvé par Pie X le 4 juillet, condamne deux propositions : la proposition 7 nie le droit de l’Église d’exiger un assentiment intérieur à ses condamnations ; la proposition 8 exonère de faute ceux qui méprisent les condamnations des congrégations romaines. Il faut lire ces propositions comme condamnées, et non comme enseignées.
18 novembre 1907 Pie X et Praestantia Scripturae
Le motu proprio affirme l’obligation de conscience d’observer les décisions de la Commission biblique pontificale et confirme les condamnations de Lamentabili et de Pascendi, avec des sanctions.
18 novembre 1912 Pie X aux prêtres de l’Union apostolique
Pie X associe l’amour du pape à l’obéissance et critique les prétextes destinés à éluder ses directives. Cette allocution pastorale illustre une conception exigeante de la docilité.
27 mai 1917 Code de droit canonique de 1917
Le canon 1324 exige d’éviter les erreurs proches de l’hérésie et d’observer les constitutions et décrets qui les proscrivent.
31 décembre 1930 Pie XI et Casti connubii
Le pape rejette l’idée que l’obéissance ne serait due qu’aux définitions solennelles. Il demande une docilité proportionnée aussi envers les décisions du Saint-Siège proscrivant des opinions dangereuses ou mauvaises. Ce texte exprime nettement une obligation au-delà des seules définitions dogmatiques.
12 août 1950 Pie XII et Humani generis
L’encyclique refuse de dispenser d’assentiment les enseignements des encycliques au motif qu’ils ne relèveraient pas du pouvoir suprême d’enseignement. Pie XII rappelle leur appartenance au magistère ordinaire et indique que certaines questions explicitement tranchées par les papes ne peuvent plus être traitées comme librement disputées.
21 novembre 1964 Vatican II et Lumen gentium
Le concile demande la soumission religieuse de la volonté et de l’intelligence au magistère authentique du pape, même hors ex cathedra.
25 janvier 1983 Code de droit canonique de 1983
Le canon 752 demande une soumission religieuse de l’intelligence et de la volonté, distincte de l’assentiment de foi, aux doctrines de foi ou de morale proposées par le pape ou le collège des évêques dans l’exercice du magistère authentique, même sans acte définitif. Le canon 753 étend une obligation analogue à l’enseignement authentique des évêques pour les fidèles qui leur sont confiés.
16 septembre 1987 Jean Paul II aux évêques des États Unis
Jean-Paul II critique la thèse selon laquelle le dissentiment envers le magistère serait sans difficulté compatible avec la qualité de bon catholique et la réception des sacrements.
9 janvier 1989 Profession de foi et serment de fidélité
Le troisième alinéa conclusif de la Profession de foi exprime l’adhésion, avec soumission religieuse, aux enseignements authentiques non proclamés définitivement.
24 mai 1990 Congrégation pour la doctrine de la foi et Donum veritatis
L’instruction distingue les degrés d’assentiment et refuse de réduire le magistère non infaillible à une opinion facultative.
29 juin 1998 Note doctrinale sur la Profession de foi
La note décrit les trois catégories de doctrines et les assentiments correspondants. Son § 10 traite des enseignements authentiques non définitifs et de la soumission religieuse qu’ils requièrent. Les propositions contraires peuvent recevoir des qualifications différentes selon le cas : erreur, témérité ou danger doctrinal.