BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE
lundi 28 septembre 2026
Le pape Léon XIV à Metz.
Commencée vers 1220 et consacrée en 1552, la cathédrale Saint-Étienne est le fruit de plus de trois siècles de construction. Ses voûtes s’élèvent à plus de 41 mètres. Son architecture réunit deux édifices autrefois distincts, la cathédrale et la collégiale Notre-Dame-la-Ronde.
Mais sa merveille, c’est la lumière : près de 6 500 m² de vitraux, où les œuvres médiévales dialoguent avec celles Jacques Villon et de Roger Bissière. Son surnom de « Lanterne du Bon Dieu » lui va admirablement.
Metz fut aussi une étape décisive dans la vie de Bossuet. Le futur évêque de Meaux y exerça son ministère de chanoine et y développa son talent de prédicateur, notamment entre 1652 et 1659. C’est dans cette ville, au contact des controverses entre catholiques et protestants, que s’affirma celui qui allait devenir l’une des grandes voix de la langue française.
Et puisque l’on évoque Bossuet, rappelons sa conception de la papauté. Il reconnaissait la primauté du pape et l’importance de l’unité avec Rome, mais refusait de faire de son autorité un pouvoir sans limites. Défenseur du gallicanisme, il rédigea en 1682 la Déclaration des quatre articles : le pape ne pouvait déposer les souverains dans l’ordre temporel ; son autorité devait respecter les conciles, les règles de l’Église et les libertés gallicanes. En matière de foi, ses décisions n’étaient pas considérées comme irréformables sans le consentement de l’Église.
Une position catholique et gallicane, historiquement bien précise, qui ne se confond pas avec la doctrine de l’infaillibilité pontificale définie plus tard à Vatican I. Chez Bossuet, l’attachement à Rome allait de pair avec une réflexion exigeante sur les limites de son autorité.
samedi 26 septembre 2026
vendredi 25 septembre 2026
jeudi 24 septembre 2026
mercredi 23 septembre 2026
mardi 22 septembre 2026
Mise au point pour les mythistes.
Bien avant le christianisme, les Anciens savaient contester leurs dieux. Zeus pouvait être ouvertement nié ; Diagoras de Mélos et Théodore de Cyrène rejetaient les dieux en général. Héraclès lui-même n’échappait pas aux railleries : selon une anecdote rapportée par Athénagore, Diagoras a brûlé sa statue en bois pour faire cuire ses légumes.
La contestation ne concernait donc pas seulement le dieu suprême : elle pouvait atteindre l’ensemble du panthéon.
Or, nous ne connaissons aucun texte antique affirmant que Jésus n’a jamais existé.
Les écrits juifs du Ier siècle, notamment ceux de Flavius Josèphe, ne nient pas son existence.
Les auteurs romains qui l’évoquent, comme Tacite, ne la contestent pas davantage. Même Celse, adversaire acharné du christianisme, attaque sa naissance, ses actes et ses prétentions divines : il présente un homme qu’il entend discréditer, non un personnage inventé.
Les passages du Talmud désignant Jésus, rédigés plus tardivement, relèvent eux aussi de l’accusation et non de la négation de son existence.
Ce contraste mérite d’être souligné, car il interdit de prétendre que les Anciens auraient été incapables d’envisager une telle négation.
Ils savaient rejeter les dieux. Pourtant, les adversaires antiques de Jésus dont nous conservons les arguments cherchent à le rabaisser, jamais à démontrer qu’il n’a pas vécu.
Paul-Éric Blanrue.
Inscription à :
Articles (Atom)