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vendredi 27 mars 2015

"Les francs-maçons, une filiation légendaire avec les Templiers" (Blanrue dans Historia, 01/01/2010, n°757)

Se chercher des ancêtres chevaliers plutôt que tailleurs de pierre est tentant. Voilà pourquoi rites d'initiation et mots codés donnent du fil à retordre à Robert Langdon dans la Maison du Temple à Washington...
Le vendredi 13 octobre 1307, dans le royaume de France, les Templiers sont arrêtés sans résistance et leurs biens confisqués. Après sept ans d'interrogatoires, ils avouent sous la torture les pires atrocités, de l'hérésie au cannibalisme. Jugés, beaucoup sont brûlés vifs. Le 23e et dernier maître de l'ordre du Temple, Jacques de Molay, meurt sur le bûcher, à Paris, le 18 mars 1314. Son exécution marque la fin officielle du Temple. Cette date est aussi le début des légendes - dorées ou noires, c'est selon - de l'Ordre. L'une d'elles raconte que les Templiers ont poursuivi leurs activités en secret pour créer la franc-maçonnerie.
Cette croyance apparaît au XVIIIe siècle dans les milieux maçonniques eux-mêmes, qui voient dans les Templiers le maillon les reliant aux bâtisseurs mythiques du Temple de Salomon. Plus tard, la littérature ésotérique développe ce thème, en y ajoutant un mystérieux trésor, souvent lié à la légende du Graal, considéré comme source de la puissance templière et maçonnique. De tels récits connaissent un regain d'intérêt en raison de livres à succès comme le Da Vinci Code de Dan Brown, ou Des Templiers aux francs-maçons de Michaël Baigent et Richard Leigh (Le Rocher, 2007) - auteurs dont Brown s'est directement inspiré, à tel point que le litige a donné lieu à un procès pour plagiat. 
 
Les deux sociétés reposent sur des mythes bibliques
 
Contrairement à celle de la franc-maçonnerie, l'histoire du Temple est assez claire. Tout commence en 1099 : après la prise de Jérusalem, Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer fondent un nouvel ordre chevaleresque, les Templiers. Son but est d'assurer la protection des pèlerins en Terre sainte. Reconnus par le pape Honorius II en 1129, ces moines soldats acquièrent un pouvoir extraordinaire. Grâce aux dons que l'aristocratie leur octroie, ils achètent des bâtiments et des terres, où ils édifient des places fortes et des commanderies (9 000 au total, dont 700 en France), vastes exploitations agricoles. À Jérusalem, ils possèdent deux couvents ; à Saint-Jean-d'Acre, ils ont leur propre port ; à la fin du XIIe siècle, un tiers des terres de Paris leur appartient.
Leur puissance militaire est énorme : on compte 15 000 Templiers, dont un sur dix est chevalier. Les commanderies développent un système comparable à celui des grandes banques internationales, qui aident le Trésor royal à financer les croisades. Mais quand Saint-Jean-d'Acre est pris par les musulmans en 1291, les Templiers rentrent en France, où ils deviennent vite encombrants. Dès lors, le roi Philippe le Bel (1268-1314) prend ombrage de cette force qui échappe à son pouvoir et qui refuse, de surcroît, de financer ses guerres. Utilisant le témoignage d'un ancien Templier, qui évoque des rites obscènes pratiqués entre chevaliers, il convainc le pape Clément V d'excommunier l'Ordre. C'est le début de la fin des Templiers.
Ce n'est qu'au XVIIIe siècle qu'apparaît la franc-maçonnerie telle que nous la connaissons, ses rapports avec l'ordre du Temple semblent donc bien lointains. À ceci près que plusieurs éléments sont mis en avant par divers auteurs pour accréditer une descendance cachée. D'abord, la franc-maçonnerie spéculative se réclame d'origines remontant aux supposées « loges opératives » des artisans maçons du Moyen Âge. Or, les Templiers furent de grands bâtisseurs. Les maçons étaient nombreux sur leurs chantiers, entretenant avec eux, durant au moins deux siècles, des liens étroits. Mais rien ne permet de dire que les maçons engagés par les chevaliers du Temple sont aux origines de la franc-maçonnerie.
Autre point commun allégué : il s'agit, dans les deux cas, de sociétés secrètes, ou tout au moins discrètes, fortement hiérarchisées, développant une intronisation et un rituel spécifiques fondés sur les mythes bibliques. Leurs cérémonies, leurs symboles recèlent leur part d'ombre. Certains ont ainsi vu une ressemblance entre la ceinture en peau de mouton des Templiers et les « tabliers » des francs-maçons, sans que le rapport ne soit jamais établi. On trouve une analogie similaire dans le nom des grades : en 1750, le premier grade initiatique « templier » apparaît dans des loges de Poitiers et de Quimper, sous le nom de « Sublime Chevalier Élu ». Il est censé révéler au frère qu'Hiram, le constructeur du Temple de Salomon assassiné, a été vengé par les autres maîtres du chantier. Dans les cahiers de Quimper et de Poitiers, la mort de Jacques de Molay, jugée injuste, est associée à celle d'Hiram. C'est la première version connue d'une association entre Templiers et francs-maçons. Mais elle est bien tardive (quatre siècles après la mort du dernier maître templier) pour révéler quoi que ce soit.
On a imputé aux Templiers comme aux francs-maçons la négation du Dieu des chrétiens. Les premiers sont supposés avoir adoré une curieuse idole nommée « Baphomet », qui ne serait autre que Mahomet. Les seconds ont été condamnés, dès 1738, par le pape Clément XII, ce qui a entraîné l'excommunication automatique des francs-maçons (en 2007, encore, l'Église a redit que les deux doctrines sont incompatibles). Mais à nouveau, il est impossible de faire descendre une société de l'autre, au motif qu'elles sont toutes deux condamnées par la même Église. Il faut donc chercher ailleurs les raisons de cette filiation supposée.
Le premier à semer le doute sur une descendance possible est le Français d'origine écossaise Andrew Michael de Ramsay, dit le chevalier de Ramsay (1686-1743), écrivain, philosophe et grand orateur de l'ordre maçonnique. Initié à la Horn Lodge en mars 1730, il introduit en France la franc-maçonnerie de rite écossais. Dans un discours à la loge Saint-Thomas à Paris, en 1736, où il évoque « nos ancêtres, les croisés », il déclare que la franc-maçonnerie est « un ordre moral institué par nos ancêtres dans la Terre sainte pour rappeler le souvenir des vérités les plus sublimes [...] ». 



 Les Templiers se seraient réfugiés en Écosse
 
Or dans ce discours, Ramsay n'évoque pas les Templiers, mais l'ordre hospitalier Saint-Jean de Jérusalem, créé vers 1050 et reconnu en 1113 par le pape Pascal II : « Notre ordre, écrit-il en effet, s'unit intimement avec les Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Dès lors et depuis nos Loges portèrent le nom de Loges de saint Jean dans tous les pays. » De plus, aucun document ne vient à l'appui de la thèse de Ramsay, qui n'est qu'un doux rêve destiné à faire la promotion d'une société « secrète » qui commence à être critiquée par l'Église. Il s'agit pour lui de convaincre les aristocrates et les bourgeois d'entrer en maçonnerie et leur faire croire qu'ils appartiennent à une institution vénérable.
Tout ceci n'empêche pas Karl Gotthelf, baron von Hund und Altengrottkau (1722-1776), de reprendre ce mythe des croisades lors de la création en Allemagne, le 24 juin 1751, du système dit la « Stricte Observance » (composé de sept grades : apprenti, compagnon, maître, écossais, novice, chevalier du Temple et chevalier profès). Von Hund propose de manière formelle de réhabiliter la mémoire de Templiers et de recouvrer les biens dont ils ont été spoliés. Il parvient à réunir sous cet étendard une grande partie de la noblesse allemande, puis européenne. Mais évidemment, rien ne prouve, là non plus, que cet ordre soit réellement affilié, en ligne directe, aux Templiers.
Il n'empêche, la légende est née et s'appuie sur l'épopée du Templier Pierre d'Aumont et de quelques chevaliers grimés en maçons qui auraient réussi à passer à travers les mailles du filet tendu par Philippe le Bel, et trouvé refuge en Écosse, sur l'île de Mull, en passant par La Rochelle, non sans oublier d'emporter avec eux le fabuleux trésor de l'Ordre. Avant leur départ, au soir du 13 mars 1314, ils auraient même récupéré les cendres de Jacques de Molay qu'ils auraient jeté en direction de l'île de la Cité, en criant, en signe de vengeance, « Mac Benach ! », qui n'est autre que le mot de passe du 3e degré du rite écossais.
Puis, après avoir trouvé asile auprès des « chevaliers de Saint-André du Chardon » ils auraient participé à la bataille de Bannockburn en 1314 avec le roi Robert Ier d'Écosse (1274-1329), de la maison Bruce, contre les Anglais. Les Templiers, ayant trouvé une cache en Écosse, auraient alors commencé à « noyauter » les corporations de métiers pour créer les premières loges maçonniques, destinés à les venger de l'absolutisme royal français. Cette histoire, qui ne repose sur aucune source fiable (la formule « Mac Benach », par exemple, n'apparaît que bien plus tard dans les rituels maçonniques), a pour unique objet de relier les Templiers aux origines écossaises, bien réelles, de la franc-maçonnerie : la plus ancienne loge connue, celle de Mary's Chapel , est, en effet, fondée en 1599 par William de Saint Clair. 
 
Un certain von Hund influence le rite Écossais Rectifié
 
Quant au « trésor », quel qu'il fût, on sait que les souverains d'Europe se le sont partagé lors de la dissolution de l'Ordre. Les biens immobiliers furent légués à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Rien n'indique non plus qu'un certain Aumont ait émigré en Écosse. Quant à l'ordre du Chardon, il n'est créé qu'en 1687, ce qui est un peu tard pour coïncider avec l'abracadabrante histoire de l'évasion de Templiers par La Rochelle.
Le « système » du baron von Hund va pourtant influencer le rite Écossais Rectifié, mis au point par le Français Jean-Baptiste Willermoz (1730-1824). Mais le caractère historique de la descendance templière est repoussé lors du convent maçonnique de Wilhelmsbad en 1782. Pour calmer les autorités qui s'inquiètent de l'affichage d'ambitions peu compatibles avec l'ordre royal, Willermoz s'emploie à faire disparaître ces traces mythiques pour n'en conserver que l'aspect symbolique.
Toutes ces rumeurs vont permettre à d'autres sociétés secrètes de reprendre le flambeau. Ainsi, au début du XIXe siècle, à Paris, un médecin nommé Bernard Fabre-Palaprat (1773-1838), affirme avoir découvert la « Charte Larmenius », pseudo-liste secrète des « grands maîtres » ayant succédé à Jacques de Molay. En 1808, il organise même une messe en mémoire de ce dernier - avec l'appui de Napoléon, qui voit là une occasion de damer le pion au pape. Palaprat n'est que l'un des premiers d'une longue liste d'illuminés, dont le plus célèbre en date est Joseph di Mambro (1924-1994), gourou de la secte du Temple solaire, dont on connaît la fin tragique. Le rêve finit parfois en cauchemar.
Au final, il ne reste rien de la séduisante hypothèse faisant des Templiers les ancêtres des francs-maçons. Tout au plus, cette filiation est-elle aujourd'hui considérée par certains comme étant de l'ordre du symbole.
 
Paul-Eric Blanrue

Pourquoi Faurisson n'a-t-il pas le droit de s'exprimer ? "Le verrou de la pensée". Extraits.


Film documentaire lauréat du Jury Audiovisuel 2007 du festival de la presse et des médias de l'ISCPA Paris. Écrit et réalisé par Angélique Boilet et Marine Brulant, ce documentaire mériterait d'être diffusé en intégralité.

jeudi 26 mars 2015

Connaissez-vous Lalibela ?

De très belles images des émouvantes églises de Lalibela, en Éthiopie. Culminant à 2 600 m, ce site est surnommé la "Jérusalem d'Afrique". Les onze églises rupestres que compte ce village de l'ancien royaume d'Abyssinie ont été creusées dans la roche volcanique au XIIe siècle par le roi Lalibela (1172-1212). Ce souverain, dit-on, avait distribué toute sa fortune aux pauvres et vivait comme un ascète. Il avait lancé la construction de ces églises souterraines, taillées à même le sol, après un voyage à Jérusalem dans le but d'épargner aux habitants de son royaume un long périple jusqu'à la Ville sainte. 



Le crash civilisationnel. Par Paul-Éric Blanrue.

- Crash de l'A320, deux remarques :
1° le commandant de bord s'est retrouvé "enfermé à l'extérieur" du cockpit car le copilote a refusé de lui ouvrir. Les experts de la sécurité de l'après 911, à force de paranoïa, ont réussi la prouesse d'empêcher le pilote "parti assouvir un  besoin naturel" de reprendre les commandes d'un appareil que le copilote a volontairement fait piquer jusqu'au crash final.
2° le copilote, fortement soupçonné par les enquêteurs d'être le responsable du drame, s'appelle Andreas Lubitz. Je n'en dirai pas davantage pour le moment.


Andreas Lubitz posant devant le Golden Gate (San Francisco, Californie)
- Ami de Frédéric II et de la Grande Catherine, Voltaire n'est pas en odeur de sainteté dans une certaine dissidence. Ce n'est pas très grave : son oeuvre plaide pour lui. Ses idées sont certainement moins importantes que son style. Mais quel style ! Il a fasciné des auteurs aussi différents que Nietzsche (qui lui a dédicacé un de ses livres majeurs) et Victor Hugo qui lui a dressé un panégyrique : "En présence de cette société frivole et lugubre, Voltaire, seul, ayant là sous ses yeux toutes ces forces réunies, la cour, la noblesse, la finance ; cette puissance inconsciente, la multitude aveugle ; cette effroyable magistrature, si lourde aux sujets, si docile aux maîtres, écrasant et flattant, à genoux sur le peuple devant le roi ; ce clergé mélangé sinistrement d’hypocrisie et de fanatisme, Voltaire seul déclara la guerre à cette coalition de toutes les iniquités sociales." Joseph de Maistre, grand catholique s'il en fut, avait tout lu de lui et en éprouvait un vertige, se déclarant "suspendu entre l’admiration et l’horreur". Charles Maurras lui-même écrivit en 1922 : "Montesquieu et Voltaire avaient pour eux un grand savoir, l'exercice de la raison et ce sens naturel des proportions humaines, le bon goût et le sens commun (...) Ainsi que l'avait vu Voltaire, éclairé par le génie antisémitique de l'Occident, la France avait envie d'aller à quatre pattes et de manger du foin. Elle y alla. Elle en mangea. Ces appétits contre nature se gavèrent selon Rousseau." Voltaire a composé des ouvrages de métaphysique qui ridiculisaient les athées de son temps, ce qui suffit à l'absoudre. Il a également été le premier historien libre du royaume de France, ses précédents collègues étant rétribués par des princes et des mécènes dont ils devaient faire l'éloge pour ne pas sombrer dans la misère. Son "Siècle de Louis XIV" est encore prisé par les historiens actuels pour son acribie. Léon Poliakov a vu en lui "le pire antisémite du XVIIIe siècle" : je vous en laisse juges.

Extrait de : Paul-Éric Blanrue, Le Monde contre soi - Propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme (Éditions Blanche, 2007).

« Le pire antisémite français du XVIIIe siècle » (Léon Poliakov)

- Lettres philosophiques (1734), section I : 
+ Abraham (article) : Les Juifs firent donc de l’histoire et de la fable ancienne ce que leurs fripiers font de leurs vieux habits ; ils les retournent et les vendent comme neufs le plus chèrement qu’ils peuvent.
C’est un singulier exemple de la stupidité humaine, que nous ayons si longtemps regardé les Juifs comme une nation qui avait tout enseigné aux autres, tandis que leur historien Josèphe avoue lui-même le contraire. Il est difficile de percer dans les ténèbres de l’Antiquité ; mais il est évident que tous les royaumes de l’Asie étaient florissants avant que la horde vagabonde des Arabes appelés Juifs possédât un petit coin de terre en propre,avant qu’elle eût une ville, des lois, et une religion fixe. Lors donc qu’on voit un ancien rite, une ancienne opinion établie en Égypte ou en Asie, et chez les juifs, il est bien naturel de penser que le petit peuple nouveau, ignorant, grossier, toujours privé des arts, a copié, comme il a pu, la nation antique, floris- sante et industrieuse.
+ Juifs (article) : Tout est miracle chez eux : leurs oracles ne leur ont prédit que des conquêtes : ceux qui en effet sont devenus conquérants n’ont pas eu de peine à croire ces anciens oracles que l’événement justifiait. Ce qui distingue les Juifs des autres nations, c’est que leurs oracles sont les seuls véritables : il ne nous est pas permis d’en douter. Ces oracles, qu’ils n’entendent que dans le sens littéral, leur ont prédit cent fois qu’ils seraient les maîtres du monde : cependant ils n’ont jamais possédé qu’un petit coin de terre    pendant    quelques    années ;    ils    n’ont pas aujourd’hui un village en propre. Ils doivent donc croire, et ils croient en effet qu’un jour leurs prédictions s’accompliront, et qu’ils auront l’empire de la terre. Ils sont le dernier de tous les peuples parmi les musulmans et les chrétiens, et ils se croient le premier. Cet orgueil dans leur abaissement est justifié par une raison sans réplique ; c’est qu’ils sont réellement les pères des chrétiens et des musulmans. [...] Ou voit d’abord en Égypte une famille de soixante et dix personnes produire, au bout de deux cent quinze ans, une nation dans laquelle on compte six cent mille combattants, ce qui fait, avec les femmes, les vieillards et les enfants, plus de deux millions d’âmes. Il n’y a point d’exemple sur la terre d’une population si prodigieuse : cette multitude sortie d’Égypte demeura quarante ans dans les déserts de l’Arabie Pétrée, et le peuple diminua beaucoup dans ce pays affreux. Ce qui resta de la nation avança un peu au nord de ces déserts. Il paraît qu’ils avaient les mêmes principes qu’eurent depuis les peuples de l’Arabie Pétrée et Déserte, de massacrer sans miséricorde les habitants des petites bourgades sur lesquels ils avaient de l’avantage, et de réserver seule- ment les filles. [...] Les Juifs arrivèrent dans un pays sablonneux, hérissé de montagnes, où il y avait quelques villages habités par un petit peuple nommé les Madianites. Ils prirent dans un seul camp de Madianites six cent soixante et quinze mille moutons, soixante et douze mille bœufs, soixante et un mille ânes, et trente-deux mille pucelles.Tous les hommes, toutes les femmes, et les enfants mâles, furent massacrés : les filles et le butin furent partagés entre le peuple et les sacrificateurs.
Ils s’emparèrent ensuite, dans le même pays, de la ville de Jéricho; mais ayant voué les habitants de cette ville à l’anathème, ils massacrèrent tout jusqu’aux filles mêmes, et ne pardonnèrent qu’à une courtisane nommée Rahab, qui les avait aidés à surprendre la ville.
Les savants ont agité la question si les Juifs sacrifiaient en effet des hommes à la Divinité, comme tant d’autres nations. C’est une question de nom : ceux que ce peuple consacrait à l’anathème n’étaient pas égorgés sur un autel avec des rites religieux; mais ils n’en étaient pas moins immolés, sans qu’il fût permis de pardonner à un seul.
[...] On demande aussi quel droit des étrangers tels que les Juifs avaient sur le pays de Chanaan : on répond qu’ils avaient celui que Dieu leur donnait. À peine ont-ils pris Jéricho et Laïs qu’ils ont entre eux une guerre civile dans laquelle la tribu de Benjamin est presque toute exterminée, hommes, femmes et enfants ; il n’en resta que six cents mâles : mais le peuple, ne voulant point qu’une des tribus fût anéantie, s’avisa, pour y remédier, de mettre à feu et à sang une ville entière de la tribu de Manassé, d’y tuer tous les hommes, tous les vieillards, tous les enfants, toutes les femmes mariées, toutes les veuves, et d’y prendre six cents vierges, qu’ils donnèrent aux six cents survivants de Benjamin pour refaire cette tribu, afin que le nombre de leurs douze tribus fût toujours complet. [...] Il paraît que les Juifs apprirent peu de chose de la science des mages : ils s’adonnèrent aux métiers de courtiers, de changeurs et de fripiers ; par là ils se rendirent nécessaires, comme ils le sont encore, et ils s’enrichirent. [...] Hérode, protégé depuis par Auguste, devint un des plus puissants princes parmi les petits rois de l’Arabie. Il répara Jérusalem ; il rebâtit la forteresse qui entourait ce temple si cher aux Juifs, qu’il construisit aussi de nouveau, mais qu’il ne put ache- ver : l’argent et les ouvriers lui manquè- rent. C’est une preuve qu’après tout Hérode n’était pas riche, et que les Juifs, qui aimaient leur temple, aimaient encore plus leur argent comptant.
[...] Une fille d’Agrippa fut cette Bérénice, célèbre pour avoir été aimée d’un des meilleurs empereurs dont Rome se vante. Ce fut elle qui, par les injustices qu’elle essuya de ses compatriotes, attira les ven- geances des Romains sur Jérusalem. Elle demanda justice. Les factions de la ville la lui refusèrent.L’esprit séditieux de ce peuple se porta à de nouveaux excès; son caractère en tout temps était d’être cruel, et son sort d’être puni. Vespasien    et Titus    firent    un    siège    mémorable, qui finit par la destruction de la ville (NdA : Jérusalem). Josèphe l’exagérateur prétend que dans cette courte guerre il y eut plus d’un million de Juifs massacrés. Il ne faut pas s’étonner qu’un auteur qui met quinze mille hommes dans chaque village tue un million d’hommes. [...] Il résulte de ce tableau raccourci que les Hébreux ont presque toujours été ou errants, ou brigands, ou esclaves, ou séditieux :    ils    sont    encore    vagabonds aujourd’hui sur la terre, et en horreur aux hommes, assurant que le ciel et la terre, et tous les hommes, ont été créés pour eux seuls. [...] Vous demandez quelle était la philosophie des Hébreux ; l’article sera bien court : ils n’en avaient aucune. Leur législateur même ne parle expressément en aucun endroit ni de l’immortalité de l’âme,ni des récompenses d’une autre vie. [...] On dit communément que l’horreur des Juifs pour les autres nations venait de leur horreur pour l’idolâtrie ; mais il est bien plus vraisemblable que la manière dont ils exterminèrent d’abord quelques peuplades du Canaan, et la haine que les nations voisines conçurent pour eux, furent la cause de cette aversion invincible qu’ils eurent pour elles. Comme ils ne connais- saient de peuples que leurs voisins ils crurent en les abhorrant détester toute la terre, et s’accoutumèrent ainsi à être les ennemis de tous les hommes.
[...] Dire que les Égyptiens, les Perses, les Grecs, furent instruits par les Juifs, c’est dire que les Romains apprirent les arts des Bas-Bretons. Les Juifs ne furent jamais ni physiciens, ni géomètres, ni astronomes. Loin d’avoir des écoles publiques pour l’instruction de la jeunesse, leur langue manquait même de terme pour exprimer cette institution. Les peuples du Pérou et du Mexique réglaient bien mieux qu’eux leur année. Leur séjour dans Babylone et dans Alexandrie, pendant lequel des particuliers purent s’instruire, ne forma le peuple que dans l’art de l’usure. Ils ne surent jamais frapper    des    espèces ;    et    quand    Antiochus Sidètes leur permit d’avoir de la monnaie à leur coin, à peine purent-ils profiter de cette permission pendant quatre ou cinq ans ; encore on prétend que ces espèces furent frappées dans Samarie. De là vient que les médailles juives sont si rares, et presque toutes fausses. Enfin vous ne trouvez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent. Il ne faut pourtant pas les brûler.
(Section IV, réponse à quelques objections, cinquième lettre): [...] Assassinats juifs. Les Juifs ont-ils été anthropophages ?    Leurs    mères   ont-elles couché avec des boucs ? Les pères et mères ont-ils immolé leurs enfants ? Et de quelques autres belles actions du peuple de Dieu. Messieurs, j’ai un peu gourmandé votre secrétaire : il n’est pas dans la civilité de gronder les valets d’autrui devant leurs maîtres ;    mais    l’ignorance    orgueilleuse révolte dans un chrétien qui se fait valet d’un Juif. Je m’adresse directement à vous pour n’avoir plus affaire à votre livrée. Calamités juives et grands assassinats. Permettez-moi d’abord de m’attendrir sur toutes vos calamités ; car, outre les deux cent trente-neuf mille vingt Israélites tués par l’ordre du Seigneur, je vois la fille de Jepthé immolée par son père. Il lui fit comme il l’avait voué. Tournez-vous de tous les sens; tordez le texte, disputez contre les Pères de l’Église; il lui fit comme il avait voué; et il avait voué d’égorger sa fille pour remercier le Seigneur. Belle action de grâces !
Oui, vous avez immolé des victimes humaines    au    Seigneur ;    mais    consolez- vous ; je vous ai dit souvent que nos Welches et toutes les nations en firent autant autrefois.
[...] Parmi vos calamités, qui m’ont fait tant de fois frémir, j’ai toujours compté le malheur que vous avez eu de manger de la chair    humaine. Vous    dites    que    cela    n’est arrivé que dans les grandes occasions, que ce n’est pas vous que le Seigneur invitait à sa table pour manger le cheval et le cava- lier, que c’étaient les oiseaux qui étaient les convives ; je le veux croire. Si les dames juives couchèrent avec des boucs. Vous prétendez que vos mères n’ont pas couché avec des boucs, ni vos pères avec des chèvres. Mais dites-moi, Messieurs, pourquoi vous êtes le seul peuple de la terre à qui les lois aient jamais fait une pareille défense ? Un législateur se serait-il jamais avisé de promulguer cette loi bizarre, si le délit n’avait pas été commun ? Si les Juifs immolèrent des hommes. Vous osez assurer que vous n’immoliezpas des    victimes    humaines    au    Seigneur ;    et qu’est-ce donc que le meurtre de la fille de Jephté, réellement immolée, comme nous l’avons déjà prouvé par vos propres livres ? [...] Des enfants juifs immolés par leurs mères. Je vous dis que vos pères ont immolé leurs enfants, et j’appelle en témoignage vos prophètes. Isaïe leur reproche ce crime de cannibales : « Vous immolez aux dieux vos enfants dans des torrents, sous des pierres. » Vous m’allez dire que ce n’était pas au Seigneur Adonaï que les femmes sacrifiaient les fruits de leurs entrailles, que c’était à quelque autre dieu. Il importe bien vrai- ment que vous ayez appelé Melkom, ou Sadaï, ou Baal, ou Adonaï, celui à qui vous immoliez vos enfants ; ce qui importe, c’est que vous ayez été des parricides. C’était, dites-vous, à des idoles étrangères que vos pères faisaient ces offrandes : eh bien, je vous plains encore davantage de descendre d’aïeux parricides et d’idolâtres.Je gémirai avec vous de ce que vos pères furent tou- jours idolâtres pendant quarante ans dans le désert de Sinaï,comme le disent expres- sément Jérémie, Amos et saint Étienne. 
(Sixième lettre) :
Sur la beauté de la terre promise. Ne me reprochez pas de ne vous point aimer : je vous aime tant, que je voudrais que vous fussiez tous dans Hershalaïm au lieu des Turcs qui dévastent tout votre pays, et qui ont bâti cependant une assez belle mosquée sur les fondements de votre temple,et sur la plate-forme construite par votre Hérode. [...] Quoique la Palestine n’égale pas la Provence, et que Marseille seule soit supé- rieure à toute la Judée, qui n’avait pas un port de mer ; quoique la ville d’Aix soit dans une situation incomparablement plus belle que Jérusalem,vous pourriez faire de votre terrain à peu près ce que les Provençaux ont fait du leur.Vous exécuteriez à plaisir dans votre détestable jargon votre détestable musique. Il est vrai que vous n’auriez pas de chevaux, parce qu’il n’y a que des ânes vers Hershalaïm, et qu’il n’y a jamais eu que des ânes. Vous manqueriez souvent de froment, mais vous en tireriez d’Égypte ou de la Syrie. [...] Elle est bien mauvaise, cette terre promise. [...] Retournez en Judée le plus tôt que vous pourrez. Je vous demande seulement deux ou trois familles hébraïques pour établir au mont Krapack, où je demeure, un petit commerce nécessaire. Car si vous êtes de très ridicules théologiens (et nous aussi), vous êtes des commerçants très intelligents, ce que nous ne sommes pas. 
(Septième lettre) : Vous êtes des animaux calculants ; tâchez d’être des animaux pensants. 
+ Tolérance (article) : Le peuple juif était, je l’avoue, un peuple bien barbare. Il égorgeait sans pitié tous les habitants d’un malheureux petit pays sur lequel il n’avait pas plus de droit qu’il n’en a sur Paris et sur Londres.
Id°, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations (1756) : Si nous lisions l’histoire des Juifs écrite par un auteur d’une autre nation,nous aurions peine à croire qu’il y ait eu en effet un peuple fugitif d’Égypte qui soit venu par ordre exprès de Dieu immoler sept ou huit petites nations qu’il ne connaissait pas ; égorger sans miséricorde les femmes, les vieillards et les enfants à la mamelle, et ne réserver que les petites filles ; que ce peuple saint ait été puni de son Dieu quand il avait été assez criminel pour épargner un seul homme dévoué à l’anathème. Nous ne croirions pas qu’un peuple si abominable (les Juifs) eût pu exister sur la terre. Mais comme cette nation elle- même nous rapporte tous ses faits dans ses livres saints, il faut la croire.
[...] Toujours superstitieuse, toujours avide du bien d’autrui, toujours barbare, rampante dans le malheur, et insolente dans la prospérité, voilà ce que furent les Juifs aux yeux des Grecs et des Romains qui purent lire leurs livres. [...] Si Dieu avait exaucé toutes les prières de son peuple, il ne serait resté que des Juifs sur la terre;car ils détestaient toutes les nations,ils en étaient détestés ; et, en demandant sans cesse que Dieu exterminât tous ceux qu’ils haïssaient, ils semblaient demander la ruine de la terre entière. [...] N’est-il pas clair (humainement parlant, en ne considérant que les causes secondes) que si les Juifs, qui espéraient la conquête du monde, ont été presque toujours asservis, ce fut leur faute ? Et si les Romains dominèrent, ne le méritèrent-ils pas par leur courage et par leur prudence? Je demande très humblement pardon aux Romains de les comparer un moment avec les Juifs. [...] Si ces Ismaélites (NdA : les Arabes) ressemblaient aux Juifs par l’enthousiasme et la soif du pillage, ils étaient prodigieusement supérieurs par le courage, par la grandeur d’âme, par la magnanimité : leur histoire, ou vraie ou fabuleuse, avant Mahomet, est remplie d’exemples d’amitié, tels que la Grèce en inventa dans les fables de Pylade et d’Oreste, de Thésée et de Pirithous. L’histoire des Barmécides n’est qu’une suite de générosités inouïes qui élèvent l’âme. Ces traits caractérisent une nation. On ne voit au contraire, dans toutes les annales du peuple hébreu, aucune action généreuse. Ils ne connaissent ni l’hospitalité, ni la libéralité, ni la clémence. Leur souverain bonheur est d’exercer l’usure avec les étrangers ; et cet esprit d’usure, principe de toute lâcheté, est tellement enraciné dans leurs cœurs, que c’est l’objet continuel des figures qu’ils emploient dans l’espèce d’éloquence qui leur est propre. Leur gloire est de mettre à feu et à sang les petits villages dont ils peuvent s’emparer. Ils égorgent les vieillards et les enfants ; ils ne réservent que les filles nubiles ; ils assassinent leurs maîtres quand ils sont esclaves ; ils ne savent jamais pardonner quand ils sont vainqueurs : ils sont ennemis du genre humain. Nulle politesse, nulle science, nul art perfectionné dans aucun temps, chez cette nation atroce.
[...] Lorsque, vers la fin du XVe siècle, on voulut rechercher la source de la misère espagnole, on trouva que les Juifs avaient attiré à eux tout l’argent du pays par le com- merce et par l’usure. On comptait en Espagne plus de cent cinquante mille hommes de cette nation étrangère si odieuse et si nécessaire. [...] Les Juifs seuls sont en horreur à tous les peuples chez lesquels ils sont admis [...] On feignait de s’alarmer de la vanité que tiraient les Juifs d’être établis sur les côtes méridionales de ce royaume longtemps avant les chrétiens : il est vrai qu’ils avaient passé en Andalousie de temps immémorial; ils enveloppaient cette vérité de fables ridicules, telles qu’en a toujours débité ce peuple, chez qui les gens de bon sens ne s’appliquent qu’au négoce, et où le rabbinisme est abandonné à ceux qui ne peuvent mieux faire. Les rabbins espagnols avaient beaucoup écrit pour prouver qu’une colonie de Juifs avait fleuri sur les côtes du temps de Salomon, et que l’ancienne Bétique payait un tribut à ce troi- sième roi de Palestine; il est très vraisemblable que les Phéniciens, en découvrant l’Andalousie, et en y fondant des colonies, y avaient établi des Juifs qui servirent de courtiers, comme ils en ont servi partout ; mais de tout temps les Juifs ont défiguré la vérité par des fables absur-des.Ils mirent en œuvre de fausses médailles, de fausses inscriptions ; cette espèce de fourberie, jointe aux autres plus essentiel- les qu’on leur reprochait, ne contribua pas peu à leur disgrâce.
[...] Ils ont même été sur le point d’obtenir le droit de bourgeoisie en Angleterre vers l’an 1750 et l’acte du parlement allait déjà passer en leur faveur.Mais enfin le cri de la nation, et l’excès du ridicule jeté sur cette entreprise la fit échouer. Il courut cent pasquinades représentant mylord Aaron et mylord Judas séants dans la chambre des pairs. On rit, et les Juifs se contentèrent d’être riches et libres. [...] Vous êtes frappés de cette haine et de ce mépris que toutes les nations ont toujours eus pour les Juifs. C’est la suite inévitable de leur législation : il fallait, ou qu’ils subjugassent tout, ou qu’ils fussent écrasés. Il leur fut ordonné d’avoir les nations en horreur, et de se croire souillés s’ils avaient mangé dans un plat qui eût appartenu à un homme d’une autre loi. Ils appelaient les nations – vingt à trente bourgades – leurs voisines qu’ils voulaient exterminer, et ils crurent qu’il fallait n’avoir rien de commun avec elles. Quand leurs yeux furent un peu ouverts par d’autre nations victo- rieuses qui leur apprirent que le monde était plus grand qu’ils ne croyaient, ils se trouvèrent, par leur loi même, ennemis naturels de ces nations, et enfin du genre humain. Leur politique absurde subsista quand elle devait changer ; leur superstition augmenta avec leurs malheurs : leurs vainqueurs étaient incirconcis ; il ne parut pas plus permis à un Juif de manger dans un plat qui avait servi à un Romain que dans le plat d’un Amorrhéen ; ils gardèrent tous leurs usages, qui sont précisément le contraire des usages sociables. Ils furent donc avec raison traités comme une nation opposée en tout aux autres ; les servant par avarice, les détestant par fanatisme, se faisant de l’usure un devoir sacré. Et ce sont nos pères !
Id°, Candide, ou l’optimisme, chapitre vingt-septième, « Voyage de Candide à Constantinople »,    Romans    et    contes (1775), Garnier, Paris, 1960, p. 214 :
On fit venir un Juif, à qui Candide vendit pour cinquante mille sequins un diamant de la valeur de cent mille, et qui lui jura par Abraham qu’il n’en pouvait donner davantage.
Id°, Chapitre trentième, « Conclusion», p. 218: Il était tout naturel d’imaginer qu’après tant de désastres Candide, marié avec sa maîtresse et vivant avec le philosophe Pangloss, le philosophe Martin, le prudent Cacambo, et la vieille, ayant d’ailleurs rapporté tant de diamants de la patrie des anciens Incas, mènerait la vie du monde la plus agréable ; mais il fut tant friponné par les Juifs qu’il ne lui resta plus rien que sa petite métairie.
Id°, La Henriade (note de l’édition du chant cinquième, Œuvres complètes, tome dixième, 1785, p. 262, numéro 8) : 
Sur ces murs ténébreux des lances sont rangées ;
Dans des vases de sang leurs pointes sont plongées ; 
Appareil menaçant de leur mystère affreux (Note de Voltaire : «C’était pour l’ordinaire des juifs que l’on se servait pour faire des opérations magiques. Cette ancienne superstition vient des secrets de la Cabale dont les juifs se disaient seuls dépositaires. Catherine de Médicis, la maré- chale d’Ancre et beaucoup d’autres employèrent des juifs à ces prétendus sortilèges. »)
[...]
Le prêtre de ce temple est un des ces Hébreux 
Qui, proscrits sur la terre, et citoyens du monde,
Portent de mer en mer leur misère profonde, 
Et d’un antique amas de superstitions 
Ont rempli dès longtemps toutes les nations.
[...] (NdA : L’édition de 1723 offre cette variante) : 
Là sont les instruments de ces sombres mystères, 
Des métaux constellés, d’inconnus caractères, 
Des vases pleins de sang et de serpents affreux : 
Le prêtre de ce temple est un de ces Hébreux 
Qui, proscrits sur la terre et citoyens du monde, 
Vont porter en tous lieux leur misère profonde, 
Et d’un antique amas de superstitions 
Ont rempli de tout temps toutes les nations.

- J'en profite pour rappeler aux adeptes du concept non-opératoire de "Français de souche" que Napoleone di Buonaparte (le nom de baptême de Napoléon Ier) est né en 1769, soit un ans après le rattachement de la Corse génoise à la France (traité de Versailles, 1768). Sa mère, Maria-Letizia Ramolino, et son père Charles (grand-père de Napoléon III), étaient originaires d'Italie. Décidément...

Extrait de : Paul-Éric Blanrue, Le Monde contre soi - Propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme (Éditions Blanche, 2007).

Lettre du Caire, 27 prairial an 7 (15 juin 1799) : 
Bonaparte, général en chef, ordonne : Les juifs du Caire n’ayant pas satisfait à la contribution extraordinaire, paieront à titre de contribution extraordinaire une somme de 50 000 francs, qui sera versée dans la caisse du payeur général d’ici au 10 messidor. Il sera ajouté cinq pour cent, pour chaque jour de retard, aux sommes qui n’auront pas été payées à cette époque.
Id°, Lettre du Caire, 25 thermidor an 7 (12 août 1799) : 
Au citoyen Poussielgue. Vous voudrez bien, citoyen administrateur, faire signifier à la femme de Hassan-Bey que, si, dans la journée de demain, elle n’a pas payé ce qui reste dû de sa contribution, elle sera arrêtée et tous ses effets confisqués. Vous prendrez toutes les mesures pour accélérer le paiement de Hadji-Hussein. Les juifs n’ont encore payé que 20 000 fr. : il faut que dans la journée de demain, ils en payent 30 000 autres.
Id°, Conseil d’État, séance du 30 avril 1806 :
La législation est un bouclier que le gouvernement doit porter partout où la prospérité publique est attaquée. Le gouvernement français ne peut voir avec indifférence une nation avilie, dégradée, capable de toutes les bassesses, posséder exclusivement les deux beaux départements de l’ancienne Alsace ; il faut considérer les juifs comme nation et non comme secte. C’est une nation dans la nation; je voudrais leur ôter, au moins pendant un temps déterminé, le droit de prendre des hypothèques, car il est trop humiliant pour la nation française de se trouver à la merci de la nation la plus vile. Des villages entiers ont été expropriés par les juifs ; ils ont remplacé la féodalité, ce sont de véritables nuées de corbeaux. On en voyait aux combats d’Ulm qui étaient accourus de Strasbourg pour acheter des maraudeurs ce qu’ils avaient pillé.
Il faut prévenir, par des mesures légales, l’arbitraire dont on se verrait obligé d’user envers les juifs, ils risqueraient d’être massacrés un jour par les chrétiens d’Alsace, comme ils l’ont été si souvent, et presque toujours par leur faute.
Les juifs ne sont pas dans la même catégorie que les protestants et les catholiques. Il faut les juger d’après le droit politique, et non d’après le droit civil, puisqu’ils ne sont pas citoyens.
Il serait dangereux de laisser tomber les clefs de la France, Strasbourg et l’Alsace, entre les mains d’une population d’espions qui ne sont point attachés au pays. Les juifs autrefois ne pouvaient pas même coucher à Strasbourg ; il conviendrait peut-être de statuer aujourd’hui qu’il ne pourra pas y avoir plus de cinquante mille juifs dans le haut et le bas Rhin ; l’excédent de cette population se répandrait à son gré dans le reste de la France.
On pourrait aussi leur interdire le commerce, en se fondant sur ce qu’ils le souillent    par    l’usure, et    annuler    leurs    transactions passées comme étant entachées de fraude. Les chrétiens d’Alsace et le préfet de Strasbourg m’ont porté beaucoup de plaintes coutre les juifs lors de mon passage dans cette ville.
Id°, Conseil d’État, séance du 7 mai 1806 :
On me propose d’expulser les juifs ambulants qui ne justifieront pas du titre de citoyens français, et d’inviter les tribunaux à employer contre l’usure leur pouvoir discrétionnaire ; mais ces moyens seraient insuffisants. La nation juive est constituée depuis    Moïse,    usurière    et    oppressive ;    il n’en est pas ainsi des chrétiens :les usuriers font exception parmi eux et sont mal notés. Ce n’est donc pas avec des lois de métaphysique qu’on régénérera les juifs ; il faut ici des lois simples, des lois d’exception ; on ne peut rien me proposer de pis que de chasser un grand nombre d’individus qui sont hommes comme les autres ; la législation peut devenir tyrannique par métaphysique comme par arbitraire. Les juges n’ont point de pouvoir discrétionnaire ; ce sont des machines physiques au moyen desquelles les lois sont exécutées comme l’heure est marquée par l’aiguille d’une montre ; il y aurait de la faiblesse à chasser les juifs ; il y aura de la force à les corriger. On doit interdire le commerce aux juifs, parce qu’ils en abusent, comme on interdit à un orfèvre son état lorsqu’il fait du faux or. La métaphysique a égaré le rapporteur au point de lui faire préférer une mesure violente de déportation à un remède plus efficace et plus doux. Cette loi demande à être mûrie;il faut assembler les états-généraux des juifs, c’est-à-dire en mander à Paris cinquante ou soixante, et les entendre ; je veux qu’il y ait une synagogue générale des juifs à Paris, le 15 juin. Je suis loin de vouloir rien faire contre ma gloire et qui puisse être désapprouvé par la postérité, comme on me le fait entendre dans le rapport.Tout mon conseil réuni ne pourrait me faire adopter une chose qui eût ce caractère ; mais je ne veux pas qu’on sacrifie à un principe de métaphysique et d’égoïsme le bien des provinces. Je fais remarquer de nouveau qu’on ne se plaint point des protestants ni des catholiques comme on se plaint des juifs ; c’est que le mal que font les juifs ne vient pas des individus, mais de la constitution même de ce peuple : ce sont des chenilles, des sauterelles qui ravagent la France.
Id°, Saint-Cloud, 30 mai 1806 :
Sur le compte qui nous a été rendu que, dans plusieurs départements septentrionaux de notre Empire, certains Juifs, n’exerçant d’autre profession que celle de l’usure, ont, par l’accumulation des intérêts les plus immodérés, mis beaucoup de cultivateurs de ces pays dans un état de grande détresse, nous avons pensé que nous devions venir au secours de ceux de nos sujets qu’une avidité injuste aurait réduits à ces fâcheuses extrémités.
Ces circonstances nous ont fait en même temps connaître combien il était urgent de ranimer, parmi ceux qui professent la religion juive dans les pays soumis à notre obéissance, les sentiments de morale civile, qui malheureusement ont été amortis chez un trop grand nombre d’entre eux par l’état d’abaissement dans lequel ils ont toujours langui, état qu’il n’entre point dans nos intentions de maintenir ni de renouveler.
Id°, Lettre à M. de Champagny, Rambouillet, 23 août 1806 :  
Le sanhédrin défendra l’usure envers les Français et envers les habitants de tous les pays où les Juifs sont admis à jouir de la loi civile. Il expliquera ainsi la loi de Moïse, en établissant que les Juifs doivent considérer, comme s’ils étaient à Jérusalem, tous les lieux où ils sont citoyens ; qu’ils ne sont étrangers que là où ils sont maltraités et vexés en vertu de la loi du pays, et que c’est dans ces lieux seulement que des gains illicites peuvent être tolérés par la législation religieuse. Lorsque ce point aura ainsi été réglé par le sanhédrin, on verra à recher- cher encore s’il y a des moyens efficaces pour retenir et comprimer cette habitude d’agiotage, cette organisation de fraude et d’usure.
Id°, Lettre à M. de Champagny, Posen, 29 novembre 1806 : 
Le principal but qu’on s’est proposé a été de protéger le peuple juif, de venir au secours des campagnes et d’arracher plusieurs départements à l’opprobre de se trouver vassaux des Juifs ; car c’est un véritable vasselage que l’hypothèque d’une grande partie des terres d’un département à un peuple qui, par ses mœurs et par ses lois, formait une nation particulière dans la nation française. C’est ainsi que, dans un temps fort rapproché de nous, la main- morte menaçant de s’emparer du territoire, on fut obligé d’opposer des obstacles à ses progrès. De même, la suzeraineté des Juifs s’étendant sans cesse au moyen de l’usure et des hypothèques, il devient indispensable d’y mettre des bornes. Le deuxième objet est d’atténuer, sinon de détruire, la tendance du peuple juif à un si grand nombre de pratiques contraires à la civilisation et au bon ordre de la société dans tous les pays du monde.
Il faut arrêter le mal en l’empêchant ; il faut l’empêcher en changeant les Juifs. L’ensemble des mesures proposées doit conduire à ces deux résultats. Lorsque sur trois mariages il y en aura un entre Juif et Français, le sang des Juifs cessera d’avoir un caractère particulier.
Lorsqu’on les empêchera de se livrer exclusivement à l’usure et au brocantage, ils s’accoutumeront à exercer des métiers, la tendance à l’usure disparaîtra. Lorsqu’on exigera qu’une partie de la jeunesse aille dans les armées, ils cesseront d’avoir des intérêts et des sentiments juifs ; ils prendront des intérêts et des sentiments français.
- Edmund Burke (Réflexions sur la révolution française, 1790) : "S'il était une chose certaine, c'est que dans notre monde européen les moeurs et la civilisation, et toutes les bonnes choses qui tiennent à elles, dépendent depuis des siècles de deux principes et résultent de leur combinaison : je veux dire l'esprit de noblesse et l'esprit de religion".
Joseph de Maistre (Essai sur le principe générateur des constitutions politiques et des autres institutions humaines, 1814) : "Les nations les plus fameuses de l'antiquité, les plus graves surtout et les plus sages, telles que les Égyptiens, les Etrusques, les Lacédémoniens et les Romains, avaient les constitutions les plus religieuses ; et la durée des empires a toujours été proportionnée au degré d'influence que le principe religieux avait acquis dans la constitution politique".



Qu'est-ce qui nous fait défaut (à nous tous, autant que nous sommes) ? Ne cherchez pas plus loin : la noblesse d'esprit, la spiritualité authentique.

Paul-Éric Blanrue

Après Paul-Éric Blanrue et Dieudonné, la LICRA veut-elle faire interdire la Bible ? Oui !

Édition originale de l'Anthologie de Blanrue

"Ceci n’est pas une blague !
Mardi 24 mars, les infâme esclaves Dieudonné et Joe le Corbeau ont été auditionnés par la police au sujet d’une plainte déposée par la LICrA, une prestigieuse institution française. Cette brillante organisation est aujourd’hui reconnue d’utilité publique par le gouvernement, notamment avec la récente convention signée en partenariat avec l’Éducation nationale afin de former au mieux nos chers petites têtes blondes… ou crépues, cela dépend de l’histoire de chacun.
La LICrA reproche à Dieudonné et à Joe le Corbeau d’être les responsables d’une publication absolument écœurante.
Sous couvert de vouloir dénoncer l’interdiction du livre de Paul-Éric Blanrue, Anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme, l’auteur de la publication pose cette question odieuse et faussement naïve :
Après Paul-Éric Blanrue et Dieudonné, la LICRA fera-t-elle interdire la Bible ?
Titre de l'article incriminé
La LICrA a donc très justement pointé du doigt les passages de la Bible jugée « antisémites ». Elle attaque les auteurs de cette compilation abjecte qui ont, dans l’irresponsabilité la plus totale, osé poser cette question et publier ce ramassis d’immondices impardonnable.
Non contents d’avoir blasphémer l’histoire de l’humanité, ils ont cru bon d’en rajouter une couche avec cette infâme provocation.
Comment des individus sains d’esprit peuvent-ils encore se réclamer de Jésus-Christ, alors que tout le monde sait qu’il a inspiré les plus grands tyrans de cette planète, à savoir Hugo Chavez, Mahmoud Ahmadinejad ou encore Franklin la Tortue ?
Contre vents et marées, la LICrA a donc courageusement pris l’initiative de définir les responsables de cette monstruosité sans nom.
Les deux cerveaux malades auditionnés, Dieudonné et Joe le Corbeau, se sont défendus en pointant d’un doigt accusateur Germain Gaiffe-Cohen, le directeur de la publication, ainsi que son assistant Roger la Mouche comme étant responsables en intégralité de cet honteux méfait, qu’il faudrait requalifier en « crime contre l’humanité », selon les plus éminents experts en droit.
Ils ont également avoué à l’officier de police la pression psychologique et la terreur qu’exerce sur eux le criminel Germain Gaiffe-Cohen, détenu à la centrale de Poissy, qui leur impose sans cesse les pires directives et les pousse à commettre les plus viles bassesses par l’intermédiaire de son assistant, le grand reporter Roger la Mouche.
Ils annoncent d’ailleurs qu’ils porteront plainte contre le directeur de la publication pour le préjudice moral occasionné.
Nous espérons que l’enquête fera la lumière sur cette sordide affaire et nous réjouissons que nos impôts soient utilisés à si bon escient.
Louange à la LICrA ! Faites que ces criminels intégristes qui osent citer la Bible en public soient définitivement mis hors d’état de nuire et que cette jurisprudence amène d’autres nouvelles plus réjouissantes les unes que les autres, telles que l’interdiction de la Bible pour « antisémitisme ».
Qu’attendons-nous pour aller brûler et détruire ces églises qui défigurent nos villes et nos villages alors que les places de parking manquent cruellement ?
Notons tout de même les efforts investis en ce sens par le système politique, avec la démolition de nombreuses églises couteuses et insalubres, qui drainaient la racaille la plus ignoble qui soit. Des rébus de l’humanité en tout genre qui, sous prétexte de prier D.ieu, se réunissent pour comploter sans relâche contre l’Avant-garde de la République, comme explicitement avoué dans leur « livre saint ».
Que justice soit faite !"

mercredi 25 mars 2015

Le commandant Jacques-Yves Cousteau (frère cadet de l'auteur de "L'Amérique juive") à la recherche de l'Atlantide. Pour Vidal-Naquet ce n'était qu'un mythe mais comme il se trompait tout le temps, il est bien certain qu'elle a existé !


Ceux que les mystères de la mer fascinent ont de la chance : 
voici pas moins de 32 aventures (cliquez) du célèbre océanographe au bonnet rouge.

Le Corbusier était fasciste et antisémite ! Encore une célébrité internationale à ajouter à l'Anthologie de Blanrue !


(...) La tentation fasciste ne fut pas pour Le Corbusier une simple marque d’opportunisme : ses relations avec les idéologues de la droite nationaliste ont duré des décennies et marqué en profondeur sa pensée urbanistique. On pourrait dire que Le Corbusier fut à l’architecture ce que Martin Heidegger, son contemporain presque exact, fut à la philosophie : un géant fourvoyé.
Né en Suisse, à la Chaux-de-Fonds, le 6 octobre 1887, il s’installe à Paris dès 1917, rêvant de jouer un rôle actif dans la reconstruction. Il devra attendre une guerre de plus. En attendant, il bâtit quelques remarquables villas, tout en multipliant les projets radicaux. L’Esprit nouveau qu’il promeut n’est pas loin de l’Ordre nouveau. Le Dr Pierre Winter, leader du Parti fasciste révolutionnaire, l’avocat Philippe Lamour, rédacteur en chef de la revue Plans, et l’ingénieur François de Pierrefeu, passionné d’occultisme, sont ses amis les plus proches. Tous appartiennent à la frange la plus dure de la droite française, celle qui descend dans les rues de Paris le 6 février 1934. Un jour qui, selon Le Corbusier, marque «le réveil de la propreté».
Classement, hiérarchie, dignité sont pour lui les valeurs suprêmes. Inspirées par les vues aériennes, les perspectives qu’il trace réduisent les hommes à des silhouettes interchangeables. Champion de l’ordre, il affirme que «l’animal humain est comme l’abeille, un constructeur de cellules géométriques». La standardisation qu’il prône a d’abord une valeur morale, que vient souligner l’emploi systématique du blanc : «On fait propre chez soi. Puis on fait propre en soi.»
Le Corbusier cache d’autant moins son mépris de la démocratie parlementaire qu’elle ne donne aucune suite à ses projets. Et c’est donc aux régimes autoritaires qu’il propose ses services : eux seuls pourraient agir à l’échelle qu’il souhaite. Mais Staline ne veut pas de lui à Moscou. Et Mussolini ne répond pas à ses appels. L’architecte, pourtant, ne ménage pas ses éloges : «Le spectacle offert actuellement par l’Italie, l’état de ses capacités spirituelles, annonce l’aube imminente de l’esprit moderne.»
Le pire est à venir. La débâcle de juin 1940 apparaît à Le Corbusier comme «la miraculeuse victoire française. Si nous avions vaincu par les armes, la pourriture triomphait, plus rien de propre n’aurait jamais plus pu prétendre à vivre», écrit-il à sa mère. Quelques semaines plus tard, il se réjouit du grand «nettoyage» qui se prépare : «L’argent, les Juifs (en partie responsables), la franc-maçonnerie, tout subira la loi juste. Ces forteresses honteuses seront démantelées. Elles dominaient tout.» Le ton de certaines lettres est plus nauséabond encore : «Nous sommes entre les mains d’un vainqueur et son attitude pourrait être écrasante. Si le marché est sincère, Hitler peut couronner sa vie par une œuvre grandiose : l’aménagement de l’Europe.»
L’architecte se persuade que son heure est venue. «Il s’est fait un vrai miracle avec Pétain. Tout aurait pu s’écrouler, s’anéantir dans l’anarchie. Tout est sauvé et l’action est dans le pays.» Cela fait tant d’années qu’il voudrait construire autre chose que de belles villas, tant d’années qu’il rêve de villes édifiées ex nihilo. Alors, pourquoi ne pas faire confiance au Maréchal, même si rien dans le parcours du vieil homme ne le prédispose à accueillir ses impétuosités modernistes ?
Le Corbusier rejoint Vichy dès la fin de l’an 40. Bientôt nommé conseiller pour l’urbanisme auprès du gouvernement, il dispose d’un bureau à l’hôtel Carlton et commence à écrire l’Urbanisme de la Révolution nationale. Le 27 mars 1941, il rencontre Pétain, «celui qui a les pleins pouvoirs pour mettre en œuvre le domaine bâti de la France». Les publications se multiplient : Sur les quatre routes, Destin de Paris, la Maison des hommes et la Charte d’Athènes. Malgré les nombreuses relations que Le Corbusier compte à Vichy, les choses ne tardent pas à s’enliser. En juin 1942, son plan d’urbanisme pour Alger est rejeté. Début juillet, il fait ses adieux «au cher merdeux Vichy». Rentré à Paris, il devient conseiller technique à la fondation du docteur Alexis Carrel, le théoricien de l’eugénisme. Il n’en démissionne que le 20 avril 1944, «l’esprit régnant là ne me convenant pas», découvre-t-il soudain.
(...)

La Villa Jeanneret-Perret, dite Maison blanche, première réalisation de Le Corbusier en tant qu'architecte indépendant. Édifiée en 1912.




mardi 24 mars 2015

L'héroïque Mgr Williamson consacre un évêque !

 LIEN

Les amis fidèles de Son Excellence Mgr Williamson, qu’ils soient lecteurs des Commentaires Eleison, donateurs de l’Initiative St-Marcel, ou autres, ont sans doute déjà entendu la nouvelle de la consécration épiscopale de Mgr Jean-Michel Faure par Son Excellence, qui eut lieu au Monastère Sainte-Croix de New Fribourg (Brésil) en la fête de St Joseph, le 19 mars dernier. Il est aisé de comprendre que cette nouvelle ne fut publiée qu’au dernier moment, afin d’éviter, autant que possible, toute perturbation inopportune de la cérémonie, ainsi que tout autre problème qui aurait autrement pu survenir en conjonction avec elle.
Néanmoins, maintenant que la consécration est un fait accompli, nous sommes en mesure de faire connaître aux fidèles et au monde entier le “Mandat de Suppléance” qui fut lu durant la cérémonie.
Comme plusieurs le savent déjà, parmi les premiers mots prononcés lors du Rite de Consécration Épiscopale on a cette déclaration faite à l’évêque consécrateur par son Assistant principal :
“Très Révérend Père, notre sainte Mère l’Église Catholique demande que vous éleviez ce prêtre ici présent au fardeau de l’épiscopat.”
En réponse, l’évêque consécrateur demande si l’Assistant a le “Mandat Apostolique”.
La réponse est : “Nous l’avons.” À quoi l’évêque consécrateur réplique : “Que lecture en soit faite.”
(...)
Ce qui fut lu lors de la cérémonie de jeudi en réponse à l’invitation de Mgr Williamson – et qui remplit à la fois un rôle liturgique et celui d’explication publique des motifs qu’ont eu les participants à cette consécration – est le texte suivant. Les lecteurs aimeront apprendre que les premiers paragraphes sont très semblables aux paroles de Mgr Lefebvre lors du 30 juin 1988.



MANDATUM APOSTOLICUM

Nous l’avons par l’Église Romaine qui dans sa fidélité aux saintes traditions reçues des Apôtres nous commande de transmettre fidèlement ces saintes traditions – c’est-à-dire le Dépôt de la Foi – à tous les hommes en raison de leur devoir de sauver leur âme.
Or, d’une part les autorités de l’Église Romaine depuis le Concile Vatican II jusqu’aujourd’hui sont animées d’un esprit de modernisme qui subvertit en profondeur la Sainte Tradition jusqu’à en pervertir la notion même : « Ils ne supportent plus la saine doctrine, détournant toute la Vérité, pour se tourner vers des fables », comme dit St Paul à Timothée dans sa seconde Épître (IV, 3, 5). A de telles autorités que servirait-il de demander un mandat pour sacrer un évêque qui s’opposera en profondeur à leur s i grave erreur ?
Et d’autre part, pour avoir un tel évêque les quelques Catholiques qui comprennent son importance pouvaient, même après Vatican II, espérer qu’il viendrait de la Fraternité St Pie X de Mgr Marcel Lefebvre comme celui-ci leur en a sacré quatre par un premier mandat de suppléance en 1988. Hélas, depuis qu’on observe que les autorités de cette Fraternité prennent le même chemin moderniste en se dirigeant constamment vers les autorités romaines, cet espoir s’avère vain.
Et alors ces Catholiques croyants, d’où obtiendront-ils ces évêques essentiels à la survie de leur vraie Foi ? Dans un monde chaque jour plus acharné politiquement contre Dieu et contre son Église, le danger semble tel que l’on ne peut guère plus laisser dépendre cette survie d’un seul évêque pleinement anti-moderniste. C’est la Sainte Église elle-même qui lui demande de s’en associer un second : en l’occurrence Monsieur l’abbé Jean-Michel Faure.
Aucune présomption ni octroi du pouvoir épiscopal de juridiction n’accompagne cette transmission du pouvoir épiscopal d’Ordre, et dès que Dieu interviendra ´pour sauver son Église, à laquelle ne reste aucun espoir humain de salut, les effets de cette transmission et de ce mandat de suppléance seront remis sans tarder entre les mains d’un Pape de nouveau entièrement catholique.

vendredi 20 mars 2015

Éclipse 1999 : la prédiction de la fin de Paris annoncée par le dingo Paco Rabanne ne s'est pas réalisée. Le démystificateur Blanrue y était.


Post tenebras lux. Par Paul-Éric Blanrue.

 - Avant sa victoire triomphale, Netanyahou ne bandait que d'une et s'était offert une campagne sur un thème complotiste, ainsi que le rapporte Le Figaro :
"Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou dénonce un "vaste effort mondial" visant la défaite de son gouvernement lors des prochaines élections législatives du 17 mars en Israël. Des propos tenus hier par le chef du Likoud (droite) et relayés ce jour par la radio militaire israélienne. Selon le média, Nétanyahou ferait allusion au financement étranger de groupes qui font campagne pour un changement de gouvernement en Israël."
Nauséabond ou pas ? Qu'en pense le Rudy Reichstadt, professionnel de l'anti-complotisme et créateur du site de propagande sioniste Conspiracy Watch qui tire sur tout ce qui bouge dès que ça ne plaît pas à Israël ? Va-t-il se taire comme il le fait habituellement quand un élément n'entre pas dans sa ligne éditoriale ou nous éclairer sur les motivations profondes et tortueuses du nouveau roi des juifs ?

- Qui a violé les Allemandes à la fin de la guerre ? Tout le monde. Non seulement les Soviétiques, comme on se plaisait à le dire car un méchant doit être identifié même au prix de la vérité, mais aussi ces braves soldats britanniques, américains et français. C'est Slate qui nous le rappelle, preuves à l'appui, à cette adresse : http://www.slate.fr/story/99135/armee-rouge-viol-allemagne#xtor=RSS-2
Mais prenez garde à modérer votre émoi : après tout, ce n'étaient que des Boches.

- En 2004, le quotidien italien Corriere della sera avait invité les personnes ayant perdu des proches dans la Shoah à en signaler les noms au mémorial du Yad Vashem de Jérusalem "con la promessa che verranno verificati e inseriti nel database" (avec la promesse que ces noms seront vérifiés puis insérés dans la base de données). Ni une ni deux, le responsable du site Olodogma s'est amusé à fabriquer une fausse identité et à dûment l'enregistrer.
Pour accréditer son expérience, digne de celle de Sokal et Bricmont en leur temps, il publie une capture d'écran du site du Yad Vashem démontrant l'enregistrement officiel d'une gazée inventée par ses soins, une dénommée Édith Frolla. Or :
- le nom de Édith Frolla n'est autre que l'anagramme de Adolf Hitler ;
- sa date de naissance est le 20 avril 1889, soit la même que celle du défunt Chancelier allemand;
- sa profession est peintre : à nouveau la même que l'individu nommé ci-dessus ;
- Édith aurait vécu à Rome, au 29 via della Lungara, qui est l'adresse de la prison romaine Regina Coeli !
- le plus original est sans doute la photo fournie de la disparue : celle de Magda Goebbels, femme du ministre de la Propagande du Reich !
Cette Édith Frolla imaginaire est censée avoir été gazée au camp de Majdanek au moyen de monoxyde de carbone.
L'auteur de la plaisanterie écrit ainsi  :
http://olodogma.com/…/1000-la-catena-di-montaggio-dei-mort…/

"Le Yad Vashem n'est pas crédible puisque N'IMPORTE QUI, en quelques clics, peut introduire un faux nom dans cette base de données... depuis 1 nom jusqu'à l'infini, ce n'est qu'une question de temps et de volonté... ou de nécessité!

Chacun se forgera sa propre conclusion.
 
 - Rengaine à la mode : déclarer sa flamme aux "juifs de France".
Nicolas Sarkozy : "Vous appartenez à l'Histoire de la France, ses malheurs, son miracle : la France ne serait pas la France sans la présence du judaïsme et des Juifs de France".
Bernard Cazeneuve : "La France a besoin de tous ses enfants et elle a besoin des Juifs de France (...) elle sait parfaitement que si vous deviez quitter ses bras la France ne serait plus la France".
Pourquoi la France ne serait-elle pas la France sans les juifs ? Sarkozy et Cazeneuve, pas davantage que Valls, ne le précisent. Ce n'était pas l'avis de saint Louis non plus que de Charles VI. Je n'ai jamais lu la moindre tentative d'explication venant soutenir avec quelque argument sérieux cette allégation. Serait-ce parce qu'elle est hautement fantaisiste ?

- S'il est des nostalgiques de Chirac parmi vous, qu'ils prennent connaissance de cet extrait de Chirac, la vie d'après de Bruno Dive (Mareuil éditions, mars 2015) : "Jacques Chirac n’ose plus appeler « rabbinou » celui qu’il connaît depuis la fin des années 70, mais qui est devenu en 2013 le nouveau grand rabbin de France. L’ancien président a toujours eu le respect des grades et des hiérarchies. « Il a une bonne connaissance du judaïsme, assure Haïm Korsia. Les cultures qui transmettent le passionnent. » Chirac aime à dire : « quand les juifs arrivent quelque part, ils construisent une école ; quand les catholiques s’installent quelque part, ils construisent une église. Je préfère les premiers ». Encore un beau sujet de discussion et de conflit avec son épouse ! « Vous n’allez pas vous convertir au judaïsme, au moins », lui lance un jour Bernadette Chirac. Laquelle s’est efforcée d’éloigner le rabbin de son grand homme. Alors c’est chez lui, chez Haïm Korsia, que Jacques Chirac se rend parfois, en secret, le samedi après-midi." 
Super-Menteur, fils spirituel et quasi-adoptif de Marcel Dassault, a de qui tenir.

- Entendu sur Europe 1 : "Marc Lévy, Jean d'Ormesson, Guillaume Musso est le trio de tête des auteurs préférés des Français". Cela fait du bien de rire à gorge déployée. "France, mère des arts, des armes et des lois" !

- Malgré ses déboires, l'impénitent Balkany est au mieux de sa forme : "C'est insupportable, voire douloureux, d'être ainsi jeté aux chiens et à une sorte de justice en place publique qui rappelle les plus sombres heures de notre histoire". Bravo ! On en redemande !

- Rubrique "pays de merde" - Le Monde : "Les députés ont voté la suppression du délai de réflexion de sept jours obligatoire entre la première et la deuxième consultation pour obtenir une interruption volontaire de grossesse, dans la nuit de mercredi à jeudi 19 mars, lors de l’examen en commission des affaires sociales du projet de loi sur la santé. « Ce délai est infantilisant et stigmatisant », a affirmé Catherine Coutelle (PS), présidente de la délégation aux droits aux femmes de l’Assemblée."
Quand il s'agit d'avorter, vous pouvez toujours compter sur la République laïque et sa culture de mort. Le délai aujourd'hui supprimé permettait la réflexion de la mère. Il est à supposer que 200 000 avortements par an, ce n'est point suffisant. Cessez toute réflexion, avortez de ce pas, la République s'occupe du reste !

 - Marco Polo (1254 - 1324) a-t-il menti sur ses voyages fantastiques qui l'ont mené jusqu'en Chine ? Le débat fait rage chez les historiens. Les principaux doutes reposent sur l'absence dans son récit de toute référence à la célèbre muraille. Vu sur Arte dimanche dernier "Marco Polo, explorateur ou imposteur ?", retour intéressant et contrasté sur son épopée, réhabilitant le Vénitien, sous une forme populaire et accessible. L'intérêt de ce petit film réside dans la manière dont les deux principales thèses contradictoires sont exposées, sans haine, outrance, ni parti pris. Du révisionnisme normal, en somme.
N'en croyez pas pour autant les guides touristiques qui vous situent la "maison de Marco Polo" à la Corte del Milion près du Rialto : elle n'existe plus depuis le XVIe siècle. Son emplacement se trouvait probablement là où se dresse aujourd'hui le théâtre Malibran.

-  "Deux armes sur cinq saisies sur les combattants de Boko Haram sont de fabrication française. En lançant cette petite bombe, le ministre de la communication tchadien s'est attiré un faible démenti de l'ambassadeur de France au Cameroun. Il réplique qu'une grande partie de l'armement de la secte islamiste a été prélevée à l’armée nigériane, l'autre provenant "de trafics illégaux dans la région" sans toutefois nier l'étiquetage made in France. " Ou comment Sarkozy a armé les dingos : l'article est à lire en intégralité à cette adresse : http://www.mondafrique.com/lire/international/2015/03/13/comment-sarkozy-a-arme-boko-haram On ne tardera pas à savoir si les informations de ce site, en général bien renseigné, se vérifient car il y est également noté (avant l'attentat de Tunis) cette information capitale : "Les patrons de la DGSI (ex DCRI) ne cachent plus leurs inquiétudes en privé. Le risque d'attentat en France dans les semaines à venir, selon eux, est considérable. Ainsi la situation en Tunisie où un groupe djihadiste de neuf personnes a été arrrèté mardi dans la banlieue résidentielle de Tunis et qui est polluée par le chaos libyen tout proche, les inquiète. Ces derniers mois, des centaines de kalachnikovs ont été livrées en France depuis la Tunisie par voie de mer notamment."

- Disparition du latin et grec dans les collèges. Lu sur un blog de Marianne :
"Censément élitistes et « ségrégatives », pour reprendre l’expression de la FCPE, les langues anciennes, celles-là même dont les humanistes de la Renaissance recommandaient la fréquentation assidue, sont le symbole d’une certaine conception de l’école et des disciplines scolaires au service d'une tradition, c'est-à-dire, au sens propre, de la transmission de la culture. La disparition des humanités classiques est aussi, d’une certaine manière, celle de l’école. Laisserons-nous faire ?"
Bien sûr que "nous" laisserons faire. Les Français n'en ont strictement rien à ficher du latin et du grec. La dernière émission des Enfoirés a réuni devant le petit écran 12 millions de décérébrés : l'effort intellectuel n'est guère plébiscité par la France de 2015.  Aliam vitam, alio mores. Mais il est vrai aussi que "post tenebras lux", comme on dit dans le Canton de Genève, dont c'est la devise.

- Pour finir, une musique pleine de grâce issue de notre XVIIIe siècle européen, illustrée par de sublimes images d'un art délicat que les Occidentaux auraient bonheur (et intérêt) à connaître et approfondir, comme l'ont fait les Vénitiens d'autrefois - ce qui leur a permis de bâtir et de parfaire la plus belle cité du monde.


Paul-Éric Blanrue