BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE

jeudi 27 mai 2021

Vaccins : et soudain Michel Onfray, libertaire autoritaire, cessa de penser.



L'Arabie saoudite augmente la pression sur ceux qui choisissent de ne pas se faire vacciner, avec l'intention de les interdire de pèlerinages, d'universités, de centres commerciaux, de bureaux et de voyager à l'étranger. Ah, les beaux alliés des néo-zététiciens de pacotille ! Et les nouveaux copains de Michel Onfray, par la même occasion !

Voici ce que ce dernier a osé proférer dans son sermon du jour : "On n'a pas le droit de tout faire", dit-il - pour le bien des autres, s'entend (les z'Autres, toujours, c'est très nietzschéen cette notion...). Pour expliquer le devoir moral que le vulgaire aurait de se faire vacciner, le philosophe à la mode de Caen prend, comme s'il allait de soi, l'exemple du viol : mais pardi, lance-t-il, on n'a pas le droit de violer, alors pourquoi diantre aurait-on le droit de nuire aux autres en ne se faisant pas vacciner ? C'est kif-kif bourricot, voyons !

Mais non. Précisément, non, bourricot. C'est amusant de voir à quel point la mauvaise foi, la peur, le manque de tenue ou la bassesse morale peuvent amener des gens a priori pas trop idiots à proférer des sophismes maladroits qu'un lycéen ayant à peu près la moyenne en classe de philo n'oserait pas tenter sur sa copie de peur de se faire descendre en flèche par son prof.

Certes, Révérend Père Onfray, le viol n'est pas un droit. Certes !

Ce n'est pas un droit car c'est une agression. Une atteinte absolue à l'intégrité physique.

Une agression repose, c'est sa définition même, sur l'absence de consentement.

Or l'agression reposant sur l'absence de consentement, l'atteinte à l'intégrité physique, c'est précisément ce que réclament (sans même s'en douter) les partisans du vaccin obligatoire, puisqu'ils s'en prennent aux corps des autres, dont ils entendent disposer à leur gré, selon leur propres normes de conduite, leur morale, en vue d'un Bien qu'ils définissent comme s'il tombait du Ciel alors qu'ils ne provient que de leurs petits esprits sectaires. Par conséquent ces virulents militants, ces vertueux, sont comparables aux violeurs dénoncés par Michel Onfray, et non pas aux violés ! L'exemple que notre curé athéiste croyait si parlant et avec lequel il espérait clore le bec à ses adversaires lui revient ainsi en pleine poire.

Le corps appartient de droit à l'individu, nullement à la société ni à l'Etat. C'est la base de tout. C'est ce qu'Onfray n'a pas saisi car il pense à gauche, et pour la gauche l'individu doit se soumettre au collectif. Mais si ton corps n'est pas à toi, Michel, dis-moi donc à qui il appartient : je causerai avec lui et je lui dirai deux mots ! En attendant, le corps bénéficie du droit de légitime défense lorsqu'il est agressé, lorsqu'on lui porte atteinte.

Par les temps qui courent, le niveau de panique irrationnelle et de sous-alimentation intellectuelle est pis que jamais. Parmi les victimes de la crise Covid : la liberté de circulation, la liberté d'expression, la liberté de travailler, la liberté thérapeutique, mais aussi l'intelligence et la faculté de raisonner avec propreté.

Dois-je ajouter que je n'ai rien contre la vaccination, loin s'en faut, mais que je soutiens le droit de ne pas se faire vacciner, comme je soutiens la libre expression de gens qui ne pensent pas comme moi, puisque j'entends rester logique dans ma démarche intellectuelle se réclamant de la défense résolue de la liberté. A la manière de Benjamin Constant, "j'ai défendu quarante ans le même principe : liberté en tout, religion, littérature, philosophie, industrie, politique. Par liberté, j'entends le triomphe de l'individualité sur l'autorité qui veut gouverner par despotisme, et sur les masses qui réclament le droit d'asservir la minorité à la majorité."

A ce propos, avez-vous noté que ceux qui vitupèrent les propos grossiers de Jean-Marie Bigard ne sont point choqués par les paroles incitant au viol du sieur Youssoufa ? Comme c'est étrange ! Je crois me souvenir d'un certain Coluche dont la devise était :"Tous ensemble pour leur foutre au cul", ce qui n'était guère un propos de dentellière, et pourtant le bougre fait la quasi unanimité dans l'ex-royaume de France.

Quant à Onfray, il est devenu clair qu'il a cessé de penser. En 2020-21 nous aurons ainsi assisté à un spectacle étonnant mais révélateur : des gens de droite et de gauche, des socialistes et des prétendus libéraux, des libertaires même, qui n'ont en général que le mot liberté à la bouche, l'ont soudain banni de leur vocabulaire lorsqu'il s'est agi de défendre le choix de se laisser confiner ou non, de se masquer ou non, et celui de se faire vacciner ou non.

On n'en est pas autrement surpris, avouons-le : ces mêmes personnes n'accordent régulièrement aucun intérêt au principe de la liberté d'expression et se regardent les pieds ou applaudissent des deux mains lorsqu'une personne ne pensant pas comme elles subit des ennuis de la part de l'Etat, abhorré en principe, mais révéré en pratique. Car, voyez-vous, c'est dangereux, la liberté.

Onfray, philosophe fragile. Son parcours de La Volonté de Puissance à La Versatilité de l'Impuissant n'est pas reluisant.

Paul-Eric Blanrue

dimanche 23 mai 2021

Comment la science a été corrompue.

 "La pandémie a mis en lumière une dissonance entre notre image idéalisée de la science, d'une part, et le travail que la «science» est appelée à faire dans notre société, d'autre part. Je pense que la dissonance peut être attribuée à ce décalage entre la science en tant qu'activité de l'esprit solitaire et la réalité institutionnelle de celle-ci. La grande science est fondamentalement sociale dans sa pratique, et cela entraîne certaines implications. En pratique, la «science politisée» est la seule qui existe (ou plutôt la seule dont vous êtes susceptible d’entendre). Mais c'est précisément l'image apolitique de la science, en tant qu'arbitre désintéressé de la réalité, qui en fait un instrument politique si puissant. Cette contradiction est maintenant ouverte au grand jour. Les tendances «anti-science» du populisme sont en grande partie une réponse au fossé qui s'est ouvert entre la pratique de la science et l'idéal qui sous-tend son autorité. En tant que moyen de générer des connaissances, c'est la fierté de la science d'être falsifiable (contrairement à la religion). Pourtant, quelle sorte d'autorité serait celle qui insiste sur le fait que sa propre compréhension de la réalité n'est que provisoire? Vraisemblablement, tout le but de l'autorité est d'expliquer la réalité et d'apporter la certitude dans un monde incertain, dans un souci de coordination sociale, même au prix de la simplification. Pour remplir le rôle qui lui est assigné, la science doit devenir quelque chose de plus comme la religion. (...) L'expression «suivez la science» sonne faux. C'est parce que la science ne mène nulle part. Elle peut éclairer différentes pistes d'action, en quantifiant les risques et en précisant les compromis. Mais elle ne peut pas faire les choix nécessaires à notre place. En prétendant le contraire, les décideurs peuvent éviter d'assumer la responsabilité des choix qu'ils font en notre nom. De plus en plus, la science est pressée d'être une autorité. Elle est invoquée pour légitimer le transfert de souveraineté des organes démocratiques vers les organes technocratiques, et comme moyen d'isoler ces mouvements du domaine de la contestation politique. Au cours de l'année écoulée, un public craintif a consenti à une extension extraordinaire de la compétence des experts sur tous les domaines de la vie. Un modèle de «gouvernement d'urgence» est devenu prédominant, dans lequel la résistance à de telles incursions est qualifiée d '«anti-science». Mais la question de la légitimité politique qui pèse sur le pouvoir des experts ne va probablement pas disparaître. Au contraire, elle sera plus violemment combattue dans les années à venir alors que les dirigeants des organes directeurs invoquent une urgence climatique qui exigerait une transformation globale de la société. (...) Pour que l'autorité fasse vraiment autorité, elle doit revendiquer un monopole épistémique, qu'il s'agisse de la connaissance sacerdotale ou scientifique. Au XXe siècle, en particulier après les succès spectaculaires du projet Manhattan et de l'atterrissage sur la lune d'Apollo, se développa une spirale dans laquelle le public en vint à s'attendre à des miracles d'expertise technique (les voitures volantes et les colonies lunaires étaient considérées comme imminentes). Réciproquement, la stimulation des attentes d'utilité sociale est normalisée dans les processus de recherche de subventions et de concurrence institutionnelle qui sont désormais inséparables de la pratique scientifique. (...) Maintenant, la science est principalement organisée autour de «monopoles du savoir» qui excluent les opinions dissidentes. Ils ne le font pas par échec fragmentaire d'ouverture d'esprit de la part d'individus jaloux de leur territoire, mais de manière systémique."

Matthew Crawford

LIEN VERS L'ARTICLE COMPLET

Contre le nouveau totalitarisme qui se lève : la religion hygiéniste et réchauffiste.


"La société ouverte se caractérise par le fait qu’elle reconnaît chaque être humain comme une personne : la personne a une dignité inaliénable. Elle a la liberté de façonner sa vie selon ses choix, ainsi que la responsabilité de rendre compte de ses actes sur demande. La liberté est la condition humaine (...) Selon Popper, les ennemis intellectuels de la société ouverte sont ceux qui prétendent posséder la connaissance d’un bien commun. Sur la base de ces connaissances, ils prétendent être en mesure de contrôler la société de manière technocratique afin de réaliser ce bien. (...) Cette connaissance se situe au-dessus de la liberté des individus, c’est-à-dire au-dessus de leur propre jugement sur la façon dont ils veulent façonner leur vie. (...) les nouveaux ennemis de la société ouverte n’opèrent pas avec le mirage d’un bien absolu, mais avec la peur délibérément alimentée de menaces qui mettraient prétendument notre existence en danger. Ces menaces sont sous-tendues par des faits, tels que la propagation du coronavirus ou le changement climatique. Ces menaces sont prises comme une opportunité de rendre certaines valeurs absolues, comme la protection de la santé ou la protection du climat. Une alliance de scientifiques, de politiciens et de dirigeants de l’économie prétendent savoir comment gérer la vie sociale, familiale et individuelle afin de préserver ces valeurs. Là encore, il s’agit d’un bien social supérieur – protection de la santé, conditions de vie des générations futures – derrière lequel la dignité humaine individuelle et les droits fondamentaux doivent passer au second plan. (...) Les nouveaux ennemis de la société ouverte alimentent la crainte de la propagation d’un soit-disant fléau du siècle ; pourtant, il est évident que toute forme de contact physique peut contribuer à la propagation du coronavirus (ainsi qu’à d’autres virus et bactéries). Ils suscitent la peur d’une catastrophe climatique imminente ; pourtant, il est évident que toute action a un impact sur l’environnement non humain et peut ainsi contribuer au changement climatique. Par conséquent, chacun est censé prouver que ses actions ne font pas avancer involontairement la propagation d’un virus, la dégradation du climat, etc. – on peut prolonger cette liste à son gré. De cette manière, tous les individus sont placés sous la suspicion générale de nuire aux autres par tout ce qu’ils font. (...) Cela abolit la liberté et installe un nouveau totalitarisme, car l’exercice de la liberté et la garantie des droits fondamentaux dépendront alors d’un permis accordé – ou refusé – par une élite d’experts."

Michael Esfeld



Front Covid : contre tous les mensonges, voici de véritables infos, des remarques taboues, des questions interdites.



- Deux mois que le Texas a levé mandat de masque et restrictions. Experts et médias ont hurlé à s'en évanouir, selon la bonne vieille méthode de l'Eglise de la Trouille. Pourtant, les décès dans les très stricts et respectueux de normes "scientifiques" Etats du Michigan, New Jersey et New York sont 315% plus élevés qu'au Texas, le "Lone Star State" ! Texas : 1, Scientisme étatique : 0.
- 25 Etats US les plus restrictifs ont été comparés à 25 Etats les moins restrictifs. Bilan : kif-kif. Les mesures politiques contraignantes pour lutter contre le Covid sont inutiles. Les confinements ne réduisent aucunement la maladie. Mais leurs conséquences sanitaires et économiques sont une catastrophe humaine universelle, dont on commence tout juste à prendre conscience.
- On le sait désormais : le Covid est surtout transmis par des particules en suspension dans l'air. C'était clair dès l' étude de l'épidémie dans le Diamond Princess, mais passons : ce n'est que le 30 avril de cette année que l'OMS a finalement mis à jour son site Web pour indiquer que le Covid est transmis à la fois par des gouttelettes et des particules en suspension dans l'air. Jusque-là, il avait simplement affirmé que "le principal moyen de propagation du virus se fait par les gouttelettes respiratoires". Bref, quel est en conséquence l'endroit le plus sûr ? L'extérieur, où les particules se dispersent facilement. La majorité des infections se font dans des espaces intérieurs. L'ordre de rester enfermer était aberrant, voire criminel.
- Le New York Times a démontré que le CDC a énormément exagéré les risques d'être infectés à l'extérieur. Loin d'être de 10% comme annoncé, la part de la transmission produite à l'extérieur est inférieure à 1%, et peut être même inférieure à 0,1% !
- Voilà 3 mois que le gouverneur de la super-confinée Californie a tweeté qu'il était "absolument imprudent" pour le Texas de lever le masquage et d'abandonner les restrictions. Bilan : il n'y a aucune différence dans les taux de mortalité entre les deux États. Un média en parle?
- Même Slate (!) en vient à le reconnaître: "Il n'existe pas un seul exemple dans le monde de preuve de contamination à la suite d'une interaction classique en plein air, comme croiser quelqu'un dans la rue ou se restaurer à une table voisine. " Il serait temps de se réveiller et d'agir en conséquence!
- "Les masques et la distanciation sociale doivent disparaître", déclare Camilla Tominey, rédactrice adjointe du Telegraph.
- Le marché des faux vaccins et certificats de test connaît une croissance exponentielle, rapporte le Guardian, avec 1200 fournisseurs opérant au Royaume-Uni et dans le monde, certains offrant les documents pour aussi peu comme £25 ! L'Etat a joué au con, il en récolte les fruits.
- Une étude de la société de sondage Opinium a révélé qu'un Britannique sur dix souhaite que les restrictions et les confinements restent en place indéfiniment ! De la servitude volontaire, comme disait La Boétie qui avait tout compris.
- En Grande-Bretagne, une femme enceinte sur cinq est obligée de porter un masque facial pendant l'accouchement. Certaines ont décrit cette expérience comme la plus terrifiante de leur vie. Leurs enfants les ont vues pour la première fois masquées. Bien entendu, ces situations se produisent aussi en France.
- Près d'un million de cas de cancer sont non diagnostiqués en l'Europe en raison du Covid, selon une nouvelle étude. Selon les données publiées par l'Organisation européenne du cancer (ECO), les diagnostics ne sont pas contrôlés en raison de la pandémie et des restrictions imposées.
- Une étude portant sur 200 000 utilisateurs de Kooth, un forum en ligne sur la santé mentale, a révélé la semaine dernière que 41% des utilisateurs "se sentent nerveux tous les jours". L'Eglise de la Trouille règne sur une multitude de consciences. La peur pour le contrôle.
- Une étude d'Ipsos Mori portant sur 4 896 adultes a révélé que 34% des Britanniques pensent que les restrictions du confinement seront toujours nécessaires. Le lavage de cerveau fonctionne à merveille.
- Le Telegraph rapporte : Le comité Sage a recommandé notoirement en mars de l'année dernière que les ministres aient besoin d'augmenter ′′le niveau de menace personnelle perçue′′ du Covid-19 parce que ′′un nombre substantiel de personnes ne se sentent toujours pas suffisamment menacées personnellement". Aujourd'hui, Gavin Morgan, un psychologue de l'équipe Sage, a admis devant Laura Dodsworth : ′′Clairement, utiliser la peur comme moyen de contrôle n'est pas éthique. C'est totalitaire. Ce n'est pas une position éthique pour un gouvernement moderne."
Un scientifique de Sage a confié à Mme Dodsworth : "Il y a eu des discussions sur la NECESSITE DE LA PEUR pour ENCOURAGER le respect des règles, et des décisions ont été prises sur la façon d'augmenter la peur. La façon dont nous avons utilisé la peur est DYSTOPIQUE." Un autre membre Sage a déclaré : "Vous pourriez appeler cette psychologie ′CONTROLE DE L'ESPRIT". Le Telegraph ajoute : ′"Un membre de Sage a averti que ′′les gens UTILISENT LA PANDEMIE POUR PRENDRE LE POUVOIR et faire des choses qui n'arriveraient pas autrement. Nous devons être très prudents face à l'AUTORITARISME qui s'installe." Un autre membre de Sage a déclaré qu'ils étaient ′′stupéfaits par l'armement de la psychologie comportementale" pendant la pandémie.′′ Les psychologues ne semblaient plus remarquer qu'ils cessé d'être altruistes pour devenir MANIPULATEURS. Ils ont trop de pouvoir et ça les intoxique." Le député Steve Baker a déclaré : "S'il est vrai que l'État a pris LA DECISION DE TERRIFIER LE PUBLIC pour obtenir le respect des règles, cela soulève des questions extrêmement sérieuses sur le type de société que nous voulons devenir. Est-ce que je crains que la politique gouvernementale d'aujourd'hui joue dans les RACINES DU TOTALITARISME ? Oui, bien sûr que c'est ça." Imaginons-nous vraiment, qu'après 14 mois de peur ces tactiques s'arrêteront ? Comme Sage le sait très bien, la peur est notre émotion la plus puissante. Elle est ancrée au plus profond des limites intérieures de nos esprits. Quand on a peur, on fait des choses dangereuses et irrationnelles. La manipulation de notre instinct le plus primitif afin de changer de comportement est issue d'un manuel de tyrans. Au cours de l'année écoulée, nous avons vu la plus grande campagne de peur que le monde ait jamais connue. Le gouvernement a pris la décision consciente d'utiliser la peur pour assurer le respect des règles. Nous sommes maintenant confrontés à une crise de santé mentale sans précédent. La peur a été utilisée comme une bombe sale par Sage : les retombées contaminent désormais tous les aspects de la vie.
- Pr. Dingwall, du groupe consultatif gouvernemental britannique, sur BBC Radio 5 : "L'accent a été mis sur les hospitalisations, décès, sur l'amplification et la prolongation de la PEUR juste pour essayer d'encourager les gens à maintenir diverses sortes de comportements. Je pense que le problème que nous avons maintenant est vraiment de CALMER CETTE PEUR de demander vraiment aux spécialistes du comportement du gouvernement de faire demi-tour, au lieu d'essayer de trouver des moyens de nous rendre plus effrayés et plus DOCILES. Probablement la seule mesure de distanciation sociale qui a eu un réel impact a été le travail à domicile, pour le reste, les preuves sont très équivoques. Y compris les MASQUES. La science autour des masques est très incertaine, il y a peu de preuves qu'il pourrait y avoir un petit avantage, mais ensuite il y a d'autres preuves qui indiquent des problèmes à court et à long terme."
- Il y a quelques semaines, dans un mouvement qui restera dans l'histoire comme la fin officielle de l'ère de la raison, Washington, DC a interdit de danser et de se tenir debout lors des mariages.
Or trois semaines plus tard les cas ont légèrement augmenté. Rions.
- Les hospitalisations dans le Michigan, New Jersey et New York sont toujours plus élevées que dans les États sans masques ni restrictions jugés "néandertaliens" par le sénile Joe Biden. C'est ainsi. Masques et confinements sont de la poudre aux yeux, c'est tout.
- Le ministère de la Santé du Minnesota a publié les données sur les décès par suicide et surdose en 2020, qui montrent qu'à une écrasante majorité les jeunes adultes et les enfants sont plus susceptibles de mourir de l'un ou de l'autre que du Covid.
- Un début de prise de conscience ? Le Pr Neil Ferguson de l'équipe de modélisation de l'Imperial College de sinistre mémoire est apparu sur la BBC, où il a adopté une attitude étonnamment optimiste face aux données émergentes sur le variant indien au Royaume-Uni !
- Où l'on apprend, dans The Telegraph, que les membres de Sage qui n'étaient pas d'accord avec le confinement ont été menacés d'être virés. 2020-21 : le grand retour du lyssenkisme.
- AstraZeneca fait face à de nouvelles interdictions en Slovaquie , au Québec et au Brésil (pour les femmes enceintes). Que de complotisme, pas vrai ?
- Les cas augmentent à nouveau rapidement en Malaisie, malgré 93% de conformité au masque, tout comme ils ont de nouveau augmenté à l'automne dernier malgré 85% de conformité au masque. Conclusion : la conformité aux masques n'a aucune importance parce que les masques n'ont PAS d'importance.
- De plus en plus de scientifiques pensent maintenant que le variant indien n'est peut-être pas le désastre prédit. Attendons.
- La BBC rapporte que les autorités de Singapour ont rejeté les affirmations de Delhi selon lesquelles une nouvelle "souche singapourienne extrêmement dangereuse pour les enfants" a été trouvée dans la cité-état.
- Euronews rapporte qu'un certain nombre de pays d'Asie constatent que le virus reste résilient malgré des mandats de masque stricts. Lesquels sont inutiles, on le sait désormais.
- La probabilité qu'un enfant asymptomatique infecte un autre enfant et entraîne son hospitalisation pour Covid est de... 1 sur 42 millions ! C'est des milliers de fois moins élevé que le risque lié aux vélos, aux autobus scolaires et aux piscines.
- Une réflexion au passage : la panique suscitée par l'hésitation à l'égard des vaccins n'est que l'expression d'une tendance générale à l'autoritarisme. Le mouvement anti-vaxx est majoré. L'Eglise de la Trouille en rajoute pour faire taire toute critique sur l'obligation vaccinale et le passeport sanitaire.
- Au fait, il serait tout de même temps de dire et de répéter que les directives officielles du CDC indiquent maintenant que les personnes vaccinées peuvent enlever les masques.
- Selon le Sydney Morning Herald, les Australiens sont autorisés à entrer ou à sortir du pays pour voir la "famille immédiate", mais cela couvre les conjoints et les personnes à charge... et pas les parents !
- Plus de 8 Américains sur 10 ont signalé au moins un symptôme de dépression pendant les confinements, selon les résultats d'une nouvelle enquête menée par YouGov et commandée par Field Trip.
- Fun fact : le nombre de cas Covid dans le Dakota du Sud a commencé à baisser rapidement dès la mi-novembre, bien AVANT la campagne de vaccination, et bien qu'il n'y ait AUCUNE restriction gouvernementale. Et ils sont restés bas depuis.
- Fun fact : le Japon a vu l'épidémie Covid exploser durant l'hiver 2020-2021. Pourtant cette épidémie a reculé SANS qu'aucune véritable mesure de confinement ne soit imposée.
- Les confinements au Royaume-Uni ont été une catastrophe pour l'économie. Le pays a enregistré la deuxième plus faible croissance du PIB en 2020 de tous les grands pays d'Europe - et sa PIRE récession depuis 300 ans !
- Le confinement a-t-il fait baisser les taux de Covid ? Le professeur Simon Wood a montré que les infections étaient déjà en déclin AVANT les trois confinements en Angleterre, et ne pouvaient donc pas être la cause de la chute du Covid.
- Les pays d'Asie de l'Est ont subi MOINS de décès que les pays d'Europe et des Amériques. Mais le Japon n'a PAS imposé de confinement strict, ni Taïwan ni la Corée du Sud ! Les pays avec confinements les plus stricts, comme le Pérou et le Chili, ont plus souffert, bien davantage que la Suède!
- Le CDC affirme que le Covid a entraîné la mort de 277 personnes de moins de 18 ans aux États-Unis, soit environ 0,46 pour 100 000. Donc beaucoup moins de décès dans ce groupe d'âge que lors d'une saison grippale typique. Pourquoi leur faire porter des masques ?
- Plus de trois dizaines d'études n'ont montré AUCUNE relation entre les restrictions Covid et de meilleurs résultats pour la maladie: c'est un point dévastateur qui sape toute la base idéologique des enfermistes, et dont ils devront payer durement les conséquences.
- La cheffesse du CDC vient de déclarer que "la pandémie mondiale est maintenant plus grave que jamais". S'il est vrai que les cas étaient élevés quelques semaines auparavant, ils étaient toutefois en nette baisse plusieurs jours AVANT sa déclaration. Pourquoi ces mensonges ?
- La question que les médias n'ont jamais posé durant l'an passé : si les confinements fonctionnent et nous permettent de revenir à la normale, pourquoi devons-nous continuer à les imposer, et pourquoi la normale n'arrive-t-elle jamais ?
- Données tragiques sur le suicide chez les jeunes en Californie ultraconfinée-hypermasquée (CDPH) : augmentation de 24% du nombre de suicides lors des fermetures d'écoles en 2020 (vs 2019). A quand la prison pour les enfermistes ?
- Pour les neuneus qui confondent "non au vaccin" et "non au vaccin obligatoire". Le corps n'appartient pas à l'Etat mais à l'individu. Nul n'a le droit d'injecter dans ce corps ce que l'individu refuse, de même que nul n'a le droit de lui prélever un organe sans son consentement.
- La Suède est n°28 au monde en termes de décès de Covid/habitant : elle continue de considérablement faire mieux que la moyenne de l'Union européenne où de prétentieux médiocres imbus de pouvoir n'ont cessé de la sermonner en lui disant qu'elle était le mauvais élève de la classe.
- Une vingtaine de scientifiques publient, dans la revue Science, une lettre appelant à considérer sérieusement l’hypothèse d’un accident de laboratoire comme source de la pandémie. Cela commence à faire beaucoup de complotistes !
- Conspi, conspi ! En février 2020, 27 scientifiques écrivaient au Lancet pour dire que les études "concluent à une écrasante majorité que ce coronavirus est originaire de la faune". Ils "condamnaient les théories du complot suggérant que le Covid n'a pas d'origine naturelle".
- Conspi, conspi ! Vous vous souvenez ? En septembre 2019, Twitter a suspendu la virologue chinoise Li-Meng Yan qui avait affirmé que le SRAS-CoV-2 avait été fabriqué dans un laboratoire et accusé le gouvernement chinois de dissimuler des preuves. Elle avait fui aux États-Unis.
- Conspi, conspi ! "L'enquête de l'OMS en janvier et février était si ridicule qu'elle s'est retournée contre lui !" Lord Ridley était sur talkRADIO pour évoquer la lettre des scientifiques appelant à une enquête approfondie sur la théorie des "fuites de labo", une hypothèse qui gagne du terrain.
- Question : Si les vaccins protègent les vaccinés, pourquoi les vaccinés ont-ils si peur des non-vaccinés ?

Paul-Eric Blanrue

lundi 10 mai 2021

Le 10 mai 1981 : la fin de l'innocence.

"Qu'est-ce, en somme, la rose
que la fête d'un fruit perdu."

Rilke.

Le 10 mai 1981 ? Souvenir personnel ! Le socialo-communisme d'Etat a motivé mon entrée en politique, ou plutôt mon intérêt pour la chose politique, car je n'ai jamais porté casaque dans une quelconque élection. Sous VGE on s'emmerdait ferme, mais sous Mitterrand on étouffait dur ! Il fallait agir. Au lycée, à la télé, dans les discussions familiales, partout, la moraline coulait à flot.

C'était tombé comme ça, d'un coup brutal, comme un éclair par beau temps : nous étions cadenassés. Bam ! Les chars russes n'étaient pas entrés dans Paris, mais tout à coup on nous empêchait de réfléchir par nous-mêmes. C'était fini, nous n'avions plus le droit d'être de droite même si on n'avait jamais pensé en être. La contestation c'était du nazisme. Le sectarisme nous faisait la leçon. Sous peine de lourdes réprimandes, nous étions sommés de fréquenter avec assiduité la grande église laïcarde, pourrie de bonne conscience et confite de grands mots vides de sens, gonflés à l'hélium, qui s'élevaient à perte de vue dans le ciel rose du néant. On avait l'impression d'être prisonniers à perpète dans la prison de la bien-pensance. Et puis Mauroy, Cheysson, Defferre, Jack Lang, Yvette Roudy, Pierre Joxe, quelles sales gueules !

Je n'ai jamais fait partie de ces gens de droite fascinés par le trouble double visage du Florentin, causant de Marx dans les meetings et lisant Chardonne avant de s'endormir. Je voyais benoîtement ce qu'il se passait autour de moi, je flairais l'endoctrinement général, la montée des périls, la fin d'une époque que nous avions aimée, la mort de l'innocence, puisque nous étions tous désormais des coupables.

Mon premier article "de combat" date de 1984, dans les colonnes du journal des jeunesses RPR de Lorraine, "Vitamine C". Ce texte de deux pleines pages portait sur la francisque de François Mitterrand, dix ans avant la soi-disant révélation de Pierre Péan. Le directeur en était l'actuel maire de Metz, François Grosdidier. J'avais 14 ans. Je pensais faire un tabac, je croyais que tout le monde allait reprendre une info qui ne circulait que dans certains cercles confidentiels. Que tchi ! Le magazine passa dans les mains de Toubon, Messmer, Pasqua, tutti quanti, sans faire plus de bruit qu'une mouche qui succombe à un arrêt cardiaque.

On a souvent tort d'avoir raison trop tôt. Réflexion toujours valable aujourd'hui. La Sécession ? Songez-y ! Suivez mon regard.

Paul-Eric Blanrue



vendredi 7 mai 2021

DEALER. Par Paul-Eric Blanrue.




Petite révélation amusante puisque le débat du jour porte sur les drogues (je suis, bien entendu, pour l'absolue libéralisation du marché des stupéfiants) : en 2005, le babtou que j'étais a écrit, en tant que ghostwriter, un livre documentaire intitulé DEALER, racontant de manière très exacte la vie d'un trafiquant de shit et de coke de Paname, nommé Kader (son vrai prénom).

Beau gosse brun et bronzé ressemblant vaguement à Vin Diesel, 30 berges, ex taulard franco-algérien, total rodave au comico, il risquait de longues années de zonzon à cause du nesbi, mais il attendait à la coule, no stress, le verdict du tribunal tandis qu'on suait chaque soir à mon bureau à écrire sa bio, moi fonctionnant au J&B, lui les yeux rougis à force de bédave.

Une année complète à vivre en compagnie de ses étranges amis de la place Clignancourt, Shid, Check, Yass, Smak, Farid, Hamza, à côté des Puces de Saint-Ouen, dont les odeurs, les mystères, les ombres, les disparus assaillent le nouveau venu pour ne plus jamais le lâcher, comme des fantômes gluants. Il y avait aussi ce type impressionnant, un géant au physique de Frankenstein, très demandé vu ses qualités athlétiques aux partouzes rupines de l'avenue Foch ! Il y eut de sacrées rigolades !

Bref, une enquête de terrain au jour le jour, et la nuit la nuit, rue Myrrah et dans le square où de pauvres gosses de douze ans vendaient du crack à des armées de dos cassés qui n'auraient pas dépareillé dans le clip Thriller de Michael Jackson et à des gueuches dégueux et violents passé minuit.

Du lourd, rude, gras, cahoteux, tranchant, scabreux. La vraie vie des dealers de rue, des barons, les trafics dans le Rif, des leçons sur la meilleure façon de faire entrer diverses bricoles à la Santé, genre "trucs malins" à la Majax (autre ex-ami de Clignancourt). Et les courses-poursuites de la BAC. Et les différentes manières d'appâter le bolos et de le carotter.

Expérience terrible, mais terriblement éclairante.

A la sortie du livre, nous eûmes (moi dans l'ombre) les honneurs du Parisien, de l'Huma, de RTL, tout le saint frusquin.

Le pompon : une préface de Yann Moix. Un petit détail que ce gros filou vous avait bien caché ! Encore un !

J'oubliais : dans la foulée, c'est au nom de Kader que j'ai torché en une nuit pour Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale, un rapport comportant "Dix-huit solutions pour améliorer la vie des jeunes dans les quartiers difficiles".

Un rapport ministériel dont, évidemment, plus personne n'a jamais entendu parler !

Paul-Eric Blanrue

vendredi 9 avril 2021

Le Texas déconfiné-démasqué : les cas s'effondrent !




 
Un mois après que le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a annoncé la fin de toutes les restrictions relatives au coronavirus dans son Etat, et bien que Fauci ait aussitôt dénoncé la décision libérale d'Abbott, le nombre de cas continuent de s'effondrer au Texas.

Depuis un mois plein, donc, le Texas, totalement ouvert, plus de confinement, pas d'obligation de porter le masque.... : terminé, le Covid ! Les Texans sont bien loin d'être tous vaccinés. Comment diable le lobby du confinement masqué peut-il ne pas reconnaître que tout son paradigme s'est effondré ?

Le Dr Fauci décontenancé à la télévision face aux cas de Covid en chute libre au Texas déconfiné-démasqué, malgré ses bons conseils de geôlier, bredouille :"Cela peut être déroutant, parce que… il faut souvent attendre quelques semaines avant de voir l'effet… Je ne suis pas vraiment sûr..."

Il y a un mois, le gouverneur de la Virginie occidentale déclarait abruptement que lever l'obligation des masques était une décision "ridicule". Depuis, les cas dans son Etat sont en hausse de 47%. Pendant ce temps, les cas au Texas déconfiné-démasqué sont en baisse de 44%.

Du reste, c'est officiel : les dévots du port du masque en extérieur ont perdu la partie. Sur les 232 164 cas enregistrés dans une étude irlandaise, 262 sont dus à une transmission à l'extérieur - soit 0,1%.

Comme le dit un ami : "Chaque fois que je vois quelqu'un sortir avec un masque, tout seul, je vois une âme qui hurle afin d'être sauvée de la tyrannie de sa propre lâcheté."

En outre, 85% des masques fabriqués dans le monde proviennent de Chine : des préoccupations ont été soulevées concernant une fabrication de qualité inférieure et des chaînes d'approvisionnement opaques, selon le Daily Mail, qui publie un article sur des scientifiques ayant démontré que certains masques faciaux en vente et utilisés par le grand public sont imprégnés de produits chimiques toxiques, allergènes et cancérigènes.

Quoi qu'il en soit, au moment où le préfet des Alpes-Maritimes Bernard Gonzalez décide dans un élan de stupidité peu commune que le port du masque est obligatoire sur les plages, on ne peut que relire ce qu'en dit Antoine Flahaut, épidémiologiste et professeur de Santé publique à l'université de Genève :"Les aérosols en extérieur ne sont pas contaminants, ils sont dilués dans l'atmosphère. Sur les surfaces planes, le virus est neutralisé par sécheresse et UV".

Un dernier mot ? "La plupart des États ont utilisé ou instrumentalisé le coronavirus ou ont été incapables de gérer son impact sur les populations les plus vulnérables", selon Agnès Callamard, nouvelle secrétaire générale d'Amnesty International.

Un dernier chiffre ? 2,2 millions d’amendes ont été dressées depuis un an pour "non-respect des mesures sanitaires" soit au moins 297 millions d'euros.

Paul-Eric Blanrue

mardi 6 avril 2021

L'Eglise catholique, le monde du travail et l'Etat : ce qui a été oublié, ignoré, déformé. Par Theodore Misiak, docteur en économie.


"Il y a un siècle, l'Église a proposé sa propre version d'une grande réinitialisation, enracinée dans l'enseignement social catholique. Mais une grande partie de cet enseignement est oublié, simplement ignoré ou même déformé.
(...)
Dans le catholicisme authentique, la justice est l'une des quatre vertus cardinales (les autres étant la prudence, la force et la tempérance) et donne à chacun son dû. Cela n'a absolument rien à voir avec la redistribution des richesses par le gouvernement ou l'égalité des résultats. Il est enraciné dans les Écritures qui révèlent que Dieu nous a créés à son image et à sa ressemblance (Gn 1: 26-27). Dieu est bon et nous sommes appelés à être comme Dieu, nous sommes donc appelés à être bons en vivant la vie vertueuse.
Le Catéchisme dit que la vertu survient lorsqu'une personne «poursuit le bien et le choisit dans des actions concrètes». Cela doit être fait avec le libre arbitre. Le gouvernement ne peut pas le mandater car la contrainte élimine le libre arbitre.
(...)
Le pape Pie XI a commenté que, «après le renversement et la quasi-extinction de cette riche vie sociale qui était autrefois très développée par le biais d'associations de diverses natures, il ne reste pratiquement que des individus et l'État». Cela représentait un défi pratique pour les catholiques, car les institutions qui permettaient aux gens d'agir en vertu avaient maintenant disparu.
(...)
La vertu de la justice sociale agit habituellement dans la société civile d'une manière qui conduit à l'épanouissement des autres. Par conséquent, la solution à l'injustice économique ne réside pas dans la redistribution des biens et des privilèges mais dans «la réforme chrétienne de la morale».
(...)
Comment une personne peut-elle créer les conditions sociales pour l'épanouissement des autres alors qu'il n'y a rien d'autre que des organisations étatiques? Fr. Taparelli a fait valoir que les organisations de médiation, ou associations, sont nécessaires pour combler ce trou sociétal.
La subsidiarité est étroitement liée à la justice sociale et aux associations, le principe selon lequel la prise de décision doit être prise au niveau le plus bas possible avec le soutien des niveaux supérieurs uniquement si nécessaire.
Les associations fournissent aux gens les moyens de faire le bien et de se forger un caractère grâce à des actions vertueuses répétées. De plus, le bon sens nous dit que les personnes les plus touchées par une décision connaissent le plus intimement leur propre situation et sont en mesure de se défendre au mieux, ce qui permet de prendre de meilleures décisions. La justice sociale, la subsidiarité et les associations intermédiaires sont les moyens par lesquels les gens agissent justement pour le bien commun.
(...)
Au sujet des salaires, le pape Pie XI écrit que si les employeurs ne sont pas en mesure de payer une compensation adéquate, «la justice sociale exige que des changements soient introduits le plus tôt possible afin qu'un tel salaire soit assuré à chaque ouvrier adulte». Étant donné que l'encyclique met l'accent sur les associations professionnelles, l'expression «changements à introduire» ne renvoie pas à l'action gouvernementale.
En fait, Pie XI exclut explicitement les mandats gouvernementaux car dans cette situation, «les travailleurs et les employeurs s'efforcent avec une force et des conseils unis de surmonter les difficultés et les obstacles et de laisser une sage disposition de la part de l'autorité publique les aider dans un travail si salutaire. "
Plus généralement, la proposition catholique sur la question des travailleurs pauvres est de fournir un revenu suffisant pour une épargne modeste et la propriété immobilière.
La richesse offre une protection et réduit la dépendance vis-à-vis de l'État. Cela crée également une répartition plus égale de la richesse et du pouvoir (puisque le pouvoir vient avec la richesse), moins de troubles et une société forte. En bref, la proposition est de créer des associations qui aident les travailleurs à devenir capitalistes.

Theodore Misiak
The Catholic World Report.

mercredi 31 mars 2021

Le confinement c'est la mort !



Une étude de plus, portant cette fois sur 15 à 17 millions de personnes : "Aucune preuve que les confinements ont conduit à une réduction de nouveaux cas ou des décès".(https://www.pnas.org/content/118/15/e2019706118)

Il s'agit de la trente-deuxième étude démontrant que le confinement et autres couvre-feux n'ont eu absolument aucun effet positif sur la diffusion de l'épidémie ni sur les décès.

Ce qui est confirmé, si besoin était, par la dernière étude du Pr Ioannidis et ses collègues, qui concluent à propos des confinements : "Compte tenu de leurs nombreux préjudices à la santé et à la société, la littérature existante ne fournit pas un soutien solide pour leur efficacité à réduire la propagation des cas." Et aussi : "En mars 2021, les taux de mortalité les + élevés se produisent dans les pays utilisant des mesures prolongées et très restrictives, tandis que les taux de mortalité les plus bas se produisent dans des pays avec des réponses plus diverses." (https://onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1111/eci.13553)

Le confinement n'est pas une méthode sanitaire, mais policière, qui détruit la liberté au lieu de tuer le virus.

Heureusement, tout le monde n'est pas encore pris dans les rets de la dictature sanitaire. Il fait beau, on sort, on danse, on rit, on drague, et même on s'embrasse, réjouissances simples que les vieux culs qui se prennent pour les nouveaux rois de France aimeraient bien que le peuple oublie.

Pas davantage que les jeunes Français, les jeunes du monde n'attendent l'autorisation de sortie de l'amer Hamon ou la permission de marcher de la grande gueule Deray. Le masquisme-léninisme sent le renfermé. Avec le printemps, la jeunesse va aérer l'atmosphère et rendre le confinement impossible !

Paul-Eric Blanrue

lundi 29 mars 2021

Contre le culte de l'Etat-Dieu. Par Paul-Eric Blanrue.




Extraits de Paul-Eric Blanrue, Sécession, l'art de désobéir (Fiat Lux, 2018).

 

« Ce qui a toujours fait de l’État un enfer sur la terre, c’est que l’homme a voulu en faire son Ciel »

Friedrich Hölderlin

 

C’est loin d’être un hasard si je me suis retrouvé, à l’âge de vingt ans, membre du Secrétariat du descendant en ligne directe de Louis XIV, le prince Alphonse (1936-1989), duc d’Anjou, Chef de la maison de Bourbon et aîné des Capétiens – autrement dit le roi de France « de droit » (de jure). Mon rejet de l’État moderne était tellement enraciné en moi qu’il me fallait trouver des alternatives. J’étais disposé à tenter toutes les expériences, aussi insolites fussent-elles, pour m’extraire d’un monde asphyxiant dont les valeurs pernicieuses qu’on injectait, du lever au coucher, dans mes cent milliards de neurones, ne me correspondaient en rien.

Pour un jeune homme nourri des Trois mousquetaires et du Chevalier de Maison-Rouge (il n’y a pas que Platon et Nietzsche dans la vie !), la solution monarchique (avec, de mon point de vue, un roi qui règne et gouverne) était un idéal qui me tendait les bras.

Je n’étais pas attiré par les fastes télévisuels des mariages princiers, les chapeaux bigarrés d’Elisabeth II, les costumes de cérémonie, les potins de Point de Vue, les rallyes des familles de « sang bleu » qui dansaient le rock en cravate dans leur manoir délabré. Je n’ai jamais adhéré non plus à la vision utilitariste de Maurras faisant de la monarchie la crème de la crème du nationalisme, la meilleure formule politique, disait-il, « de salut public ». Le principe des nationalités n’a fait son apparition qu’avec la Révolution et m’est étranger comme il l’est de l’univers traditionnel qui m’est cher. Quant à Maurras, enfant de son temps, il avait grandi dans l’idée de la revanche contre l’Allemagne et songeait davantage aux bienfaits d’une dictature héréditaire pour ravir l’Alsace-Moselle aux casques à pointes qu’il ne militait pour l’instauration d’une monarchie tempérée calquée sur celle d’Henri IV.

La monarchie héréditaire est bien plus que la construction temporaire et intellectuelle d’un philosophe provençal, aussi doué fut-il. C’est une réalité. Ça s’est passé ! Ce qui m’intéressait par-dessus tout, c’était le principe monarchique lui-même. « Ma personne n’est rien, mon principe est tout », avait déclaré le comte de Chambord, petit-fils du roi Charles X, l’« enfant du miracle » sur lequel les espoirs des légitimistes français avaient reposé dans la seconde moitié du XIXe siècle, tandis qu’il passait sa vie en exil, de Frohsdorf à Venise. Je partageais son avis. Un roi peut être un individu médiocre mais le principe qu’il incarne le dépasse de beaucoup. La société dont il est le socle ne change pas au gré de son tempérament et de ses caprices. Il doit en respecter les règles coutumières, une combinaison d’ordres qu’il ne peut bousculer à sa guise, des normes qui le précèdent et lui survivront à sa mort. Comme le stipulaient les thomistes de l’école de Salamanque, le roi ne tenait le pouvoir politique que du peuple qui le lui prêtait depuis des temps fort lointains.

Quel était ce principe auquel je tenais ? Il suffit de se retourner sur l’histoire des dix derniers siècles pour qu’il nous saute à la figure : c’est la liberté dans l’unité. L’unité déterminée par la fonction royale ; la liberté des sujets. Un pouvoir concentrant la puissance en haut, ou plutôt au centre de la société, comme le moyeu immobile fait tourner la roue ; et, à la base, un peuple vivant dans le self-government.

C’est évidemment bien davantage que cela ! C’est aussi la stabilité, la vision à long terme, le pouvoir sans compétition permanente. C’est un système de conservation sans crispation, ouvert sur son époque : quand j’entends dire que les rois étaient des « Français de souche », je rappelle volontiers que Marie-Antoinette était d’origine autrichienne, la reine Marie Leczinska polonaise, Marie-Thérèse, Infante d’Espagne et du Portugal, Marie de Medicis florentine, et que la mère de Louis XIV s’appelait Anne d’Autriche et qu’elle était née à Valladolid, en Espagne - j’en passe.

C’est également une structure encourageant l’excellence, il suffit de découvrir les œuvres artistiques qu’elle a suscitées pour s’en convaincre. C’est l’indépendance souveraine, puisque le roi ne doit rendre de compte qu’à Dieu et non à des groupes de pression auxquels il est libre de résister. Loin d’être l’esclave de la noblesse, le roi de France a longtemps cherché à en découdre avec elle, au bénéfice du peuple, ce que le duc de Saint-Simon, courtisan dépité, n’eut de cesse de reprocher au Roi-Soleil.

La monarchie c’est un État sans étatisme, puisque le roi ne s’occupe pas de la vie privée de ses sujets. La monarchie c’est aussi un métier : le dauphin apprend à devenir monarque, il y est préparé parce qu’il voit son père au travail et que celui-ci, chaque jour, lui enseigne les rudiments de sa future charge. Dans le système royal français, nul ne peut ambitionner de « devenir calife à la place du calife ». Pour les rois capétiens, l’ordre de succession se déroulait automatiquement, par ordre de primogéniture mâle, et bien que Louis XIV, tout Roi-Soleil fut-il, ait tenté de légitimer ses bâtards afin qu’ils lui succèdent, le Parlement de Paris invalida son testament, contraire aux lois fondamentales du royaume.

La démocratie, tout à l’opposé, c’est le court terme (cinq ans quand tout va bien), la loi du saint Nombre, la préférence de la quantité sur la qualité, l’empire de la majorité, la domination de la lourde masse inerte à un instant T, autant dire le triomphe de l’audimat - or une seule personne, correctement informée, peut avoir raison contre soixante millions d’autres, victimes d’une intox.

Comme le souligne Pascal Salin, l’un de nos meilleurs économistes, « la règle majoritaire n’a aucun statut moral ou scientifique » (Libéralisme, Odile Jacob, 2000). Le prix Nobel d’économie 1974, Friedrich Hayek, dans La Constitution de la liberté (1960), l’explique en peu de mots : « Nous ne considérons incontestablement pas qu'il soit légitime que les citoyens d'un grand pays dominent ceux d'un petit pays voisin, sous prétexte qu'ils sont plus nombreux que ces derniers. Il n'y a pas davantage de raison pour que la majorité des gens qui se sont assemblés pour un certain objectif, que ce soit une nation ou quelque organisation supra-nationale, ait le droit d'étendre son autorité à sa guise. »

La démocratie c’est le plein pouvoir donné à la propagande pour laver le cerveau des électeurs par l’utilisation à grands jets de promesses illusoires mais chatoyantes, de mensonges à répétition qui plongent le peuple surexcité et déçu dans un état d’insatisfaction endémique. C’est le contrôle des cerveaux jusque dans l’éducation des tout-petits, puisqu’il faut faire entrer l’individu, dès son jeune âge, dans le moule de la citoyenneté. Ce sont les hautes places de responsabilité offertes aux énergumènes les plus vicelards, aux rastaquouères les plus corrompus et à leurs larbins. C’est l’instabilité chronique à cause de la sempiternelle course au pouvoir. C’est la liberté tenue en bride au nom de « grands principes », parce que la clientèle des élus fait pression sur ceux-ci pour obtenir des privilèges et couper la parole à ses adversaires.  C’est le peuple-souverain - qui ne gouverne jamais que par délégation ! C’est l’hypocrisie totale sur tous les sujets précédents. C’est une administration aussi despotique que politiquement irresponsable.

Dans un long texte extrêmement bien argumenté, le génial économiste allemand Hans-Hermann Hoppe, disciple de Murray Rothbard, explique la raison pour laquelle, au fond, la démocratie est une entreprise de clientélisme qui accroît les dépenses et le chômage : « Imaginez un gouvernement mondial, démocratiquement élu à l'échelle mondiale en suivant le principe un homme-une-voix. Que serait le résultat probable d'une telle élection ? Le plus vraisemblable est que nous aurions un gouvernement de coalition sino-indien. Et qu'est-ce que ce gouvernement serait le plus enclin à faire pour complaire à ses électeurs et se faire réélire ? Il découvrirait probablement que l'Occident a beaucoup trop de richesses et que le reste du monde, particulièrement l'Inde et la Chine, bien trop peu, et par conséquent mettrait en œuvre une redistribution systématique du revenu du riche Occident vers le pauvre Orient. Ou alors, imaginez qu'aux États-Unis on étende le droit de vote aux enfants de sept ans. Le gouvernement ne serait peut-être pas composé d'enfants, mais ses politiques, selon toute probabilité, refléteraient le "souci légitime" des enfants de disposer d'un accès "suffisant" voire "égal" à des hamburgers, des limonades et des vidéocassettes "gratuits".  Je présente ces "expériences mentales" pour illustrer les conséquences du processus de démocratisation qui a commencé aux États-Unis et en Europe au milieu du XIXe siècle, et qui porte ses fruits depuis la fin de la Première Guerre mondiale. L'extension progressive du droit de vote et finalement l'établissement du suffrage universel des adultes a fait à chaque pays ce que la démocratie mondiale ferait pour l'ensemble du globe : mettre en branle une tendance apparemment permanente à la redistribution du revenu et des biens. Un-homme-une-voix, plus la "liberté d'entrer" dans l'appareil d'État, c'est-à-dire la démocratie, implique que toute personne et sa propriété personnelle est mise à la portée de toutes les autres, et ouverte à leur pillage. En ouvrant en apparence les couloirs du pouvoir politique à tout le monde, la démocratie fait du pouvoir politique une "res nullius", où personne ne souhaite plus qu'il soit restreint parce qu'il espère que lui-même, ou ceux qui lui sont favorables, auront un jour une chance de l'exercer. (…) En outre, on peut s'attendre à ce qu'il y ait un grand nombre de groupes et de coalitions pour essayer de s'enrichir aux dépens des autres. Les critères seront divers et changeants pour définir ce qui fait qu'une personne est un "possédant" (méritant d'être pillé) et qu'une autre est un "déshérité" (méritant une part du butin). Simultanément, les gens appartiendront à une multitude de groupes de profiteurs et de victimes, perdant au titre de l'une de leurs caractéristiques et gagnant grâce à une autre, certains se retrouvant être des gagnants nets et d'autres des perdants nets de la redistribution politiqueLa reconnaissance de la démocratie comme machine populaire de redistribution des revenus et des biens, associée à l'un des principes les plus fondamentaux de l'économie —à savoir qu'on finit toujours par se retrouver avec davantage de ce qui est subventionné— fournit la clé pour comprendre l'époque actuelle. Toute redistribution, quel que soit le critère sur lequel elle se fonde, implique de prendre aux possesseurs et producteurs originels (ceux qui "ont" quelque chose) pour donner aux non-possesseurs et non-producteurs (ceux qui "n'ont pas" la chose en question). Les raisons que l'on pourrait avoir de devenir le propriétaire initial de la chose considérée sont alors moindres, alors que sont accrues celles de devenir un non-possédant et un non-producteur. Tout naturellement, du fait que l'on subventionne les gens parce qu'ils sont pauvres, il y aura davantage de pauvreté. Quand on subventionne les gens parce qu'ils sont au chômage, on se retrouve avec davantage de chômeurs.  Après moins d'un siècle de démocratie et de redistribution politique, les résultats prévisibles sont là. Le "fonds de réserve" de richesse et de capital, hérité des siècles précédents d'activité productive dans un marché relativement libre, est presque épuisé. Depuis plusieurs décennies, depuis la fin des années 1960 ou le début des années 1970, les niveaux de vie réels stagnent ou même baissent en Occident. La dette publique et le coût des systèmes existants de sécurité sociale ont amené la perspective d'un effondrement économique imminent. En même temps, presque toutes les formes de conduite indésirable —chômage, dépendance, négligence, imprévoyance, incivilité, psychopathie, hédonisme et délinquance— se sont développées à des niveaux dangereux. Si les tendances actuelles se poursuivent, on ne risque rien à dire que l'État-providence occidental, c'est-à-dire la démocratie sociale, s'effondrera tout comme le socialisme oriental, à la soviétique, s'est effondré à la fin des années 1980 » (« À bas la démocratie », traduit par François Guillaumat, disponible sur le Net).

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Le prince Alphonse - Alphonse II pour les légitimistes que nous étions - représentait à la perfection le principe monarchique. Il était un homme d’apparence calme, pondéré en tout, travailleur acharné, cultivé et sincèrement croyant (il m’avait confié que son auteur de prédilection était Gustave Thibon, l’ami de l’immense philosophe Simone Weil). Il avait compris les principaux défauts de la démocratie mais était suffisamment rusé pour ne pas se lancer dans des discussions polémiques sur ce sujet qui l’eussent fait passer pour un militant borné. Le Prince se tenait dans une position arbitrale, sachant se faire apprécier des hommes politiques qu’il rencontrait lors de ses voyages, des élus de droite comme de gauche - et c’était très bien ainsi.

La restauration de la monarchie en France était-elle possible à la fin des années quatre-vingt ? Non, même s’il y avait eu, douze ans auparavant, en 1975, en Espagne, une opération de ce genre réussie par un cousin d’Alphonse, un autre Bourbon, Jean-Charles, placé sur le trône par Franco. Mais cette expérience n’était pas à la hauteur de mes espérances, le roi d’Espagne n’ayant rien fait d’autre que de couronner une démocratie vermoulue.

Et puis surtout, après une incursion décevante de quelques années dans deux navrants partis politique de droite, le Rassemblement pour la République (RPR) de Jacques Chirac et le Front national de Jean-Marie Le Pen, j’étais franchement sceptique sur la capacité du peuple à se réveiller. Dans le journal des jeunes du RPR de Lorraine, Vitamine C, j’avais écrit le premier article de ma vie sur l’affaire de la francisque décernée à François Mitterrand par le Maréchal Pétain, dix ans avant la « révélation » de Pierre Péan qui a ébranlé toute la presse française. Résultat : aucune réaction.

Les Français, volontiers royalistes quand ils visitent Versailles et les châteaux de la Loire, sont trop passifs pour se ruer en masse sur les questions institutionnelles et pas assez galvanisés pour oser franchir deux cents ans d’histoire.  En 1958, « Gaulle », comme l’appelait Paul Morand à la suite d’Alfred Fabre-Luce (Le plus illustre des Français, Julliard, 1960), avait dû agir sans eux pour imposer la Ve République. Pour s’assurer de la mollesse d’un peuple qu’il qualifiait de « veaux », l'homme de Colombey n’avait pas hésité à se faire qualifier de général alors qu’il n’avait été nommé général de brigade qu’à titre temporaire, un grade annulé sans être confirmé par la suite. Pas plus qu’il ne descendait d’une famille noble « Gaulle » n’était général, il était un colonel portant un uniforme de carnaval. Et « les veaux » n’ y trouvèrent rien à redire.

N’importe, je faisais mes classes sous la férule d’Alphonse II, de l’ex-maoïste Daniel Hamiche, un curieux bonhomme, confit en dévotion et entouré de charmants jeunes gens, qui rédigeait la plupart de ses discours et du baron Hervé Pinoteau, chancelier éclairant, érudit grognon, vice-président de l’Académie internationale d’héraldique et président-fondateur de la Société française de vexillologie,  un excellent chercheur d’esprit catho-tradi qui avait ressuscité en France le courant légitimiste et qui préfacerait mon premier livre, Lumières sur le comte de Chambord (Communication et Tradition, 1995).

En 1987, la France entière fêtait le Millénaire capétien et l’on s’apprêtait à manger de la Révolution à toutes les sauces, avec les célébrations du Bicentenaire qui devaient déferler deux ans plus tard sous la Mitterrandie jacklanguienne, dont les dispendieuses clowneries de Jean-Paul Goude place de la Concorde furent l’apothéose. Il fallait réagir et nous avons contribué, par divers publications et événements, à réveiller un peuple désinformé qui croyait encore, deux cents ans après, que le 14-Juillet était la fête de la libération des prisonniers politiques enfermés à la Bastille par ordre de Louis XVI (le plus libéral de tous les Capétiens), alors qu’en réalité, le jour où les révolutionnaires avaient pénétré dans la prison pour y voler des armes, ils avaient eu la surprise de n’y découvrir que quatre faussaires, deux fous et un noble incestueux !

La mort du prince Alphonse, le 30 janvier 1989, dans un tragique accident de ski au Colorado, ainsi que celle de son frère Gonzalve, chef du conseil de Régence, peu de temps après, me firent prendre un autre chemin que celui du royalisme. Je laisserais à d’autres le soin de se charger de son fils, Louis XX, mineur à l’époque. Au moins avais-je eu le loisir d’apprendre ce qu’était la propagande républicaine, dont je n’avais eu jusqu’alors qu’une faible idée. C’était gratiné ! J’ai écrit ailleurs comment la commémoration de la bataille de Valmy fut une autre occasion de raconter des bobards aux Français (v. mon Livre Noir des manipulations historiques, Fiat Lux, 2017) et de quelle façon les procès de Louis XVI et de Marie-Antoinette furent truqués ( v. mon Mystère du Temple - La vraie mort de Louis XVII, Claire Vigne éditrice, 1996.)

Durant ces mêmes années, tandis que j’écrivais dans la Feuille d’Information légitimiste d’Hamiche, je collaborais régulièrement à L’Homme libre de Marcel Renoulet, ancien secrétaire du militant pacifiste Louis Lecoin, la plus vieille revue anarchiste française, qui se réclamait de Friedrich Nietzsche et de Max Stirner. J’avais ainsi, du pouvoir politique, développé la même vue que celle de Salvador Dalí : « Je suis monarchiste et anarchiste.  Monarchiste pour que notre anarchie, celle d’en bas, soit protégée par l’ordre d’en haut. » 

Trente ans plus tard, je n’ai pas varié d’un iota dans ce domaine, à ceci près que, l’instauration d’une monarchie est moins que jamais possible en raison de l’apathie générale et de l’écrasante mécanique étatique. S’il devait émerger un roi aujourd’hui, il devrait être propriétaire de son domaine, afin d’y faire régner le droit privé, comme le soutient Hans-Hermann Hoppe - et cela ne pourrait se faire que dans de petits États sécessionnistes, où les citoyens seraient égaux en droit.

Ceci étant, j’insiste sur le fait que si nous voulons bâtir un nouvel ordre politique, dynamique et spontané, libéré des entraves étatiques, il faut davantage regarder du côté de la Tradition que se contenter d’ânonner les « grands principes » de la Révolution de 1789 comme un fayot désirant faire plaisir à son professeur d'histoire de sensibilité trotskiste.

*

La tradition a bonne presse quand il est question de produits culinaires, elle l’est moins en politique où elle a pour synonyme « réactionnaire ». Le camembert, oui, le roi, non ! Ou alors à la télévision, le temps de regarder une émission du sirupeux Stéphane Bern pour se détendre et rêver du « bon vieux temps ».

Pourtant, si les sociétés traditionnelles avaient bien des défauts, la collectivité y primant par principe l’individu, il se trouve que, dans la pratique, elles n’étaient pas oppressantes et surtout nullement totalitaires, cette dernière caractéristique ne faisant son apparition dans l’histoire humaine qu’au XXe siècle avec le fascisme et le communisme. Bien que hiérarchiques et parfois autoritaires, ces sociétés, pour l’essentiel monarchiques, étaient largement décentralisées et permettaient aux individus de s’épanouir comme des fleurs sans avoir à s’expliquer régulièrement devant un représentant du pouvoir.

Dans ce type de société les pouvoirs des souverains étaient limités et, dans certains cas, spécialement restreints. Ainsi, à Venise, le doge (du latin dux, chef) était élu à l'issue d'un scrutin dont le tirage au sort constituait l'une des premières étapes. Il représentait et dirigeait la Sérénissime jusqu'à sa mort. Ses fonctions étaient strictement régaliennes (du latin, regalis, royal). Il contrôlait les affaires de l'État et décidait de la paix et de la guerre. Il dirigeait la République avec une assemblée élue, appelée le Conseil des Dix. Bien que chef de l'une des nations les plus riches de l'époque, ses pouvoirs étaient extrêmement réduits. Le doge devait dissimuler ses armoiries personnelles, ne pouvait accepter de présents, n'avait pas le droit de quitter ses appartements exigus du palais de la place Saint-Marc, sauf autorisation spéciale. Il ne pouvait se rendre dans son ancienne demeure, ni aller au théâtre ou au café, et il lui était interdit de quitter le territoire de la cité de Venise (7km/4km). Son épouse devait être vénitienne. Ni lui ni aucun membre de sa famille n'étaient autorisés à prendre part à une entreprise commerciale. Aucun de ses fils ne pouvait devenir doge à sa mort. Ses lettres étaient censurées et il n'avait pas le droit de communiquer en privé avec les ambassadeurs étrangers. Par-dessus le marché, il devait offrir des fêtes fastueuses sur ses propres fonds ! 

Dans la Sérénissime, toute sorte de dictature personnelle était aussitôt tuée dans l'oeuf, y compris par décapitation si nécessaire, comme ce fut le cas pour Maniero Faliero en 1355, qui avait voulu imposer son autorité par la force. Ce système bien huilé a duré mille ans et a contribué à faire de Venise la plus belle ville du monde et l'une des plus prospères.

C'est un certain général Bonaparte qui, au nom des sacro-saints principes de la Révolution française, y mis fin en 1797. Vint alors l'heure de la dictature, de la perte d'indépendance et du déclin !

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Concernant la France, qui nous regarde prioritairement, il y a belle heurette que, pour les historiens, l’expression de « moyen âge » n’est plus l’insulte qu’elle était devenue sous la plume des modernes. Régine Pernoud (Lumière du Moyen Âge, Grasset-Fasquelle, 1981) et Jacques Herrs (Le Moyen Âge, une imposture, Perrin, 1992) ont, parmi d’autres, fait litière de cette funèbre caricature et ont énuméré les innombrables libertés dont bénéficiaient hommes et femmes durant cette période bénie de dix siècles. L’économite libéral Friedrich Hayek a reconnu que « sous diverses incidences, l'homme médiéval était sans aucun doute plus libre qu'on ne le croit communément aujourd'hui » (La Constitution de la liberté).

Le monde féodal, du fait du morcellement territorial et du partage des pouvoirs économique et politique, était tellement étranger à notre conception moderne de l’État que ce n’est qu’à « l’extrême fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle » qu’on trouve parfois (rarement) le mot « État » avec « le sens de corps politique que nous lui donnons le plus souvent actuellement » (v. Bernard Guénée, « État et nation au Moyen Âge », Revue historique, janvier-mars 1967). À fins de propagande, et pour se moquer des « âges obscurs », les républicains ont crapuleusement inventé sur le tard toutes sortes de droits féodaux inexistants (v. mon Livre noir), tels le droit de cuissage, le droit de ravage (le seigneur qui anéantirait la récolte du serf en lançant sa meute sur ses révoltes !), le droit de prélassement (un seigneur aurait pu, soi-disant, éventrer un paysan pour se chauffer les pieds !), ou encore le droit de faire battre les marais pour y faire cesser les coassements de grenouilles ! Tout était faux.

Les écoles n’ont pas davantage attendu le raciste Jules Ferry pour exister. Quoi que très-chrétien, le roi de France n’était pas tout-puissant, il n’était que l’usufruitier du pouvoir et il ne lui appartenait pas de disposer de la couronne selon son bon plaisir. Sous la monarchie tempérée, le roi se tenait à distance. On ne connaissait son apparence que parce que son profil était gravé sur les pièces de monnaie. Les guerres qu’il menait étaient une lointaine affaire de spécialistes, celle des nobles, exemptés d’impôt car ils versaient celui du sang.

Le pouvoir central était limité par toutes sortes de droits coutumiers, de chartes, et par les lois fondamentales (constitution non écrite) du royaume. La centralisation, en France, ne s’est effectuée que lentement, pas à pas. Les premiers duchés et comtés apparaissent à la fin de l’Empire romain, entre le VIIe et le Xe siècle. On assista alors à une multiplication des pouvoirs par le développement des autorités suzeraines sous la féodalité. Au XIIIe siècle poussèrent comme des champignons les premières grandes villes, fondées sur l’association par serment. Ces communes avaient le droit de lever l’impôt, rendre justice, posséder un sceau, avoir une force armée. Elles formaient une mosaïque d’autonomies locales qui restèrent vivaces jusqu’à la Révolution.

Pour avoir été hébergé quelque temps au château de La Chapelle-d’Angillon (Cher), chez le comte Jean d’Ogny, où je fus précepteur (un métier d’avenir pour qui veut en finir avec les servitudes de l’école !), j’ai eu l’occasion d’y apprendre l’histoire méconnue de la principauté de Boisbelle, dont cette demeure avait été l’épicentre. Comme bien d’autres domaines du royaume de France, cette principauté, enclavée dans le Berry, avait été, durant plusieurs siècles, souveraine dans trois paroisses, dont l’une que connaissent bien les amateurs de vins : Mennetou-Salon. Les princes, la famille de Sully, étaient à l’origine des pirates normands. Depuis le XIIIe siècle, ils avaient su composer avec les autorités au point qu’ils avaient licence de faire les lois, rendre justice, et battre monnaie. Les habitants de cette principauté indépendante, en plein royaume de France, n'étaient pas soumis à l’impôt, taille, corvée ou gabelle, et n'avaient point d'obligations militaires. La principauté, transformée par Henri IV en duché-pairie, ne fut rachetée par la Couronne qu’en 1766. À la Révolution, elle cessa totalement d’exister...

En attendant, sous Louis XVI, le royaume de France était toujours parsemé de franchises, de libertés communales, d’autonomies provinciales, que la couronne tentait de contrôler mais qu’elle a toujours tolérées. Dans l’ancienne France, la diversité était respectée, un territoire pouvait avoir plusieurs maîtres, il n’était pas question d’uniformisation territoriale et institutionnelle.

Les rois n’ont pas édifié leur pouvoir « sur les ruines de la société traditionnelle », mais « au prix d’une série de conflits et de transactions » comme l’avait noté l’historien François Furet. Cette « transaction entre l’État et des structures sociales et institutionnelles largement héritées des temps médiévaux fait que la monarchie d’Ancien Régime est souvent contrainte de se contenter d’à-peu-près. Il est en quelque sorte admis que la royauté soit plus ou moins obéie. La législation royale ne s’applique que très imparfaitement. (…) En particulier, l’esprit d’indépendance des Parlements ira très loin. Songeons que, pendant trois siècles, celui de Paris a obstinément refusé d’appliquer le concordat de Bologne de 1516. (…) Bref, l’État d’Ancien Régime est loin d’avoir toute la rigueur qui caractérise l’État moderne. La plus libérale des démocraties actuelles est bien plus absolue que la monarchie dite absolue », écrit l’historien Jean-Louis Harrouel (« L’essence de la royauté », Le Miracle capétien 987-1789, sous la dir. de Stéphane Rials, Perrin, 1987).

Comme le signalait Bertrand de Jouvenel dans Du pouvoir (1945) : « Il n’est pas vrai qu’on vienne d’un état antérieur où les magistrats, le monarque, auraient de leur chef dicté des normes de comportement. La vérité c’est qu’ils n’avaient pas du tout ce droit, ou pour mieux en parler, ce pouvoir. »

Plus prosaïquement, il est bon de savoir, pour se faire une idée des rapports entre le peuple et les gens de pouvoir dans l’ancienne France, que tout sujet du roi pouvait entrer dans le château de Versailles s’il possédait un chapeau et une épée, et avait le droit de pénétrer dans les appartements privés du souverain pour tenter d’assister à son lever et à son coucher. Jusqu’à Marie-Antoinette non incluse, les reines ont accouché en public. Une proximité du peuple avec les plus hauts représentants de l’État, impensable aujourd’hui !

L’État remplissait un rôle minimal. Il s’occupait de rendre la justice et d’assurer la sécurité intérieure et extérieure. Au XVIe siècle, Jean Bodin, le théoricien de l’absolutisme (l’absolutisme royal signifie « indépendance du pouvoir » et non « extrémisme » ou « despotisme »), fournit les clés théoriques à la politique de Richelieu et Louis XIV, mais il prit soin, contrairement aux venimeux socialistes du XXe siècle, de respecter la propriété privé et la sécurité des sujets.

Même sous l’État du Roi-Soleil tant décrié, la France était une fédération de provinces, échappant à la rationalisation étatique. Rappelons que Louis XIV n’a jamais dit « L’État c’est moi » (v. mon Livre noir). La monarchie française n’a jamais été non plus une théocratie. Louis XIV a défendu le scandaleux Tartuffe de Molière, hilarante satire anti-bigots, contre la cabale du parti dévot conduit par la reine Marie-Thérèse qui voulait l’interdire. Sous son règne, le brillant Fontenelle, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, pouvait publier sa subversive Histoire des oracles (1687), le plaidoyer le plus lumineux que l’on ait écrit pour défendre les droits de la raison : « Nous qui sommes des hommes ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs ou dupes ? » C’est Louis XIV qui mit fin en France aux bûchers de l’Inquisition. En 1666, son ministre Jean-Baptiste Colbert chassa l’astrologie de l’université de Paris au bénéfice de l’astronomie. Par un édit de 1682, Louis XIV et Colbert bannirent du royaume les devins et magiciens qui exploitaient la crédulité publique « sous prétexte d’horoscope et de divination ». Plus tard, sous Louis XV, c’est sous l’impulsion du chancelier de France et garde des Sceaux Henri-François d’Aguesseau, et avec l’aide de la marquise de Pompadour, favorite du roi, que L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert fut publiée entre 1751 et 1772. Difficile d’être plus ouvert aux idées nouvelles !

Contrairement à la légende, la fiscalité de l’Ancien Régime était moins écrasante que celle d’aujourd’hui. Encore une imposture honteuse, digne des « hussards noirs de la République », qui doit s’effondrer. Sous l’Ancien Régime, le Français moyen payait « l’équivalent de dix-huit jours de travail en impôts (gabelle, taille, vingtième, etc.), tandis qu’aujourd’hui, il en paye l’équivalent de deux cents huit jours, soit dix fois plus », selon une étude de l’Institut Coppet.

Il a certes toujours existé une tentation de l’État d’intervenir dans la vie économique du pays. Au XIIIe siècle, en pleine difficulté financière, Philippe le Bel a exterminé les Templiers pour leur prendre leur or et a pratiqué la dévaluation monétaire. Au XVIIe siècle, le mercantiliste Colbert, s’est mis en tête de favoriser les exportations à forte valeur ajoutée en transformant les produits d’importation à faible coût, et a créé pour ce faire une manufacture avec monopole. Il a multiplié les réglementations et taxé les blés et les draps, créant une situation de tension avec la Hollande et la Grande-Bretagne.  

Les guerres des XVIIe et XVIIIe siècles ont de toute évidence eu un coût qui a contribué à déployer une fiscalité lourde et complexe. Mais au XVIIIe siècle, comme naguère sous le duc de Sully, conseiller d’Henri IV, une école de la liberté s’est opposée au protectionnisme étatique ambiant et a cherché à ouvrir les relations commerciales. À commencer par Vauban, qui, s’inspirant de l’économiste Boisguilbert, a tenté d’introduire, pour toutes les classes sans exception, une flat tax, un impôt unique de 10% sur les revenus, sous forme d’une dîme royale. « L’argent le mieux employé est celui qui demeure entre les mains du peuple », disait-il. Richard Cantillon rappela que la propriété privée est la base de la civilisation. Le marquis d’Argenson critiqua vertement le dirigisme. Admiré par Voltaire, François Quesnay, médecin de la Pompadour (en avance sur son temps car opposé à la saignée) et chef de file des physiocrates, prôna la liberté du commerce et les vertus de la concurrence.

Sous Louis XVI, ces idées trouvèrent leur expression en la personne de Jacques Turgot, baron de l’Aulne, qui œuvra comme contrôleur général des finances. Turgot empêcha la levée de nouvelles taxes et d'emprunts et s'acharna à éviter la banqueroute. Il supprima la corvée royale, libéra le commerce des grains, supprima corporations, maîtrises et jurandes. Grâce à ses mesures, il réduisit le déficit du royaume. Ses attaques contre des privilèges hors d'âge suscitèrent l'opposition du Parlement et il fut contraint de démissionner en 1776.  « Il n’y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple », déclarait Louis XVI.

*

En 1789, l’abbé Sieyès fournit, dans Qu’est-ce que le Tiers-État ?, un argument magistral aux révolutionnaires, dont ils allaient s’emparer pour mettre la France et l’Europe à feu et à sang : « La nation existe avant tout, elle est à l’origine de tout. Sa volonté est toujours légale. » Le totalitarisme était en marche, l’État annexait la nation et s’accaparait le peuple. C'est cette logique qui ferait déclarer à l’ex-socialiste Benito Mussolini, devant la Chambre des députés en 1927 : « Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en-dehors de l’État ».

Ainsi que l’écrivaient les clairvoyants frères Goncourt, Jules et Edmond, dans leur Journal à la date du 27 décembre 1860 : « À mesure que de l'isolement, la civilisation marche à la centralisation - marche fatale et croissante de l'humanité -, l'individualité est plus absorbée. L'État, surtout depuis 89, est d'un absorbant prodigieux ! L'avenir, ne sera-ce pas l'État absorbant tout, assurant tout, tenant à ferme la propriété de chacun ? On n'aura plus le despotisme dans un homme, dans une volonté, mais il y aura, étendu sur tout, le réseau d'une réglementation omnipotente, la tyrannie de la bureaucratie, en un mot le gouvernement absolu de l'État, administrant tout au nom de tous. »

C’est avec la Révolution française que l’État s’est répandu dans tous les secteurs de la vie, cherchant à discipliner l’individu jusque dans son foyer au nom de grandes idées aussi creuses que des bulles de savon.

En décembre 1789, la France fut divisée en quatre-vingt-trois départements, composés de districts, cantons, communes, selon le principe des poupées russes. Dénonçant l’esprit d’abstraction des révolutionnaires, le philosophe et député anglais whig, Edmund Burke, dans ses admirables Réflexions sur la révolution françaises (1790), nota sur le vif : « La force qu’on donne ainsi à Paris fait ressortir la faiblesse du système. On se flatte d’avoir fait adopter le principe géométrique et de vouloir mettre fin à tous les attachements locaux : on ne connaîtra plus, nous dit-on, ni Gascons, ni Picards, ni Bretons, ni Normands, mais seulement des Français, qui n’auront qu’une patrie, qu’un cœur, qu’une assemblée. Mais il est beaucoup plus vraisemblable que votre pays sera bientôt habité non par des Français, mais par des hommes sans patrie (…) Personne ne se fera jamais gloire d’être originaire du carré numéro 71 ou de porter quelque autre étiquette de ce genre. C’est au sein de nos familles que commencent nos affections publiques (…) De nos familles nous passons au voisinage, aux gens que nous fréquentons et aux séjours que nous aimons dans notre province (…) Ces divisions anciennes de notre pays, qui sont le fruit des siècles et non le produit d’un acte soudain d’autorité, sont autant de petites images de notre grande patrie qui nous réchauffent le cœur. »

Tout le monde doit s’intégrer de force dans la France nouvelle. On y confond la légitime égalité des droits avec l’uniformité générale. En coupant la tête des géants, on a dans l’idée (candide et criminelle) que les nains grandiront. « L'envie, principe de la Révolution française, a pris le masque d'une égalité dérisoire ; elle promène son insultant niveau sur toutes les têtes, pour détruire ces innocentes supériorités que les distinctions sociales établissent », écrira Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (Mémoires ou opinion sur les affaires de mon temps1891).

La Liberté écrite avec une majuscule anéantira l’ensemble des fragiles libertés locales. Les différences ne seront plus tolérées. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté », clama Saint-Just, avant de périr lui-même du principe qu’il avait préconisé dans un accès d’idiotie. Bien entendu, la « dénonciation civique » fut vivement encouragée comme elle le sera lors de la Révolution culturelle chinoise déclenchée en 1966. Mao n’a rien inventé.

Si la Déclaration des droits de l’homme, signée par Louis XVI, comprend de beaux paragraphes, elle en contient d’autres plus inquiétants, tel l’article 3 : « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. » C’est la porte ouverte à toutes les dérives étatiques. Le roi était le « lieu-tenant » de Dieu sur terre, il devait rendre compte à son Créateur de ses actions. C’est pour cette raison qu’il était sacré à Reims. À l’opposé, avec la Révolution, la nation, qui est un ensemble de rapports sociaux et non une entité flottante coupée des individus qui la compose, devient soudain le niveau ultime de décision et n’a de compte à rendre à personne, sauf au peuple - mais comme elle est dirigée par de petits malins censés représenter ce dernier, tout est bien qui finit bien !

L’État va se mêler de tout. En 1790, l’Assemblée constituante accouche de la Constitution civile du clergé et décrète que les prêtres et les évêques sont obligés de prêter un serment d’allégeance à la Constitution qui place l’Église catholique gallicane sous le contrôle direct de l’État français. La loi Le Chapelier des 14-17 juin 1791 interdit les assemblées professionnelles. Le 21 janvier 1793, la décapitation du roi est mise en scène pour signifier que l’on est entré dans le temps de la Révolution et que l’on ne peut plus faire machine arrière. La basilique Saint-Denis, nécropole des rois, est dévastée, les cercueils sont ouverts et les corps des souverains déterrés (quarante-deux rois, trente-deux reines, soixante-trois princes) et jetés dans une fosse commune, passés par la chaux ou déchiquetés aux abords de l’édifice.

On passait à une autre sacralité, sous contrôle direct de l’État. Le 10 novembre 1793, le premier temple de la Raison était ouvert - dans une église profanée. Auparavant, le calendrier grégorien, autrement dit chrétien, avait été transformé et l’an 1792 devint l’an I de la République. Le culte décadaire était instauré faisant en sorte qu’il n’y ait plus qu’un jour chômé tous les dix jours (il n’y a pas de petits profits).

La nouvelle toponymie révolutionnaire s’affirma partout sans être atteinte par le sens du ridicule. Comme des centaines d’autres communes, Saint-Cyr l’École perdit son « saint » et fut transformé en Libreval. Saint-Germain-en-Laye devint Montagne-du-Bon-Air, Versailles fut changée en Berceau-de-la-Liberté, Château-Porcien devint Marat-sur-Aisne, Ham-les-Moines se transforma en Ham-Sans-Culottes, Rocroi en Roclibre (!), Bordeaux en Commune-Franklin,  Saint-Bonnet en Bonnet-Rouge, l’Île de Ré en Île-Républicaine. Passez muscade !

La levée en masse de 300 000 hommes marqua le tournant de 1793. Pour la première fois depuis Clovis, tous les Français de sexe masculin ayant l’âge requis (de 18 à 40 ans) furent appelés à faire la guerre que la Convention avait déclaré. L’État défaisait les familles, retirait les hommes de leurs villages, les éloignait des travaux des champs. Pour terroriser les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur qui résistaient à la conscription et au changement, la Convention créa, sur proposition de Danton, une juridiction criminelle d'exception, le Tribunal révolutionnaire, qui condamnait « ceux qui auront cherché à égarer l'opinion et à empêcher l'instruction du Peuple ». Siégeant au palais de justice, dans la Salle de la Liberté, ce tribunal fit des milliers de victimes.

Ailleurs, on décima sans pitié ceux qui refusaient de partir au combat en chantant La Carmagniole : les Vendéens. L’un des plus exceptionnels historiens français de notre temps, Reynald Secher a prouvé, documents à l’appui, dans Le Génocide franco-français : La Vendée-Vengé (PUF, 1986), que cette politique d’anéantissement fut un crime idéologique décidé par Comité de Salut public, notamment par Robespierre, Carnot et Barrère, avec l’appui de la Convention. Le 1er août 1793, une loi votée par cette dernière prescrivit la déportation des femmes et des enfants et le massacre de tous les habitants résidant en Vendée, la nationalisation de leurs biens et leur destruction. Une seconde loi du 1er octobre 1793 ordonna l’extermination de tous les habitants sans exclusion, appelés « brigands », soit plus de 800 000 âmes. Il fut ordonné expressément par le général Lazare Carnot, au nom du Comité de Salut public, d’annihiler tous les vieillards, les femmes et les enfants.

Ce génocide franco-français fit plus de 200 000 victimes du côté des insurgés Blancs, et tout autant du côté des Bleus. On y a tout essayé en matière d’abomination : l’armée avec les « colonnes infernales » du général Tureau qui rasaient tout sur leur passage, villages, forêts, bêtes, récoltes, individus, pour faire de la Vendée un « cimetière national » que repeupleraient des réfugiés républicains ; la noyade ; le gaz ; les fours ; les tanneries de peaux humaines ; la fonte des corps pour obtenir de la graisse.

Le Parlement de l’État républicain, dont les membres n’ont à la bouche que le mot de Mémoire, n’a jamais reconnu cet atroce crime d’État – une extravagante amnésie que Secher nomme un « mémoricide ».

L’aventurier vénitien et franc-maçon Giacomo Casanova, qui avait passé de longues années en France dans les cercles de pouvoir, où il avait été proche du cardinal de Bernis, eut des mots très durs pour fustiger l’abominable Révolution qui ravageait un pays qu'il aimait. On lit sous sa plume que Robespierre est un « monstre », un « bourreau », et que les « infâmes Jacobins » sont des « anthropophages », des « assassins plus adroits et plus fourbes que tous les autres parjures ». S’adressant à eux dans un manuscrit impublié à l’époque, il leur lance : « Vous avez enivré le peuple devenu désormais fanatique. Le plus ignorant, le plus frivole et le plus cruel de tous les peuples que vous flattez en lui disant toujours que c’est lui qui est le souverain tandis que c’est vous qui êtes les maîtres, et que vous vous assurez de la continuation de sa stupide docilité en le laissant vivre dans l’anarchie, l’envoyant se faire massacrer (…) Voilà les droits de l’homme et du citoyen que vous avez promulgués (…), avares impossibles, traîtres, parricides… » (G. Casanova, Annexe, Histoire de ma vie, tome 1, Bouquins, Robert Laffont, 2006).

Sans être informé du génocide vendéen camouflé par l’élite des assassins d’État, le deuxième président de l’Union, John Adams, qui avait été l’ami de Turgot et ambassadeur en France entre 1779 et 1788, a décrit avec justesse la face cachée de notre Révolution : « Helvetius et Rousseau ont prôné la liberté du peuple français, avant de transformer les citoyens en esclaves ; l’égalité des Hommes, avant de détruire tout principe d’équité ; l’humanité, avant de se muer en dangereux prédateurs ; et la fraternité, avant de se tourner vers l’échafaud et d’ordonner au bourreau de trancher une nouvelle tête. »

Le vénérable Père fondateur des États-Unis fut plus tard rejoint dans son idée par l’anarchiste allemand Max Stirner, auteur de L’Unique et sa propriété (1844) : « Cette monarchie nouvelle se révéla cent fois plus sévère, plus rigoureuse et plus conséquente que l’ancienne (…) La Révolution, en réalité, substitua à la monarchie tempérée la véritable monarchie absolue ! »

Friedrich Hayek remarque avec justesse que « le facteur décisif qui a rendu vains les efforts de la Révolution en faveur de la promotion de la liberté individuelle, fut qu'elle créa l'illusion que, dans la mesure où tout le pouvoir avait été remis aux mains du peuple, toutes les précautions contre l'abus de ce pouvoir étaient devenues sans objet. On pensa que l'arrivée de la démocratie empêcherait automatiquement l'usage arbitraire du pouvoir. En réalité, les représentants élus du peuple se révélèrent bientôt davantage préoccupés de mettre les organes exécutifs entièrement au service de leurs intentions, que de protéger les individus contre le pouvoir de l'exécutif » (La Constitution de la liberté).

Ainsi, tout le monde s’en est aperçu, de Venise à Berlin en faisant un détour par les États-Unis : avec la Révolution française, on a assisté à un raffermissement sans précédent de l’État, commis avec une violence inouïe et des massacres sans nom – et, en prime, une inflation d’embauches d’employés à son service. L’État fit main-basse sur la nation et sur le peuple. Son action pénétra tous les esprits. C’étaient les vrais débuts de l’ère politique. C’étaient les prémices du socialisme. C’était la naissance de l’État moderne.

*

Grand admirateur de Rousseau dans sa jeunesse, ami du frère aîné de Maximilien de Robespierre, Augustin, Napoléon Ier systématisa à outrance le centralisme jacobin, excluant toute forme de contre-pouvoir. Exécutif autoritaire et cassant, Banque de France (dont l’empereur et sa famille, pas fous, étaient actionnaires), corps préfectoral aux ordres, lycées et universités étatiques, militarisation de Polytechnique, hochet de la Légion d’honneur, assassinat ou exil des opposants politiques, suppression des journaux ou presse sous contrôle, interventionnisme économique, organisation du système monétaire, endettement public, blocus continental qui laissa la France à genoux et dont le pays mit vingt ans à se remettre… Les idéaux révolutionnaires firent le tour de l’Europe, semés par les guerres inutiles menées par un empereur mégalomane, ayant pour ambition de tout contrôler par la force brute. Comme disait Alphonse Allais : « Napoléon ! Ça lui allait bien, à celui-là, de codifier la protection de la vie humaine et de la propriété ! »

À ce propos, avec le Code Napoléon (1804), on entra dans une nouvelle dimension, celle où la source du Droit est de nature législative, contrairement à la tradition capétienne et au monde anglo-saxon, où elle est d’origine jurisprudentielle et coutumière. C’est dorénavant « la puissance publique qui a la charge de définir les droits de propriété et cette activité est si étroitement considérée comme appartenant par essence à la sphère publique qu’elle constitue l’une des justifications les plus constantes de l’existence de l’État » (Pascal Salin). L’État pouvait désormais inventer le Droit à sa convenance.

Révisé de fond en comble, ayant fait du passé table rase, bénéficiant d’un considérable perfectionnement de ses mécanismes, l’appareil étatique était en quête d’une justification rationnelle. Aux yeux de tous, il avait perdu sa légitimité traditionnelle. Il était nécessaire qu’on l’expliquât et qu’on lui donnât des fondations philosophiques, universitaires de préférence. C’est  Georg Wilhelm Friedrich Hegel, admirateur de la Révolution de 89, « ce magnifique soleil », et idolâtre de Napoléon, « âme du monde », qui se chargea du sale boulot.

Dans le Contrat social, son devancier Rousseau s’était contenté d’affirmer benoitement que le scélérat qui refuserait d’obéir à la volonté générale serait « forcé à être libre », un procédé quelque peu cavalier qui aurait dû mettre la puce à l’oreille à ceux qui se réclamaient avec sincérité du principe de liberté. Sans craindre d’être pris pour le roi des flagorneurs de la puissance publique, Hegel franchit une étape supplémentaire dans cette l’irrésistible ascension de l’État vers le Big Nowhere cosmique que seul un professeur ambitieux et fasciné par les systèmes clos (ceux où l’on met Dieu à la place qu’on estime devoir lui revenir) pouvait avoir le culot de se permettre de développer.

Hegel écrivit ainsi : « L’État est le monde que l’Esprit s’est fait lui-même (…) Car autant l’Esprit est au-dessus de la nature, autant l’État est au-dessus de la vie physique. Il faut donc vénérer l’État comme un être divin-terrestre (…) C’est la marche de Dieu dans le monde qui fait que l’État existe » (Principes de philosophie du Droit, 1820). Amen ! Le grand-prêtre de l’État moderne avait parlé ! Ni vu ni connu (ni compris), je t’embrouille !

On sourit, mais cette conception grandiloquente de l’État est à l’origine de toutes les dictatures modernes. Certes, les démocraties occidentales ont connu depuis bien des aménagements, mais c’est le fond commun théorique de l’État contemporain qu’on trouve là, présenté dans sa plus bêtasse, brumeuse, laide et prétentieuse expression.

C’est cet État jacobino-hégélien, sous sa forme bismarckienne, que Nietzsche blâma en des termes non équivoques : «  L'État, c'est le plus froid de tous les monstres froids : il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : ‘Moi, l'État, je suis le Peuple’ » (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-1885).

C’est bien naturellement que l’État est devenu une machine désirant tout régenter, la justice sociale, l’éducation, l’éthique, la correction idéologique. Une erreur commune est de croire que la victoire des démocraties en 1945, puis l’effondrement du mur de Berlin en 1989 ont mis fin à l’invasion par l’État de la vie intime. En aucun cas. C’est l’État moderne qui nous a menés où nous en sommes, soyons-en bien conscients, quoi que puissent dire et prétendre Éric Zemmour, Eugénie Bastié, Jean-Claude Michéa, Natacha Polony, Marine Le Pen ou Florian Philippot, qui pleurent à chaudes larmes sa prétendue disparition !  Ces soi-disant réacs sont d’incurables splénétiques, regrettant le bonapartisme cocardier, oubliant au passage que Napoléon Ier a contribué à la mort d’un million de Français sur le théâtre des opérations. Ils sont les descendants des jacobins qui ont étranglé les localités au bénéfice du pouvoir central, anéanti les provinces, déglingué les coutumes, interdit de parler les langues régionales, explosé les franchises, fauché les libertés communales. Ce sont d’indécrottables nostalgiques du régime impérialiste dont l’Arc-de-Triomphe est le symbole mais qui a laissé, en 1815, la France plus petite qu’il ne l’a trouvée en 1804 (perte de la Savoie, de la Belgique, de la rive gauche du Rhin, ce boulevard qui sera emprunté par les Allemands pour nous envahir à plusieurs reprises).

Sous tous les gouvernements successifs issue de la France révolutionnaire et napoléonienne, l’État n’a servi qu’à assujettir, exploiter, soumettre, enchaîner, bâillonner des individus qu’il ne tient que pour des « citoyens » (bel exemple de réductionnisme anthropologique), pour finir par les anéantir moralement, culturellement, et même physiquement, des guerres mondiales et locales à l’IVG, désormais promue au Panthéon par Simone Veil interposée.

Vous rêvez de la Renaissance, vous souhaitez que les œuvres d’art d’un nouveau Léonard de Vinci viennent concurrencer les immondices onéreuses de Jeff Koons et Anish Kapoor ? Vous voulez recouvrer vos libertés concrètes ? Oubliez l’exemple de la Révolution ! C’est de là que vient le mal. Allons dans l’autre sens, en faisant un grand saut par-dessus les siècles, en remontant directement à nos origines, l'éclatement de l'Empire romain. Passons par l’étape intermédiaire d’un  « nouveau moyen-âge ». Multiplions, comme à cette époque, les petites entités créatrices de libertés étendues. Hérissons-nous de ces libertés, comme cela se passait dans l’antique royaume de France décrit par l’historien Frantz Funck-Brentano,  quand « tout village était une capitale », selon le beau mot de Richelieu, lorsque ce pays était traversé de  ces « chartes, de droits, de statuts, d'immunités de toute grandeur et de toute nature » que dépeignait Pierre Gaxotte.

Paul-Eric Blanrue