BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE

vendredi 15 octobre 2010

ARCHIVES (19) BLANRUE DANS HISTORIA : " Ruby, le vengeur idéal" (01/12/2003 - 684)

Dimanche 24 novembre, 11 h 20, sous-sol de l'immeuble de la police de Dallas. Entouré de 70 agents, Oswald sort de l'ascenseur pour être transféré à  la prison du comté. La presse se bouscule au sous-sol, où la télévision filme en direct l'arrivée d'Oswald. A la seconde où il apparaît, une voiture donne un coup d'avertisseur. Coïncidence ? Signal ? Lorsqu'un second coup retentit, le cabaretier Jacob Leon Rubenstein, alias Jack Ruby, se rue vers Oswald et l'abat.
On se demande alors comment Ruby a pu pénétrer dans les lieux. Selon le rapport Warren, il y est arrivé " sans avoir été aidé, probablement par la rampe de Main Street et pas plus de trois minutes avant le coup de feu ". Pourtant, un ancien policier de Dallas, Napoleon J. Daniels, qui se tenait en haut de la rampe, donne la description d'un homme ressemblant à  Ruby, la main droite enfoncée dans son veston, qui est descendu au sous-sol sous les yeux de l'agent Vaughn, sans être questionné. Ruby a-t-il eu des complices au sein de la police ?
Reprenant les propos du chef de la police, la Commission Warren déclare que " sur près de 1 200 policiers, pas plus de 25 à  50 connaissaient Ruby ". Elle concède que dans sa boîte de nuit, le Carousel, il lui arrivait de leur offrir du café et des boissons " non alcoolisées " ! Des proches de Ruby racontent toutefois que ses relations dans la police étaient bien plus nombreuses. Arrêté plusieurs fois en dix ans, Ruby n'avait jamais été condamné. Faisait-il fonction " d'informateur entre la police de Dallas et la pègre ", comme le suggère le rapport préliminaire que la Commission a remis à  la CIA en février 1964 ?
Toujours est-il que l'ombre de Ruby rôde autour de l'assassinat de Kennedy. Il est à  l'hôpital Parkland quand le décès du Président est annoncé. Le 23 novembre, on le voit inspecter les lieux du crime. Le soir, il assiste à  une conférence de presse au cours de laquelle il souffle au procureur Henry Wade le nom de l'association où milite Oswald. Pour son avocat, Joe Tonahill, le fait qu'il croise la route d'Oswald est la " coïncidence la plus extraordinaire de l'histoire mondiale ". Pas de chance pour Oswald, en somme. Ruby lui-même s'est toujours défendu d'avoir agi avec préméditation.
Dans la nuit du 22 au 23 novembre, Ruby avoue avoir conversé avec un policier de Dallas. Celui-ci lui aurait dit qu'il faudrait " découper Oswald en petits morceaux ". A-t-il pris cela pour un encouragement ? Des témoins affirment qu'il était lié à  des anticastristes. A-t-il été utilisé par eux ? Avant la venue de Kennedy à  Dallas, on sait qu'il a passé aussi de nombreux coups de fil à  des représentants de la Mafia. Nouvelle " coïncidence " ?
Ruby a eu le dernier mot : " On ne saura jamais la vérité, ni pourquoi j'ai agi. Les gens qui ont gros à  gagner et un motif puissant pour me mettre où je suis, ne laisseront jamais la vérité faire surface. " De fait, Jack Ruby meurt en prison d'un cancer, le 3 janvier 1967.
Paul-Eric Blanrue

mis en ligne par floriana

mercredi 13 octobre 2010

"Delfica". Gérard de Nerval.


La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance, 
Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs, 
Sous l’olivier, le myrte, ou les saules tremblants,
 Cette chanson d’amour qui toujours recommence ?...
 

Reconnais-tu le Temple au péristyle immense, 
Et les citrons amers où s’imprimaient tes dents, 
Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents, 
Où du dragon vaincu dort l’antique semence ?...
 

Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours ! 
Le temps va ramener l’ordre des anciens jours ; 
La terre a tressailli d’un souffle prophétique...
 

Cependant la sibylle au visage latin
 Est endormie encor sous l’arc de Constantin 
— Et rien n’a dérangé le sévère portique.


mis en ligne par tintorette

Debussy - Suite bergamasque - Passepied - Claude Helffer.

samedi 9 octobre 2010

Réaction de Jean Bricmont au prix Nobel de la paix.

Ceux qui ont attribué  le prix Nobel de la paix à un dissident chinois nous expliquent que la paix et les droits de l'homme sont inséparables. On se demande bien, alors, comment il se fait que le pays qui proclame le plus son attachement aux droits de l'homme (les États-Unis) soit aussi celui qui a le plus de soldats à l'étranger et qui mène le plus de guerres et d'interventions de toutes sortes.

Le fait est que les Chinois voient l'attribution de ce prix comme une ingérence occidentale de plus dans leurs affaires intérieures. On pourrait peut-être la défendre, au nom des droits de l'homme, si les autres ingérences, déploiement de troupes et agitation des minorités, n'avaient pas lieu. Mais tant que les défenseurs des droits de l'homme ne comprennent pas que, dans la mesure où leur politique est liée de facto à la volonté hégémonique de l'Occident, cette politique, même avec les meilleurs intentions du monde, ne fera qu'augmenter les tensions internationales et, à cause de cela, ralentira les progrès en faveur des droits de l'homme qu'ils souhaitent.
Jean Bricmont
Si ceux qui attribuent le prix Nobel veulent vraiment montrer leur courage, ils pourraient sans doute trouver un Palestinien innocent dans les geôles israéliennes (parmi les milliers qui s'y trouvent) et lui décerner leur prix. La réaction serait amusante à observer.

Le jour-sans doute pas si lointain- où les Chinois seront devenus plus forts que nous, on peut craindre qu'ils se "souviendront" de toutes les humiliations que nous leur avons fait subir dans le passé, depuis les guerres de l'opium et le sac de palais d'été jusqu'au soutien actuel au Dalai Lama et aux dissidents; si la vengeance est un plat qui se mange froid, je préfère ne pas faire partie d'un banquet chinois lorsque ce moment du souvenir sera venu.
 
Jean Bricmont

mis en ligne par tintorette

dimanche 3 octobre 2010

Flying Lotus - Luckiest Charm

Un historien français, Paul-Éric Blanrue: "L'ONU n'a aucun pouvoir lorsqu'il s'agit de sanctionner les pays les plus puissants."

Paris.Irna. 03 Octobre 2010.

Interrogé sur les politiques américains qui bafouent les fondements même de l’Organisation de l’ONU mise en place en 1948 et dont les missions étaient justement d’empêcher toutes actions militaires unilatérales, l’historien français, Paul-Éric Blanrue répond que «comme la guerre du Kossovo à ses débuts, l'invasion de l'Irak a démontré que l'ONU n'avait aucun pouvoir lorsqu'il s'agit de sanctionner les pays les plus puissants, puisque les États-Unis ont pu attaquer librement ce pays sans avoir reçu l'aval du Conseil de sécurité ».

Dans une interview exclusive donnée au correspondant de l’Irna à Paris, l’historien et penseur français, Paul-Éric Blanrue évoque l’actualité internationale et notamment les interrogations qui pèsent sur le rôle et l’avenir de l’ONU et sur les politiques des Etats-Unis.

Rappelant les mensonges des États-Unis qui se sont permis d'y proférer par la bouche de Colin Powell, qui avait brandi devant ce même Conseil de faux documents censés prouver que Saddam Hussein produisait des armes de destruction massive, Paul-Éric Blanrue souligne que compte tenu du rapport des forces en présence, cela n'a pas empêché cette guerre d'être légalisée a posteriori ».

Pour l’historien français, les règles de l'ONU ont été brisées depuis bien longtemps par les États-Unis, qui préfèrent mener une politique unilatérale, conforme à leurs intérêts ou à leur vision du monde impérialiste.

Citant l'exemple de Cuba, Paul-Éric Blanrue souligne que « l’Assemblée Générale de l’ONU (moins Israël) condamne depuis 20 ans le blocus économique, commercial et financier des Etats-Unis contre ce pays, et cela ne empêche pas ces derniers de le pratiquer depuis 50 ans et même de mener des mesures de rétorsions contre les pays qui ne le respectent pas ».

Il dénonce Israël, qui est soumis à d’innombrables condamnations de l'ONU et poursuit son chemin sans être le moins du monde sanctionnée et qui occupe les zones territoriales attribuées aux Palestiniens de Cisjordanie malgré la résolution 242 de l'ONU, tout en se demandant qui sait que les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU définissent comme frontières entre Israël et la Palestine celles qui sont antérieures à la guerre de 1967.

Interrogé sur le droit de véto dont disposent les cinq membres permanents de l’ONU et sur l’évolution que l’on peut envisager, l’historien et penseur français, Paul-Éric Blanrue déclare que « ce droit de veto, dans le cadre de l'ONU, c'est le droit du plus fort à dominer les plus faibles. Quand la France a menacé de l'utiliser avant la guerre d'Irak, cela n'a pas empêché les Américains d'envahir ce pays. Qui l'utilise le plus aujourd'hui ? Les États-Unis, comme par hasard ! Et pour quelles raisons ? En général, pour éviter des innombrables résolutions censurant Israël ! L'État juif peut donc agir comme il l'entend, sans crainte d'être sanctionné par les Nations unies.
»

Évoquant les meurtres commis lors de l’arraisonnement de la flottille Free Gaza, il critique la politique d’Israël qui « s'est même permis de refuser de coopérer avec les enquêteurs de l'ONU, qui désiraient faire la lumière sur ce drame.
»

De fait, pour l’historien français, « Israël bénéficie du soutien inconditionnel de l’administration Obama, qui a qualifié le rapport Goldstone d’inégal. Depuis que le rapport a été sanctionné, Washington a réitéré à maintes reprises son appui à Israël et a publiquement critiqué l’ONU. Israël se permet tout . Si un pays se permettait le dixième de ce que se permet Israël, il se serait aussitôt sanctionné, voire envahi par les États-Unis
», s’indigne Paul-Éric Blanrue.

Après le rapport Goldstone qui a accusé Israël d’avoir commis des crimes de guerre durant son assaut sur Gaza en 2008-09, l'État juif a dénoncé l’ONU et tenter de renverser le droit international « Netanyahu a en effet affirmé qu’aucun officiel israélien ne serait jugé pour crimes de guerre et a promis qu’un veto (celui de Washington, bien sûr) allait rejeter la résolution au Conseil de sécurité. Il a donné l’ordre à son gouvernement de préparer une campagne mondiale de lobbying pour modifier les lois internationales de guerre « dans l’intérêt de quiconque luttant contre le terrorisme » rappelle l’historien français soulignant que les États-Unis se moquent totalement du droit international et agissent comme s'ils étaient les "gendarmes du monde"
.

Interrogé sur une déclaration d’un ancien ministre des Affaires étrangères de la France qui affirmait qu’une « seule hyperpuissance » domine la scène, l’historien français, Paul-Éric Blanrue, a déclaré que «le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est énormément polarisé
», dénonçant l’hégémonie américaine sans partage, devant le reste des États membres dont certains disposent de capacités économiques et politiques, mais qui ne font pas le poids devant l’hyperpuissance américaine.

D’ajouter à cela « une situation où de nombreux États sont relativement mis de côté par de grands acteurs économiques et politiques, notamment les entreprises transnationales. L’État associé à la nation qu’on a connu pendant des décennies n’est plus le seul et dans bien des cas n’est plus le principal acteur ».

Se demandant si une réforme de l’ONU comme par exemple l’élargissement du Conseil de sécurité serait suffisant, l’historien français, Paul-Éric Blanrue estime que « pour rééquilibrer ces forces au niveau mondial, l'élargissement du Conseil de sécurité serait nécessaire, mais non suffisant. Tout est à revoir : il convient de réformer tout le système politique, économique et social international. Le monde ne peut pas se développer harmonieusement sous l'empire du néo-libéralisme. Le Mouvement des Pays Non-Alignés, créé en 1961, doit être développé et démontrer qu'il a la capacité de protéger la paix et la justice dans le monde ».

Interrogé sur le rôle qu’aurait pu jouer l’ONU, à titre de bonne conscience du monde et d’autres documents fondamentaux qui restent des références essentielles comme la Déclaration universelle des droits humains qui indiquaient la volonté ou l’espoir de construire un monde meilleur et sur le fait que désormais l’ONU n’est plus le lieu où les vraies décisions sont prises, l’historien français déclare que l’ONU «est resté le "machin" dénoncé par de Gaulle, et devrait être traité comme tel. Ce n'est rien d'autre que le support de la politique extérieure américaine. L'ONU a raté tous ses objectifs : elle devait encourager le développement, or depuis 1948, les pays riches sont devenus encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres ; elle avait pour ambition de prévenir les guerres, or elle ne fait qu'absoudre les guerres que mènent les grandes puissances, se révéler incapable de régler les grands conflits ou les massacres (Georgie, Rwanda,...), et n'a toujours pas été capable de donner aux Palestiniens le pays qu'elle leur a promis. »

Selon Paul-Éric Blanrue, il est temps de revoir tout cela en profondeur.

Après les politiques néolibérales qui se sont imposées un peu partout dans le monde et le rôle en ce sens de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international pour imposer ces politiques avec les conséquences catastrophiques que l’on connaît aujourd’hui, concernant le discours dominant dans l’appareil de l’ONU, sur la nécessité d’ « humaniser » la mondialisation néolibérale Paul-Éric Blanrue rétorque que « prétendre qu'on lutte pour rendre le capitalisme plus "humain" est une imposture.Taxer quelques transactions spéculatives, comme certains le proposent, ne reviendrait en fait qu'à s’attaquer à une infime partie de la spéculation et cacherait le fait que la crise du capitalisme ne porte pas uniquement sur la spéculation mais sur l’ensemble du capitalisme. Le capitalisme se fonde sur l'inégalité et l'exploitation ».

Il estime que « nous vivons sous le rouleau-compresseur du néo-libéralisme, qui, de crise en crise, démontre qu'il est à bout de souffle. Étant donné ses conséquences (mort des cultures, disparition des particularismes, etc.), la mondialisation apparaît comme un "holocauste mondial", ainsi que l’a dit le sociologue et philosophe français , Jean Baudrillard
».

Enfin, pour l’historien français, Paul-Éric Blanrue « il n’y a pas de société "juste" dans le cadre du capitalisme dont l’essence conflictuelle nourrit des antagonismes en cascade. Le capitalisme est, par nature, une économie poussant à la mondialisation et à la marchandisation. Or tout est marchandisation en puissance. La seule réponse historique valable est de le dépasser, en développant les luttes contre l’exploitation de la force de travail et les rapports capitalistes de production. Heureusement, face la mondialisation du capital, on assiste à une mondialisation des résistances et des luttes ». 


mis en ligne par marcopolo

samedi 2 octobre 2010

Free The Robots - Listen To The Future

Signez la pétition contre la loi Gayssot !


Pour signer la pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot 
et la libération de Vincent Reynouard, 
merci d'indiquer vos nom et prénom, ainsi que votre ville (et votre profession si vous le désirez) à cette adresse :
eugenie.blanrue@laposte.net
Le texte de la pétition se trouve ici :


mis en ligne par floriana