BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE

mardi 21 avril 2015

L'un des combats les plus insignes de Richard Wagner ? La guerre ? L'antisémitisme ? La mythologie germanique ? Non : le combat contre la vivisection. Pour voir l'histoire différemment, lisez cette lettre, qui n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan d'écrits que le génial musicien (mort à Venise en 1883) a consacrés à cette noble cause.


Lettre ouverte à M. Ernst von Weber,
auteur de Les chambres de torture de la science


Cher et très honoré Monsieur,



Vous me croyez capable de pouvoir vous aider de ma parole, dans votre campagne si énergique entreprise récemment contre la vivisection, et vous paraissez, à cet égard, prendre en considération le nombre assez important d'amis que m'a acquis leur goût pour mon art. Si votre édifiant exemple m'incite vivement à essayer de répondre à votre désir, c'est pourtant moins la confiance que j'ai en ma force qui me décide à vous imiter, qu'un vague sentiment de la nécessité d'étudier, même sur ce terrain bien éloigné en apparence de ce qui intéresse les artistes, le caractère de l'influence artistique que bien des gens m'ont, jusqu'à présent, attribué.

Comme nous rencontrons une fois de plus, dans le cas présent, le spectre de la Science qui est devenu, à notre époque matérielle, depuis la table de dissection jusqu'aux manufactures de fusils, le démon de l'utilitarisme, jugé seul digne de l'affection de l'État, je crois que, en me mêlant de la question actuelle, c'est déjà un grand avantage pour moi que tant de voix si graves et si autorisées se soient élevées en votre faveur, dénonçant au bon sens les assertions erronées, sinon mensongères, de nos adversaires.

D'autre part, il est vrai, on a accordé une si grande place au pur sentiment, dans la [discussion de] notre affaire, que nous avons donné aux railleurs et aux mauvais plaisants qui, presque seuls, s'occupent de nos entretiens publics, d'excellentes occasions de défendre les intérêts de la Science. Pourtant, à mon avis, c'est la question la plus grave de l'humanité qui est débattue ici ; de sorte que les convictions les plus profondes ne pourront être acquises que par un examen très sérieux de ce « sentiment » bafoué. J'essaierai volontiers de suivre cette voie, autant que mes faibles facultés me le permettent.

Ce qui m'a retenu jusqu'à présent d'entrer dans une des associations protectrices des animaux existantes, c'est que tous les appels et toutes les instructions que je leur voyais publier étaient basées presque exclusivement sur le principe utilitaire. Sans doute, importe-t-il en premier lieu aux philanthropes qui se sont voués jusqu'ici à la protection des animaux, d'en prouver l'utilité au peuple, pour en obtenir un meilleur traitement ; car les résultats de notre civilisation actuelle ne nous permettent pas d'invoquer d'autres motifs que la recherche du profit dans les actions humaines du citoyen.

Combien nous sommes encore étrangers à un motif exclusivement noble de bien traiter les animaux, et combien peu de chose a pu réellement être obtenu de la pratique courante, on le voit en ce moment même : les représentants de la ligne de conduite suivie jusqu'à présent par les sociétés protectrices contre la barbarie la plus inhumaine envers les animaux, celle qui s'exerce dans nos salles de vivisection autorisées par l'État, ne sauraient produire un seul argument concluant, dès que l'on fait valoir, pour la défendre, l'utilité de cette barbarie. Nous en sommes presque réduits à discuter exclusivement cette utilité ; et, si elle était démontrée avec une certitude absolue, ce serait précisément la société protectrice des animaux qui, par la ligne de conduite suivie jusqu'ici par elle, aurait favorisé, contre ses protégés, la cruauté la plus indigne de l'humanité.

Par conséquent, pour conserver nos sentiments sympathiques à l'égard des animaux, il n'y a, pour nous venir en aide, qu'à faire reconnaître officiellement l'inutilité de cette torture scientifique des animaux ; espérons que nous y arriverons. Quand bien même nos efforts auraient obtenu un succès complet de ce côté, rien encore de définitif et de bon n'aura été fait pour l'humanité, tant que la torture des animaux n'aura été abolie qu'en raison de son inutilité ; on aura ainsi défiguré et tué lâchement l'idée qui a donné naissance à nos sociétés pour la protection des animaux.

Ceux qui, pour empêcher les souffrances d'un animal prolongées à volonté, ont besoin d'autre mobile que celui de la pure pitié, ne pourront jamais se sentir vraiment fondés à réprimer les mauvais traitements des animaux de la part d'autrui. Quiconque s’est révolté à la vue du martyre d’un animal, n'y a été poussé que par la pitié ; et quiconque se joint à d'autres pour protéger les animaux, n'y est déterminé que par la pitié : pitié absolument désintéressée et inaccessible à tous les calculs d'utilité ou d'inutilité. Mais que, en tête de tous nos appels et avis adressés au peuple, nous n'osions mettre cette pitié que comme le seul mobile indiscutable qui nous pousse, voilà bien la malédiction de notre civilisation, et la confirmation que les religions de nos Églises officielles sont sans Dieu.

Il a fallu, de notre temps, l'enseignement d'un philosophe qui combat de la façon la plus impitoyable tout ce qui est faux et malsain, pour démontrer que la pitié, fondée sur la nature la plus intime de la volonté humaine elle-même, est la seule base vraie de toute morale. On s'est moqué de lui ; le sénat d'une académie des sciences l'a même mis à l'index avec indignation ; car la vertu, dès qu'elle n'est pas prescrite par la révélation, ne saurait être fondée que sur les méditations de la raison. Considérée logiquement, la pitié fut même déclarée un égoïsme par excellence : [on a prétendu] que la pitié ne serait motivée que par la vue d'une souffrance étrangère qui nous cause de la douleur à nous-mêmes, mais non par la souffrance étrangère elle-même, que nous tâcherions de réprimer uniquement afin d'en supprimer l'effet douloureux sur nous-même. Comme nous sommes devenus ingénieux pour nous défendre, dans la fange de l'égoïsme le plus vil, contre les remords causés par des sentiments communs à tous les hommes ! On a méprisé encore la pitié, sous prétexte qu'on l'a rencontrée très fréquemment chez les hommes même les plus grossiers, comme un minimum d'instinct vital ; sous ce prétexte, on s'est mis à confondre la pitié avec le regret que les témoins de toute infortune publique ou domestique expriment si facilement et traduisent, ces accidents se reproduisant si souvent, par un simple hochement de tête, puis s'en détournent en haussant les épaules ; – jusqu'au moment où un homme sort de la foule, auquel la vraie pitié commande d'apporter un secours efficace.

Celui qui n'avait d'autre inclination à la pitié et qui n'a pas surmonté ce lâche regret, sera content de pouvoir s'en dispenser, et il y puisera un parfait et plaisant dédain de l'humanité. Il sera difficile, en effet, de renvoyer un tel homme à son prochain pour apprendre de lui à pratiquer la pitié à son égard ; car c'est en général une chose bien difficile, dans notre société bourgeoise réglementée par la loi, que d'obéir au précepte de notre Sauveur : « Aime ton prochain comme toi-même. »

Notre prochain est en général bien peu digne de notre amour et, dans la plupart des cas, la prudence nous conseille d'attendre du prochain la preuve de son amour; de même, nous n'avons guère lieu de nous fier à la simple déclaration de son amour. Tout bien examiné, l'État et la Société sont combinés de telle sorte, d'après les lois de la mécanique, qu'il est très supportable de s'y passer de la pitié et de l'amour du prochain. Nous voulons dire par là que l'apôtre de la pitié aura bien de la peine à appliquer sa doctrine, de l'homme à l'homme d'abord, puisque même notre vie de famille, si dégénérée de nos jours, sous l'accablement de la misère et la recherche des distractions, ne saurait plus donner le bon exemple. Il est douteux aussi que ces doctrines soient accueillies avec enthousiasme par l’administration de l’armée qui, on le sait, maintient à peu près l’ordre dans toute notre existence politique, sauf à la Bourse ; elle lui prouverait qu’il faut comprendre la pitié dans un sens tout autre qu’il ne le croit, c’est-à-dire en gros[1], sommairement, comme un moyen d’abréger les souffrances inutiles de l’existence avec des projectiles qui touchent leur but avec une précision de plus en plus parfaite.

Par contre, la Science, revêtue de la sanction officielle, semble s'être chargée de pratiquer la pitié dans la société civile, en mettant professionnellement ses données en pratique. Nous ne voulons pas parler ici des résultats de la science théologique, qui arme les pasteurs d'âmes de nos communes de la connaissance des impénétrables mystères de la divinité ; et nous supposerons avec confiance, pour l'instant, que la pratique de cette profession incomparablement belle n'a pas prévenu ses disciples contre une propagande comme la nôtre. Il est vrai, malheureusement, que ce serait beaucoup exiger du dogme strict de l'Église, qui ne considère jamais comme sa base que le premier livre de Moïse, que de réclamer la pitié d’un Dieu même pour les animaux créés au profit de l’homme. Cependant, de nos jours, on peut surmonter mainte difficulté, et le bon cœur d’un curé philanthrope a certainement trouvé, dans l'exercice du gouvernement des âmes, mainte occasion qui pourrait avoir disposé son esprit dogmatique en faveur de notre cause. Quelque difficulté qu'il y ait pour la théologie elle-même à réclamer en faveur des buts de la simple pitié, nous aurions pourtant des perspectives d'autant plus encourageantes en envisageant la science médicale, qui arme ses disciples en vue d'une profession consacrée uniquement à soulager les souffrances humaines. Le médecin peut réellement nous paraître le sauveur laïc de la vie ; aucune autre profession ne peut se comparer à la sienne, étant donné les bienfaits palpables de son exercice. Pleins de confiance en lui, nous devons respecter ce qui lui prête les moyens de nous guérir de cruelles souffrances ; c'est pourquoi nous regardons la science médicale comme la plus utile et la plus précieuse, et sommes prêts à tout sacrifier à son exercice et à ses exigences ; c'est elle, en effet, qui nous donne le praticien vraiment breveté de la pitié active et personnelle, chose si rare à trouver parmi nous.

Quand Méphistophélès met en garde contre le « poison caché » de la théologie, nous voulons croire cet avertissement aussi malicieux que son éloge suspect de la médecine, dont il veut, pour consoler les médecins, laisser les succès pratiques « à la grâce de Dieu ». Mais justement, cette bonne opinion malicieuse qu'il professe à l'égard de la science médicale nous fait craindre qu'elle ne contienne sinon « un poison caché », du moins un poison bien ostensible, que le rusé compère ne vise qu'à nous cacher par son éloge provocant.

Il est surprenant, toutefois, que cette Science, qu’on juge généralement comme la plus utile, fasse voir de plus en plus clairement qu’elle n’est pas réellement une science, et tâche d’autant plus de se soustraire à l’expérience pratique pour arriver grâce à des notions de plus en plus positives, à l'infaillibilité qu'elle veut atteindre au moyen d'opérations spéculatives. Ce sont des docteurs-médecins eux-mêmes qui nous en informent. Les opérateurs-professeurs de physiologie spéculative peuvent les déclarer incompétents, [ces médecins] qui s'imaginaient qu'il s'agit surtout, dans l'exercice de l'art de guérir, de l'expérience accessible aux seuls docteurs-médecins, du coup d'oeil assuré de l'individu doué d'aptitudes médicales spéciales, et enfin de son dévouement profond, qui le fait venir en aide, autant que possible, aux malades qui se confient à lui. Mahomet, après avoir passé en revue toutes les merveilles de la création, finit par reconnaître que la plus grande merveille est que les hommes aient pitié les uns des autres ; nous accordons aveuglément cette [pitié] à notre médecin, tant que nous nous fions à lui, et le mettons, par conséquent, plus haut que le physiologiste qui spécule, dans la salle de dissection, et recherche, pour sa gloire, des résultats abstraits. Mais nous perdons cette confiance quand nous apprenons, comme l’autre jour, qu'une réunion de docteurs-médecins, par peur de la « science » ou craignant d'être pris pour des hypocrites ou des superstitieux, se sont laissé aller à démentir les qualités seules dignes de confiance que les malades leur supposent, et à se faire les plats valets du martyre spéculatif des animaux, en déclarant que, si l'on supprimait les exercices de dissection que messieurs les étudiants font sur les animaux vivants, le docteur-médecin ne pourrait plus, dans un avenir prochain, soigner ses malades.

Heureusement, les quelques renseignements que nous avons recueillis sur ce qu'il y a de juste et de vrai à ce sujet, sont si parfaitement édifiants, que la lâcheté de ces autres messieurs ne saurait plus nous enthousiasmer pour cette torture qu'ils recommandent avec philanthropie ; mais, au contraire, nous nous sentons enclins à ne plus confier notre santé et notre existence à un médecin qui en tire son enseignement : car nous le considérons comme un homme incapable de pitié et qui triche dans son métier.

Éclairés d'une façon si instructive sur le bousillage effrayant de cette « science » recommandée au respect extraordinaire et à la protection puissante du « grand public », et surtout de nos ministres et de nos conseillers princiers, comme récemment l'ont recommandée plusieurs docteurs-médecins dans leurs traités remarquables surtout par leur allemand élégant, nous pouvons espérer à bon droit que le spectre de l'utilité de la vivisection ne viendra pas nous hanter dans nos efforts ultérieurs ; il nous importera désormais uniquement de cultiver avec énergie chez nous la religion de la pitié, en dépit des fidèles du dogme de l'utilité. Malheureusement, la façon de considérer les choses humaines que nous venons d’adopter, nous a montré que la pitié était rayée de la législation de notre société ; car nous avons vu, sous prétexte de s'occuper de l'homme, nos institutions médicales même se transformer en écoles de la brutalité, – au nom de « la science », – celle-ci, un jour, se détournera naturellement des animaux contre l'homme, qui n'aura plus aucune protection contre ses expériences.

Guidés par cette irrésistible révolte que nous inspirent les terribles souffrances causées volontairement aux animaux, trouverons-nous le chemin qui mènera au seul royaume rédempteur qu'est la pitié éprouvée pour tout ce qui vit, comme dans un paradis perdu et reconquis consciemment ? –



Lorsque la sagesse humaine s'aperçut un jour que c'est le même souffle qui anime l'animal et l'homme, il sembla trop tard déjà pour détourner la malédiction que nous paraissions avoir attirée sur nous, nous mettant au niveau des bêtes féroces en consommant de la nourriture animale : maladies et misères de toute sorte auxquelles nous ne voyions pas exposés les hommes qui ne vivaient que de végétaux. La reconnaissance que nous en avons acquise nous fit apercevoir la profonde culpabilité de notre existence terrestre : elle décida ceux qui en étaient convaincus à renoncer à tout ce qui excite les passions et à s'abstenir de toute nourriture animale. C'est à ces sages que se dévoila le mystère du monde comme un incessant mouvement de déchirement qui ne pouvait être racheté pour revenir à l'unité saine et tranquille que par la pitié.

Seule la pitié, qu'il avait pour tout être qui respire, délivra le sage de la métamorphose incessante de toutes les existences douloureuses par lesquelles il devait passer jusqu'à rédemption définitive. C'est pourquoi il plaignait l'homme sans pitié pour sa souffrance, et plaignait plus profondément encore l'animal qu'il voyait souffrir, de le savoir incapable d'être délivré par la pitié. Ce sage reconnut que l'être doué de raison atteint au bonheur suprême par des souffrances volontaires que, partant, il recherche avec un zèle extrême et subit avec passion, tandis que l'animal n'attend la souffrance absolue qui lui est si inutile, qu'avec l’anxiété la plus terrible et une répugnance horrible. Et plus digne de compassion encore paraissait à ces sages l'homme qui pouvait tourmenter volontairement un animal et rester insensible à ses souffrances, car il savait que celui-là était encore plus éloigné de la rédemption que l'animal même : celui-ci, par comparaison, devait lui apparaître innocent comme un saint.

Des peuples, chassés vers des climats plus rudes, se voyant, pour préserver leur existence, réduits à la nourriture animale, ont conservé jusqu'à des époques récentes, la conscience que l'animal appartient non pas à eux, mais à une divinité ; ils savaient qu'en tuant ou abattant un animal, ils se rendaient coupables d'un crime dont ils devaient demander pardon à Dieu : ils lui immolaient l'animal et lui offraient, en action de grâces, les parties les plus nobles de la proie. Ce qui avait été ici un sentiment religieux, survécut, après la décadence des religions, dans des philosophies plus récentes, comme une pensée pleine d'humanité ; qu'on lise le beau traité de Plutarque : Sur l'intelligence des animaux terrestres et aquatiques ; avec sensibilité, on considérera alors comme ignominieuses les idées de nos savants et de leurs pareils.


Jusqu'ici, mais non au delà, hélas! nous pouvons suivre les traces de cette pitié, fondée sur la religion, que nos ancêtres humains ressentaient pour les animaux, et il semble que le progrès de la civilisation, en rendant l'homme indifférent « au Dieu », l'ait transformé en animal féroce ; en effet, nous avons vu un César romain, revêtu d'une peau de bête, mimer en public un animal féroce.

Un Être divin sans péché se chargea lui-même de la somme énorme des péchés de toute cette existence et la racheta par sa mort douloureuse. C'est par cette mort expiatoire que tout être qui vit et respire put se savoir racheté, pourvu qu'il la comprit et la prit en exemple, pour l'imiter. Voilà ce que firent les martyrs et les saints qui furent irrésistiblement entraînés à la souffrance volontaire en se plongeant dans la source de pitié jusqu'à la destruction de tout mensonge du monde. Il y a des légendes qui nous rapportent que les animaux s'attachèrent avec familiarité à ces saints, – non pas peut-être uniquement pour la protection dont ils étaient assurés, mais parce qu'ils étaient attirés en outre par le mobile puissant de la compassion qui en pouvait résulter : c'est qu'ici il y avait à lécher des blessures et peut-être aussi une main affectueuse et protectrice. Dans ces légendes, comme, par exemple, celle de la biche de sainte Geneviève, et tant d'autres analogues, il y a probablement un sens qui dépasse l'ancien Testament. –

Or, ces légendes ont disparu ; l'ancien Testament est vainqueur aujourd'hui, et l'animal féroce est devenu l'animal « qui calcule ». Notre credo dit : L’animal est utile, surtout quand il se soumet à nous, en se fiant à notre protection ; faisons donc de lui ce que bon nous semble, au profit des hommes ; nous avons le droit de torturer mille chiens fidèles pendant de longs jours, si nous aidons par là un homme à jouir du bien-être « cannibalesque » de « cinq cents cochons ».

Toute sa vie durant, le joueur Philippe Sollers a été d'une impeccable fidélité à Céline, ne proférant jamais aucune des basses insultes habituelles sur l'oeuvre et sur l'homme, choisissant très habilement de ne pas séparer les deux, à rebours de la non-pensée dominante. Écoutez !


Gollnisch s'interroge ; C.S. Lewis répond.




Après son coitus interruptus lors de la course aux Régionales, Bruno Gollnisch s'interroge  : "Je croyais que mes compétences juridiques, politiques en ce qui concerne la conduite pendant des décennies d’un groupe au Conseil régional pouvaient me permettre de rendre quelques services à notre cause... Il semblerait, apparemment, que ce ne soit pas l’avis d’un certain nombre de jeunes gens qui préfèrent rester entre eux. À partir de ce moment-là, je leur en laisse, en quelque sorte, la responsabilité. Et par avance, citant pour une fois le général de Gaulle, je leur souhaite bien du plaisir." (ICI)
Sans oser parler de mon dernier livre, qui explique bien des choses, sinon l'essentiel, l'ancien délégué général du FN fait part de ses préoccupations concernant l'évolution de son parti : "Il paraîtrait qu’il y ait un Front national nouveau, en rupture, ou opposé, ou distinct du Front national ancien, dont je serais paraît-il l’une des incarnations... Mais en quoi nous distinguons-nous de ce que, bec et ongles, avec Jean-Marie Le Pen, avec moi-même, des milliers, des millions d’électeurs, de militants, ont défendu au cours de toutes ces années ?"
Tout ceci est amusant, mais un peu tardif. Le Patriarche lui-même, qui a préféré sa fille non seulement à sa cousine et à ses voisines mais aussi à son meilleur lieutenant en faisant tout ce qui était en son pouvoir pour écarter ce dernier de la présidence du FN, se demande comment on peut lui être fidèle à ce point-là. C'est une vraie question. Il aura manqué à Gollnisch l'âme d'un chef. Les fins de mois sont difficiles et l'université française ne forge pas le caractère.
Au moins aura-t-il eu le mérite de pointer du doigt le grand tournant qui s'opère sous nos yeux. Au FN aussi, "le changement c'est maintenant". À l'adresse des plus jeunes qui vivent dans la quête éperdue des suffrages de leur temps, C. S. Lewis (l'auteur du Monde de Narnia), qui fut monarchiste, chrétien et même traditionaliste, écrivait : "Il m'eut bientôt débarrassé de ce que j'ai appelé mon snobisme chronologique qui me faisait accepter sans discernement le climat intellectuel commun à notre siècle et supposer que tout ce qui était démodé était, par cela même, discrédité. Il fallait trouver pourquoi les choses étaient démodées. Avaient-elles jamais été réfutées (dans ce cas par qui, où et jusqu'à quel point ?) ou étaient-elle simplement mortes, comme les modes ? Dans ce dernier cas, cela ne nous apprenait rien sur leur vérité ou leur fausseté. Ayant compris ceci, nous comprenions que notre siècle était, lui aussi, une période, et qu'il avait certainement, comme toutes les autres périodes, ses illusions caractéristiques qui se dissimulent le plus souvent dans ces postulats largement répandus qui sont tellement enracinés dans une époque que personne n'ose les attaquer ni ne juge nécessaire de les défendre." (Surpris par la joie, 1955).
Il est à craindre que la démocratie républicaine et spectaculaire empêche la nouvelle génération, plus encore que l'ancienne, de comprendre que le présent, dont on fait l'étalon suprême de toutes les valeurs, n'est jamais que du passé en cours de fabrication - et, par conséquent, qu'il faut savoir résister à ses attractions quand notre âme est en jeu.

Paul-Éric Blanrue

Saint Suaire - Ce n'est pas tous les jours que "Paris Match" cite Blanrue : profitons-en !

 LIEN
En format de poche depuis 2014, avec un long article de Blanrue sur le Suaire

"Le suaire apparaît très mystérieusement dans la collégiale de Lirey, en Champagne, sans que l'on sache précisément ni d'où il vient ni comment il est arrivé là. Geoffroy de Charny, le fondateur de cette église, un personnage haut placé dans le royaume puisqu'il arrive juste après le roi, organise les premières ostensions en 1355. A l'époque, chaque collégiale se doit de posséder un certain nombre de reliques afin d'attirer des croyants et les dons. Les fausses reliques se fabriquent alors de façon presque industrielle. La question de leur authenticité ne se pose pas. On achète un peu n'importe quoi, et les pèlerins sont prêts à venir de loin pour les admirer. Pourtant, dès le début, l'Eglise s'intéresse à ce suaire et se montre particulièrement méfiante. Les évêques de Troyes font mener une enquête et en interdisent les ostensions. D'après l'historien Paul-Eric Blanrue, ces investigations auraient mené à l'arrestation d'un artiste qui aurait avoué la fabrication du suaire. Evidemment, l'interdiction des ostensions déclenche la colère des chanoines de Lirey. Leur grogne, en passant par le roi de France, remonte aux oreilles du pape, qui, prudent, décide de ramener le calme en 1390 en autorisant les ostensions, mais en demandant qu'il soit dit, « à haute et intelligible voix, au moment du plus grand empressement de fidèles, que le suaire n'est pas le vrai suaire de notre Seigneur, mais une figure ou une représentation du suaire du Christ ». Tant pis pour les recettes de l'Eglise.
(...)
Pour les partisans du suaire, la preuve la plus évidente est l'impossibilité de le reproduire. D'après André Marion, l'image présente huit caractéristiques que l'on n'a jamais réussi à reproduire en même temps : finesse des détails, image négative, indélébile, tridimensionnalité (l'intensité de l'image est fonction inverse de la distance du corps au drap), impression superficielle et invisible à l'envers du tissu (à l'exception des taches de « sang »), absence de traces de pinceau... Pourtant, le Dr Di Costanzo, du centre hospitalier universitaire de Marseille, prétend réaliser, pour le magazine « Science & vie » (juillet 2005) un faux suaire dont la similarité avec le vrai est, affirme-t-il, tout à fait surprenante. Le 21 juin, l'historien Paul-Eric Blanrue a également effectué cette reproduction sous nos yeux. Un drap de lin mouillé est appliqué sur un bas-relief représentant le visage du Christ supplicié. Après séchage, il est tamponné avec une solution d'oxyde ferrique mélangée à de la gélatine (qui contient du collagène), afin de respecter les matériaux existant au Moyen Age. Le négatif de cette empreinte mérite d'être comparé avec celui du suaire... A vous de juger !
(...)"

Mise à jour le 20 avril 2015


On adore !


dimanche 19 avril 2015

Blanrue contre Rampa, l'incarnation de la contre-tradition de notre âge parodique.

Le Saint Suaire est présenté au public à partir d'aujourd'hui à Turin. Un million de personnes sont attendues. Dont le pape François lui-même. Hélas, ce linge n'est pas l'authentique linceul de la Passion...

... mais une vénérable icône fabriquée au XIVe siècle, comme Blanrue l'a démontré après une minutieuse enquête scientifique et historique rapportée dans QUATRE livres (Miracle ou imposture ?, EPO-Golias, 1999, L'Histoire dans tous ses états, book-e-book.com, coll. zététique, 2005,  Le Secret du Suaire, Pygmalion 2006) et Secrets historiques et grandes énigmes (Point de vue - Express Roularta Éditions, Paris, juin 2010, republié chez Omnibus, collection de poche bibliomnibus en collaboration avec L'Express en octobre 2014).



Deux éminents spécialistes de la démystification ont rejoint ses conclusions : le professeur Henri Broch, professeur de physique à l'Université de Nice, membre de l'Académie des Sciences de New York et auteur du classique Devenez sorciers, devenez savants (Odile Jacob, 2003) ; et Gérald Messadié, auteur du best-seller L'Homme qui devint Dieu (Robert Laffont, 1988), ancien rédacteur en chef du mensuel scientifique Science&Vie.

- Henri BROCH, Gourous, sorciers et savants, Odile Jacob, 2006  :
"Au début de l’été 2005, plusieurs médias se sont faits l’écho d’une expérience menée par Paul-Éric Blanrue et Patrick Berger à propos de ce fameux tissu. Le Monde du 4 juin titrait, dans sa rubrique “Sciences” : “La recette du suaire de Turin livrée par les zététiciens”. Un article d’Hervé Morin décrivait la “cérémonie iconoclaste” qui s’était déroulée trois jours plus tôt au Muséum national d’histoire naturelle et au cours de laquelle le secret de fabrication d’un suaire identique à celui de Turin était explicité :
 Une recette à la portée “d’une ménagère de moins de 50 ans.”, mais aussi “d’un faussaire du Moyen Age”. Prenez un bas-relief en plâtre, que vous recouvrez d’une étoffe de lin humide pour épouser les contours du visage. Tamponnez le tout avec un mélange d’oxyde ferrique et de gélatine, des produits connus des peintres médiévaux – et dont la trace a été retrouvée sur le suaire. Ajoutez quelques coulures vermillons pour figurer le sang. Laissez sécher. Déployez. Faites adorer.
Cette recette de fabrication fort simple est, bien que fort peu médiatisée jusqu’à cette date, connue depuis longtemps, puisqu’on la doit, semble-t-il à un chercheur du début du XXe siècle. C’est en effet à cette époque que l’expérience de réalisation d’un suaire sur un bas-relief de terre ou de bois paraît avoir été faite pour la première fois (Cf. RR. Dom Cabrol, dom H. Leclercq, Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, Letouzy et Ané, 1950. Signalons également un ouvrage qui fait le tour de la question : Le Secret du Suaire. Autopsie d’une escroquerie, P-E Blanrue, Pygmalion, 2006)."


- Gérald MESSADIÉ, "Le suaire de Turin et autres reliques", Réalités et mystifications du paranormal, L'Archipel, février 2015
 "L'historique des divers linges ayant prétendument enveloppé le corps de Jésus a été minutieusement établi par l'historien Paul-Éric Blanrue.... Comme le révèle Blanrue, on ne trouve pas sur cette image les nuances ordinaires... La conclusion est que le paranormal est intégralement absent du Suaire de Turin : on ne le trouve que dans l'esprit de ceux qui s'obstinent à y croire... Le dossier technique étant considérablement plus détaillé et complexe, nous renverrons le lecteur aux deux ouvrages de Paul-Éric Blanrue, Miracle ou imposture, etc." 

Dès 2000, la revue sceptique Science et Pseudo-Sciences (n° 241, mars 2000) a appuyé la thèse de Blanrue ; elle y est revenue en 2005 ("la petite phrase la plus percutante revient à Paul-Éric Blanrue : « Il n’est visiblement pas facile de placer sa spécialité scientifique au-dessus de ses croyances »"). 
Dans Charlie Hebdo, Antonio Fischetti a écrit un article décrivant une expérience de Blanrue consistant à réaliser un faux suaire de Mickey Mouse (avec des dessins de Honoré).
Un dossier de 14 pages établi par Isabelle Bourdial a repris les conclusions de Blanrue, avec son concours (Science&Vie, n°1054, juillet 2005, CLIQUEZ ICI), ainsi que le magazine Historia (n°718, octobre 2006) qui a demandé à Blanrue de rédiger un long article sur le sujet (CLIQUEZ ICI). 
Le site Futura-Science a publié un compte rendu de l'expérience réalisée par Blanrue et Berger au Muséum d'histoire naturelle en 2005 (CLIQUEZ ICI). Le journal de 13 heures de France 2 du 22 juin 2005 y a consacré un reportage ; le 25 juin, le journal de 13h de TF1 l'interviewe en train de façonner des faux suaires. 
Le 11 mars 2007, Blanrue est invité dans l'émission "La foi prise au mot", sur la chaîne catholique KTO (52 mn), pour livrer le fruit de ses recherches. Paul Wermus l'invite sur France 3 pour débattre face au sindonologue Daniel Raffard de Brienne, président du Centre international d'études sur le Linceul de Turin. À la radio, il a débattu avec Gérard Lucotte, qui prétend avoir découvert sur la sainte étoffe... les morpions du Christ ! Le 4 octobre 2006, il est également invité par Stéphane Bern à participer à l'émission "L'Arène de France" (France 2) pour évoquer son dernier ouvrage portant sur le Suaire.


Avec le professeur Henri Broch sur France 2

Des partisans de l'authenticité comme PierLuigi Baima Bollone (101 questions sur le Saint Suaire, éditions Saint-Augustin, 2001), Didier Van Cauwelaert (Cloner le Christ ?, Albin Michel, 2005), Pierre Bellemare (Sur le fil du rasoir: Quand la science traque le crime, Albin Michel, 2009) ont cité ses recherches, désormais incontournables.
Il a répondu à trois principaux critiques : CLIQUEZ ICI, ICI ET ICI.

Vrai-faux suaire réalisé en cinq minutes par Blanrue

Pour aller plus loin, voici un article de Blanrue brossant la synthèse de ses recherches (CLIQUEZ ICI).

jeudi 16 avril 2015

Test de vérité.



"Voici le test de vérité : supposons qu'un récit d'atrocités odieuses nous tombe sous les yeux et que l'histoire racontée ne se révèle pas être aussi véridique ou aussi révoltante qu'elle en a l'air. Que nous viendrait-il alors à l'esprit ? Remercier Dieu que ce ne soit pas plus grave que cela ou vouloir s'en tenir au premier récit pour le plaisir d'imaginer des ennemis, parangons de la méchanceté ? Adopter cette dernière attitude serait, je le crains, le premier pas d'une démarche qui, poussée à l'extrême, ferait de nous des démons. Cela équivaudrait, pourquoi pas, que le noir soit encore plus noir, ou même que le gris soit noir ou le blanc noir. Nous serions forcés, en fin de compte, de tout voir en noir - Dieu, nos amis, nous-mêmes y compris. Tout étant mauvais à nos yeux, nous ne pourrions même plus, dans notre univers de pure haine, nous soustraire à cette phobie."

C.S. Lewis, Les Fondements du christianisme, 1942.

mercredi 15 avril 2015

On ne relira jamais assez Charles Maurras !





Le suffrage universel est conservateur.
Nous n'avons  jamais  songé à supprimer le suffrage universel. On peut dire que le suffrage universel doit élire une  représentation  et non un gouvernement,  sans vouloir supprimer ce suffrage, et en voulant tout le contraire.
Car ce suffrage, entre bien des vertus ou bien des vices, possède une propriété fondamentale,  inhérente à son être même : le suffrage universel est conservateur.
Les théoriciens plébiscitaires n'ont pas tort de comparer le suffrage universel à la « masse » des  physiciens. Il est a peu près aussi « inerte » qu'elle. Leur tort est de mal appliquer cette vérité, et  de considérer un suffrage inerte soit comme le moyen de créer le Souverain, soit comme un ressort d'opposition et de révolution. Leur erreur sur le premier point est évidente. Sur le second, il suffit de songer qu'il faut un prestige bien fort, une popularité bien puissante pour émouvoir, pour ébranler un pesant amas de volontés qui ne concordent que dans l'idée d'un profond repos. L'appel au peuple peut être un utile et puissant levier dans les périodes de trouble, quand le gouvernement hésite et incline de lui même à la mort. Il ne vaut pas grande chose dans les autres cas. Il ne vaut rien contre un parti bien constitué, fort, uni, résolu à exploiter la nation jusqu'à l'os.
Hors les heures critiques, et tant qu'il paraît subsister un ordre matériel quelconque, le suffrage universel conserve tout ce qui existe, tout ce qui tend à exister. Il est conservateur de ce qui dispose de la puissance, de ce qui paraît bénéficier du succès : radical, si le gouvernement tend au radicalisme ; socialiste, si le socialisme paraît dominer le gouvernement.
La foule acquiesce, suit, approuve ce qui s'est fait en haut et par dessus sa tête. Il faut des mécontentements inouïs pour briser son murmure d'approbation. La foule ressemble à la masse : inerte comme elle. Ses violences des jours d'émeute sont encore des phénomènes d'inertie ; elle suit la ligne du moindre effort ; il est moins dur de suivre des penchants honteux ou féroces que de leur résister par réflexion et volonté. La faculté de réagir, très inégalement distribuée, n'arrive à sa plénitude que dans un petit nombre d'êtres choisis, seuls capables de concevoir et d'accomplir autre chose que ce qui est.
Le nombre dit amen, le suffrage universel est conservateur.

Charles Maurras, Mes idées politiques, 1937.

mardi 14 avril 2015

À la recherche de la Tradition primordiale.

Un autre révisionnisme, archéologique celui-là, à mille lieues des fariboles récentistes (le récentisme qui fait des ravages sur le Net est une théorie parfois localement valide mais généralement très farfelue). 
Malgré des titres volontiers sensationnalistes qu'on peut lui pardonner vu le niveau de l'édition et des hypothèses non corroborées - portant notamment sur le prétendu "message" que des civilisations disparues auraient voulu nous transmettre (il est probable qu'elles se moquaient pas mal de nous et se focalisaient surtout sur leur propre épopée !) -, Graham Hancock accomplit un travail de Titan qui mérite qu'on s'y attarde. Ses deux best-sellers traduits en français (L'Empreinte des dieux et Civilisations englouties) sont devenus des classiques, et je n'y ai pas trouvé d'énoncé justifiant les basses insultes que les "professionnels de la profession" lui ont jetées à la figure. 
On ne saurait être d'accord avec tout ce qu'il écrit, à commencer par sa datation du Sphinx, ses démonstrations mathématiques ou certaines approximations dans les chiffres qu'il avance, mais il a le mérite d'ouvrir, comme tant d'autres avant et après lui, des perspectives concrètes aux esprits qui s'intéressent à la Tradition primordiale. À ceux qui veulent approfondir le sujet, je suggère la lecture de trois livres parmi les meilleurs que j'ai pu lire sur cette question, étudiée sous l'angle scientifique et archéologique:
- Kadath (sous la direction de Jacques Gossart et Patrick Ferryn), Déluges et peuples engloutis, Éditions Oxus, 2013 ;
- Otto H. Muck, L'Atlantide, légendes et réalité, Plon, 1982 ;
- Alexandre Kondratov, Les mystères des trois océans, Éditions du Progrès, URSS, 1974.
Quand j'aurai le temps, et si Dieu me prête vie, j'écrirai un jour mon propre ouvrage sur ces passionnantes affaires.
En attendant, voici une petite introduction par Graham Hancock lui-même,
lors d'une conférence donnée en mars 2014 à Saint James’s Church de Piccadilly. Beaucoup de photos et de références : une présentation didactique de l'état présent de la question (attention, quelques erreurs de traduction).

Paul-Éric Blanrue

Agatha Christie et Hercule Poirot étaient-ils antisémites ?

Extrait du roman policier d'Agatha Christie, Un couteau sur la nuque (Lord Edgware Dies), 1933:

- C'est une artiste, répondit Poirot simplement. Cela veut tout dire, n'est-ce pas ?
- Cependant, n'est-elle pas en péril, elle aussi ?
- Comme nous tous, mon cher, déclara gravement Poirot. Le malheur peut toujours nous guetter et se précipiter sur nous. Mais, pour répondre à votre question, je pense que Mlle Adams réussira. Elle est astucieuse, et elle est encore quelque chose d'autre. Vous avez certainement remarqué qu'elle est juive ?
Je ne l'avais pas remarqué. Mais, maintenant qu'il me l'avait dit, je distinguais de vagues traits de ses ancêtres sémites. Poirot hocha la tête.
- Cela prédispose au succès. Mais il reste un danger - puisque c'est de danger que nous parlons.
- C'est-à-dire ?
- L'amour de l'argent. L'appât du gain peut faire oublier toute prudence.
- Il peur le faire oublier à chacun de nous, observai-je.
- C'est exact, mais nous serions conscients du danger, vous et moi. Nous présenterions le pour et le contre. Mais quand on aime trop l'argent, si on ne voit que l'argent, tout le reste est dans l'ombre.

Hercule Poirot interprété par le magistral David Suchet.
D'origine juive, l'acteur s'est converti au christianisme en lisant saint Paul.

Béatrice Pignède - Une amie nous a quittés.


Ce matin j'ai appris avec une grande tristesse le décès d'une amie, Béatrice Pignède. Je pense à elle, à ses enfants, à Francesco. Et à cet après-midi sous le soleil, après un tournage, à causer en terrasse d'un petit Café du XVIIe arrondissement : du sionisme et ses diktats, de la Sérénissime, du président Chavez, du philosophe Paul Ricoeur qu'elle avait bien connu et filmé, de l'insondable bêtise des antifas qui la qualifiaient de fasciste alors qu'elle venait de la gauche radicale. Travaillant pour la télé officielle (France 3, Arte, Arrêt sur images...), elle avait eu le tort de se rebeller pour se mettre à son compte et dire ce qu'elle pensait, et, en bonne journaliste, ce qu'elle voyait. Pour son documentaire "Main basse sur la mémoire. Les pièges de la loi Gayssot", je lui avais fourni quelques documents et adresses utiles. Elle avait eu le courage d'interviewer le professeur Faurisson, chose devenue presque banale aujourd'hui dans la "dissidence", mais pionnière à l'époque. Elle venait de participer au film de Maria Poumier contre la théorie du genre, "Le Fruit de nos entrailles".

Paul-Éric Blanrue

lundi 13 avril 2015

"Jean-Marie, Marine et les juifs" : le seul livre qui vous explique la vraie situation politique du Front national !

Un livre fondé sur des archives, sans oeillères ni propagandisme, situé hors de la "ligne du parti" et dénué de passion pavlovienne, l'auteur ayant comme seuls guides l'exactitude des faits et la recherche de l'intérêt national. À lire de toute urgence pour ne pas réagir comme des militants bornés ni comme des Facebookiens dont l'avis instantané fait office de religion. 
Sans information claire, sans documents irréfutables, la perspective est biaisée et la réflexion boiteuse. Blanrue ne cherche pas à faire plaisir ni à causer du déplaisir, mais à dresser un constat éclairant qui aide à préparer des temps meilleurs.


Marion über alles !

Le Vieux jette l'éponge en PACA et son dévolu sur sa petite-fille ! "Si elle accepte, je pense qu'elle serait une tête de liste très performante. Certainement, la meilleure, je ne vais pas dire après moi, mais quand même". C'est dit ! Ce qui est amusant, c'est la rapidité avec laquelle ceux qui, sur les réseaux sociaux, plaçaient tous leurs espoirs en Marine il y a quelques mois (il ne fallait pas les contredire sur ce point sous peine d'être qualifié de traître à la cause nationale !) les reportent aujourd'hui, avec la même naïveté touchante et une semblable énergie fulminatoire, sur sa nièce, la nouvelle femme providentielle qui demain rasera gratis.
Ces émotives girouettes ont déjà oublié que l'élue de leur coeur déclarait début avril, suite à l'interview de son grand-père chez Jean-Jacques Bourdin : 
"Je regrette que le verbe de Jean-Marie Le Pen, qui servit si longtemps à clamer des vérités face au silence abdicateur et aux erreurs historiques de ses adversaires, soit devenu un moyen de provocation inutile... Je suis en désaccord sur le fond et je ne peux soutenir de tels propos car même le plus fier et le plus sage des hommes politiques tire bien peu de gloire à s’installer dans sa vérité et à l’asséner comme une certitude sans tenir compte des conséquences. Qu’importe l’instrumentalisation politique et le rabâchage outrancier de la même phrase depuis 20 ans. Cela a bien peu d’importance à côté de la blessure sincèrement ressentie par de nombreux compatriotes pour laquelle Jean-Marie Le Pen s’était d'ailleurs lui-même excusé au lendemain de ses déclarations... J’ai beau être sans cesse injustement considérée comme étant d’extrême droite, je n’oublie pas que le régime nazi et ses alliés ont mis mon pays à feu et à sang, que des milliers de mes compatriotes sont morts dans des conditions atroces, certains de confession juive victimes d’une politique raciste qui aura fait date dans l’histoire, etc".
Pour mémoire, voici également son communiqué datant de début décembre 2014, à propos de la reconnaissance de l'État palestinien :
"La position du Front National sur le conflit israélo-palestinien a toujours été la recherche de l’équilibre. Notre mouvement souhaite depuis toujours la reconnaissance de l’Etat palestinien À LA CONDITION que ce dernier reconnaisse également le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël. Cette situation permettrait aux Palestiniens de rentrer dans le concert des nations, leur donnant les moyens et le devoir de LUTTER CONTRE LE TERRORISME ET LA CORRUPTION. (...) Dans ces conditions, Marion Maréchal-Le Pen s’est ABSTENUE lors du vote sur la résolution de la reconnaissance de l’Etat palestinien."
Je suis payé pour savoir qu'une information chasse l'autre, mais tout de même. La démocratie rendrait-elle les citoyens désemparés plus aveugles qu'ils ne le sont et ramollirait-elle leur cerveau gavé d'histoires tronquées et de fausses valeurs ? On le dirait bien, et ce n'est pas pour me surprendre puisque l'expérience (l'empirisme cher à Charles Maurras) a prouvé depuis longtemps (deux cents ans environ) que tant que l'on ne raisonne qu'en terme de scrutins électoraux et de candidats idéaux, on tourne en rond pour rester à la périphérie des choses, sans espoir réel de transformer la société. Pourquoi ? Parce qu'en agissant ainsi on se soumet à un système dont le but est de vous éliminer du paysage et qui, en pratique, agit 24h/24 pour vous écarter du pouvoir. On ne fait pas sienne l'idéologie de ses adversaires. On n'adore pas les idoles qui vous écrasent. Il s'agirait de creuser. Non pour aller au fond mais à la racine des choses, là où personne ne se rend jamais parce que c'est difficile et dangereux. Ce n'est pas au programme, manifestement. Les idées, les principes ? Vous n'y pensez pas, c'est de la métaphysique, autant dire du vent ! Perte de temps. Et le temps c'est de l'argent, comme ne le disait pas Heidegger. Élections, élections ! Parlez-moi des régionales, chantez-moi de la présidentielle ! Dessine-moi un canton ! Gratte-moi l'urne ! Déchire-moi l'affiche ! Un bulletin sinon rien ! 
Frontistes, encore un effort pour être républicains : cessez tout à fait de réfléchir, militez pour les têtes que les sondages vous désignent et attendez devant Twitter et Facebook que le Messie surgisse des urnes pour changer vos vies. J'ose vous rappeler que Jeanne d'Arc, pour laquelle vous manifestez chaque année au mois de mai, combattait sous la bannière : "Dieu premier servi." Ça vous dit quelque chose ?

Paul-Éric Blanrue


TEXTE DE CHARLES MAURRAS 
SOUMIS À LA RÉFLEXION DES LECTEURS ENDURCIS


"Qu'est ce que le gouvernement de la République? Le gouvernement des partis, ou rien.
Qu'est ce qu'un parti ? Une division, un partage. Les « mots de la tribu » offrent souvent une contexture sacrée qui en contient, en conserve, en préserve le sens. Ici, il est limpide. Il n'y a qu'à fermer les yeux et écouter le son. Parti ! Rouvons les yeux : le spectacle contredit-il l'audition et l'entendement ? 
Aucun résultat politique ne s'obtient, dans le fonctionnement normal du régime, que par cette opération diviseuse et cette lutte intestine. On arrive ainsi aux honneurs. C'est le jeu des partis qui élit. Une fois élu, on peut prêcher l'accord, mais surtout après avoir pris l'engagement formel de ne pas revenir devant l'électeur.
D'où viennent les partis ? Ou, plutôt, qu'est-ce qui donne aux partis et aux clans cette incurable ardeur dont le temps ne fait, parfois, que rafraîchir et renouveler la brûlure ? Nos clans naturels sont détruits, nos clans historiques passent pour être anéantis. Mais les classes subsistent et notre État est constitué de manière à en tirer plus de mal que de bien.
Les révolutionnaires les exploitent toujours en s'efforçant de les légitimer par des antagonismes économiques inexistants car, loin de diverger, nos intérêts les plus essentiels convergent, en fait.
L'intérêt général, sans être la somme des intérêts particuliers, les comprend néanmoins et les enveloppe : le plus haut, le plus profond des intérêts de chacun tend, sur le plan réel, à l'unité du tout. Le partage et la division sont des fléaux dont chacun aura à souffrir : pourtant, si beaux soient les appels à la conciliation, à la concession, à la convergence des actions et des vues, cette idée si naturelle reste bien froide en comparaison des chaleurs artificielles et des fureurs factices auxquelles les passions diviseuses élèvent leur fausse doctrine.
L'élément générateur des partis est passionnel et, presque toujours, personnel. Un homme, un nom servent de drapeau, et ce drapeau flotte et palpite d'autant plus vivement qu'un prétexte a été fourni, soit par une ambition trompée, soit par un déni de justice ou par son semblant, soit par une vengeance exercée ou subie.
La France est déchirée parce que ceux qui la gouvernent ne sont pas des hommes d'État, mais des hommes de parti. Honnêtes, ils songent seulement au bien d'un parti : malhonnêtes, à remplir leurs poches. Les uns et les autres sont les ennemis de la France. La France n'est pas un parti.
Dans un pays constitué comme la France, dans un pays qui n'est entièrement représenté ni par son aristocratie, ni par sa bourgeoisie, la République n'a duré que parce qu'elle a été la propriété d'un parti, d'un parti fermé, organisé assez jalousement pour répondre à tous les assauts.
Les idées des partis, les idées diviseuses ont, en République, des agents passionnés ; mais l'idée unitaire, l'idée de la patrie n'y possède ni serviteur dévoué ni gardien armé.
On ne fait pas la guerre sans provisions ni munitions. Il faut que, dans leur guerre, les partis vivent et combattent avec tous les objets qui leur tombent sous la main.
L'entente avec l'Étranger est l'ingrédient essentiel et classique du régime des partis. Possible et contingente sous tout autre gouvernement, elle est nécessaire en République. Il faut ou changer le régime, ou se résigner à ce mal.
De même il faut changer le régime ou se résigner, à peu près de la même manière, à une certaine dose de routine dans les grandes administrations dont la Marine et la Guerre donnent le type. On n'y triomphe pas de la routine par l'esprit révolutionnaire qui anime les partis.
Le contrôle révolutionnaire du Parlement n'a jamais fait que superposer aux anciens abus des abus incomparablement supérieurs. Tout le mal que l'on voudra dire des bureaux, routiniers si l'on veut, mais compétents et expérimentés, ne sera jamais à mettre en balance avec les insanités d'une commission parlementaire ou d'un délégué du parlement, souvent ignare ou turbulent, touche à tout par définition.
Il n'est ni dit, ni écrit, ni pensé nulle part dans l'essence du régime républicain, que les questions militaires, les questions liées à la vie de patrie, soient supérieures à la République, supérieures à la querelle des partis. Les plus patriotes de nos républicains esquivent cette question de la priorité de la Patrie ou des Partis, de la France ou de la République, en disant que ce sont là deux synonymes et que l'État républicain et l'État français ne font qu'un.
Mais la nature des choses se charge toute seule de la distinction, et c'est alors qu'au fur et à mesure des événements, les réactions strictement propres à chacun donnent la mesure des personnes, des caractères, des esprits."

Charles Maurras, Mes idées politiques, 1937.

 

dimanche 12 avril 2015

Dès 2009, Blanrue avait annoncé que Marine Le Pen s'était rangée depuis longtemps dans le camp sioniste. Qui dit mieux ?


Mon intervention dans cette vidéo (réalisée sans mon accord) est un court extrait d'une interview donnée à Francesco Condemi en 2009 pour sa société Clap36.
Notez bien la date : 2009.
Tout était clair dès cette date, j'en avais d'ailleurs touché un mot dans Sarkozy, Israël et les juifs publié précédemment cette même année. Et pourtant, et pourtant il n'y eut aucune réaction, nulle part. La surprise passée, il n'y eut que des insultes. En public et en privé. C'est en ignorant sciemment les informations décisives que j'apportais qu'on a créé de toutes pièces le mythe d'une Marine Le Pen "meilleure résistante au système".
Tout ceci sera bientôt expliqué - en détail, puisque c'est le mot du jour. Car il faut que la vérité passe coûte que coûte, même et surtout si cela ne plaît pas aux faiseurs de mode.

Paul-Éric Blanrue