Lettre ouverte
à M. Ernst von Weber,
auteur de
Les chambres de torture de la science
Cher et très
honoré Monsieur,
Vous me croyez
capable de pouvoir vous aider de ma parole, dans votre campagne si énergique
entreprise récemment contre la vivisection, et vous paraissez, à cet égard,
prendre en considération le nombre assez important d'amis que m'a acquis leur
goût pour mon art. Si votre édifiant exemple m'incite vivement à essayer de
répondre à votre désir, c'est pourtant moins la confiance que j'ai en ma force
qui me décide à vous imiter, qu'un vague sentiment de la nécessité d'étudier,
même sur ce terrain bien éloigné en apparence de ce qui intéresse les artistes,
le caractère de l'influence artistique que bien des gens m'ont, jusqu'à
présent, attribué.
Comme nous
rencontrons une fois de plus, dans le cas présent, le spectre de la Science qui
est devenu, à notre époque matérielle, depuis la table de dissection jusqu'aux manufactures
de fusils, le démon de l'utilitarisme, jugé seul digne de l'affection de
l'État, je crois que, en me mêlant de la question actuelle, c'est déjà un grand
avantage pour moi que tant de voix si graves et si
autorisées se soient élevées en votre faveur, dénonçant au bon sens les
assertions erronées, sinon mensongères,
de nos adversaires.
D'autre part, il est vrai, on a accordé une si grande place
au pur sentiment, dans la [discussion de] notre affaire, que nous avons
donné aux railleurs et aux mauvais plaisants qui, presque seuls, s'occupent de
nos entretiens publics, d'excellentes occasions de défendre les intérêts de la Science. Pourtant,
à mon avis, c'est la question la plus grave de l'humanité qui est débattue ici ;
de sorte que les convictions les plus profondes ne pourront être acquises que
par un examen très sérieux de ce « sentiment » bafoué. J'essaierai volontiers de
suivre cette voie, autant que mes faibles facultés me le permettent.
Ce qui m'a retenu jusqu'à présent d'entrer dans une des
associations protectrices des animaux existantes, c'est que tous les appels et
toutes les instructions que je leur voyais publier étaient basées presque
exclusivement sur le principe utilitaire. Sans doute, importe-t-il en premier
lieu aux philanthropes qui se sont voués jusqu'ici à la protection des animaux,
d'en prouver l'utilité au peuple, pour en obtenir un meilleur traitement ; car
les résultats de notre civilisation actuelle ne nous permettent pas d'invoquer
d'autres motifs que la recherche du profit dans les actions humaines du citoyen.
Combien nous sommes encore étrangers à un motif exclusivement
noble de bien traiter les animaux, et combien peu de chose a pu réellement être
obtenu de la pratique courante,
on le voit en ce moment même : les représentants de la ligne de conduite suivie
jusqu'à présent par les sociétés protectrices contre la barbarie la plus
inhumaine envers les animaux, celle qui s'exerce dans nos salles de vivisection
autorisées par l'État, ne sauraient produire un seul argument concluant, dès que
l'on fait valoir, pour la défendre, l'utilité de cette barbarie. Nous en sommes
presque réduits à discuter exclusivement cette utilité ; et, si elle était
démontrée avec une certitude absolue, ce serait précisément la société
protectrice des animaux qui, par la ligne de conduite suivie jusqu'ici par
elle, aurait favorisé, contre ses protégés, la cruauté la plus indigne de l'humanité.
Par conséquent, pour conserver nos sentiments sympathiques
à l'égard des animaux, il n'y a, pour nous venir en aide, qu'à faire
reconnaître officiellement l'inutilité de cette torture scientifique des animaux ;
espérons que nous y arriverons. Quand bien même nos efforts auraient obtenu un
succès complet de ce côté, rien encore de définitif et de bon n'aura été fait
pour l'humanité, tant que la torture des animaux n'aura été abolie qu'en raison
de son inutilité ; on aura ainsi défiguré et tué lâchement l'idée qui a donné
naissance à nos sociétés pour la protection des animaux.
Ceux qui, pour empêcher les souffrances d'un animal
prolongées à volonté, ont besoin d'autre mobile que celui de la pure pitié, ne
pourront jamais se sentir vraiment fondés à réprimer les mauvais traitements
des animaux de la part d'autrui. Quiconque s’est révolté à la vue du martyre d’un
animal, n'y a été poussé que par la pitié ; et quiconque se joint à
d'autres pour protéger les animaux, n'y est déterminé que par la pitié :
pitié absolument désintéressée et inaccessible à tous les calculs d'utilité ou
d'inutilité. Mais que, en tête de tous nos appels et avis adressés au peuple,
nous n'osions mettre cette pitié que comme le seul mobile indiscutable qui nous
pousse, voilà bien la malédiction de notre civilisation, et la confirmation que
les religions de nos Églises officielles sont sans Dieu.
Il a fallu, de
notre temps, l'enseignement d'un philosophe qui combat de la façon la plus
impitoyable tout ce qui est faux et malsain, pour démontrer que la pitié, fondée
sur la nature la plus intime de la volonté humaine elle-même, est la seule
base vraie de toute morale. On s'est moqué de lui ; le sénat d'une
académie des sciences l'a même mis à l'index avec indignation ; car la vertu,
dès qu'elle n'est pas prescrite par la révélation, ne saurait être fondée que
sur les méditations de la raison. Considérée logiquement, la pitié fut même
déclarée un égoïsme par excellence : [on a prétendu] que la pitié ne serait
motivée que par la vue d'une souffrance étrangère qui nous cause de la douleur
à nous-mêmes, mais non par la souffrance étrangère elle-même, que nous
tâcherions de réprimer uniquement afin d'en supprimer l'effet douloureux sur
nous-même. Comme nous sommes devenus ingénieux pour nous défendre, dans
la fange de l'égoïsme le plus vil, contre les remords causés par des sentiments
communs à tous les hommes ! On a méprisé encore la pitié, sous prétexte qu'on
l'a rencontrée très fréquemment chez les hommes même les plus grossiers, comme
un minimum d'instinct vital ; sous ce prétexte, on s'est mis à confondre la
pitié avec le regret que les témoins de toute infortune publique ou domestique
expriment si facilement et traduisent, ces accidents se reproduisant si
souvent, par un simple hochement de tête, puis s'en détournent en haussant les
épaules ; – jusqu'au moment où un homme sort de la foule, auquel la vraie
pitié commande d'apporter un secours efficace.
Celui qui
n'avait d'autre inclination à la pitié et qui n'a pas surmonté ce lâche regret,
sera content de pouvoir s'en dispenser, et il y puisera un parfait et plaisant
dédain de l'humanité. Il sera difficile, en effet, de renvoyer un tel homme à
son prochain pour apprendre de lui à pratiquer la pitié à son égard ; car c'est
en général une chose bien difficile, dans notre société bourgeoise réglementée
par la loi, que d'obéir au précepte de notre Sauveur : « Aime ton prochain
comme toi-même. »
Notre prochain
est en général bien peu digne de notre amour et, dans la plupart des cas, la
prudence nous conseille d'attendre du prochain la preuve de son amour; de même,
nous n'avons guère lieu de nous fier à la simple déclaration de son amour. Tout
bien examiné, l'État et la
Société sont combinés de telle sorte, d'après les lois de la
mécanique, qu'il est très supportable de s'y passer de la pitié et de l'amour
du prochain. Nous voulons dire par là que l'apôtre de la pitié aura bien de la
peine à appliquer sa doctrine, de l'homme à l'homme d'abord, puisque même notre
vie de famille, si dégénérée de nos jours, sous l'accablement de la misère et
la recherche des distractions, ne saurait plus donner le bon exemple. Il est douteux
aussi que ces doctrines soient accueillies avec enthousiasme par l’administration
de l’armée qui, on le sait, maintient à peu près l’ordre dans toute notre
existence politique, sauf à la
Bourse ; elle lui prouverait qu’il faut comprendre la
pitié dans un sens tout autre qu’il ne le croit, c’est-à-dire en gros[1], sommairement, comme un moyen d’abréger
les souffrances inutiles de l’existence avec des projectiles qui touchent leur
but avec une précision de plus en plus parfaite.
Par contre, la Science, revêtue
de la sanction officielle, semble s'être chargée de pratiquer la pitié dans la
société civile, en mettant professionnellement ses données en pratique. Nous ne
voulons pas parler ici des résultats de la science théologique, qui arme
les pasteurs d'âmes de nos communes de la connaissance des impénétrables
mystères de la divinité ; et nous supposerons avec confiance, pour l'instant,
que la pratique de cette profession incomparablement belle n'a pas prévenu ses
disciples contre une propagande comme la nôtre. Il est vrai, malheureusement,
que ce serait beaucoup exiger du dogme strict de l'Église, qui ne
considère jamais comme sa base que le premier livre de Moïse, que de réclamer
la pitié d’un Dieu même pour les animaux créés au profit de l’homme. Cependant,
de nos jours, on peut surmonter mainte difficulté, et le bon cœur d’un curé
philanthrope a certainement trouvé, dans l'exercice du gouvernement des âmes,
mainte occasion qui pourrait avoir disposé son esprit dogmatique en faveur de
notre cause. Quelque difficulté qu'il y ait pour la théologie elle-même à
réclamer en faveur des buts de la simple pitié, nous aurions pourtant des perspectives
d'autant plus encourageantes en envisageant la science médicale, qui arme ses
disciples en vue d'une profession consacrée uniquement à soulager les souffrances
humaines. Le médecin peut réellement nous paraître le sauveur laïc de la vie ;
aucune autre profession ne peut se comparer à la sienne, étant donné les
bienfaits palpables de son exercice. Pleins de confiance en lui, nous devons
respecter ce qui lui prête les moyens de nous guérir de cruelles souffrances ;
c'est pourquoi nous regardons la science médicale comme la plus utile et la
plus précieuse, et sommes prêts à tout sacrifier à son exercice et à ses
exigences ; c'est elle, en effet, qui nous donne le praticien vraiment breveté
de la pitié active et personnelle, chose si rare à trouver parmi nous.
Quand
Méphistophélès met en garde contre le « poison caché » de la théologie, nous
voulons croire cet avertissement aussi malicieux que son éloge suspect de la
médecine, dont il veut, pour consoler les médecins, laisser les succès
pratiques « à la grâce de Dieu ». Mais justement, cette bonne opinion malicieuse
qu'il professe à l'égard de la science médicale nous fait craindre qu'elle ne
contienne sinon « un poison caché », du moins un poison bien ostensible, que le
rusé compère ne vise qu'à nous cacher par son éloge provocant.
Il est
surprenant, toutefois, que cette Science,
qu’on juge généralement comme la plus utile, fasse voir de plus en plus
clairement qu’elle n’est pas réellement une science, et tâche d’autant plus de
se soustraire à l’expérience pratique pour arriver grâce à des notions de plus
en plus positives, à l'infaillibilité qu'elle veut atteindre au moyen d'opérations
spéculatives. Ce sont des docteurs-médecins eux-mêmes qui nous en informent.
Les opérateurs-professeurs de physiologie spéculative peuvent les déclarer
incompétents, [ces médecins] qui s'imaginaient qu'il s'agit surtout, dans l'exercice
de l'art de guérir, de l'expérience accessible aux seuls docteurs-médecins, du
coup d'oeil assuré de l'individu doué d'aptitudes médicales spéciales, et enfin
de son dévouement profond, qui le fait venir en aide, autant que possible, aux
malades qui se confient à lui. Mahomet, après avoir passé en revue toutes les
merveilles de la création, finit par reconnaître que la plus grande merveille
est que les hommes aient pitié les uns des autres ; nous accordons aveuglément
cette [pitié] à notre médecin, tant que nous nous fions à lui, et le mettons,
par conséquent, plus haut que le physiologiste qui spécule, dans la salle de
dissection, et recherche, pour sa gloire, des résultats abstraits. Mais nous perdons
cette confiance quand nous apprenons, comme l’autre jour, qu'une réunion de
docteurs-médecins, par peur de la « science » ou craignant d'être pris pour des
hypocrites ou des superstitieux, se sont laissé aller à démentir les qualités
seules dignes de confiance que les malades leur supposent, et à se faire les plats
valets du martyre spéculatif des animaux, en déclarant que, si l'on supprimait
les exercices de dissection que messieurs les étudiants font sur les animaux
vivants, le docteur-médecin ne pourrait plus, dans un avenir prochain, soigner
ses malades.
Heureusement,
les quelques renseignements que nous avons recueillis sur ce qu'il y a de juste
et de vrai à ce sujet, sont si parfaitement édifiants, que la lâcheté de ces
autres messieurs ne saurait plus nous enthousiasmer pour cette torture qu'ils
recommandent avec philanthropie ; mais, au contraire, nous nous sentons enclins
à ne plus confier notre santé et notre existence à un médecin qui en tire son
enseignement : car nous le considérons comme un homme incapable de pitié et qui
triche dans son métier.
Éclairés d'une
façon si instructive sur le bousillage effrayant de cette « science »
recommandée au respect extraordinaire et à la protection puissante du « grand public
», et surtout de nos ministres et de nos conseillers princiers, comme
récemment l'ont recommandée plusieurs docteurs-médecins dans leurs traités
remarquables surtout par leur allemand élégant, nous pouvons espérer à bon
droit que le spectre de l'utilité de la vivisection ne viendra pas nous
hanter dans nos efforts ultérieurs ; il nous importera désormais uniquement de cultiver
avec énergie chez nous la religion de la pitié, en dépit des fidèles du
dogme de l'utilité. Malheureusement, la façon de considérer les choses
humaines que nous venons d’adopter, nous a montré que la pitié était rayée de
la législation de notre société ; car nous avons vu, sous prétexte de s'occuper
de l'homme, nos institutions médicales même se transformer en écoles de la
brutalité, – au nom de « la science », – celle-ci, un jour, se détournera
naturellement des animaux contre l'homme, qui n'aura plus aucune protection
contre ses expériences.
Guidés par
cette irrésistible révolte que nous inspirent les terribles souffrances
causées volontairement aux animaux, trouverons-nous le chemin qui mènera au
seul royaume rédempteur qu'est la pitié éprouvée pour tout ce qui vit, comme
dans un paradis perdu et reconquis consciemment ? –
Lorsque la
sagesse humaine s'aperçut un jour que c'est le même souffle qui anime l'animal
et l'homme, il sembla trop tard déjà pour détourner la malédiction que nous
paraissions avoir attirée sur nous, nous mettant au niveau des bêtes féroces
en consommant de la nourriture animale : maladies et misères de toute sorte
auxquelles nous ne voyions pas exposés les hommes qui ne vivaient que de
végétaux. La reconnaissance que nous en avons acquise nous fit apercevoir la
profonde culpabilité de notre existence terrestre : elle décida ceux qui en étaient
convaincus à renoncer à tout ce qui excite les passions et à s'abstenir de
toute nourriture animale. C'est à ces sages que se dévoila le mystère du monde
comme un incessant mouvement de déchirement qui ne pouvait être racheté pour
revenir à l'unité saine et tranquille que par la pitié.
Seule la
pitié, qu'il avait pour tout être qui respire, délivra le sage de la
métamorphose incessante de toutes les existences douloureuses par lesquelles il
devait passer jusqu'à rédemption définitive. C'est pourquoi il plaignait
l'homme sans pitié pour sa souffrance, et plaignait plus profondément encore
l'animal qu'il voyait souffrir, de le savoir incapable d'être délivré par la
pitié. Ce sage reconnut que l'être doué de raison atteint au bonheur suprême
par des souffrances volontaires que, partant, il recherche avec un zèle
extrême et subit avec passion, tandis que l'animal n'attend la souffrance
absolue qui lui est si inutile, qu'avec l’anxiété la plus terrible et une
répugnance horrible. Et plus digne de compassion encore paraissait à ces sages
l'homme qui pouvait tourmenter volontairement un animal et rester insensible à
ses souffrances, car il savait que celui-là était encore plus éloigné de la
rédemption que l'animal même : celui-ci, par comparaison, devait lui apparaître
innocent comme un saint.
Des peuples, chassés
vers des climats plus rudes, se voyant, pour préserver leur existence, réduits
à la nourriture animale, ont conservé jusqu'à des époques récentes, la
conscience que l'animal appartient non pas à eux, mais à une divinité ; ils savaient
qu'en tuant ou abattant un animal, ils se rendaient coupables d'un crime dont
ils devaient demander pardon à Dieu : ils lui immolaient l'animal et lui
offraient, en action de grâces, les parties les plus nobles de la proie. Ce qui
avait été ici un sentiment religieux, survécut, après la décadence des
religions, dans des philosophies plus récentes, comme une pensée pleine
d'humanité ; qu'on lise le beau traité de Plutarque : Sur l'intelligence des
animaux terrestres et aquatiques ; avec sensibilité, on considérera alors
comme ignominieuses les idées de nos savants et de leurs pareils.
Jusqu'ici,
mais non au delà, hélas! nous pouvons suivre les traces de cette pitié, fondée
sur la religion, que nos ancêtres humains ressentaient pour les animaux, et il
semble que le progrès de la civilisation, en rendant l'homme indifférent « au Dieu »,
l'ait transformé en animal féroce ; en effet, nous avons vu un César romain,
revêtu d'une peau de bête, mimer en public un animal féroce.
Un Être divin sans péché se chargea
lui-même de la somme énorme des péchés de toute cette existence
et la racheta
par sa mort douloureuse. C'est par cette mort expiatoire que
tout être qui vit
et respire put se savoir racheté, pourvu qu'il la comprit et la
prit en
exemple, pour l'imiter. Voilà ce que firent les martyrs et les
saints qui
furent irrésistiblement entraînés à la souffrance volontaire en
se plongeant
dans la source de pitié jusqu'à la destruction de tout mensonge
du monde. Il y
a des légendes qui nous rapportent que les animaux s'attachèrent
avec familiarité
à ces saints, – non pas peut-être uniquement pour la protection
dont ils étaient assurés, mais parce qu'ils étaient attirés en outre par
le mobile puissant de
la compassion qui en pouvait résulter : c'est qu'ici il y avait à
lécher des
blessures et peut-être aussi une main affectueuse et
protectrice. Dans ces
légendes, comme, par exemple, celle de la biche de sainte
Geneviève, et tant
d'autres analogues, il y a probablement un sens qui dépasse
l'ancien Testament. –
Or,
ces légendes ont disparu ; l'ancien Testament est vainqueur aujourd'hui, et
l'animal féroce est devenu l'animal « qui calcule ». Notre credo dit :
L’animal est utile, surtout quand il se soumet à nous, en se fiant à notre
protection ; faisons donc de lui ce que bon nous semble, au profit des
hommes ; nous avons le droit de torturer mille chiens fidèles pendant de
longs jours, si nous aidons par là un homme à jouir du bien-être « cannibalesque »
de « cinq cents cochons ».










