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mardi 25 août 2026

Thomas Merton : le moine catholique fasciné par les théologiens orthodoxes



Thomas Merton est à première vue l’homme le moins susceptible de figurer dans une histoire des Occidentaux attirés par l’Orthodoxie. Né en 1915 aux États-Unis, converti au catholicisme, il devient moine trappiste à l’abbaye de Gethsemani. Il sera l’un des écrivains spirituels les plus lus du XXe siècle.

Son autobiographie, The Seven Storey Mountain (La Montagne aux sept degrés), connaît un immense succès. Mais Merton ne se contente pas d’écrire sur sa propre conversion. Toute sa vie intellectuelle est une recherche de la profondeur de l’expérience contemplative.

C’est cette recherche qui le conduit vers l’Orient chrétien.

Dans les dernières années de sa vie, Merton se met à lire avec une attention croissante les théologiens orthodoxes russes. Il découvre notamment Paul Evdokimov, professeur à l’Institut Saint-Serge de Paris.

Son jugement est étonnamment enthousiaste. Dans son journal, le 18 septembre 1959, il écrit à propos d’Evdokimov :

« Voilà un véritable théologien — l’un des rares. »

Ce n’est pas une admiration superficielle. Merton étudie la théologie orthodoxe, les Pères orientaux, l’icône, la spiritualité hésychaste et la tradition mystique de l’Église d’Orient.

Pourquoi cette attirance ?

Parce que Merton retrouve chez les orthodoxes quelque chose qui correspond à sa propre recherche : un christianisme dans lequel la théologie, la liturgie et la contemplation ne sont pas séparées.

L’Orthodoxie lui offre également une vision du salut qui insiste sur la transformation de l’homme et sur sa participation à la vie divine.

Merton ne quitte pourtant jamais le catholicisme. C’est justement ce qui rend son témoignage plus intéressant : il n’étudie pas l’Orthodoxie parce qu’il chercherait simplement une autre Église où se réfugier. Il la découvre comme une profondeur chrétienne dont son propre univers spirituel peut recevoir quelque chose.

Il faut donc se garder d'en faire un « orthodoxe caché ». Mais il est parfaitement légitime de dire que, vers la fin de sa vie, le moine catholique Thomas Merton comptait parmi les lecteurs occidentaux les plus passionnés de la spiritualité orthodoxe.

Références : Thomas Merton, The Journals of Thomas Merton, entrée du 18 septembre 1959 ; Paul Evdokimov, L’Orthodoxie ; études du Thomas Merton Center consacrées à ses relations avec l’Orthodoxie.