BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE

samedi 11 novembre 2023

"Jean-Marie, Marine et les juifs" : tout était vrai !



Le rapprochement de le FN/RN et Israël n'a rien de neuf : j'avais lancé ce compte FB en 2014, suite à la sortie de mon livre Jean-Marie, Marine et les juifs pour continuer d'informer sur l'évolution des relations entre l'ancien parti de Jean-Marie Le Pen et les réseaux israéliens :https://www.facebook.com/lepenetlesjuifs
Tout ce que j'y ai annoncé, sur la base de documents vérifiables, s'est révélé exact.
À tout hasard, mon livre est toujours disponible sur Amazon, même si je ne touche plus un euro sur les ventes (https://www.amazon.fr/Jean-Marie-Marine-juifs-Paul-Eric-BLANRUE/dp/2919937154)
Et voici surtout des extraits d'une longue itv que j'avais donnée à l'époque :
"Dans ce livre, je reviens sur la façon ignoble dont JMLP a été traité par les représentants de la communauté juive et les médias à leurs bottes. Un chapitre est consacré à l’affaire du “détail”, dans lequel j’établis qu’il s’agissait d’un piège tendu par un journaliste de Globe relayé par une agence de presse socialisante. J’ai refait l’enquête de Carpentras, avec des dossiers de police, et je démontre que cet odieux montage a été l’oeuvre du ministre de l’Intérieur Pierre Joxe et du président Mitterrand, sous l’égide du CRIF et de ses affidés. Je pointe l’influence néfaste, dans les années quatre-vingt, du président du CRIF, Théo Klein - celui que Libération définissait comme un “gauchiste” - et qui a été le premier oligarque juif à condamner moralement aussi furieusement Le Pen et à demander qu’un cordon sanitaire - le sinistre “front républicain” - soit dressé autour de lui pour le confiner dans un lazaret sans issue. Enfin, pour être parfaitement objectif, je rappelle, au cours d’un chapitre entier, quel a été le rôle néfaste du B’nai B’rith dans sa mise à l’écart de la vie politique commune, ce que Pierre Péan et Philippe Cohen n’ont pas osé faire dans la bibliographie qu’ils lui ont consacrée. Pour l’anedcote, il se trouve que j’ai été l’ami intime du défunt Dr Herlory, le député FN qui a osé poser à deux reprises à l’Assemblée nationale la question du fameux “serment” que des responsables politiques ont prêté “de ne s’allier en aucun cas” avec le FN devant cette franc-maçonnerie juive internationale. Je suis donc informé de tous ces scandales depuis fort longtemps. Ceci étant posé, prenons de la distance : ces affaires, aussi haïssables soient-elles, ne représentent qu’une face de l’histoire. Il en existe une autre, voilée, cachée, souterraine, qui n’a oncques été écrite et que la plupart des militants et même des cadres du FN ignorent. Pour expliquer la situation actuelle et ses ambiguïtés nocives, je me devais ainsi d’éclairer les relations privilégiées qu’a entretenu et qu’entretient encore Jean-Marie Le Pen avec certains mandataires sionistes. Car au fond, Marine n’a fait que se réapproprier sa propre stratégie, une génération plus tard…
(...)
Je ne suis pas un perdreau de l’année et connais la chanson. J’ai lu Machiavel, Talleyrand et le cardinal de Retz, et je sais que les frontières sont poreuses entre les compromis et la compromission. Ce que j’ignorais, quand je me suis lancé dans cette enquête, c’est que Jean-Marie Le Pen fût allé aussi loin dans son approche des dirigeants sionistes, dans une tentative de ce qui n’était rien d’autre, il faut le dire apertement, qu’une alliance historique nationale-sioniste. L’idée qui la sous-tendait était au fond assez sommaire, on peut la résumer comme suit :” Laissez-nous nous occuper des immigrés, on vous laissera vous occuper des Palestiniens.” Ce n’est pas parce que la manoeuvre a échoué qu’elle n’a pas existé dans son esprit durant des années et qu’il n’a pas essayé de la proposer à plusieurs reprises aux sionistes qu’il fréquentait. Ce qui m’a réellement étonné, c’est que cette quête éperdue d’alliance avec les milieux juifs n’ait pas été stopée net, de sa part, par les ineptes accusations d’antisémitisme qui ont émaillé sa carrière politique, ni par tous les coups tordus que lui ont fait subir les représentants de la communauté juive. Le Pen a pourtant cherché désespérement ce type de rapprochement jusqu’au milieu des années 2000. Sa “victoire” du 21 avril 2002 est une “victoire juive”, j’en fournis les raisons dans mon livre. Saviez-vous par exemple qu’avant cette présidentielle, il avait fait éditer dans le plus grand secret (même le bureau politique n’était pas au parfum) une luxueuse brochure rappelant sa love story pour Israël et qu’il l’avait envoyée à des personnalités sionistes influentes ? Plus récemment, mon petit doigt me dit que le livre (nul) de Serge Moati, et la vraie-fausse querelle médiatique qui s’en est suivie avec le président d’honneur du FN, n’est que l’avatar de cette longue série d’approches avec la communauté organisée, parfois réussies et souvent ratées...
(...)
Quand le Front national a été porté sur les fonds baptismaux, une partie de ses cadres avaient pour Israël les yeux de Chimène, à commencer par François Brigneau, celui qui a hissé Le Pen sur le pavois - lequel Brigneau, certes, s’est très largement amendé plus tard de ses amitiés particulières pour devenir le pamphlétaire anti-système que l’on sait. Au début des années soixante-dix, c’était ainsi. La guerre des Six Jours avait dopé les nationalistes français. De nombreux sympathisants de la droite radicale étaient hypnotisés par ce pays du Proche-Orient sans frontières mais “où coule le lait et le miel”. Les juifs étaient devenus des soldats. Ils étaient enfin “comme nous”, se disaient les “natios” - ou plutôt comme ceux-ci auraient aimés être : des gagnants. Les Israéliens leur donnaient la leçon. Lucien Rebatet lui-même n’a pas caché sa vénération pour le général Moshé Dayan, à l’instar de Xavier Vallat et de Jean-Louis Tixier-Vignancour, dont Le Pen s’était occupé de la campagne présidentielle en 1965. En ce temps-là, l’armée israélienne semblait venger les Français d’Algérie du sort tragique que le FLN et le général de Gaulle leur avait réservé en 1962. Puis l’État juif faisait partie du “monde libre” en guerre contre l’hydre communiste. Viendra ensuite le temps des “refuzniks”, qui se présenteront comme un nouveau tonic contre l’URSS. Bref, toute la droite nationale ou presque (à l’exception notable de François Duprat, Henry Coston ou Maurice Bardèche) était sioniste. Le Pen, sans être un disciple de Zeev Jabotinsky - le fondateur du Bétar dont Mussolini avait déclaré un jour qu’il était un “fasciste juif” - était de cette tendance-là. Il avait participé à la campagne de Suez, en 1956, avec Tsahal, contre Nasser, le Raïs que le garde des Sceaux François Mitterrand avait présenté comme un nouvel Hitler. Par la suite, les attentats palestiniens en France et dans le monde n’avaient certes pas contribué à le faire évoluer sur ce point. A l’orée des années quatre-vingt, on voit Le Pen dénoncer avec vigueur les attentats antisémites (rue Copernic, etc.) comme autant d’opératons du KGB. Les revendications des Palestiniens, le problème israélien et ses mythes fondateurs, les réseaux sionistes en France : connais pas. Il milite pour que la France réintègre l’OTAN, suite logique de la sympathie naturelle qu’il éprouve pour le sionisme. J’ai retrouvé une interview télévisée dans laquelle il affirme préférer nettement Israël, “pays démocratique”, à la Syrie d’Hafez el-Hassad. Même après l’affaire du “détail”, en 1987, le Menhir persistera à demander la fermeture du bureau de l’OLP à Paris. Comme s’il n’avait pas encore compris à quelles forces de déstabilisation il avait affaire, ni l’emprise qu’elles étaient capables d’avoir sur les destinées de la France et la mentalité des Français. Il va même tenter à ce moment-là de mener une “opération séduction” en faisant créer une association relai du FN, le Comité des Français juifs, par Robert Hemmerdinger, un ancien membre de l’Irgoun, l’organisation terroriste de Menahem Begin. Détail piquant : Hemmerdinger était aussi l’un des premiers pirates de l’air de l’histoire !
(...)
Plusieurs mois avant que ne tombe sur ses larges épaules l’affaire du “détail”, Le Pen s’est rendu au début de 1987 aux États-Unis. Le voyage est financé par l’Église de l’Unification, la contestée secte Moon, émanation de la CIA, qui lui offre sur un plateau une photo en compagnie du président Ronald Reagan, dont il se proclame l’alter ego français. L’autre objet de sa visite chez l’Oncle Sam est la conférence – très discrète – qu’il donne au restaurant The Four Seasons dans le Seagram Building d’Edgar Bronfman, sur la 52e rue de Manhattan. Dois-je vous rappeler qui était Bronfman à cette époque ? L’affairiste canado-américain, multi-milliardaire, héritier du groupe de vins et spiritueux Seagram, était membre de la commission nationale de l’Anti-Defamation League, du B’nai B’rith, du comité exécutif de l’American Jewish Congress, et le président, depuis 1981, du Congrès juif mondial. En ce temps-là, Bronfman mènait campagne pour faire déménager les carmélites qui avaient ouvert un couvent près du camp d’Auschwitz. On comprend fort bien le but de Le Pen auprès d’un tel personnage et de sa camarilla : être adoubé chevalier sioniste par la crème de la crème, et pouvoir faire la nique à Théo Klein et ses compères à son retour. Mais à quel prix ? Celui du reniement de la souveraineté nationale ? De l’indéodation de la France à Israël ? On peut sérieusement se poser la question des conséquences funestes que ce genre de rencontres auraient pu avoir sur le mouvement national si elles avaient abouti comme Le Pen l’envisageait.
Comment ce voyage a-t-il été possible ? Je déroule toute l’histoire dans mon livre, étape par étape. Disons, pour résumer, que les sionistes américains ont le bon goût de ne pas tous être “de gauche”, comme la plupart de leurs homologues français, et ne sont pas davantage fascinés par les interminables crispations franco-françaises, comme celle portant sur l’histoire de Vichy, pour ne citer qu’elle. Le passé OAS de certains membres du FN va faciliter les prises de contact, puisqu’il y eut des liens entre l’OAS et Israël durant les “événements” d’Algérie. L’homme de la situation s’appelle Jacques Torczyner, e’est un diamantaire belgo-américain installé aux États-Unis, ancien président de la Zionist Organization of America. Il est alors membre de l’exécutif de l’Organisation sioniste mondiale en charge des relations extérieures, chef du Likoud en Diaspora et l’un des conseillers du cow-boy de la Maison Blanche. Il rencontre Le Pen à Montretout et lui explique que le voyage que celui-ci envisage de faire en Israël passe obligatoirement par New York. Sur place, tout se passe à merveille, Le Pen se fait applaudir par toute l’assistance qui se lève comme un seul homme après son discours ultra-sioniste. Quand il rentre en France, au début de l’année 1987, le chef du FN se croit le roi du pétrole. Il pense avoir réussi à contourner le lobby sioniste français, mitterrandolâtre, focalisé sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, la remembrance shoatique, toute la lyre. C’est alors que se met en place la chausse-trape du « détail ». Le Pen espérait rencontrer Ariel Sharon. Résultat : les sionistes de son entourage, Olivier d’Ormesson en tête, qui était le président de son comité de soutien à la présidentielle de 1988, prennent le large… C’est la débâcle.
(...)
D’un certain côté, pour Jean-Marie Le Pen, il s’agit toujours et encore de contourner le CRIF et de tenter de nouer une alliance au plan international. Mais, contrairement à sa cadette, dans les années quatre-vingt Jean-Marie Le Pen n’excluait pas de son mouvement les patriotes marginaux ou radicaux, non plus qu’il interdisait les pensées taboues, et il n’hésitait pas, quand il l’estimait bon, à fustiger la “police juive de la pensée”, selon l’expression d’Annie Krigel. Il y a dans le Trinitain de la graine d’insoumis, je n’oublie jamais son psyschisme breton et sa tendresse pour l’anarchisme. Et puis nous vivions aussi dans une autre époque, moins abêtie par le Shoah-bizness, avec un personnel politique encore cultivé et bénéficiant par le fait d’un recul historique plus vaste que nos jours où tout commence en 1933 pour s’arrêter au tribunal de Nuremberg. Tout en considérant le professeur Faurisson comme un “salaud”, Hemmerdinger se disait ainsi prêt à combattre “jusqu’à la mort” pour défendre son droit à l’expression. Mais, pour revenir à nos moutons, sur le fond, il y a une ressemblance entre le père et la fille, c’est certain. Marine n’a pas le même parcours que son père, elle n’a pas vécu la guerre, mais elle partage avec lui de nombreux traits de caractère. C’est le “clone” de Jean-Marie, comme dit sa mère Pierrette. On a parlé à son propos de “stratégie poutinienne” pour accéder au pouvoir. Entendez : elle lâcherait du lest sur les sujets brûlants, sectiles, pour parvenir à nouer des alliances politiques avec les partis traditionnels et complaire aux coryphées qui forgent l’opinion. Mais également si Marine veut à tout prix dédiaboliser le parti, c’est d’abord parce que la ligne light qu’elle a imposée au Front correspond à son mode de vie et sa mentalité, celle d’une fille qui a fréquenté les milieux huppés de la bourgeoisie clodoaldienne, avec tout ce que cette promiscuité comporte : absence de résistance morale au déferlement du prêt-à-penser médiatique, laxité générale, connivence avec les gens à la mode, goût certain pour la facilité au détriment de l’effort sur soi. Quant à l’héroïsme, mieux vaut ne pas aborder la question. Le Front new wave qu’elle a conçu lui va comme un gant. Elle ne joue pas à la politicienne modérée, située à peine plus à droite que Valéry Giscard d’Estaing (qui parlait dès 1991 d’immigration-invasion) : elle l’est. Quand en 2006 Jean-Marie Le Pen condamne chez Michel Field, sur LCI, les propos du président iranien Mahmoud Ahmadinejad sur l’Holocauste, on est libre de le croire sincère ou non (j’ai mon idée), mais quand Marine déclare que les “camps sont le summum de la barbarie” et ajoute qu’elle aurait aimé vivre dans les années quarante pour se battre contre le nazisme (risible envolée digne d’une préciseuse ridicule de Saint-Cloud !), elle livre le fond de sa pensée. Même chose quand elle condamne sans réserve les révisionnistes : elle les déteste de tout son coeur, ce n’est pas un rôle de composition. Mon analyse de sa trajectoire démontre qu’au fond, son désir de collusion avec la droite sioniste lui est coexistant, même si le fait d’être coachée par le président de l’Association France-Israël, Gilles-William Goldnadel, n’est pas pour peu dans la publicité qu’elle a décidé de donner à ses émois judéocentriques. On peut noter que, dès son entrée au bureau politique du FN, l’une de ses premières sorties a été de se rendre à Ground Zéro en compagnie d’un comité de femmes républicaines pour y proclamer que “contrairement à Jacques Chirac elle ne condamne pas les États-Unis sur un plan moral”. Or, condamner l’immoralisme de l’impérialisme américain et sa folie guerrière, c’est très exactement ce que son père s’échinait à faire depuis la première guerre du Golfe, en 1991, avec un remarquable courage ! Dans mon livre, je souligne une à une toutes les compromissions de Marine avec les hiérarques sionistes, depuis sa fuite piteuse lors de la venue de Dieudonné aux BBR en 2006 jusqu’à sa légitimation de la LDJ l’été dernier. Lorsqu’elle ne peut pas agir par elle-même en ce sens, elle délègue. En 2010, une délégation de frontistes, sous la garde de militants de la Ligue de défense juive, participe à la manifestation pour la mémoire d’Ilan Halimi. En 2011, le propre compagnon de Marine, Louis Aliot, vice-président du FN et directeur opérationnel de sa campagne pour la présidentielle 2012, se rend dans deux colonies de Cisjordanie qu’il se croit autoriser à appeler, à l’instar des autorités israéliennes, « la Judée-Samarie ». Sur place, son sherpa est Michel Thooris, candidat FN de la huitième circonscription des Français établis hors de France, couvrant Israël. Thooris est le conseiller à la sécurité de Marine Le Pen pour la présidentielle. Ce policier est un ultra-sioniste ne se cachant pas de soutenir « de manière totalement inconditionnelle Israël ». Il ne dissimule pas être un aficionado la LDJ et clabaude : « Pourquoi la communauté juive n’aurait-elle pas le droit de se défendre La LDJ et Bétar accomplissent une mission de service public en défendant les personnes et les biens ? »
Quelle sera la suite des événements ?
Marine a failli se rendre dans l’État juif en 2006 grâce au Parlement européen où elle était inscrite à la délégation pour les relations avec Israël (elle y figurait avec Patrick Gaubert, président de la LICRA), sauf que l’aventure a capoté à 48 heures du départ. Depuis, elle ronge son frein. Il est probable qu’avant la présidentielle de 2017 (si François Dernier s’accroche jusque là) elle va tenter de s’y faire un petit tour pour témoigner à quel point le FN a changé de visage. Yad Vashem est devenue une étape obligée pour l’accession au trône de France. Aymeric Chauprade fait tout ce qui est en son pouvoir pour lustrer les marches du palais. Goldnadel donnera son petit coup de main habituel. Geert Wilders passera peut-être un coup de fil à ses amis du Mossad. Il n’est pas sûr que le CRIF se laisse faire de bon gré, ni que Jean-Marie ne glisse pas une « quenelle » à sa façon à cette occasion, pour montrer qu’il bande encore. Il y aura des querelles intestines dans les rangs sionistes (rien ne bien grave pour eux, rassurez-vous). Mais il n’existe aucune raison objective pour que Marine se s’engage pas davantage dans le processus qu’elle a enclenché de son propre chef depuis plus de 10 ans. Pour ma part, je ne vois pas ce que la France a à gagner à cet aplatissement du plus grand parti d’opposition, censé résister à l’apocalypse française, si toutefois elle veut rester le « pays des hommes libres », comme on le dit, et non celui des ilotes serviles. Mon siège est fait sur la question « stratégique » qui agite beaucoup sur les réseaux sociaux : si on ne désigne pas l'ennemi quand on est dans l'opposition, on le désignera moins encore le jour où les voix afflueront, et on le taira tout à fait le jour où on aura des responsabilités. Ne pas faire preuve de courage en disant la vérité lorsqu’on le peut, c'est-à-dire quand on n’a pas de clientèle spécifique à satisfaire, revient à annoncer qu'on n’en sera totalement dépourvu une fois qu'on aura gravi les échelons, avec une clientèle à défendre, des alliances à passer et du Gros Argent à faire entrer dans les caisses. À l’image d’Arthur Schopenhauer, je professe qu’un homme politique, comme un écrivain, doit être le “martyr de la cause qu’il défend”.

Paul-Éric Blanrue.

"Mais on était là avant !"




Présence juive en Palestine : les vrais chiffres (Justin McCarthy, The population of Palestine, 1990).
Bilan : les musulmans locaux étaient largement majoritaires, suivis des chrétiens.
En 1860, les juifs ne représentaient que 4% de la population.



mardi 7 novembre 2023

Les dix choses les plus stupides qu’on nous demande de croire à propos de Gaza.



1. Qu’Israël n’avait aucune idée de ce que faisait le Hamas avant le 7 octobre, mais que depuis le 7 octobre, il est au courant de chaque hôpital, mosquée, école, camp de réfugiés et château d’eau dans lesquels se cache le Hamas.
2. Que la responsabilité de tous les décès causés par les armes israéliennes lancées par Israël repose uniquement sur le Hamas.
3. Que le Hamas utilise des « boucliers humains » – ce qui signifie que les bases du Hamas sont cachées au milieu des populations civiles – et pourtant qu'Israël parvient à tuer des milliers de civils sans causer de dommages significatifs au Hamas.
4. Qu’il serait tout à fait acceptable d’assassiner des enfants par milliers même s’ils étaient utilisés comme « boucliers humains » – comme si résoudre une situation d’otages en fauchant des milliers d’enfants otages serait considéré comme raisonnable et acceptable par le public si cela s'est produit dans notre propre pays.
5. Que n’est que par pure coïncidence qu’Israël bombardant des « cibles du Hamas » dans des infrastructures civiles et des bâtiments résidentiels ressemble exactement à ce à quoi on s’attendrait si Israël bombardait simplement des infrastructures civiles et des bâtiments résidentiels et mentait sur les raisons qui l'ont poussé à le faire.
6. Que les images satellite de quartiers entiers réduits en décombres à Gaza ont été provoquées par des « frappes de précision » dirigées uniquement contre le Hamas et ont été réalisées avec le plus grand soin pour la vie humaine, bien que les responsables israéliens aient déclaré ouvertement que « l’accent est mis sur les dégâts et non la précision » de cet assaut et que « Gaza finira par se transformer en une ville de tentes ; il n’y aura pas de bâtiments.
7. Que cette campagne de bombardements a quelque chose à voir avec la libération des otages israéliens – comme si la campagne de bombardements elle-même n’avait pas tué des dizaines d’otages, et comme si quiconque croyait qu’Israël cesserait de bombarder Gaza après le retour des otages.
8. Que la seule raison pour laquelle quelqu'un pourrait s'opposer à l'explosion de milliers de bombes sur une prison à ciel ouvert remplie d'enfants serait d'avoir des opinions très fortes et haineuses envers les membres de la religion du judaïsme.
9. Que le Hamas a attaqué Israël de manière totalement inattendue et sans aucune provocation, uniquement parce qu'il est mauvais et qu'il déteste les Juifs.
10. Que Washington est impuissant à mettre fin à ce génocide qu’il finance et alimente directement.

Caitlin Johnstone.

lundi 6 novembre 2023

1948 : Albert Einstein et Hannah Arendt écrivent au New York Times une lettre TERRIBLE contre des sionistes qualifiés de "terroristes" et de "fascistes" et fustigent l'abominable massacre du village de Deir Yassin.

En 1948, des intellectuels juifs, notamment Albert Einstein et Hannah Arendt, écrivent au New York Times une lettre TERRIBLE contre les sionistes qui réclament des finances aux Américains. Ils qualifient Mehamen Begin (qui deviendra plus tard Premier ministre d’Israël et fondera le Likoud, issu du Parti de la Liberté) de "terroriste" et de "fasciste" et fustigent l'abominable massacre du village de Deir Yassin. ----- Lettre au New York Times Nouveau Parti Palestinien La visite de Menahem Begin et les objectifs de son mouvement politique Aux éditeurs de New York Times Parmi les phénomènes politiques les plus inquiétants de notre époque, est l’émergence, à l’intérieur de l’État d’Israël, nouvellement créé, du « Parti de la Liberté » (Tnuat Haherut), un parti politique qui ressemble beaucoup, dans son organisation, ses méthodes, sa philosophie politique et ses prétentions sociales, aux partis politiques nazis et fascistes. Il a été créé par des membres et sympathisants de l’ancien Irgun Zvai Leumi, une organisation chauvine, droitière et terroriste, en Palestine. La visite en cours, aux États-Unis, de Menachem BEGIN, chef de ce parti, a, de toute évidence, comme objectif de créer l’impression qu’il y a un soutien américain à son parti aux prochaines élections israéliennes, et de renforcer les liens politiques avec les éléments sionistes conservateurs américains. Plusieurs Américains de réputation nationale ont prêté leur nom pour soutenir sa visite. Il est inconcevable que ceux qui luttent contre le fascisme à travers le monde, si correctement informés sur le passé politique de Monsieur Begin et ses ambitions, puissent ajouter leur nom au soutien du mouvement qu’il représente. Avant que des dommages irréparables soient causés par des contributions financières, par des manifestations publiques de soutien au profit de Begin et par la création, en Palestine, de l’impression qu’une grande partie de l’Amérique soutient les éléments fascistes en Israël, l’opinion publique américaine doit être informée sur le passé et les objectifs de M. Begin et de son mouvement. Ce que dit publiquement le parti de M. Begin, cache son vrai caractère. Aujourd’hui, ils parlent de liberté, de démocratie et d’anti-impérialisme, alors que, jusqu’il y a peu, ils prêchaient ouvertement la doctrine de l’État fasciste. C’est dans ses actions que le parti terroriste trahit ses réelles aspirations. C’est à la lumière de ses actions passées, que nous pouvons juger ce qu’on peut s’attendre qu’il fasse dans le futur. Attaque à un village arabe Un exemple choquant a été donné par ce qu’ils ont fait contre le village arabe de Deir Yassin. Ce village, situé à l’écart des routes principales et entourées de terres juives, n’a pris aucune part à la guerre et a même combattu des groupes arabes qui avaient l’intention d’établir leur base dans ce village. Le 9 avril, selon le New York Times, des groupes terroristes ont attaqué ce paisible village, qui n’était en rien un objectif militaire dans ce conflit, et ont tué la plupart de ses habitants (240 personnes, hommes, femmes et enfants), et en ont gardé quelques uns en vie, afin de les faire parader, en tant que prisonniers, dans les rues de Jérusalem. La plus grande partie de la Communauté Juive fut horrifiée par cette démonstration et l’Agence Juive envoya un télégramme d’excuses au roi Abdullah de Cisjordanie. Cependant, les terroristes, bien loin de regretter leur geste, tirèrent fierté de ce massacre, en firent largement publicité, et invitèrent tous les correspondants étrangers présents dans le pays, pour voir les cadavres entassés et les dégâts causés au village de Deir Yassin. L’incident de Deir Yassin illustre le caractère et les actions du Parti de la Liberté. À l’intérieur de la Communauté juive, ils prêchent un mélange d’ultra-nationalisme, de mysticisme religieux et de supériorité raciale. A l’instar d’autres partis fascistes, ils ont pris l’habitude de briser des grèves et ont exercé, eux-mêmes, des pressions afin d’éliminer les syndicats indépendants. Dans leur élan, ils ont proposé la création de syndicats corporatistes sur le modèle de l’Italie fasciste. Au cours de ces dernières années de violence sporadique à l’encontre des intérêts britanniques, les groupes IZL et STERN ont inauguré le règne de la terreur au sein de la Communauté juive de Palestine. Des enseignants ont été battus parce qu’ils ont parlé contre eux, et des adultes ont été abattus parce qu’ils n’ont pas autorisé leurs enfants à les rejoindre. C’est par des méthodes de gangsters, des coups, des vitrines brisées, des nombreux braquages, que les terroristes sont parvenus à intimider la population et à lui extorquer des grandes sommes d’argent. Les membres du Parti de la Liberté n’ont joué aucun rôle dans les événements créatifs en Palestine. Ils n’ont récupéré aucune terre, construit aucune colonie, et n’ont fait qu’affaiblir l’activité de la défense Juive. Leurs efforts pour l’immigration, à grand renfort de publicité, ont été insignifiants et orientés principalement à porter en Palestine leurs compatriotes fascistes. Des décalages constatés Les décalages entre les prétentions hardies, formulées à présent par Begin et son parti, et l’historique de leurs actions passées en Palestine, portent l’empreinte d’un parti politique qui n’est pas comme les autres. C’est la marque indiscutable d’un parti fasciste pour lequel le terrorisme (contre les Juifs, les Arabes, aussi bien que les Britanniques) et la falsification sont les moyens, et “l’État Dominant”, le but. A la lumière de ces considérations, il est impératif que la vérité, au sujet de Mr Begin et de son mouvement, soit connue dans ce pays. Il n’y a rien de plus tragique que de constater que la direction du Sionisme Américain a refusé de mener campagne contre les efforts de Begin, ou d’exposer à ses propres électeurs les dangers que représente pour Israël le soutien à Begin. Par conséquent, les soussignés ont recours à ce moyen pour présenter publiquement quelques faits marquants concernant Mr Begin et son parti, et pour inciter toute personne concernée à ne pas soutenir cette dernière manifestation de fascisme. Isidore ABRAMOWITZ, Hannah ARENDT, Abraham BRICK, Rabbi Jessurun CARDOZO, Albert EINSTEIN, Herman EISEN, M.D., Hayim FINEMAN, M. GALLEN, M.D., H.H. HARRIS, Zelig S. HARRIS, Sidney HOOK, Fred KARUSH, Bruria KAUFMAN, Irma L. LINDHEIM, Nachman MAISEL, Seymour MELMAN, Myer D. MENDELSON, M.D. Harry M. OSLINSKY, Samuel PITLICK, Fritz ROHRLICH, Louis P. ROCKER, Ruth SAGIS, Itzhak SANKOWSKY, I.J. SHOENBERG, Samuel SHUMAN, M. SINGER, Irma WOLFE, Stephan WOLF. New York, 2 décembre 1948.




dimanche 5 novembre 2023

Aucun libertarien ne peut défendre Israël.




Voici pourquoi aucun libertarien ne peut défendre Israël dans son conflit interminable avec les Palestiniens : - Droits individuels bafoués : Les droits des Palestiniens (libre circulation, activité économique, etc.) sont anéantis dans les territoires occupés comme en Israël. La fondation d'Israël a été une tragédie pour les droits individuels et inaliénables des Palestiniens. C'est un principe libertarien fondamental qu'Israël a remis en cause. Il a été établi deux classes de citoyens (on pourrait donner en exemple l'impossibilité pour un non juif d'épouser un juif, car le mariage civil est interdit en Israël.) - Droits de propriété compromis : les droits de propriété palestiniens sont continuellement foulés au pied par des activités de colonisation en collusion avec l'État. L'occupation et les restrictions au commerce et aux mouvements finissent par appauvrir les Palestiniens (50% de chômage dans la bande de Gaza). Cela conduit également à des ventes de terres et de biens en état de détresse. Dans de nombreux cas, ce que nous observons c'est le vol pur et simple de terres et de ressources à l'aide de l'appareil d'État. - Un État hyper-autoritaire : les opérations israéliennes en Cisjordanie (et aujourd'hui à Gaza) se font par le biais d'un État policier militarisé. Les enfants sont interrogés (régulièrement tués, aujourd'hui massacrés), les forces de Tsahal entrent dans les maisons à tout moment du jour ou de la nuit sans aucune sorte de supervision judiciaire, souvent sous un léger prétexte. La ghettoïsation puis la destruction en cours de Gaza sont un crime contre l'humanité. - Droit à l'autodéfense compromis : les droits des Palestiniens à l'autodéfense ne sont pas reconnus dans les territoires occupés. Cela a également été codifié en loi : les Palestiniens n'ont pas le droit de s'autodéfendre légitimement contre les abus et attaques des colons. - Monopole de l'État sur la force compromis par les colons, et ceci sans répercussions : il s'agit d'une question profonde au sein du discours politique libertarienne, car il s'agit de la distinction fondamentale entre un État libertaire "veilleur de nuit" et l'anarcapie. Dans un "État de veilleur de nuit", les citoyens cèdent (sont contraints à céder) le monopole de l'usage légal de la force à l'État. De toute évidence, ce n'est pas le cas dans les territoires occupés où les forces de Tsahal regardent régulièrement de l'autre côté pendant que les colons se livrent à des violences contre les Palestiniens et leurs biens. Surtout lorsqu'il s'agit de colons armés qui ont une formation militaire, cela crée une force de procuration dont les éléments conformes peuvent être poussés à prendre des mesures trop désagréables pour les forces de l'État. Bref, tous les principes du droit naturel, à commencer par le NAP (principe de non agression physique sur quoi se fonde tout le libertarianisme) sont constamment bafoués par Israël.


Synthèse de cet article LIEN





La suicidaire stratégie sioniste.




- "Le judaïsme et le sionisme sont de natures différentes. L'un et l'autre peuvent se croiser, se rencontrer, se superposer, mais aussi entrer en contradiction et même s'exclure. Cette information capitale est dissimulée par les réseaux pro-israéliens, qui agrègent ces deux notions pour satisfaire des intérêts immédiats, sans se soucier des dégâts qu'ils peuvent causer."
- "A l'image des États-Unis, c'est parce qu'Israël est en train d'être un pays déclassé qu'il se comporte de manière aussi agressive. Harceler les petits (l'Irak, la Corée, Cuba, pour les États-Unis; les Palestiniens, l'Iran, la Syrie, le Liban, pour Israël), n'est pas un signe de puissance, mais un aveu de faiblesse, que ces pays en soient ou non conscients."
- "Les temps changent; les alliances évoluent. On oublie que les États-Unis n'ont pas toujours soutenu Israël. En 1956, ils stoppèrent net l'aventure franco-britannico-israélienne au Suez. En 1957, la doctrine Eisenhower encourageait le soutien aux pays arabes dits « modérés ». Il fallut attendre la fin des années soixante pour que l'aide militaire américaine à Israël, qui était de quelques centaines de milliers de dollars à la fin des années cinquante, atteigne plusieurs dizaines de millions de dollars. Il s'est agi depuis de lui assurer une supériorité stratégique régionale. Mais qu'en sera-t-il demain? Si la contestation s'amplifie, le peuple américain lui-même risque de vouloir mettre un terme à cette coalition. Et s'il ne le fait pas, Israël ne sera-t-il pas tenté de jouer le tout pour le tout et de commettre l'irréparable? Qu'irions- nous faire dans cette galère?"
- "Les privilégiés sionistes, juifs ou non, agissent déjà comme des perdants acculés. Leur stratégie est suicidaire. La restriction des libertés à laquelle ils ont poussé le législateur prive la nation d'expression et la coupe ainsi de cette ultra minorité. Le dialogue entre les représentants de la communauté juive et le reste de la société n'est plus qu'un simulacre. Les sionistes se réfugient dans leur tour d'ivoire et deviennent des émigrés mentaux, qui tentent de se consoler en se disant qu'ils eussent été plus à l'abri aux Ëtats-Unis. Mais, à l'image d'Israël, les États-Unis s'effritent, eux aussi, et les sionistes n'ont plus aucune solution de repli."
- "Notre nation doit être le cadre de l'épanouissement, un pôle vivant de résistance, une structure servant d'appui à la contestation globale, et non une entité oppressive, réduite elle-même en esclavage, pour comble."


Paul-Éric Blanrue, Sarkozy, Israël et les juifs (2009).



samedi 4 novembre 2023

Obama dénonce le lobby pro-israélien aux États-Unis.




"En outre, les membres des deux partis préféraient éviter de s’attirer les foudres de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), un puissant lobby transpartisan qui veillait à ce que les États-Unis continuent de soutenir inconditionnellement Israël. L’AIPAC pouvait exercer son influence sur presque tous les districts du pays, et pratiquement tous les politiciens de Washington – moi compris – en comptaient des membres parmi leurs plus importants soutiens et donateurs. Autrefois, l’AIPAC hébergeait en son sein une pluralité d’opinions concernant la paix au Moyen-Orient, et il avait pour ligne de conduite que les politiciens cherchant son soutien devaient approuver le prolongement de l’aide américaine et s’opposer aux tentatives d’isoler ou de condamner Israël par l’intermédiaire de l’ONU et autres organismes supranationaux. Et puis la politique israélienne s’était décalée sur la droite, et le sommet de l’organisation avait suivi le mouvement. L’AIPAC avait commencé à prôner un renforcement de l’alliance entre les gouvernements américain et israélien, même lorsque les agissements du second entraient en contradiction avec la politique du premier. Les parlementaires qui critiquaient Israël un peu trop fort risquaient de se voir qualifiés d’« anti-Israël » (et éventuellement d’antisémites), et de découvrir en face d’eux à l’élection suivante un adversaire pourvu d’un budget confortable."

Barack Obama, Une terre promise (2020).

Israël, parlons-en (sans peur !).



(...)

- Aux États-Unis, par contre, les lobbies défendant les intérêts d’Israël, comme l’AIPAC, sont reconnus comme tels. Tout le monde est au courant. Pourquoi cette différence ? 
Paul-Éric Blanrue : Parce que le lobby pro-israélien américain est beaucoup plus ancien, puissant et sûr de lui. Aux États-Unis, l’impact du lobby sioniste a acquis une sorte d’évidence : depuis trente ans au moins, il ne viendrait à l’idée d’aucun président américain de nommer un secrétaire d’État qui ne soit pas un fervent pro-israélien. D’ailleurs, c’est cette assurance qui autorise chez eux la libre discussion. On peut reprocher beaucoup de choses aux États-Unis, mais il faut convenir que, même sous le régime du Patriot Act, il demeure licite d’y parler d’Israël avec une certaine franchise. 
En France, par contre, le phénomène de lobbying est beaucoup plus récent, du moins sous une forme constituée. Son sommet a été l’année 2007, avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Jusque là, même si les pressions des réseaux pro-israéliens s’exerçaient et même s’il arrivait à la France de s’y plier parfois, le Quai d’Orsay, grâce à des hommes comme Roland Dumas, Hubert Védrine ou Dominique de Villepin, avait résisté à l’assaut. Mais, une fois arrivé au pouvoir, Sarkozy a ouvert les vannes. 
- Le lobby influence jusqu'à la nomination des ministres ? 
PEB : Bien sûr. Si Bernard Kouchner a été préféré à Védrine, c’est qu’il a été jugé plus « israélo-compatible que son collègue, selon les mots d’un journaliste exceptionnellement inspiré.
- Tout ça ne rend pas très optimiste !
PEB : Au contraire, il faut se rendre compte que les réseaux pro-israéliens français, bien qu’ils soient arrivés à leurs fins, ne se sentent pas très à leur aise dans leur nouveau rôle de grand inquisiteur. Ils savent pertinemment qu’ils n’ont pas le vent en poupe. On a vu les imposantes manifestations qui se sont déroulées, tant en province qu’à Paris, lors des massacres de Gaza en janvier 2009. Il suffit de lancer une discussion de trottoir pour s’apercevoir que nombre de Français sont révoltés. En fait, les réseaux sionistes n’ont aucun intérêt à promouvoir le débat sur des questions gênantes pour eux. Donc, ils sont contraints d’entretenir le chantage moral, c’est-à-dire la police de la pensée. Comment débattre quand on a soutenu des criminels de guerre ? C’est impossible. Alors, le plus simple est de condamner par avance tout propos jugé non « politiquement correct ». 
Mais l’histoire a prouvé qu’on ne gagne jamais le cœur d’un peuple en utilisant la force ou la peur. Lorsque la contrainte est abusive, les gens finissent toujours par se rebeller.
C’est la raison pour laquelle, en prévention d’événements fâcheux, j’appelle la communauté juive à commencer par se libérer elle-même de ses propres « représentants ». Qui ne représentent au mieux qu’un sixième d’entre elle, tout en lui causant un tort considérable.
Cette communauté en a les moyens et elle doit comprendre que son intérêt réel n’est pas de défendre coûte que coûte un État qui pratique une politique d’apartheid, selon le juste mot du Prix Nobel de la paix Jimmy Carter. Mais plutôt de contribuer à l'émancipation de l’humanité comme certains de ses membres les plus éminents l’ont déjà fait par le passé. Plus généralement, je recommande à tous les Français, quelle que soit leur appartenance religieuse, de ne plus avoir peur et de libérer leur parole. Toute société démocratique doit être fondée sur le débat.
- Comment arriver à parler de tout cela sans crainte ?
PEB : Cessons de nous justifier sans arrêt. Se justifier, c’est déjà avoir perdu. C’est un réflexe de type pavlovien, créé par des années de conditionnement médiatique et politique. Nous devons au contraire attaquer, prendre la parole sans attendre qu’on nous la donne, dire ce que nous pensons en toute simplicité. Sans en rajouter inutilement, mais surtout sans reculer d’un pouce. 
Nous n'avons pas à nous excuser d’être en faveur de la liberté de parole. Nous n’avons pas à nous défendre d’être horrifiés par les crimes contre l'humanité qui ont été perpétrés à Gaza. Nous ne devons pas avoir peur d’être pour la paix. Nous ne sommes pas des coupables, mais des pionniers, voilà la façon dont il faut penser. Et dans ce climat de conformisme généralisé, un peu d’esprit d’aventure ne fait pas de mal, je vous l’assure !

Paul-Éric Blanrue, in Israël, parlons-en ! (2011).

Murray Rothbard vs. Israël. Et la solution qu'il propose.



"Le problème fondamental, le paradigme sioniste, est simplement le suivant : l'établissement de l'État d'Israël a été accompli par l'expropriation des Palestiniens de la majeure partie de la terre de l'Israël « original » de 1948. Plus d'un million d'Arabes palestiniens ont fui à l'extérieur des frontières d'Israël, et les Arabes restants ont été systématiquement traités comme des citoyens de seconde classe, retenus par le fait que seuls les Juifs sont autorisés à posséder des terres à l'intérieur. (...) En 1967, Israël a attaqué et conquis la Cisjordanie, Gaza et le plateau du Golan en Syrie, qu'il est en train d'annexer. Les Arabes palestiniens dans les territoires occupés sont, encore une fois, traités comme des citoyens de seconde classe, et des colonies sionistes sont plantées parmi eux.

(...)

La réponse réside dans le paradigme sioniste. Le sionisme était une création du XIXe siècle de Juifs européens (et non du Moyen-Orient), et a été vendu à la Grande-Bretagne en tant que colons colonial conscient, un partenaire junior de l'impérialisme britannique au Moyen-Orient. Après la Première Guerre mondiale, lorsque les Britanniques et les Français ont démembré l'Empire ottoman, ils ont trahi leurs promesses de donner aux Arabes leur indépendance, et ils ont établi des mandats ou des États fantocheaux à travers le Moyen-Orient. Nous vivons toujours avec l'héritage de cette finale émerge de l'impérialisme britannique.

Comment les premiers sionistes ont-ils vendu leur projet à l'opinion publique occidentale ? Le slogan sioniste préféré de la journée sonne particulièrement creux maintenant : « Une terre sans peuple [la Palestine] pour un peuple sans terre [les Juifs] ». Une terre sans peuple ; il n'y a pas d'Arabes palestiniens, les sionistes ont assuré tout le monde, et donc un million et demi de personnes, dont beaucoup d'entre agriculteurs productifs, producteurs d'agrumes, hommes d'affaires - les gens "qui ont fait fleurir le désert" en premier - ont été écrits d'un coup. Et avant que l'OLP ne lance sa riposte, les dirigeants israéliens ont fermement continué à nier la réalité, Golda Meir affirmant à plusieurs reprises qu'"il n'y a pas de Palestiniens". Dites-le assez souvent et peut-être qu'ils s'en vont. Peut-être.

Les libertariens sont opposés à tous les États. Mais l'État d'Israël est particulièrement pernicieux, car toute son existence repose et continue de reposer sur une expropriation massive de biens et une expulsion de la terre. Les libertariens aux États-Unis se plaignent souvent de l'adhésion radicale libertarienne à la « réforme agraire », c'est-à-dire la remise de terres volées aux victimes. Dans le cas des expropriations il y a des siècles, qui obtient ce qui est souvent flou, et les libertariens conservateurs peuvent soulever un point important. Mais dans le cas de la Palestine, les victimes et leurs enfants - les véritables propriétaires de la terre - sont là, au-delà des frontières, dans des camps de réfugiés, dans des cabanes, rêvant d'un retour dans le leur. Il n'y a rien de flou ici. La justice ne sera rendue que, et la vraie paix dans la région dévastée ne viendra que lorsqu'un miracle se produira et qu'Israël permettra aux Palestiniens de revenir et de reprendre possession de leurs biens légitimes. D'ici là, tant que les Palestiniens continueront à vivre et peu importe jusqu'où ils sont repoussés, ils seront toujours là, et ils continueront à faire pression pour leur rêve de justice. Peu importe le nombre de km carrés et le nombre de villes qu'Israël conquiert (sera-ce que Damas sera la prochaine ?), les Palestiniens seront là, en plus de tous les autres réfugiés arabes nouvellement créés par la politique israélienne de sang et de fer. Mais permettre la justice, permettre le retour des expropriés, signifierait qu'Israël devrait renoncer à son idéal sioniste exclusif. Car reconnaître les Palestiniens comme des êtres humains ayant de pleins droits humains est la négation du sionisme ; c'est la reconnaissance que la terre n'a jamais été « vide ».

Un État israélien juste (dans la mesure où n'importe quel État peut être juste), serait donc nécessairement un État désionisé, et ce parti politique israélien dans un avenir prévisible n'aurait le moindre désir de le faire. Et ainsi le massacre et l'horreur s'arrêteront."

Murray Rothbard (1982).

LIEN




vendredi 3 novembre 2023

Le mythe de la "terre d'Israël". Par Shlomo Sand.



« Il arrive que l'histoire fasse preuve d'ironie, notamment lorsque l'on touche au domaine de l'invention des traditions, et particulièrement des traditions du langage. Bien peu sont attentifs au fait, ou prêts à reconnaître, que dans les textes bibliques Jérusalem, Hébron, Bethléem et leurs environs ne font pas partie de la terre d'Israël, laquelle se limite à la Samarie, autrement dit à la terre du royaume d'Israël septentrional !
Sachant qu'il n'a jamais existé de monarchie unissant les royaumes de Judée et d'Israël, aucune dénomination territoriale hébraïque de l'ensemble n'est apparue ; c'est ainsi qu'a été conservée telle quelle, dans tous les récits bibliques, l'appellation de la région du temps des pharaons : « pays de Canaan ». Dieu promet à Abraham, le premier converti : « Je te donnerai, à toi et à tes descendants après toi, le pays où tu séjournes comme étranger, tout le pays de Canaan » (Genèse, 17). Plus tard, sur le même ton, il ordonne à Moïse : « Monte sur cette montagne d'Abarim, sur le mont Nebo, au pays de Moab, vis-à-vis de Jéricho, et regarde le pays de Canaan » (Deutéronome, 32, 49). Ce nom, ainsi popularisé et connu, apparaît dans cinquante-sept versets. Jérusalem, en revanche, s'est toujours trouvée sur la terre de Judée ; cette dénomination géopolitique, enracinée à partir de la création du petit royaume dynastique de David, est mentionnée en vingt-quatre occasions. Aucun des auteurs de la Bible n'aurait imaginé d'appeler « terre d'Israël » le territoire entourant la ville sainte. Ainsi est-il écrit, par exemple, dans le deuxième livre des Chroniques : « Il renversa les autels, brisa et réduisit en poussière les ascherahs et les images sculptées, et abattit toutes les statues consacrées au soleil dans tout le pays d'Israël. Puis il retourna à Jérusalem » (34, 7). La terre d'Israël abritait beaucoup plus de pécheurs que la Judée, et elle figure dans onze autres versets, à connotation majoritairement péjorative. En fin de compte, la base de la conception spatiale des auteurs de la Bible s'accorde avec d'autres témoignages de l'ère antique : l'appellation « terre d'Israël » n'apparaît dans aucun autre texte ou trace archéologique comme un espace géographique identifié et connu. « Cette généralité vaut également pour la longue période dite « du second temple » dans l'historiographie israélienne : la révolte victorieuse des Hasmonéens, dans les années 167 à 160 avant l'ère chrétienne, et le soulèvement défait des Zélotes des années 66 à 73 ne se sont pas déroulés en « terre d'Israël », selon toutes les sources écrites. On cherchera en vain ce terme dans les livres des Maccabées ou dans les autres récits externes. On perdrait également son temps à tenter de repérer la formule dans les essais philosophiques de Philon d'Alexandrie ou dans les écrits de Flavius Josèphe. Pendant toute la durée d'existence d'un royaume judéen, souverain ou sous tutelle, le territoire sis entre la mer et la rive orientale du Jourdain n'est jamais désigné par les termes « terre d'Israël » ! « Les noms de régions et de pays ont connu, dans le passé, de fréquents changements. Il n'est pas rare que des pays très anciens soient désignés par des noms donnés dans des phases ultérieures de leur histoire, mais cette pratique linguistique ne peut s'appliquer qu'en l'absence d'appellations anciennes bien connues et généralement admises. Chacun sait, par exemple, qu'Hammourabi n'a pas régné sur la terre d'Irak éternelle mais sur Babylone, et que Jules César a conquis la Gaule, et non pas la terre de France. Peu d'Israéliens, en revanche, savent que les rois bibliques David ou Josias ont régné sur des lieux appelés Canaan ou Judée, et que le suicide collectif de Massada n'a pas eu lieu en terre d'Israël.
« Ce passé sémantique « trafiqué » ne gêne aucunement les chercheurs israéliens. Ils reproduisent, chaque fois, leur anachronisme langagier sans remords ni hésitations. Yehouda Elitzour, professeur à l'université Bar-Ilan, éminent spécialiste de la Bible et de géographie historique, a en son temps résumé et formulé, avec une rare honnêteté, la position nationale-scientifique : « Selon nos concepts, il faut se garder du simplisme consistant à traiter de façon identique notre rapport à la terre d'Israël et celui d'autres peuples à leur patrie. Israël était Israël avant d'entrer dans le pays. Israël était Israël durant de nombreuses générations suivant son départ en exil, et cette terre, bien que déserte, est demeurée la terre d'Israël. Il n'en n'allait pas ainsi pour les nations du monde. Il n'y a d'Anglais qu'en Angleterre, et il n'y a d'Angleterre que parce que les Anglais y résident. Les Anglais qui ont quitté l'Angleterre, au bout d'une ou deux générations, cesseront d'être Anglais. Et si l'Angleterre se vidait des Anglais, elle cesserait d'être l'Angleterre. Il en va de même pour tous les peuples. »
(...)
La « terre d'Israël » théologique n'a définitivement pris forme qu'au début du XXe siècle, après des années passées au purgatoire protestant qui l'ont polie jusqu'à en faire un concept géopolitique resplendissant. La colonisation sioniste a extrait de la tradition rabbinique cette appellation, et en a fait dans la nouvelle langue des colons le nom exclusif permettant d'en revendiquer la propriété, et ce, entre autres, pour effacer la « Palestine », dont on a vu qu'elle avait été admise, non seulement dans toute l'Europe, mais aussi parmi tous les dirigeants sionistes de la première génération. »
Shlomo Sand, "Comment la terre d'Israël fut inventée".

Marine Le Pen bienvenue en Israël : Blanrue avait vu juste!



Le légat d'Israël en France, Meyer Habib, annonce dans "Le Parisien" que Marine Le Pen est la bienvenue au pays où coulent le lait et le miel (et le sang).
Merci Meyer de me donner publiquement raison !
Ceux qui m'ont craché au visage en 2014 pour cette prévision énoncée à la fin de mon livre Jean-Marie, Marine et les juifs sont invités à faire repentance, puisque c'est à la mode. Ils pourront aussi faire la queue devant le cabinet de voyance que je ne vais pas manquer pas d'ouvrir ! 

Paul-Éric Blanrue.





samedi 28 octobre 2023

Murray Rothbard sur le conflit israélo-palestinien (1967). Rien n'a changé.

"Et ainsi, Israël est maintenant assis, occupant son territoire gonflé, pulvérisant des maisons et des villages contenant des tireurs d'élite, interdisant les frappes des Arabes, tuant des jeunes Arabes au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais cette occupation même, cette éléphantiasis d'Israël, offre aux Arabes une puissante opportunité à long terme. En premier lieu, comme le voient maintenant les régimes anti-impérialistes militants de Syrie et d'Algérie, les Arabes peuvent passer de l'une guerre conventionnelle désespérée avec un ennemi bien mieux armé à une guérilla populaire de masse prolongée. Armé d'armes légères, le peuple arabe pourrait mener un autre "Vietnam", un autre "Algérie" - une autre guérilla populaire contre une armée d'occupation lourdement armée. Bien sûr, il ne s'agit que d'une menace à long terme, car pour la mener à bien, les Arabes devraient renverser toutes leurs monarchies stagnantes et réactionnaires et former une nation panarabe unie - car les scissions en États-nations dans le monde arabe sont la conséquence des machinations et des déprédations artificielles de l'impérialisme britannique et français. Mais à long terme, la menace est très réelle.
Israël est donc confronté à un dilemme à long terme auquel elle doit un jour faire face. Soit pour poursuivre son cours actuel et, après des années d'hostilité mutuelle et de conflit, être renversée par la guérilla du peuple arabe. Ou - changer radicalement de direction, se détacher complètement des liens impériaux occidentaux et devenir simplement des citoyens juifs du Moyen-Orient. Si elle le faisait, la paix, l'harmonie et la justice régneraient enfin dans cette région torturée. Il existe un large précédent pour cette coexistence pacifique. Car dans les siècles précédant l'impérialisme occidental des XIXe et XXe siècles, les juifs et les Arabes avaient toujours bien vécu ensemble et paisiblement au Moyen-Orient. Il n'y a pas d'inimitié ou de conflit inhérent entre les Arabes et les juifs. Au cours des grands siècles de la civilisation arabe en Afrique du Nord et en Espagne, les juifs ont joué un rôle heureux et important - contrairement à leur persécution continue par les fanatiques de l'Occident chrétien. Épargné par l'influence occidentale et l'impérialisme occidental, cette harmonie peut régner une fois de plus."

Murray Rothbard.



LIEN

mercredi 25 octobre 2023

Admirable et courageuse lettre du Patriarche latin de Jérusalem (extraits).



"Ma conscience et le devoir moral m’obligent à dire clairement que ce qui s’est passé le 7 octobre dans le sud d’Israël n’est en aucun cas acceptable et que nous ne pouvons que le condamner. Il n’y a aucune raison pour une telle atrocité. Oui, nous avons le devoir de l’affirmer et de la dénoncer. Le recours à la violence n’est pas compatible avec l’Évangile et ne conduit pas à la paix. La vie de chaque personne humaine a une égale dignité devant Dieu, qui nous a tous créés à son image.
La même conscience, cependant, avec un grand poids sur mon cœur, m’amène à déclarer avec clarté aujourd’hui que ce nouveau cycle de violence a fait plus de cinq mille morts à Gaza, dont beaucoup de femmes et d’enfants, des dizaines de milliers de blessés, des quartiers rasés, et une pénurie de médicaments, d’eau et de produits de première nécessité pour plus de deux millions de personnes. Ce sont des tragédies qui dépassent l’entendement et que nous avons le devoir de dénoncer et de condamner sans faille. Les bombardements intensifs et continus qui frappent Gaza depuis des jours ne feront que causer la mort et la destruction, ils ne feront qu’accroître la haine et le ressentiment, et ne résoudront aucun problème mais en créeront plutôt de nouveaux. Il est temps d’arrêter cette guerre, cette violence insensée.
Ce n’est qu’en mettant fin à des décennies d’occupation ainsi qu’à ses conséquences tragiques, et en donnant une perspective nationale claire et sûre au peuple palestinien, qu’un processus de paix sérieux pourra être engagé. Si ce problème n’est pas résolu à la racine, il n’y aura jamais la stabilité que nous espérons tous. La tragédie de ces derniers jours doit nous conduire tous – religieux, hommes politiques, société civile, communauté internationale – à un engagement plus sérieux à cet égard que celui que nous avons pris jusqu’à présent. C’est le seul moyen d’éviter d’autres tragédies comme celle que nous vivons actuellement. Nous le devons aux nombreuses, trop nombreuses victimes de ces jours, et de toutes ces années. Nous n’avons pas le droit de laisser cette tâche à d’autres.
(...)
C’est sur la croix que Jésus a gagné. Pas par les armes, pas par le pouvoir politique, pas par les grands moyens, pas en s’imposant. La paix dont il parle n’a rien à voir avec la victoire sur l’autre. Il a gagné le monde en l’aimant. Il est vrai que sur la croix commence une nouvelle réalité et un nouvel ordre, la réalité et l’ordre de celui qui donne sa vie par amour. Et avec la résurrection et le don de l’Esprit, cette réalité et cet ordre appartiennent à ses disciples. À nous. La réponse de Dieu à la question de savoir pourquoi les justes souffrent n’est pas une explication, mais une Présence. C’est le Christ sur la croix.
(...)
Je prie pour nous tous, et en particulier pour la petite communauté de Gaza, qui souffre le plus. Nos pensées vont en particulier aux dix-huit frères et sœurs qui ont récemment péri, ainsi qu’à leurs familles, que nous connaissons personnellement. Leur douleur est grande, et pourtant, chaque jour davantage, je réalise qu’ils sont en paix. Effrayés, secoués, bouleversés, mais avec la paix dans leur cœur. Nous sommes tous avec eux, dans la prière et la solidarité concrète, en les remerciant pour leur beau témoignage."
† Pierbattista Card. Pizzaballa, Patriarche latin de Jérusalem