BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE
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dimanche 19 avril 2015

Le Saint Suaire est présenté au public à partir d'aujourd'hui à Turin. Un million de personnes sont attendues. Dont le pape François lui-même. Hélas, ce linge n'est pas l'authentique linceul de la Passion...

... mais une vénérable icône fabriquée au XIVe siècle, comme Blanrue l'a démontré après une minutieuse enquête scientifique et historique rapportée dans QUATRE livres (Miracle ou imposture ?, EPO-Golias, 1999, L'Histoire dans tous ses états, book-e-book.com, coll. zététique, 2005,  Le Secret du Suaire, Pygmalion 2006) et Secrets historiques et grandes énigmes (Point de vue - Express Roularta Éditions, Paris, juin 2010, republié chez Omnibus, collection de poche bibliomnibus en collaboration avec L'Express en octobre 2014).



Deux éminents spécialistes de la démystification ont rejoint ses conclusions : le professeur Henri Broch, professeur de physique à l'Université de Nice, membre de l'Académie des Sciences de New York et auteur du classique Devenez sorciers, devenez savants (Odile Jacob, 2003) ; et Gérald Messadié, auteur du best-seller L'Homme qui devint Dieu (Robert Laffont, 1988), ancien rédacteur en chef du mensuel scientifique Science&Vie.

- Henri BROCH, Gourous, sorciers et savants, Odile Jacob, 2006  :
"Au début de l’été 2005, plusieurs médias se sont faits l’écho d’une expérience menée par Paul-Éric Blanrue et Patrick Berger à propos de ce fameux tissu. Le Monde du 4 juin titrait, dans sa rubrique “Sciences” : “La recette du suaire de Turin livrée par les zététiciens”. Un article d’Hervé Morin décrivait la “cérémonie iconoclaste” qui s’était déroulée trois jours plus tôt au Muséum national d’histoire naturelle et au cours de laquelle le secret de fabrication d’un suaire identique à celui de Turin était explicité :
 Une recette à la portée “d’une ménagère de moins de 50 ans.”, mais aussi “d’un faussaire du Moyen Age”. Prenez un bas-relief en plâtre, que vous recouvrez d’une étoffe de lin humide pour épouser les contours du visage. Tamponnez le tout avec un mélange d’oxyde ferrique et de gélatine, des produits connus des peintres médiévaux – et dont la trace a été retrouvée sur le suaire. Ajoutez quelques coulures vermillons pour figurer le sang. Laissez sécher. Déployez. Faites adorer.
Cette recette de fabrication fort simple est, bien que fort peu médiatisée jusqu’à cette date, connue depuis longtemps, puisqu’on la doit, semble-t-il à un chercheur du début du XXe siècle. C’est en effet à cette époque que l’expérience de réalisation d’un suaire sur un bas-relief de terre ou de bois paraît avoir été faite pour la première fois (Cf. RR. Dom Cabrol, dom H. Leclercq, Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, Letouzy et Ané, 1950. Signalons également un ouvrage qui fait le tour de la question : Le Secret du Suaire. Autopsie d’une escroquerie, P-E Blanrue, Pygmalion, 2006)."


- Gérald MESSADIÉ, "Le suaire de Turin et autres reliques", Réalités et mystifications du paranormal, L'Archipel, février 2015
 "L'historique des divers linges ayant prétendument enveloppé le corps de Jésus a été minutieusement établi par l'historien Paul-Éric Blanrue.... Comme le révèle Blanrue, on ne trouve pas sur cette image les nuances ordinaires... La conclusion est que le paranormal est intégralement absent du Suaire de Turin : on ne le trouve que dans l'esprit de ceux qui s'obstinent à y croire... Le dossier technique étant considérablement plus détaillé et complexe, nous renverrons le lecteur aux deux ouvrages de Paul-Éric Blanrue, Miracle ou imposture, etc." 

Dès 2000, la revue sceptique Science et Pseudo-Sciences (n° 241, mars 2000) a appuyé la thèse de Blanrue ; elle y est revenue en 2005 ("la petite phrase la plus percutante revient à Paul-Éric Blanrue : « Il n’est visiblement pas facile de placer sa spécialité scientifique au-dessus de ses croyances »"). 
Dans Charlie Hebdo, Antonio Fischetti a écrit un article décrivant une expérience de Blanrue consistant à réaliser un faux suaire de Mickey Mouse (avec des dessins de Honoré).
Un dossier de 14 pages établi par Isabelle Bourdial a repris les conclusions de Blanrue, avec son concours (Science&Vie, n°1054, juillet 2005, CLIQUEZ ICI), ainsi que le magazine Historia (n°718, octobre 2006) qui a demandé à Blanrue de rédiger un long article sur le sujet (CLIQUEZ ICI). 
Le site Futura-Science a publié un compte rendu de l'expérience réalisée par Blanrue et Berger au Muséum d'histoire naturelle en 2005 (CLIQUEZ ICI). Le journal de 13 heures de France 2 du 22 juin 2005 y a consacré un reportage ; le 25 juin, le journal de 13h de TF1 l'interviewe en train de façonner des faux suaires. 
Le 11 mars 2007, Blanrue est invité dans l'émission "La foi prise au mot", sur la chaîne catholique KTO (52 mn), pour livrer le fruit de ses recherches. Paul Wermus l'invite sur France 3 pour débattre face au sindonologue Daniel Raffard de Brienne, président du Centre international d'études sur le Linceul de Turin. À la radio, il a débattu avec Gérard Lucotte, qui prétend avoir découvert sur la sainte étoffe... les morpions du Christ ! Le 4 octobre 2006, il est également invité par Stéphane Bern à participer à l'émission "L'Arène de France" (France 2) pour évoquer son dernier ouvrage portant sur le Suaire.


Avec le professeur Henri Broch sur France 2

Des partisans de l'authenticité comme PierLuigi Baima Bollone (101 questions sur le Saint Suaire, éditions Saint-Augustin, 2001), Didier Van Cauwelaert (Cloner le Christ ?, Albin Michel, 2005), Pierre Bellemare (Sur le fil du rasoir: Quand la science traque le crime, Albin Michel, 2009) ont cité ses recherches, désormais incontournables.
Il a répondu à trois principaux critiques : CLIQUEZ ICI, ICI ET ICI.

Vrai-faux suaire réalisé en cinq minutes par Blanrue

Pour aller plus loin, voici un article de Blanrue brossant la synthèse de ses recherches (CLIQUEZ ICI).

lundi 27 juin 2016

Paul-Éric Blanrue : ce que Wikipédia ne vous dit pas ! Une notice biographique factuelle.



À noter que contrairement à ce qu'affirme Wikipédia, Paul-Éric Blanrue n'est pas un nom de convenance, mais bel et bien le prénom composé et le nom de l'intéressé tels qu'ils apparaissent dans sa fiche d'état civil (on a compté jusqu'à 17 erreurs factuelles dans la page que lui consacre cette "encyclopédie libre" qui ressemble davantage à une fiche de police politique qu'à une notice biographique digne de ce nom). 
"Paul Blanrue, dit Paul-Éric Blanrue" : Wikipédia, l'encyclopédie virtuelle bidon

Né le 18 avril 1967 à Metz (Moselle, France), l'historien et essayiste Paul-Éric Blanrue est spécialisé dans la détection des mystifications. Son objectif est de participer à la formation d'une capacité d'appropriation critique du savoir humain. 
Son mémoire de maîtrise d’histoire est consacré au Père Bole, le confesseur du comte de Chambord, Henri V, dont il a exhumé la correspondance aux archives des jésuites de Vanves. Ce travail fait l'objet de son premier livre, préfacé par le baron Hervé Pinoteau, vice-président de l'Académie internationale d'héraldique.
Son service militaire est accompli en 1990-1991 à l'État-major de la Force aérienne tactique (FATAC).
Après 10 ans d'expériences politiques qui l'ont conduit à devenir le plus jeune membre du Secrétariat du Prince Alphonse, Chef de la Maison de Bourbon et aîné des Capétiens, un poste lui ayant permis de démystifier abondamment la Révolution française et d’enquêter sur la mort de Louis XVII, Paul-Éric Blanrue fonde en 1993 le Cercle zététique, association sceptique à but non lucratif se proposant « d'enquêter avec méthode sur tous les sujets relevant de l'extraordinaire tant en science qu'en histoire ». Il en est le président durant dix ans, jusqu’en 2004. ll est aussi, jusqu'à cette date, le directeur de publication des Cahiers zététiques, puis d'Enquêtes Z.
Durant deux ans, il gère le Prix Défi zététique international lancé par le Pr. Henri Broch, l’illusionniste Gérard Majax et Jacques L. Theodor, qui se présente comme un appel à preuve pour les détenteurs de « pouvoirs psi ».
Le 11 août 1999, il organise à Paris un « Apéro des survivants », rassemblant quelque 500 personnes et des journalistes du monde entier, destiné à se moquer des prédictions du couturier Paco Rabanne, qui a annoncé pour cette date la chute de la station Mir sur la capitale française.
En 2004, il dévoile les « trucs » de l'illusionniste canadien Gary Kurtz, dont les émissions laissent croire au public qu’il possède des dons paranormaux.

L’affaire du Suaire de Turin

En 2005, au Muséum d’histoire naturelle de Paris et sous l’égide du mensuel Science&Vie, Paul-Éric réalise une réplique exacte de la tête de « l’homme du Suaire de Turin », auquel il a consacré deux livres d’enquête, avec pour seuls moyens ceux de l'époque médiévale, démontrant que la relique n’est pas d’origine miraculeuse.
Deux éminents spécialistes de la démystification ont rejoint ses conclusions : le professeur Henri Broch, professeur de physique à l'Université de Nice, membre de l'Académie des Sciences de New York et Gérald Messadié, auteur du best-seller L'Homme qui devint Dieu (Robert Laffont, 1988), ancien rédacteur en chef du mensuel scientifique Science&Vie. Broch écrit que Blanrue « fait le tour de la question ». Gérald Messadié, dans "Le suaire de Turin et autres reliques", Réalités et mystifications du paranormal, L'Archipel, février 2015, écrit :  « L'historique des divers linges ayant prétendument enveloppé le corps de Jésus a été minutieusement établi par l'historien Paul-Éric Blanrue.... Comme le révèle Blanrue, on ne trouve pas sur cette image les nuances ordinaires... La conclusion est que le paranormal est intégralement absent du Suaire de Turin : on ne le trouve que dans l'esprit de ceux qui s'obstinent à y croire... Le dossier technique étant considérablement plus détaillé et complexe, nous renverrons le lecteur aux deux ouvrages de Paul-Éric Blanrue, Miracle ou imposture, etc. »
Le Monde du 4 juin 2005 a titré, dans sa rubrique Sciences : « La recette du suaire de Turin livrée par les zététiciens. » Un article d’Hervé Morin y décrivait la « cérémonie iconoclaste » qui s’était déroulée trois jours plus tôt au Muséum national d’histoire naturelle et au cours de laquelle le secret de fabrication d’un suaire identique à celui de Turin était explicité : « Une recette à la portée “d’une ménagère de moins de 50 ans.”, mais aussi “d’un faussaire du Moyen Age”. Prenez un bas-relief en plâtre, que vous recouvrez d’une étoffe de lin humide pour épouser les contours du visage. Tamponnez le tout avec un mélange d’oxyde ferrique et de gélatine, des produits connus des peintres médiévaux – et dont la trace a été retrouvée sur le suaire. Ajoutez quelques coulures vermillons pour figurer le sang. Laissez sécher. Déployez. Faites adorer. »
Un dossier de 14 pages établi par Isabelle Bourdial a repris les conclusions de Blanrue, avec son concours (Science&Vie, n°1054, juillet 2005), ainsi que le magazine Historia (n°718, octobre 2006) qui a demandé à Blanrue de rédiger un long article sur le sujet. 
Le journal de 13 heures de France 2 du 22 juin 2005 a consacré un reportage à l’expértience de Blanrue ; le 25 juin, le journal de 13h de TF1 interviewe Blanrue en train de façonner des faux suaires.  Le 11 mars 2007, Blanrue est invité dans l'émission La foi prise au mot, sur la chaîne catholique KTO (52 mn), pour livrer le fruit de ses recherches. Paul Wermus l'invite sur France 3 pour débattre face à Daniel Raffard de Brienne, président du Centre international d'études sur le Linceul de Turin. Le 4 octobre 2006, Blanrue est également invité par Stéphane Bern à participer à l'émission L'Arène de France (France 2) pour évoquer son dernier ouvrage portant sur le Suaire.
Durant sa présidence du CZ, Paul-Éric visite plus de quarante lieux réputés « hantés », dont il fournit l’explication naturelle, y compris sous l’œil des caméras (D'un monde à l'autre de Paul Amar).
Lorsqu’il quitte le CZ, Paul-Éric déclare vouloir s’attaquer à des mythes et légendes plus en rapport avec notre époque, comme il l'avait fait dans son Bulletin lorrain d'information légitimiste à l'occasion du Millénaire capétien (1987).
Il dévoile les dessous du Prix Goncourt de Jonathan Littell, Les Bienveillantes ; pointe, avec l’ancien rédacteur en chef adjoint à Paris-Match, Chris Laffaille, le brusque changement de régime politique que provoque le mariage entre Nicolas Sarkozy et la jet-setteuse Carla Bruni (avec 25 000 exemplaires vendus, leur livre est durant quinze jours dans la liste de best-sellers de L'Express) ; les deux investigateurs démontrent également les raisons pour lesquelles le trader Jérôme Kerviel n’est que l'un des symptômes du capitalisme financier, annonçant la crise des subprimes six mois avant qu’elle ne se produise (On n'a pas tout dit de Laurent Ruquier).
Le livre Le Monde contre soi - Anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme (éditions Blanche, Paris, 2007, préface de Yann Moix) met en perspective les déclarations jugées antisémites de plus de 500 célébrités. Cet ouvrage a eu l'étrange pouvoir de lui décrocher une invitation au salon des écrivains du B'nai B'rith et de valoir à l'un de ses éditeurs amateurs un procès sur plainte de la Licra qui fut déboutée en appel.

L’affaire Sarkozy, Israël et les juifs

Deux ans plus tard, Sarkozy, Israël et les Juifs (Oser dire, 2009), qui se présente comme le pendant français de l’ouvrage Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine de Mearsheimer et Walt, a pour objectif de participer à la prise de conscience du danger que représente la nouvelle politique étrangère française à l'égard d'Israël.
Tous les éditeurs français auquel le projet est soumis refusent l’ouvrage. Paul-Éric trouve alors éditeur en Belgique, en la personne de Marco Pietteur. Toutefois le diffuseur en France de celui-ci refuse de placer l’ouvrage en librairies. Son avocat dénonce une « censure par le vide ». Le livre est diffusé en France pendant six mois par correspondance jusqu'à ce qu’il finisse par trouver un diffuseur et soit mis en vente normalement. Le livre se vend à plus de 20 000 exemplaires et bénéficie à ce jour de trois éditions corrigées et augmentées.
Alain Gresh fait une recension de l'ouvrage dans le blog du Monde diplomatique dont la conclusion est : « Un livre qui mérite le débat, et non un interdit de fait ». L'opus reçoit le soutien de nombreux enquêteurs indépendants, comme les journalistes Michel Collon ou Jean-Guy Allard, chroniqueur au quotidien cubain Granma. « Ce livre devrait être diffusé, non seulement par les amis de la Palestine, mais par tous les amis d'une France indépendante et souveraine », écrit le Pr. Jean Bricmont, physicien et essayiste. Pour Roger Briottet, ancien universitaire, consultant juridique aux Nations unies et pour l'Union européenne : « Blanrue dit avec clarté et preuves à l'appui ce qu'on a trop souvent tendance à cacher sur les relations entre la France et l'État d'Israël ». Pour le journaliste belge Olivier Mukuna : « Ce livre brillant et mesuré récuse l'assimilation fallacieuse entre judaïsme et sionisme. » Pour le réalisateur Frank Barat, il s'agit d'un livre « très intéressant, instructif, accablant et quelque peu visionnaire. En un mot : important. »
Aucun grand média français n’en fait toutefois mention, à l’inverse de la presse arabo-musulmane, qui interviewe l’auteur sans préjugé. Le vendredi 19 février 2010, la chaîne Al Jazeera consacre un grand débat d'une heure à la question «Le lobby juif en France : entre réalité et fiction », s'appuyant sur un entretien antérieur avec Paul-Éric.
Ce livre est traduit en arabe et en persan.

L’affaire de la pétition contre la loi Gayssot

Le 6 août 2010, il lance une pétition en ligne contre la loi Gayssot, à laquelle il joint comme revendication la libération du révisionniste Vincent Reynouard, condamné à un an de prison ferme et incarcéré à la maison d’arrêt de Valenciennes pour avoir écrit une brochure illégale de 16 pages.
Cette pétition reçoit notamment le soutien du professeur Jean Bricmont, physicien à l’université de Louvain et essayiste belge, de Normand Baillargeon, professeur en sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Montréal, de Robert Ménard, président de Reporter sans frontières, de Dominique Jamet, journaliste, écrivain, ancien président de la Bibliothèque de France, de Max Cabantous, maître de conférences honoraire à l’université de Montpellier III, de Marc Rousset, Prix de l’Académie des sciences morales et politiques, de Jean-Claude Manifacier, professeur, Université des Sciences de Montpellier, de Jean Desclin, professeur honoraire à la Faculté de Médecine de l’Université Libre de Bruxelles, de Pietro Corvaja, mathématicien, professeur à l’Université de Udine, et encore de Steve Wozniak, mythique cofondateur d’Apple avec Steve Jobs.
Le 5 septembre 2010, l'intellectuel américain Noam Chomsky soutient sa pétition en ces termes : « J'apprends que Vincent Reynouard a été condamné et mis en prison au nom de la loi Gayssot et qu'une pétition circule pour protester contre ces mesures. Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d'une société libre, tels qu'ils ont été compris depuis les Lumières. Cette loi a pour effet d'accorder à l'État le droit de déterminer la vérité historique et de punir ceux qui s'écartent de ses décrets, ce qui est un principe qui nous rappelle les jours les plus sombres du stalinisme et du nazisme. (…) Par conséquent, je souhaite exprimer mon soutien à la pétition contre l'application de cette loi dans le cas de Monsieur Reynouard (ou dans tout autre cas). »
En 2011 est diffusé sur internet, sous licence giveaway (libre de droit), un documentaire d'1h30 consacré au Pr. Faurisson, intitulé : Un homme - Robert Faurisson répond aux questions de Paul-Éric Blanrue. Ce film, s’incrivant dans la lignée des Archives du XXe siècle de l’INA, lui vaut un procès de la Licra, qu'il gagne en septembre 2015 (annulation de la procédure). Le parquet ayant fait appel, la Cour a confirmé, le 19 mai 2016, le jugement de première instance, annulant citations et poursuites.
En octobre 2014, Blanrue publie un livre dans lequel il montre les liens existant entre le Front national et les milieux sionistes (Jean-Marie, Marine et les juifs, Oser dire, 2014).
En septembre 2015, il écrit la préface du livre de Salim Laïbi, Le Mythomane - La Face cachée d'Alain Soral, Fiat Lux, où il explique pourquoi il est un penseur libre et n'a jamais été le moins du monde « soralien ».
Un mois plus tard, il sort la première saison de la série Apocalypse France, intitulée La France maçonnique (vente en streaming sur Viméo et en DVD), avec la participation de Emmanuel Ratier, Jean-Yves Le Gallou, Jean Solis, Jean-Pierre Servel, Dieudonné, Stéphane Blet, Pierre Hillard.
Depuis près de trente ans, Paul-Éric écrit dans de nombreuses revues, historiques ou non, françaises et étrangères, de tous bords politiques. Il a donné des articles au Nouvel Observateur, à Point de Vue, au Crapouillot, à Rivarol, à Charlie Hebdo, à L’Homme libre, à la Feuille d’information légitimiste, à Bourbons magazine, à la revue littéraire Bordel (Flammarion), à La Vérité, etc. 
De 2003 à 2013, il a été un collaborateur régulier (une quarantaine d’articles) du mensuel Historia, le plus ancien (fondé en 1909) et le plus lu des magazines d'histoire dans le monde.
Il a été consultant et scénariste pour diverses sociétés et maisons de production, comme Pathé. Comme il ne se prend pas au sérieux, il a fait, à la demande du réalisateur, un caméo déguisé en sosie d'Elvis Presley dans le film Podium de Yann Moix (2003). 
Il est remercié dans de nombreux livres dudit Yann Moix et se trouve aussi être l’un des héros du roman Pas du tout ! Je t’aime, Éditions 1 - La Marge Editions (2002), de Catherine Siguret. Divers auteurs ont conté ses aventures, comme Jérôme Noirez, Encyclopédie des fantômes et des fantasmes (Éditions de l’Oxymore, 2005).
La télévision a souvent eu recours à ses services. L'ont invité : Tout le monde en parle de Thierry Ardisson, On ne peut pas plaire à tout le monde de Marc-Olivier Fogiel, Comme un lundi et Ciel mon mardi de Christophe Dechavanne, J’y crois, j’y crois pas de Tina Kieffer, Cactus and Co et Piques et polémiques de Paul Wermus, C'est l'heure de Jean-Luc Delarue, Pourquoi ? Comment ? de Sylvain Augier, la série Les grandes arnaques pour la télévision québécoise, le documentaire Capricorne ascendant sceptique pour la chaîne Planète, L'Arène de France et Secrets d'Histoire de Stéphane Bern, La foi prise au mot sur la chaîne catholique KTO, C dans l’air de Yves Calvi, etc.
En 1999, Charlie Hebdo l'a décrit comme « président d'un joyeux groupe de scientifiques, d'illusionnistes et d'historiens qui ridiculise les voyants de tout poil ». La psychanalyste Élisabeth Roudinesco l'a défini comme « plus chomskyen que Chomsky ». L'historienne Valérie Igounet l'a qualifié d' « idéologue de la nouvelle vague ». Le critique littéraire Arnaud Viviant a salué un de ses ouvrages comme « nécessaire » tandis qu'Éric Naulleau le considère comme « impressionnant dans la folie totale ». Le journaliste Laurent Telo, dans Le Monde,  l'a déclaré « censuré à perpétuité ». Le pamphlétaire Marc-Édouard Nabe l'a traité d' « ourang-outan » et de « gros pédé ». Florian Philippot a déclaré chez Laurent Ruquier qu'un de ses livres était « épouvantable ». Le physicien Jean Bricmont a remarqué que son travail posait un « sérieux problème aux censeurs ». L'économiste Étienne Chouard a noté que « défendre le point de vue de Blanrue aujourd'hui c'est exactement courageux dans cette ambiance de merde ».
Comme complices en pensée, Blanrue cite pêle-mêle Voltaire, Arthur Schopenhauer, Friedrich Nietzsche, Frédéric Bastiat, René Guénon, Julius Evola, Charles Maurras, Martin Heidegger, Arnaud Desjardins, Ludwig von Mises, Murray Rothbard, Hans-Hermann Hoppe.  Il s'intéresse au soufisme, à la mystique rhénane, au Tao, aux Upanishad, au bouddhisme mahāyāna et aux sociétés traditionnelles.
Son casier judiciaire est vierge.
Paul-Éric Blanrue partage sa vie entre Paris, la Côte d'Azur et Venise.


BIBLIOGRAPHIE

Auteur principal

Lumières sur le comte de Chambord - Le témoignage inédit du Père Bole, confesseur du Prince en exil (avec une préface de Hervé Pinoteau), éditions Communication et Tradition, Paris, 1995, 247 p. (ISBN 2-911029-00-3) ;
Le Mystère du Temple - La vraie mort de Louis XVII, éditions Claire Vigne, coll. « Aux sources de l'Histoire », Paris, 1996, 364 p. (ISBN 2-84193-028-9) ;
Miracle ou imposture ? L'histoire interdite du suaire de Turin, co-édition EPO (Bruxelles) et Golias (Lyon), 1999, 271 p. + 8 p. de planches illustrées, (ISBN 2-87262-152-0) (EPO) et (ISBN 2-911453-53-0) (Golias) ;
L'Histoire dans tous ses états. Idées fausses, erreurs et mensonges d'Abraham à Kennedy, Book-e-book.com, coll. « Zététique », Valbonne, 2003, 274 p. (ISBN 2-915312-03-6) ;
Les Dessous du surnaturel - Dix ans d'enquêtes zététiques, éditions Book-e-book.com, coll. « Zététique », Valbonne, 2004, 171 p. (ISBN 2-915312-04-4) ;
Le Secret du Suaire - Autopsie d'une escroquerie, éditions Pygmalion, Paris, 2006, 235 p. + 4 p. de planches illustrées (ISBN 978-2-7564-0063-1) ;
Les Malveillantes - Enquête sur le cas Jonathan Littell, éditions Scali, Paris, 2006, 124 p. (ISBN 978-2-35012-105-5) ;
Le Monde contre soi - Anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme (avec une préface de Yann Moix), éditions Blanche, Paris, 2007, 318 p. (ISBN 978-2-7556-0156-5) ;
Sarkozy, Israël et les juifs, Éditions Oser dire (Marco Pietteur), Embourg (Belgique), 2009, 207 p. (ISBN 2-919937-12-X) - traduit en arabe et en persan.
Jean-Marie, Marine et les juifs, Éditions Oser dire (Marco Pietteur), Embourg (Belgique), 2014.
* Le Livre noir des manipulations historiques, Fiat Lux (France), 2017, 432 p.
* Nietzsche et Venise - Guide initiatique, Fiat Lux (France), 2017, 124 p.

Coauteur 

* Paul-Éric Blanrue et Chris Laffaille, Carla et Nicolas - Chronique d'une liaison dangereuse, éditions Scali, Paris, 2008, 155 p. (ISBN 978-2-35012-234-2) - traduit en portugais ;
* Paul-Éric Blanrue et Chris Laffaille, Le Joueur - Jérôme Kerviel, seul contre tous, éditions Scali, Paris, 2008, 150 p. (ISBN 978-2-35012-247-2).

Préfacier et éditeur scientifique

Souvenirs de Marie-Thérèse de France, duchesse d'Angoulême : 5 octobre 1789-8 juin 1795 (établissement du texte, préface et notes de Paul-Éric Blanrue), éditions Communication et Tradition, coll. « Archives des Bourbons » n°6, Paris, 1997, 120 p. (ISBN 2-911029-11-9) ;

Préfacier

* Salim Laïbi, Le Mythomane - La Face cachée d'Alain Soral, Fiat Lux, 2015 ;

Postfacier

* Gabriel et Pierre Domenech (avec une postface de Paul-Éric Blanrue), Dominici : et si c'était bien lui ?, Presses du Midi, Toulon, 2004, 616 p. (ISBN 2-87867-543-6) ;

Collaborateur

* Chris Laffaille (en collaboration avec Paul-Éric Blanrue), Diana : l'enquête jamais publiée, éditions Scali, Paris, 2007, 274 p. (ISBN 978-2-35012-163-5) ;
* Chris Laffaille (en collaboration avec Paul-Éric Blanrue), Aux Portes de l'enfer - L'inavouable vérité sur le juge Borrel, éditions Scali, Paris, 2008, 334 p. (ISBN 978-2-35012-203-8) ;
Minko Balkanski, Sofia-Paris, un aller simple (avec la collaboration de Paul-Éric Blanrue, un avant-propos de Julu Jelev et une préface de Dimitri Panitza), éditions Scali, Paris, 2007, 223 p. (ISBN 978-2-35012-121-5) ;

Œuvres collectives

(Collectif) L'Affaire Zannini (l'ouvrage comportait un bandeau rouge : « Tout sur le roman de Marc-Édouard Nabe »), éditions du Rocher, Monaco et Paris, 2003, 256 p. (ISBN 2-268-04596-X) ;
(sous la direction de Michel Collon, Aurore Van Opstal, Abdellah Boudami), Israël, parlons-en !, Investig'Action-Couleurs livres, Bruxelles, avril 2010, 348 p. Entretiens avec Noam Chomsky, Tariq Ramadan, Alain Gresh, Shlomo Sand, Jean Bricmont, Ilan Pappe, Michel Warschawski, Ilan Halevi, Paul-Eric Blanrue, Denis Sieffert, Christina Zacharia, Naseer Aruri, Virginia Tilley, Samia Botmeh, Ahmed Frassini, Hanan Wakeem, Saleem Albeik, Mohamed Al Hawajri... ;
(présenté par Philippe Delorme et François Billaut),Secrets historiques et grandes énigmes (« Un siècle de sindonologie », p. 82 ; « Jeanne d'Arc était-elle une bâtarde d'Isabeau de Bavière ? », p. 110), Point de vue - Express Roularta Éditions, Paris, juin 2010. Republié chez Omnibus, collection de poche bibliomnibus en collaboration avec L'DExpress, octobre 2014. 
(collectif) Les Grandes énigmes de l'archéologie, Sophia Publications Historia, juin 2013.

FILMOGRAPHIE

* Un Homme - Robert Faurisson répond aux questions de Paul-Éric Blanrue, documentaire d'1h30 diffusé sur le Web en 2011. 
* Rwanda, 20 ans après. Avec Julien Teil. 2014.
* La France maçonnique (Apocalypse France, saison 1). Avec Julien Teil. 2015.



samedi 30 août 2025

Découverte sur le Suaire de Turin : Nicole Oresme, zététicien catholique du XIVe siècle, avait déjà dénoncé la fraude !


Un document médiéval récemment redécouvert révèle que Nicole Oresme, philosophe et futur évêque de Lisieux, considérait dès les années 1370 le linceul de Turin comme issu de "mensonges forgés par les ecclésiastiques", qui "trompent les autres afin qu'ils apportent des offrandes à leurs églises".
Cette découverte constitue la plus ancienne mention écrite contestant l’authenticité de cette relique, bien avant les dénonciations de l'évêque de Troyes (mémoire de 1389) et celle du pape Clément VII. Son texte, extrait de ses Problemata ("répertoire d'arguments pour diverses situations"), démontre définitivement que l'évaluation du linceul comme une fraude ne provenait pas seulement de Mgr Pierre d'Arcis, évêque de Troyes, mais avait déjà attiré suffisamment d'attention pour atteindre les oreilles d'Oresme. Ceux qui prétendaient que le mémoire de Pierre d'Arcis contre le Suaire était faux ont... tout faux.
Oresme, connu pour sa rigueur intellectuelle et sa méfiance envers les faux miracles, voyait dans de nombreuses reliques l’œuvre d’artisans de supercheries visant à exploiter la crédulité des fidèles. Son texte témoigne d’une attitude rationnelle et sceptique rare pour son époque. En s’appuyant sur l’analyse critique des témoignages, il cherchait à distinguer les rumeurs des preuves tangibles, préférant l’observation et l’enquête à la simple soumission à la tradition.
L’étude met en évidence que, dès le XIVe siècle, certains esprits religieux doutaient déjà des prétendues reliques sacrées. Ce scepticisme n’était pas absent du Moyen Âge, loin s'en faut, contrairement à l’image souvent véhiculée d’une époque de dingues entièrement dominée par la crédulité. Le cas du Suaire illustre cette tension entre rationalité savante et piété populaire.
Oresme allait jusqu’à affirmer que nombre d’objets sacrés étaient fabriqués par des hommes d’Église cherchant des bénéfices financiers. Cette critique rejoignait les inquiétudes institutionnelles, puisque le pape Clément VII, quelques années plus tard, avait autorisé l’exposition du linceul à la condition expresse qu’il soit présenté comme une "représentation" et non comme la véritable relique.
Ce témoignage constitue une confirmation de ce que j'ai démontré dans les deux livres consacrés au Suaire. Il démontre également que le doute faisait partie de l’horizon intellectuel, au sein même de l’Église. Loin d’être isolé, Oresme représentait une tendance de la pensée critique médiévale, attachée à la cohérence et à la véracité des faits plutôt qu’à la propagation aveugle de légendes.
Cette découverte invite, une nouvelle fois, à reconsidérer le Moyen Âge non pas comme une période crédule, mais comme un temps traversé par des débats et des démarches critiques. Elle souligne la présence d’une rationalité médiévale occultée et met en évidence l’existence d’un véritable esprit d’enquête bien avant l’avènement de la science moderne (et de la zététique).

Paul-Éric Blanrue.





mardi 15 août 2023

Le Suaire de Turin est toujours aussi faux, mais l’existence historique de Jésus se démontre grâce à un seul document. Par Paul-Éric Blanrue.

Deux livres importants parus récemment affirment de façon péremptoire l’authenticité du Suaire de Turin : il s’agit du livre de Jean-Christian Petitfils, Le Saint Suaire de Turin. Témoin de la Passion de Jésus-Christ, Tallandier, 2022, et celui de Frédéric Guillaud, Catholix reloaded, Essai sur la vérité du christianismeLes éditions du Cerf, 2015. Défendant tous deux une position catholique conservatrice, ce qui n’a rien de mal en soi, ils ont également ceci en commun d’être plutôt désagréables avec moi relativement à la question du Suaire.



La note injuste de Guillaud à mon endroit évoque ainsi ma prétendue passion « pour la négation des faits historiques » (diable !) et ma légendaire « fumisterie voltairienne » (trop aimable) et m’a contraint à lui écrire pour rétablir les faits. Je pense l’avoir en partie convaincu de ma bonne foi puisqu’il m’a répondu courtoisement que si son livre connaissait une nouvelle édition, il retirerait cette note de bas de page « un peu vacharde ».  Il s'est dit également prêt à changer d’avis sur la question du Suaire « face à une argumentation implacable » et reconnaît que « pour l’aspect général, le linceul fabriqué en cinq minutes par les zététiciens est tout à fait ressemblant » (je ne le lui fais pas dire). De fait, dans son livre suivant, Et si c'était vrai ? La foi chrétienne à la loupe, éditions Marie de Nazareth, 2023, il récidive sur le Suaire, sans toutefois me mettre en cause (mais sans répondre non plus à mes arguments, nobody’s perfect).


Vrai-Faux Suaire réalisé par Blanrue en 2005


Concernant Petitfils, je serai moins magnanime. L’historien médiatique, bien connu pour ses livres sur le Masque de fer et Louis XIV (je l’ai aussi fréquenté jadis sur les plateaux du regretté Paul Wermus), multiplie à propos du Suaire les erreurs et les arguments spécieux, avec une absence d’esprit critique qui ne le grandit pas. Pour commencer, il prétend qu’en 2005, lorsque j’ai fait la démonstration publique au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, sous l’égide de la revue Science&Vie, que le Suaire pouvait être aisément reproduit grâce à des techniques strictement médiévales, j’étais le « nouveau président du cercle zététique ». Nouveau ? La vérité c’est que je ne faisais plus partie depuis deux ans de cette association que j’avais fondée dix ans plus tôt ! (Tout ceci se trouve facilement sur le Net). Voulant jouer au plus fin, notre historien se prend ainsi les pieds dans les dates : dommage, les dates c’est son métier. Les faits lui posent également problème. Pour vilipender le défunt Dr Walter McCrone, le célèbre chimiste de Chicago qui a découvert des particules d’oxyde de fer et de vermillon sur les surfaces imagées du Suaire, il en est réduit, pour assurer aux belles âmes qui le lisent, qu’il s’agit là d’un expert à la rigueur douteuse, à affirmer abruptement que la carte de Vinland que celui-ci a analysée et dont il a contesté l'authenticité est en réalité authentique. Patatras : il est amplement démontré par de nombreuses analyses (et encore récemment https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_du_Vinland) qu’il s’agit d’un faux moderne (qui ne présage en rien de l'histoire des Vikings au Vinland, puisque cet exploit est parfaitement véritable, vérifiable et vérifié, ainsi que je l’ai moi-même rapporté il y a longtemps http://www.zetetique.ldh.org/vickings.html).



Quant au brave chanoine Ulysse Chevalier, l’un des historiens médiévistes les plus réputés du début du XXe siècle, le premier catholique à avoir refait l’histoire critique du Suaire depuis le XIVe siècle sans parti pris religieux, le voilà qualifié « d'historien hypercritique », chose à la fois absurde, erronée et non démontrée par l’auteur de la diatribe. Lorsqu’un adjectif dépréciatif, lancé à la cantonade, livré sans la moindre explication, suffit à démonétiser une vie entière de labeur et des trésors de livres, il faut se méfier, ami lecteur (ce n’est pas sérieux, Jean-Christian, ce ne sont pas des manières de faire à la hauteur de vos prétentions intellectuelles.)

À bien la lire, la thèse de Petitfils est imbibée d’à peu près tout ce que l'on trouve sur le sujet du côté des sindonologues : le Codex Pray (dont j’ai démontré dans un chapitre entier d’un livre qu’il n’a rien à voir avec le Suaire pour d’évidentes raisons iconographiques), la thèse du Dr Barbet sur les poignets dans lesquels les clous de la Passion auraient été fichés (thèse populaire mais imaginaire), les trop fameux pollens de Max Frei (un détective amateur si crédible qu’il plaidait pour l’authenticité du Journal intime d’Hitler qui s’est révélé être une grossière supercherie), il se gargarise des « travaux » de Bourcier de Carbon, du Père Rinaudo, d’André Marion, de ce vieux farceur de Gérard Lucotte (qui clame avoir découvert des morpions du Christ sur un linceul qu’il n’a par ailleurs jamais analysé !), de Ray Rogers (Petitfils cite à ce propos le physicien Patrick Berger qui conteste l’article de Rogers avec de solides arguments, à commencer par le fait que celui-ci commet des erreurs mathématiques de première année – ce qui autorise notre historien à qualifier Berger « d'outrancier », sans donner le lien de son article... Le voici, pour ceux qui veulent vérifier sa pertinence http://www.zetetique.ldh.org/suaire_rogers.html). 



Nous pourrions continuer longtemps sur notre lancée. Selon Petitfils, par exemple, c'est le roi Philippe VI de Valois qui aurait offert en 1347 le Suaire au chevalier Geoffroy de Charny pour le récompenser de faits de guerre. Voilà donc pourquoi la relique apparaît comme une fleur en plein XIVe siècle. Toutefois réfléchissons une seconde : comment ? Céder à un seigneur local le Suaire du Christ ? Bigre ! Oui, mais attention, poursuit Petitfils, le roi n'avait pas ouvert le reliquaire pour s'apercevoir ce que son contenu rendait une fois déployé, à savoir l’insigne copie du corps de Jésus ressuscité (fâcheux oubli, quelle tête en l’air, ce Philippe VI !). Une preuve de cette reconstitution historique svp ? Que nenni, elle sort tout droit de la fertile imagination de Petitfils (qui n’est certes pas « hypercritique », lui, puisqu’il gobe tout, y compris les thèses qu’il invente ad hoc ou reprend chez tel chercheur qui les sort lui-même de son chapeau). Notre historien n’a pas cru bon de se demander pourquoi, lors de la querelle des ostensions à Lirey, nul chanoine n’a jamais songé à rappeler à l'évêque et au pape qui les accusaient de produire une fausse relique que le roi avait été avant eux le propriétaire de la mirifique pièce de lin (encore un oubli, mais c’est sur de tels silences que d’aucuns bâtissent l’Histoire).

Petitfils prétend encore qu'un nommé Giulio Fanti, professeur de mesures mécanique et thermique à l'université de Padoue, a mis au point une nouvelle méthode de datation portant sur la dégradation de la cellulose, qui donnerait comme dates au Suaire de -300 à +400. Sauf qu'apparemment personne ne peut dire avec certitude d'où proviennent ses échantillons. C'est gênant (mais pas pour Petitfils, qui choisi de croire tout ce qui l’arrange).

En réalité, il n'existe à proprement parler aucune nouvelle découverte portant sur le Suaire, puisque le Vatican n'a pas autorisé de nouveaux prélèvements. Les « nouvelles analyses », toutes plus fantastiques les unes que les autres, dont parle Petitfils, ne reposent (toutes) que sur des fils ou du sang dont on ignore l'exacte provenance, ou sur les trop fameux échantillons de Max Frei, qui avait diffusé, pour preuve qu’il avait trouvé des pollens du Proche-Orient sur le Suaire, des pollens de référence (autrement dit : des photos qu’il avait intégralement repompées sur des catalogues, sans la moindre gêne !). Bref, il faut le redire et bien insister là-dessus, aucune nouvelle recherche n'a officiellement été réalisée et on reste dans la conjecture à propos... d'éventuelles hypothèses. C’est peu. Trop peu. La trouvaille de Petitfils est d'exposer toutes ces recherches free lance comme si elles étaient d'authentiques recherches plus ou moins chapeautées par qui de droit (le Vatican). C’est inexact. Le plus fort c'est qu'après des pages et des pages pour illustrer des théories farfelues, il ose parfois saupoudrer son texte de minuscules notes reléguées en fin d'ouvrage, où il explique benoîtement au lecteur aventureux que telle découverte de tel chercheur (par exemple Lucotte ou Fanti) n'est finalement pas reconnue par ses pairs ! C’est gonflé. Mais apparemment, auprès d’un certain public, ça passe.



Ce serait risquer le péril dont nous met en garde la célèbre « loi de Brandolini » que de passer en revue tout le reste de son argumentation. Je renvoie les lecteurs intéressés par le Suaire mais n’ayant pas lu les deux volumes que j’ai consacrés à ce sujet (Miracle ou imposture ? L’Histoire interdite du Suaire de Turin, EPO/Golias, 1999,  et Le Secret du Suaire. Autopsie d’une escroquerie, 2006, Pygmalion), vers la synthèse que j’en ai brossée sur le Net : on y trouve l’essentiel des arguments plaidant pour un ouvrage réalisé de main d’homme au XIVe siècle (http://www.zetetique.org/suaire.html). Si les sindonologues n’y croient pas, ils peuvent toujours demander au Vatican de refaire les analyses radiocarbones, ils auront tout mon soutien (d’autant plus que j’ai révélé dans Miracle ou imposture que l’Église avait déjà procédé secrètement, par le passé, à une expertise C14 de la réserve récupérée en douce lors du prélèvement officiel, dans les années quatre-vingt… avec un résultat identique).

 

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Concernant l’existence de Jésus Christ maintenant, il y a certaines choses à dire qui risquent de surprendre ceux qui ne me suivent pas régulièrement (les vilains). J’ai commis, à la fin des années quatre-vingt-dix, de petits textes dans lequel j’ai fait part de mes doutes à ce sujet (notamment celui-ci http://www.zetetique.ldh.org/jesus.html). Je me fondais alors sur les travaux de Rudolf Bultmann et de son « école des formes », qui a marqué la recherche biblique universitaire mondiale tout au long du XXe siècle, ainsi que sur les travaux, plus critiques encore, de l’école dite rationaliste (Bruno Bauer, Paul-Louis Couchoud, Guy Fau, Prosper Alfaric, Georges Albert Wells, et bien d’autres). Or les doutes que j’avais soulevés n’ont plus lieu d’être. Il faut aujourd’hui reconnaître que la plupart de ces travaux de « débunkage » se sont effondrés face aux avancées d’une science plus rigoureuse qu’auparavant. Depuis une trentaine d’années, les érudits ont réévalué la qualité historique de textes naguère sous-estimés. On peut citer à ce propos des universitaires prestigieux tels que Richard Bauckham, N.T. Wright, Michael R. Licona, ou encore Peter Williams.

C’est en suivant les (vraies) nouvelles découvertes de ces chercheurs que j’ai rectifié le tir et écrit, lors de la reparution de l’un de mes textes sur Jésus dans Le Livre noir des manipulations historiques (Fiat Lux, 2017) : "Alors quoi ? Jésus n'aurait pas existé ? Certains le prétendent, comme Couchoud, Fau, Doherty aujourd'hui sur le Net. Ce n'est pas ce qui est dit dans ce chapitre. Un chercheur londonien, G.A. Wells, fut longtemps l'un des plus éminents partisans de la thèse mythiste, faisant de Jésus un être inventé de toutes pièces pour des motifs théologiques, comme Guillaume Tell l'a été plus tard en Suisse pour des raisons politiques. Néanmoins, en approfondissant ses recherches, ce professeur a été contraint, par honnêteté intellectuelle, de réviser son jugement et de concéder qu'un certain Jésus avait existé dans la Palestine du Ier siècle (...) Il est certain que malgré les contradictions qui y fourmillent, les Évangiles professent une morale reconnaissable entre toutes ; le caractère d'un homme singulier peut s'y faire sentir ; son mode d'expression, ses paraboles, ont parfois le goût de l'authenticité".



En privé, certains de mes lecteurs m’ont demandé les raisons pour lesquelles j’avais évolué sur ce sujet, et je leur ai bien volontiers répondu. Comme je m’aperçois que mon nom est encore parfois associé, dans des livres comme ceux de Guillaud ou sur le Net, à la thèse mythiste marginale à laquelle j’ai depuis longtemps renoncé, je n’estime pas malvenu de m’en expliquer en public, profitant de cette mise au point sur le Suaire. 

Je pourrais naturellement rédiger un gros livre sur la critique du Nouveau Testament, défaisant patiemment le pull tricotté par l’école rationaliste (en réalité matérialiste), accumulant page après page des éléments tendant à montrer qu’elle s’est fourvoyée, montrant encore qu’il existe une quantité impressionnante de données sérieuses prouvant sans conteste l’existence terrestre du Christ. Cependant, j’ai vu ce qu’il en était pour le Suaire : on peut accumuler tous les éléments que l’on veut, pour convaincre il faut constamment à revenir à l’essentiel (qu’en l’occurrence, pour le Suaire, je résume habituellement en trois caractéristiques majeures : 1. l’accord des évêques du lieu et des papes pour affirmer qu’il s’agit d’un faux dont a prouvé la fausseté par les aveux du peintre concepteur ; 2. les particules de peinture retrouvées sur les zones à image du Suaire, et non sur les zones sans image ; 3. l’ordalie du C14 par trois laboratoires désignés par le Vatican, qui ont situé la relique au XIVe siècle). Bref, plus on use de salive et d’encre pour justifier sa thèse, moins on est écouté et plus se diffuse l’idée que si l’on multiplie les arguments c’est parce qu’en réalité on manque cruellement de preuves définitives. C’est faux, mais la nature humaine est ainsi faite.

Ainsi, pour l’existence de Jésus, je vais aller droit à l’essentiel. Je ne brandirai pas des reliques (la plupart fort douteuses), ni des pièces archéologiques (comme le tombeau de Caïphe, grand-prêtre du Temple de Jérusalem à l’époque de Jésus, retrouvé et bien authentique, lui), ni les Évangiles (dont la valeur est constamment réévaluée comme étant des biographies de style antique, voyez les convaincants travaux de Richard Bauckham), ni les écrits romains et juifs des premiers siècles (pour ceux qui remettent encore en cause les passages de Josèphe sur Jésus, je recommande vivement la lecture de Serge Bardet, Le Testimonium flavianum, Examen historique, considérations historiographiques, Cerf 2002). Non, je ne parlerai de rien de tout cela. Il y a plus simple et plus percutant aussi. J’emploierai pour l’occasion la « méthode des faits minimaux » qui a fait la réputation du Pr Gary Habermas (moins doué en ce qui concerne le Suaire, auquel il semble croire un jour sur deux, mais passons, sa démarche néo-testamentaire est la bonne car fondamentalement ancrée dans les principes essentiels de la méthode historique).


Gary Habermas

De quoi s’agit-il ? Aller à l’essentiel, au cœur du cœur de la centrale atomique. Se diriger vers une pièce imprenable, en acier trempé - en somme, se fonder sur une donnée dont la validité n’est remise en cause par personne. Le « fait minimal », quel est-il ? Une épître de Paul. (Quoi de neuf ? Saint Paul !)

L’apôtre Paul de Tarse, connu auparavant sous le nom de Saül, est un ancien pharisien, élève du rabbin Gamaliel, devenu persécuteur de chrétiens. Il s’est subitement converti au christianisme dans les années trente de notre ère. Quelle qu’en soit la cause réelle, il parle d’une apparition du Christ sur le chemin de Damas, en Syrie. Rêve, illusion, hallucination ou apparition réelle, en tout cas d’un jour à l’autre il se repend d’avoir persécuté les fidèles du Christ et choisit de rejoindre leurs rangs, à ses risques et périls. Il accomplit une activité missionnaire importante en effectuant de longs voyages d’évangélisation dans le bassin méditerranéen pour convertir les populations et écrit des épîtres à diverses communautés. Il y raconte aussi la façon dont il s’est rendu à Jérusalem pour y rencontrer notamment l’apôtre Simon, dit Pierre, et Jacques « le frère de Jésus » (car oui, Jésus avait des frères et des sœurs, sans doute issus du premier mariage de son beau-père Joseph, qui devint veuf avant son remariage avec Marie).

On sait néanmoins, pour diverses raisons que je ne vais pas développer ici, que les treize épîtres signées Paul ne sont pas toutes de sa main. Seules sept d’entre elles le sont, si l’on en croit les experts de la critique testamentaire ; les autres seraient issues de sa communauté, de proches ayant poursuivi son œuvre après sa mort en martyr à Rome, s’inscrivant dans son lignage. Alors, comment s’y retrouver ? Un texte non suspect de retouche pourra-t-il émerger parmi les autres ? Est-on aujourd’hui capable de tenir pour véridique un seul d’entre eux ?

La réponse est oui : l’épître en question est la première que saint Paul adresse aux habitants de Corinthe, une ville grecque au nord du Péloponnèse (1Corinthiens 15, 3-8).

Je reproduis ici le passage intéressant (https://bible.catholique.org/1ere-epitre-de-saint-paul-apotre-aux/3375-chapitre-15) :


03 Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures,

04 et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures,

05 il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;

06 ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –,

07 ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.

08 Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis.


Saint Paul


L’épître est datée par les experts du début des années cinquante du premier siècle.

Qui la tient pour authentique ? Mythistes à part (moins de dix chercheurs dans le monde), absolument tout le monde. Y compris les érudits les plus ardemment anti-chrétiens comme le célèbre Bart Ehrmann (qui se déclare « agnostique penchant vers l’athéisme » et soutient dans ses conférences et best-sellers que les Évangiles contiennent tellement d’erreurs qu’on ne peut leur accorder le moindre crédit) ou d’autres chercheurs fort mal disposés envers la véracité du Nouveau Testament, tels les membres du Jesus Seminar de John Dominic Crossan (qui tiennent que 90% des paroles de Jésus qu’on y rapporte sont fausses). Nous ne sommes pas là en présence d’enfants de chœur disposés à gober tout cru ce que le curé de leur église paroissiale va leur enseigner dans son sermon du dimanche. On ne la leur fait pas. L’esprit critique, ils en ont à revendre. Eh bien, eux aussi conviennent unanimement que ce texte date des tout premiers temps du christianisme. Il s’agit d’un ensemble de phrases organisées de manière à être récitées (la façon dont le texte est tourné, sa brièveté, sa simplicité théologique, la structure de la phrase, les mots se répondant, la scansion, le style, etc.), sans doute sous la forme d’un premier credo existant avant que Paul ne se mette en marche vers Damas. 

Ce credo pré-paulinien, ce passage spécifique, cette péricope primitive, est daté sans hésitation par les experts en critique textuelle du début des années trente. Citons parmi ceux-ci John Kloppenborg, Jerome Murphy-O'Connor, John Meier, Pinchas Lapide, Reginald Fuller. Pour sa datation plus précise, Gerd Ludemann soutient que « les éléments de la tradition doivent être datés des deux premières années après la crucifixion de Jésus, au plus tard trois ans… La formation des traditions d'apparence mentionnées dans 1Cor.15.3-8 tombe dans le temps entre 30 et 33 de notre ère » ; Thomas Sheehan estime que cette tradition « remonte à au moins 32-34, c'est-à-dire dans les deux à quatre ans suivant la crucifixion ». Certains chercheurs penchent, à l’instar de James Dunn, spécialiste de Paul, pour les six mois ayant suivi la crucifixion. Au vrai, peu importe, quelle que soit la date pour laquelle on opte, il n’existe aucun document historique, chrétien ou autre, plus proche de l’an 30 ou 33, où Jésus est traditionnellement réputé avoir subi une crucifixion. Ulrich Wilckens affirme que ce credo « remonte indubitablement à la phase la plus ancienne de l'histoire du christianisme primitif ». De l’avis général des spécialistes actuels, ce credo traditionnel, qui existait sous forme orale bien avant les Évangiles écrits des années ou des décennies plus tard, est le premier relief de ce qu’a produit la toute première communauté chrétienne située à Jérusalem. 

Sur ce point, nul ne pourra prétendre que tout ce que Paul annonce est légendaire : pour l’historien de l’antiquité, ce genre de document est rarissime et irremplaçable. Il fait partie du peu de fragments anciens dont on est assuré qu’ils rapportent des faits ; il est, parmi tout ce que l’on connait, l’un des textes de cette époque les plus proches de l’événement qu’il narre. Et il est fascinant en ceci que, non seulement il atteste de l’existence d’un homme nommé Jésus (reporté comme mort, ce qui signifie bien qu’il était vivant peu de temps auparavant, logique imparable digne de Monsieur de La Palice)(sans compter que pour avoir un frère comme Jacques, il faut d’abord exister, c’est un prérequis nécessaire), mais il est aussi, en tant que document historique majeur, le reflet le plus exact possible du noyau des croyances animant les plus antiques communautés chrétiennes : on y adore un Jésus mis au tombeau, ressuscité puis réapparu vivant au bout de trois jours à ses disciples. C’est la première christologie connue. On notera par parenthèses, sans plus en dire car cela nous mènerait trop loin, que le Christ est réapparu en particulier à des personnes l’ayant trahi comme Pierre, ou ayant eu des doutes à son sujet durant sa vie terrestre comme son demi-frère, le sceptique Jacques, dit le Juste, ou encore à un persécuteur officiel devenu apôtre, Paul. Lesquels personnages, devenus les autorités principales de l’Église primitive (Jacques est nommé après la mort de Jésus chef de l’Église de Jérusalem), ont tous trois péri en martyrs quelques années plus tard pour attester de ce qu’ils avaient vu. On peut difficilement nier que la véracité de leur témoignage leur tenait à cœur.


Saint Jacques


Retenons donc que, quelles que soient les raisons qui ont fait que ces témoins essentiels ont cru à la résurrection de Jésus (chacun ira de son hypothèse, selon sa tendance philosophique ou sa croyance), ils étaient tous d’accord, de prime abord, et très tôt dans l’histoire, pour convenir, au minimum, que Jésus était bel et bien un homme qu’ils avaient côtoyé en Judée et en Galilée et dont l’existence ne faisait pas un pli pour eux, même s’ils avaient douté de sa mission ou l’avaient renié avant son exécution.
Une grande quantité d’autres textes primitifs se découvrent ainsi tout au long du Nouveau Testament. De nombreux érudits pensent que le livre des Actes des Apôtres incorpore certaines de ces premières traditions, situées dans les sermons qui y sont contenus - mais n’allons pas plus loin, car il faut se rendre à l’évidence, dès à présent : la thèse mythiste est morte et enterrée. Cette polémique aura certes été intéressante pour pouvoir déterminer ce qu’on a le droit de remettre en cause de manière radicale en France, et ce qu’on n’est pas libre de faire. Mais c’est fini. Michel Onfray a eu tort de tenter de la ressusciter : il n’a pas été suivi par le corps des chercheurs et s’est ridiculisé. Même l’athée professionnel Richard Dawkins, à l’inverse de son prédécesseur Bertrand Russell, mythiste convaincu, a été contraint d’avouer, sur le plateau de Joe Rogan, qu’il pensait que Jésus fût une personne réelle du Ie siècle. Tout ceci ne signifie pas, bien sûr, que les érudits bibliques soient d’accord sur tout (loin s’en faut !), qu’il n’existe plus d’ombre à éclaircir ni d’énigme à élucider, qu’il n’y ait plus de questions embarrassantes sur la validité de tel ou tel texte du canon, qu’il n’existe aucune contradiction (au moins apparente) entre les évangélistes. (Comme on ne se gêne pas pour dresser constamment des procès à mon endroit, je m’empresse de souligner que je ne soutiens pas non plus ici la thèse opposée, celle de l’inerrance biblique, qui considère que chaque mot de la Bible a été choisi par l’Esprit saint : ce serait pure folie !).


Paul-Éric Blanrue

Une bonne fois pour toutes, il faut comprendre que, comme le disaient Charles-Victor Langlois et Charles Seignobos, pères de l’école méthodique en Histoire, «l’hypercritique est à la critique ce que la finasserie est à la finesse ». Le doute est sain tant qu’il demeure raisonnable, et il faut toujours suivre les faits là où ils nous conduisent, que cela nous fasse plaisir ou non. La meilleure façon de faire de la bonne et vraie zététique n’est pas de sombrer dans un matérialisme forcené et débilitant, comme le font hélas nombre de ceux qui m’ont succédé dans cette région depuis deux décennies, mais de rester au plus près des faits, des documents, sans préjugé ni dogme, guidé par la seule raison.

Résumons : pour le Suaire, les premiers textes nous parlent de la découverte d’un faux par les autorités catholiques ; pour le christianisme, les premiers documents nous parlent d’un personnage historique. Au terme de cet article, le Suaire de Turin est toujours aussi faux, mais l’existence historique de Jésus est désormais démontrée grâce à un seul et unique document. 

 

 Paul-Éric Blanrue.