BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE

lundi 18 mai 2015

Dès 2008, Blanrue et Laffaille ont démontré dans leur livre "Le Joueur" que la SocGen était informée des actes illicites de Kerviel !

Extrait d'un article de Blanrue paru en mai 2008 sur le Grand Soir
"Notre ouvrage est LE SEUL à présenter une ALTERNATIVE à la thèse officielle, qui fait de Kerviel un « fou », un « terroriste » (ce sont les mots employés par la hiérarchie de la banque, rien de moins), voire un « pirate informatique », ce qu’il n’est en aucun cas... Ce n’est PAS Kerviel qui a perdu ces 5 milliards directement, mais la Socgen qui, une fois informée qu’il avait engagé pour 50 milliards d’euros, - soit plus que les fonds propres de la banque - a débouclé ses positions au plus mauvais moment, en pleine crise des subprimes. Ce que peu de gens disent, c’est qu’au 31 décembre 2007, Kerviel avait FAIT GAGNER 1,4 milliards d’euros à la Socgen et qu’il n’a pas été pris parce qu’il avait perdu, mais parce qu’il cherchait à cacher des GAINS illicites. Dans notre livre, nous expliquons étape par étape comment on en est arrivé là . Pourquoi la Socgen n’a-t-elle pas stoppé Kerviel avant janvier 2008 ? TOUT EST LÀ. Pour nous, la banque est CO-RESPONSABLE de ce qui est arrivé. Dès 2005, la Socgen SAIT qu’il arrive à cet employé de miser des sommes dépassant les limites autorisées. Mais la seule sanction que Kerviel ait encourue, c’est de n’avoir pas vu ces gains intégrés dans ses bonus de fin d’année. Un peu juste. Et il y a pire : tout au long de l’année 2007, il y a eu 93 alertes concernant ce trader et AUCUN des contrôles n’a réagi..."

2008

Ceci n'est pas une performance crétine ni une nouvelle installation déglinguée, mais un ponton qui cède sous le poids des invités de marque conviés à l'inauguration de la Biennale 2015 à la fondation Prada. Un symbole appréciable, intense et jouissif.




Si les Français préfèrent Hollande et Gayet ou Sarko et Carla, ce n'est pas de notre faute.


dimanche 17 mai 2015

"De l'opération Merah à l'opération Charlie : les filières du renseignement en action ?" La suite de notre enquête sur les attentats de Paris, en passant cette fois par l'affaire Merah. Des révélations fracassantes dont personne, absolument personne ne parle, car elles démontrent le rôle trouble du renseignement français dans ces opérations. Par Julien Teil.

LIEN




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Le livre de Marc Reisinger Opération Merah est passé totalement inaperçu. Ni la presse traditionnelle, ni les sites internet d'information alternative ne semblent avoir été tenus au courant de la sortie de cette excellente enquête aux éditions La muette. Marc Reisinger, psychanalyste, a eu le courage et la patience de collecter, synthétiser et confronter toutes les informations publiées dans la presse sur l'affaire Merah pour finalement en arriver à une thèse qui a de quoi effrayer : Ce qu'il appelle «l'opération Merah» aurait en réalité été orchestrée par Nicolas Sarkozy et ses proches (parmi lesquels le truculent Bernard Squarcini) dans le but d'aider à sa réélection. Mais voilà, une mauvaise évaluation de Merah aurait conduit au bain de sang de l'école Ozar Hatorah, Merah étant in fine nettement plus imprévisible que la DCRI ne le pensait.

Même s'il ne peut prouver que l'affaire retourne d'une telle manipulation étatique, l'auteur montre précisément ce qui cloche dans le récit officiel tout en étayant ses démonstrations par de solides sources. C'est ainsi qu'il démontre avec brio que les transcriptions édifiantes des bandes fournies par l'avocate de Mohamed Merah au journal algérien Echorouk, et que notre ami Paul-Eric Blanrue avait été le premier à publier en français, sont bel et bien authentiques. Ainsi, Merah qui clamait avoir été manipulé par un certain «Zouhir» travaillant pour la DCRI, aurait bien été manipulé par les services français et probablement avec l'aide de son frère Abdelkader Merah à propos duquel Marc Reisinger écrit :

« Il a été interrogé à neuf reprises par les policiers de la SDAT (Sous direction antiterroriste), ainsi que deux fois par le juge d'instruction sans que rien n'émerge de ces interrogatoires, comme s'il était placé sous sarcophage [...] Le curriculum d'Abdelkader donne l'impression qu'il pourrait s'agir d'un indicateur manipulé par les services de renseignement. Comme Olivier Correl [NDLR : L'Emir blanc ariégeois supposé à la tête du réseau toulousain], il a bénéficié d'une remarquable impunité dans le procès de la filière jihadiste de Toulouse en 2009. Le fait qu'il n'existe aucune photo de lui sur internet, à part un portrait flouté, laisse soupçonner un travail de «communication négative», comme les services de renseignement l'assurent auprès des agences de presse, pour protéger leurs agents. Abdelkader aurait-il été un indicateur traité, plus ou moins à son insu, pour piloter l'action suicide de son jeune frère ?»

Une question pertinente à laquelle l'auteur, prudent,  ne prétend pas apporter de réponse. Mais si de telles suspicions autour d'un homme lié aux désormais fameuses filières irakiennes surprennent au premier abord, il faut tout de même avouer que leur longévité a de quoi étonner puisqu'en 2015 c'est la mère de ces filières qui a été à l'origine des attentats de Paris.

Un réseau âgé de plus de dix ans à l'origine du jihadisme en France ?
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Comme nous le soupçonnions depuis maintenant plusieurs mois, Boubaker El-Hakim (qui est l'homme clé de la filière irakienne du XIXème aronddissement), est désormais sérieusement suspecté d'avoir des liens avec les attentats de Paris et avec l'entraînement des frères Kouachi. Nous avons questionné dés le mois de février le parcours de ce jihadiste singulier qui, entre 2003 et 2005, voyageait dans des hôtels de luxe tout en étant suivi par la DST. Un parcours qui n'est point cohérent pour un jihadiste et auquel il faut ajouter le rôle surprenant de la Préfecture de Police de Paris que nous avions dévoilé. Cette dernière avait en effet délivré un nouveau passeport à Boubaker alors qu'il était déjà à l'époque considéré comme un homme dangereux et suivi par les services français (et par les autorités syriennes qui l'avaient expulsé une première fois). Boubaker était-il à l'époque utilisé à son insu pour infiltrer les filières irakiennes ou s'agissait-il de plus que cela ?
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Lors de son procès (en compagnie de Chérif Kouachi) en 2008, il a été condamné à une lourde peine. Il a finalement été libéré, quelques mois avant la date prévue, en janvier 2011 et suite à sa bonne collaboration avec les services de renseignement d'après le mensuel Le Courrier de l'Atlas. Aussitôt, il s'envole pour la Tunisie, qui vit au même moment le commencement de sa longue descente dans l'enfer du jihadisme, un enfer où Boubaker va devenir un roi. Boubaker a-t-il été utilisé une seconde fois par les services français, cette fois en Tunisie ? On l'ignore mais cela aurait de quoi inquiéter car quatre mois après les excellents sites internet Tunisie Secret et Mondafrique, c'est désormais le Parisien sous la plume du journaliste Adrien Cadorel qui affirme :

« [les frères Kouachi] se sont rendus au cours du premier semestre 2012 en Tunisie, où [Boubaker] était alors présent, afin d'y suivre un entraînement militaire
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Cette nouvelle, devrait logiquement orienter l'enquête vers la Tunisie et de façon inévitable vers la Libye et enfin la Syrie où Boubaker est depuis devenu une icone de Daesh. Or si les frères Kouachi se sont entraînés en Tunisie et cela grâce à leur ami Boubaker El Hakim (qui un an auparavant collaborait avec les services français), on doit s'interroger sur le rôle exact des services de renseignement, et pas seulement français. Car il faut aussi replacer un évènement totalement passé inaperçu aux yeux des français dans ce nouveau contexte : l'arrestation d'un tunisien, Abdelkarim Labidi.

Quel est le rôle des autorités ?
 Ce commissaire de la police aérienne tunisienne, qui avait été promu de façon inexplicable à cette fonction par le gouvernement d'Ennahdha, a fait l'objet d'un mandat de dépôt dont la date d'émission est remarquable : le 8 janvier 2015, soit le lendemain de l'attaque contre Charlie Hebdo. Officiellement, ce mandat, émis par le juge d'instruction du tribunal de première instance de Tunis, est relatif à sa participation à l’assassinat de l'homme politique tunisien de gauche Mohamed Brahmi, assassiné par des jihadistes en 2013, parmi lesquels Boubaker El Hakim. Mais ce mandat semble obéir à d'autres raisons car cela faisait des années que Labidi utilisait ses fonctions pour faciliter les voyages aériens de centaines de combattants ainsi que ceux de l'ex-Emir d'Al Qaïda, Abdelhakim Belhadj qui souhaite visiblement voyager discrètement en Tunisie bien qu'en France il soit officiellement reçu au Quai d'Orsay.

Labidi a-t-il facilité les voyages des frères Kouachi comme il l'avait fait pour aider Boubaker à fuire la Tunisie ? Depuis son arrestation, rien n'a filtré mais sa date suggère un lien. D'après Fayçal Chérif, historien et spécialiste des questions militaires et sécuritaires «ce cas est verouillé par le Ministère de l'intérieur» tunisien. On l'a compris : les autorités françaises et tunisiennes ont des choses à cacher et Labidi ne fait que s'ajouter à la longue liste d'individus arrêtés dans la foulée des attentats de Paris et ayant des relations avec les autorités :

Emmanuelle, la gendarme convertie à l'Islam chargée de la formation des agents de renseignement au fort de Rosny sous Bois ; Amar Ramdani, son compagnon ( complice le plus proche d'Amedy Coulibaly) qui échappait depuis 2013 de façon inexplicable à un mandat d'arrêt européen ; Claude Hermant, un proche des milieux identitaires lilois, indic de la gendarmerie (qui aurait fourni des armes à Coulibaly) ; un douanier de la DNRED lié à Claude Hermant (qui aurait joué un rôle dans ce trafic) ; et enfin Abdelkarim Labidi, l'homme qui avait les moyens de faire voyager discrètement n'importe quel jihadiste via Tunis.
Question : les autorités ont-elles décidé de mettre un terme aux activités d'un réseau dont les objectifs étaient inavouables, tels ceux dénoncés par le livre de Marc Reisinger, Opération Merah ?
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Dans les deux cas, les auteurs ont été tués et ne pourront rien révéler des dessous de l'affaire. Marc Reisinger consacre un chapitre entier au compte Twitter que Merah avait ouvert et qui aurait été immédiatement censuré par les autorités afin d'éviter toute révélation ennuyeuse. De même, dans les deux affaires les échanges des tueurs avec la presse et les autorités ont été en partie censurés. Pourtant, Chérif Kouachi, comme Mohamed Merah, avaient vite affirmé connaître les services secrets. Les autorités elles, clamaient n'avoir que très peu d'informations sur ces hommes.
En réalité, les auteurs des attaques étaient parfaitement connus des services de sécurité du monde entier. D'après les journalistes Eric Pelletier et Jean-Marie Pontault, entre janvier et août 2011, la DRRI de Toulouse aurait sollicité l'aide de 17 services étrangers concernant Mohamed Merah. Quant aux frères Kouachi, ils étaient de véritables stars du jihad et leur amitié avec Boubaker El Hakim n'a jamais été un mystère, d'autant plus que l'homme était manifestement bien plus qu'un loup solitaire mais plutôt un personnage au profil proche de celui d'Abdelkader Merah, le grand frère de Mohamed.
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Tous deux sont de la même génération (ils ont un an d'écart) et ont fait leur entrée dans le jihad lors de la séquence irakienne. Ces deux affaires ont donc pour même origine une séquence connue pour son rôle crucial dans le développement du jihadisme en France. Mais les cellules irakiennes recèlent un mystère bien plus grand que celui de simples réseaux d'acheminement de jihadistes, sinon comment expliquer leur exceptionnelle longévité étant donné ce qu'en disait le chef de la SDAT Louis Caprioli au JT de France 2 le 10 octobre 2004 :

Et le risque pour nous, c'est qu'ayant reçu une formation, ils soient embrigadés par un, ou des émirs sur place […] et qu'ensuite ils se déploient aussi bien en France qu'en Europe pour monter des cellules et commettre des attentats" 

Si le risque était si bien évalué il y a maintenant 11 ans, comment expliquer l'exceptionnelle survie de ces filières ? Certes, les moyens juridiques pour leur mettre un terme ne sont pas illimités mais les ramifications dont elles bénéficient au sein des autorités sécuritaires françaises et étrangères laissent plutôt penser, comme le suggère le livre de Marc Reisinger, que certaines filières sont volontairement maintenues par les services pour des raisons inavouables. Ce n'est d'ailleurs pas un secret puisque Reisinger cite des policiers qui avaient déclaré à l'AFP que Merah avait «le profil de cette minorité» de Français parfois «envoyés par les services secrets faire le Jihad». Or de telles pratiques nécessitent une certaine organisation. Quant aux buts recherchés par la DCRI qui apparaît aux commandes, quels sont-ils ? Seulement infiltrer des réseaux ou également manipuler des hommes en les dirigeants vers de funestes destins comme le laisse entendre le livre de Reisinger ?
Si dans l'affaire Merah, sa thèse est de très loin la plus crédible et la plus documentée, il faut également constater que l'affaire Charlie semble s'orienter jour après jour vers un scénario identique. Or depuis la première édition d'Opération Merah en juin 2014, aucun média n'a daigné parler du travail de Marc Reisinger. Ce proche des milieux israéliens dispose pourtant d'un blog sur le Times of Israel et l'on se souvient de l'émotion suscitée par les attentats de Toulouse et de Paris au sein de la communauté juive francophone. Dans de telles conditions, comment le livre de Marc Reisinger peut-il passer inaperçu ?


Julien Teil

"Mets l'épaisseur d'au moins trois siècles entre ton époque et toi" (Nietzsche). Scott Ross joue Couperin, tout est dit, il ne reste plus qu'à l'écouter arracher ses notes au silence.


Affaire Kerviel : une fois de plus, Blanrue avait raison !


Selon Mediapart, la commandante de police chargée de l'affaire Kerviel à la brigade financière a témoigné à visage découvert, faisant basculer le dossier vers un "scandale Société Générale". 
 
Les nouvelles révélations de Médiapart sur l'affaire Kerviel sont une bombe. Il n'y a pas d'autres mots. Selon le site d'information en ligne, la commandante de police de la brigade financière au coeur du dossier, celle qui a mené toutes les investigations depuis 2008, a été convoquée le 9 avril dans le bureau du juge d'instruction Roger Le Loire. Le témoignage qu'elle a livré à visage découvert est accablant pour la Société Générale et l'appareil judiciaire.  
En 2008, lorsque l'enquêtrice de la brigade financière boucle son enquête et rédige son procès-verbal de synthèse, elle est convaincue de la culpabilité de Jérôme Kerviel. Elle n'a alors aucune raison de douter de la fiabilité des témoins, ni des documents que la banque a bien voulu lui fournir. C'est plus tard, bien plus tard, raconte Mediapart, lorsqu'elle sera saisie des plaintes déposées cette fois par Jérôme Kerviel contre la Société Générale, qu'elle aura accès à des éléments supplémentaires et de nouveaux témoignages, que le doute, lentement, s'immisce dans son esprit.  

Les certitudes de l'enquêtrice vacillent

 

Le site d'information en ligne raconte comment, au fil des mois, les certitudes de cette enquêtrice pourtant chevronnée vont vaciller. Comment elle a eu "le sentiment d'avoir été instrumentalisée par la Société Générale", la manière dont la banque lui a "dirigé tous les témoins", le manque d'effectifs qui l'ont empêchée d'exploiter tous les scellés. Toujours selon Mediapart, l'enquêtrice relate au juge les témoignages qu'elle a reccueillis laissant entendre que la banque connaissait les agissement de Jérôme Kerviel. Enfin, elle évoque, détails à l'appui, l'attitude du parquet qui a tout fait pour enterrer l'affaire  
Lorsqu'on termine, stupéfait, la lecture de l'article de Médiapart, les images il y a un an de l'ancien trader au poste frontière de Menton reviennent brutalement à l'esprit. Souvenez-vous, quelques heures avant son interpellation par les policiers de Menton (à lire le récit exclusif des 100 jours de de prison), lorsque Jérôme Kerviel passe la frontière à Vintimille sous une nuée de caméras de télévision, il interpelle François Hollande. Il lui demande alors, non pas une grâce présidentielle comme certains ont bien voulu le dire, mais l'anonymat des personnes prêtes à témoigner. A ce moment, il sait que ces témoins s'ils étaient entendus et protégés feraient tomber l'accusation. Que l'affaire Kerviel se transformerait instantanément en affaire Société Générale. Une enquête fouillée de Médiapart - déjà !- ne venait-elle pas de révéler des dysfonctionnements graves dans son dossier ?  
On ose imaginer, les années de doutes, d'angoisses, de cauchemars, de culpabilité aussi qui ont dû broyer la vie de cette femme avant qu'elle ne se décide à briser le mur du silence. En sortant du pôle financier, il y a quelques semaines, cette femme a rejoint le cercle restreint des lanceurs d'alerte. Une espèce encore insuffisamment protégée dont on ne saluera jamais assez le courage. 


À LIRE : LE DÉBAT SURRÉALISTE ENTRE BLANRUE ET LE PRÉTENDU "SPÉCIALISTE ÉCONOMIQUE" DU MONDE -> ICI

À VOIR : L'INTERVENTION DE BLANRUE CHEZ RUQUIER :-> ICI 

Philippot, ce grand féministe.

"Jean-Marie Le Pen m'insulte depuis plusieurs jours, mais aussi Marine Le Pen puisqu'il dit l'avoir répudiée et lui dénie sa qualité de chef. Il reprend là une rhétorique d'extrême droite, considérant qu'une femme n'est pas capable d'agir seule, d'assumer un poste de direction. Je l'ai rejointe en 2011, et je la connais encore mieux aujourd'hui : il n'y a pas plus libre et plus courageuse qu'elle, elle a toutes les qualités d'un chef" (AFP)


Vieilli, paralysé mais alerte, Julius Evola (1898-1974) vous parle de dadaïsme, de René Guénon et du Kali-Yuga ! Sa seule interview en français (1971).


Maître Gilles-William Goldnadel, membre du CRIF, conseiller en dédiabolisation auprès de Marine Le Pen, concepteur du néo-FN et interface entre celui-ci et les sionistes de droite.


Gilles-William Goldnadel :  Faut-il diaboliser... par Uncle

En s'en prenant vertement à Florian Philippot et à ses mignons, qui, il est vrai, ne sont pas pour rien dans sa mise à l'écart du parti (questions idéologiques et générationnelles), Jean-Marie Le Pen, sous couvert de moqueries salaces concernant la sexualité trouble de ces messieurs, critique en fait la gauchisation du FN. C'est fort gentil, la saillie fait glousser, mais je constate que l'ex-dissidence fait mine de ne pas comprendre l'enjeu de cette guerre interne, puisque c'est précisément cette gauchisation qu'elle a appuyée de tous ses voeux depuis le début. Il est dommage que le Menhir ne dise pas un traitre mot de Gilles-William Goldnanel, qui n'est pas un inverti, lui, mais un sioniste de droite, un membre du CRIF, l'avocat de la LDJ, et qui, avec ses réseaux israéliens et l'aide des Aliot, des Collard et des autres majordomes de l'État juif infiltrés au sein du FN, est à l'origine de l'orientation sioniste du parti - laquelle orientation est la première cause du retrait précipité du Vieux des affaires, en particulier depuis l'histoire de la "fournée". Pourquoi ce silence ? Combien de temps durera-t-il ?

Paul-Éric Blanrue

vendredi 15 mai 2015

Mircea Eliade (1905-1986) - Le sacré comme "structure de la conscience" et "élément essentiel de la condition humaine". L'homme religieux : un "assoiffé d'être".


La Chanson du pirate.

 
 
Là-bas sont lancées de féroces guerres
par des rois aveugles
pour quelques arpents de terre ;
moi je tiens pour mienne
toute l’étendue de la mer déchaînée
où nul n’imposa sa loi

Car mon bateau est mon trésor,
mon Dieu, c’est la liberté,
ma loi, la force et le vent,
mon unique patrie, la mer.

Et si je viens à tomber,
qu’es-ce donc que la vie?
Pour perdue
je la tins
lorsque je secouai,
comme un brave,
le joug de l’esclave.

Le butin
je le divise
à chaque fois
en parts égales;
je ne veux
pour richesse
que la beauté
sans égale.

Ma meilleure musique est celle
des aquilons,
le fracas et le frémissement
des cordages secoués,
de la mer noire les soupirs,
et le rugissement de mes canons

Le tonnerre
tambourine
et le vent
mugit
et je m’endors
tranquille,
bercé
par la mer...


José de Espronceda (1808-1842), La canción del pirata.



Les Hyperboréens en savonnettes.

Au fond, qu'est-ce qui retient les identitaires (je pense aux disciples de ce vieux pantin édenté et bégayeur de Guillaume Faye, par exemple) de se définir officiellement comme racistes ? Leurs meilleurs alliés : les sionistes. Le terme ne figure pas en effet dans l'agenda du lobby israélien. Plus jamais ça ! La perspective shoatique est suffisante pour lui permettre de mater à distance qui bon lui semble, en particulier grâce à l'emploi de l'hypnose lanzmannienne et à la télépathie consensuelle hilbergesque ; quant à l'ethnicisme rabique, il est réservé à sa métaphysique portative personnelle.
Qui est le maître ? Celui qui choisit les mots que vous avez le droit de prononcer. Qui est l'esclave ? Celui qui se soumet au vocabulaire imposé par le maître.
Cette ablation lexicale, accordée de bon gré, n'empêche pas les identitaires de bomber le torse comme s'ils défilaient à Nuremberg en route vers l'Hyperborée des origines. Mis au pas et portant ostensiblement la marque du collier, ils ont malgré tout le culot d'en faire des tonnes sur leur refus d'une fantasmée "dhimmitude". Croient-ils qu'ils iront plus vite et plus loin en avançant sur les genoux ? Elle est jolie, la race supérieure !
Quand l'extrême droite la plus bête du monde rampe, elle a le chic pour se faire croire qu'elle résiste à tout crin. Pétocharde au dernier degré, elle ne peut point faire les choses à moitié, ni nuancer un minimum son appréciation des événements. Il faut que la bassesse soit misérable, totale, grotesque à force de contorsions idéologiques qui finissent par la faire ressembler à un clown triste qui s'auto-entarte et se nettoie ensuite avec du ketchup. Et comme elle n'est jamais assez veule, elle ne se contente pas de verser une larme pour les braves Soviétiques qui ont extirpé de notre vieille Europe ce mal absolu qu'était le nazisme, non : elle réanime également la fable du savon juif, à laquelle même Pierre Vidal-Naquet ne croyait plus.
Voyez le site "La Gauche m'a tuer" : "La lutte contre le fascisme et le nazisme, les Russes savent ce que c’est. Ils n’ont pas, comme les dirigeants Français, capitulé face à l’ennemi et collaboré en faisant mine de se boucher le nez. Ils n’ont pas, comme les dirigeants Français, envoyé les Juifs par wagons entiers aux allemands pour qu’ils s’amusent à en faire des savonnettes."
Toujours plus ! Toujours trop ! C'est logique : on sait qu'un chien bien dressé devance les désirs de son propriétaire et finit à la longue par lui ressembler.

Paul-Éric Blanrue

jeudi 14 mai 2015

Vers un dialogue catholique-musulman ?




Radio Vatican annonce qu'une rencontre vient de s'achever en Suisse, organisée par le Conseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE) autour du thème du dialogue avec l'islam. Il y avait là évêques, prêtres et même un sociologue musulman. Le coordinateur de cette table ronde était le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, ancien président de la Conférence des évêques de France (2001- 2007). Il évoque un "dialogue de vie", et patin-couffin.
Si c'était pour se rapprocher les uns des autres en prenant de la hauteur et analyser à fond les liens ancestraux qui, par-delà leurs différences, unissent musulmans et catholiques pour lutter de manière efficace contre les forces de subversion qui cherchent à faire disparaître ces deux religions de la surface de la terre, le principe serait bon et j'applaudirais des deux mains. 
Hélas, vu les explications données par le bon prélat aux journalistes et l'ambiance générale post-conciliaire qui prévaut dans ce genre de réunions, il est à craindre que ce "dialogue" ne consiste qu'en l'expression de belles paroles, vagues et creuses, recouvrant un oeucuménisme de type horizontal, à ras du sol, rongé par les idéaux du temps (droits de l'homme, égalité, tolérance et confitures) et ne s'ouvrant à la fin que sur un vide spirituel abyssal, sans substance ni qualité. 
Il n'y a pas grand monde là-dedans pour développer la pensée riche en protéines d'un universalisme par en haut, transcendantal, qui chercherait à mettre en commun le dépôt de la connaissance sacrée et le faire fructifier. Les meilleures intentions du monde ne font pas une politique. Il importerait d'agir en commun en se fondant sur des vérités essentielles et en dépassant, sans rien renier de sa foi, un exclusivisme de circonstances ; voilà ce qui permettrait d'éviter l'enlisement et de s'extraire de la panade. On n'y est pas. Et on n'y va pas - à l'exception notable, peut-être, du Liban.
En France, en tout cas, le climat n'est pas propice à l'entretien de telles espérances. Le maire UMP de Venelle, Robert Chardon, propose ainsi dans un Tweet "d'interdire le culte musulman en France." Je ne lui jette pas la pierre : il dit ce qu'il pense, ce qui est déjà énorme pour un républicain. Ceci posé, interdire l'islam en France au nom de quoi ? Chardon ne le précise pas. 
Parce ce que la France est la fille aînée de l'Église et qu'il faut rétablir la prière pour l'Angelus et la messe en latin? 
Pour que renaissent de nouveaux ordres chevaleresques voués à la défense du Christ-Roi ? 
Pour que les monastères prospèrent ? 
Ou bien parce que le maire de Venelle a entendu certains de ses frères en causer aux agapes, après avoir planché sur la tolérance ? 
Ou bien par banal racisme car islam égale bougnoules ? 
Ou encore mieux : pour se soumettre platement aux diktats sionistes qui font et défont les carrières ? 
Faites votre choix.

Paul-Éric Blanrue

Ascension héroïque.

Jeudi de l'Ascension à Venise. Je serais curieux de savoir combien d'identitaires et de racialistes bon teint fustigeant les "muzz" et les "envahisseurs islamistes" se rendent aujourd'hui dans les églises de France, conciliaires ou non, pour y fêter l’élévation au ciel de Jésus Christ. Vu le flop du rassemblement nationaliste du 10 mai consacré à Jeanne d'Arc, patronne de la France, pas beaucoup m'est avis. C'est bien gentil de cracher sur la foi des autres, encore faudrait-il avoir une bonne raison de la rejeter, sauf à céder au chant des sirènes du laïcisme en peau d'agneau de l'Étoile flamboyante grand-orientée.
Un souhait que je partage : "Notre État n'est pas une superstructure juridique, un pur fait de puissance, une autorité extérieure sans fondement. Il est éthique et spirituel. Il a la valeur d'une entéléchie, c'est-à-dire d'une force donnant une forme à la nation et au peuple, qui, sinon, resteraient une réalité éparse et informe, végétant sur un plan d'existence naturaliste, dépourvue de toute tension métaphysique, éthique et même véritablement héroïque" (Julius Evola).

Paul-Éric Blanrue


mercredi 13 mai 2015

Valls devient titulaire du Prix international de la Carpe farcie et de la lutte contre l'antisémitisme. Félicitations !

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Lundi 11 mai, le Prix Lord Jakobovitz (vieille noblesse prussienne) pour le judaïsme européen 2015 a été décerné au Premier ministre Manuel Valls (issu de banquiers catalans) pour sa détermination et son action dans la lutte contre l'antisémitisme français, mondial, lunaire et cosmique, en présence du Grand Rabbin de France Haïm Korsia (descendant de Charlemagne), de Pinchas Goldschmidt (Moscovite de souche), Président de la Conférence des Rabbins Européens et de Moshé Lewin (un gars du Raincy), Directeur exécutif de la Conférence des Rabbins européens. 
Le CRIF était représenté par Véronique Harari, Directrice des Amis du CRIF et des Relations Publiques (et spécialisée dans l'antiracisme et la carpe farcie). 
Mazeltov, Manu !


Nos amis de Radio Courtoisie (la radio qui n'invite pas Blanrue) nous signalent qu'on dit "lauréat" et non "titulaire" pour un Prix. C'est exact. Mais il existe une exception : pour le Prix de la Carpe farcie. De même, on ne dit Shoah que pour définir un seul et unique truc historique.

La démocratie expliquée en un dessin.


Suivez la mode des grands de ce monde grâce au Clan des Vénitiens !


Aujourd'hui, deux styles s'affrontent.
D'abord, la french touch du hollandisme révolutionnaire : veste boutonnée sur président assis, cravate servant de cache-sexe (pratique si jamais la fermeture Éclair est ouverte), bras en position Playmobil, sourire niais pour tromper l'ennemi, main gauche fermée pour y cacher un Twix (à croquer entre deux réunions). Patria o muerte ? Son choix est fait.
Ensuite...


... la classe camping-club de Fidel, tout à trac, survêt' et chemise dehors : le chic pour montrer à ses visiteurs qu'on est chez soi, qu'on n'en a rien à secouer de leurs salamalecs et qu'on s'apprête à se faire un barbecue tranquille avant d'aller siester sous un parasol face au Golfe du Mexique. Qui a écrit Le Droit à la paressse ? Le beau-frère de Marx, Paul Lafargue, Français né à Cuba ! Notre choix est fait : la dictature de la peinardise contre celle du balai dans le c... !

Fidel vainqueur par KO !



mardi 12 mai 2015

Fidel Castro non-conformiste !


Fidel Castro, in Ignacio Ramonet, Fidel Castro, biographie à deux voix, Fayard, 2006 :

- "Il ne faut pas oublier que presque tous mes professeurs étaient espagnols et nationalistes, d'idéologie de droite, franquiste et réactionnaire ; et pourtant, pour former le caractère et inculquer l'austérité et la discipline, je n'en ai jamais eu de meilleurs (...) Les jésuites savent forger le caractère des jeunes gens. Si un élève se distingue par la pratique d'activités difficiles et risquées, ils y voient une preuve d'esprit d'initiative et de ténacité. Ils ne les refrènent pas.... Les jésuites espagnols savent inculquer un sens aigu de la dignité, le sens de l'honneur ; ils savent apprécier la force et le caractère, la franchise, la droiture, le courage de la personne, son esprit de sacrifice."

- "Nous ne nous soucions guère des soldats ennemis tombés au combat, mais pour ceux qui se rendaient ou étaient faits prisonniers, en revanche... Sans ça, on en peut pas l'emporter... Il y a des principes élémentaires dans la guerre et en politique. L'éthique n'est pas simplement une question morale, l'éthique est rentable... Je vous l'affirme : il est impossible de gagner une guerre sur la base du terrorisme. C'est aussi simple que cela. C'est prendre le risque de rencontrer l'opposition, l'inimitié, et le rejet de tous ceux dont on a précisément besoin pour gagner la guerre... Pas de magnicide, pas de victimes civiles, pas de régime de terreur. À quoi bon ?"

- "Personne ne pose la moindre question concernant les armes nucléaires que détient Israël. Personne ! Dans le monde ne circulent que les informations qui intéressent l'empire américain et ses alliés..." 

- "On l'oublie parfois, Hitler est arrivé en janvier 1933 à la tête du gouvernement comme chancelier d'Allemagne suite à des élections, et non après un coup d'État."

Blanrue : une passion pour la monarchie cubaine
- "Les États-Unis ont poussé tous les pays d'Amérique latine ainsi que tous leurs alliés à rompre avec Cuba. Or, même si nous critiquions et attaquions Franco, il a été le seul, dans ces circonstances, qui ne s'est pas soumis au diktat de Washington... Il a eu une attitude correcte qui mérite notre respect et même, sur cet aspect précis, nos remerciements. Il n'a jamais voulu céder à la pression américaine. Il a agi avec un entêtement purement galicien... Finalement, Franco a démontré qu'il avait de la clairvoyance politique... Je n'ai jamais entendu dire que Franco avait mis la main sur autant d'argent que d'autres ont pu le faire. Il était certes appuyé par des riches, mais il semblerait que son administration était moins corrompue... J'apprécie beaucoup Juan Carlos, un roi, qui, comme vous le savez, a été formé sous Franco. On peut reconnaître à celui-ci un certain mérite : avoir établi une méthode pour éduquer convenablement un roi. Enfin, cela lui a permis d'acquérir des connaissances militaires, navales... La méthode employée pour former un roi d'Espagne a porté ses fruits. Sans nul doute, Juan Carlos est un vrai gentleman."

- "Georges Marchais venait fréquemment à Cuba. Presque tous les ans, il passait ses vacances ici avec sa femme, Liliane, et ses enfants... Un jour, j'ai demandé à Marchais : "Que pensez-vous faire quand vous accéderez au pouvoir ? " Il m'a répondu ; "Nous allons nationaliser toute une série de banques et de grandes entreprises." "Attention !, l'ai-je averti. n'allez surtout pas nationaliser l'agriculture. Laissez les petits producteurs en paix. N'y touchez surtout pas. Sinon vous pourrez dire adieu au bon vin, aux délicieux fromages et à votre excellent foie gras"."

- "Jean-Edern Hallier est venu ici en 1990. Avant cela, il avait écrit un livre qui m'avait beaucoup plus, L'Évangile du fou. C'était un polémiste talentueux et un pamphlétaire féroce. Avec une imagination débordante. Un véritable agitateur. Nous avions en commun notre origine celte - qui de mon côté me vient de mon père, né en Galice -, une origine dont il était très fier. C'était un éternel rebelle qui n'avait pas sa langue dans sa poche et n'épargnait personne... Puis nous avons appris sa mort en 1997. Cela m'a causé une peine immense. Il était jeune et avait un talent exceptionnel."

- "Ce qui fait toute la grandeur de Perón, c'est qu'il a su exploiter les réserves et les ressources immenses de ce pays si riche qu'est l'Argentine, et amélioré les conditions de vie des travailleurs. Cette classe sociale, toujours reconnaissante et fidèle à l'égard de ses bienfaiteurs, a fait de Perón, jusqu'à la fin de sa vie, une idole du petit peuple."

- "Le gendarme le plus puissant du Moyen-Orient, le shah d'Iran, fut renversé, pouvons-nous dire, par une rébellion de masse. Extraordinaire exemple prouvant qu'à certains moments le peuple peut renverser l'armée la plus puissante, à coups de revendications, d'idées et d'héroïsme, et ce pratiquement sans tirer un coup de feu. L'exemple de la révolution islamique d'Iran est à cet égard historique."

Roger Garaudy et Fidel Castro

Attentats de Paris : l'énigme de Charleroi. L'enquête continue !



Amedy Coulibaly s'était procuré des armes de guerre pour mener son attaque contre l'Hyper Cacher mais le mystère demeure sur les moyens par lesquels il se serait procuré ces armes en Belgique, à Charleroi. Peu après l'attaque contre l'Hyper Cacher, c'est un certain Neetin Karasular, un sympathisant du PKK connu pour ses liens avec le banditisme, qui s'est présenté à la police belge en expliquant avoir été en contact avec Amedy Coulibaly. Dans la foulée, l'homme a été inculpé pour trafic d'armes. Des armes qui auraient fini entre les mains d'Amedy Coulibaly.Seulement voilà, le Carolo (NDLR: habitant de Charleroi) en question qui niait déjà les faits devant le tribunal de Charleroi le 19 janvier 2015, serait bel et bien innocent. La piste à suivre s'orienterait désormais vers un trafic aux ramifications étonnantes puisqu'elles mettent en cause plusieurs services de sécurité français.

Au centre de ce réseau, un certain Claude Hermant, un ancien du DPS (le service d'ordre du Front National), service qu'il avait accusé il y a 13 ans de l'avoir missionné de semer le désordre dans la cité de Beauval à Meaux, ville contrôlée par Jean-François Copé depuis 1995. L'émission Pièces à convictions avait à l'époque consacré un sujet aux manipulations orchestrées par Hermant dans la cité meldoise. Des opérations pour lesquelles il avait pris soin d'infiltrer le quotidien des habitants. Face à ces accusations, l'ex chef du DPS Bernard Courcelles, également connu pour ses barbouzeries en Afrique, avait nié toute responsabilité. Mais il n'en demeure pas moins que Claude Hermant donnait aux réalisateurs de l'émission de nombreux détails sur ses missions de déstabilisation des cités françaises, de même qu'il obtenait facilement des faux documents et des armes en communiquant via une technique très rodée avec un réseau fonctionnant comme un véritable service de renseignement. Au vu des méthodes adoptées par Hermant pour semer le désordre à Meaux à la fin des années 90, il y a de quoi s'inquiéter qu'un tel homme ait pu fournir des armes à Amedy Coulibaly tout en étant un indic de la gendarmerie lilloise.


D'après la Voix du Nord, ce proche des milieux identitaires lillois aurait échangé plusieurs courriels avec les services de la gendarmerie qui lui auraient donné pour mission d'infiltrer le réseau de trafiquants d'armes de Charleroi. Or ces armes, après être passées dans les mains d'Hermant auraient in fine bien atterri entre celles d'Amedy Coulibaly et auraient servi pour l'attaque de l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes.

Incarcéré depuis la fin du mois de janvier 2015, Claude Hermant n'a pour le moment pas eu l'occasion de donner publiquement sa version des faits. Néanmoins, on s'interroge sur la nature de l'opération montée par la gendarmerie pour infiltrer le réseau. De même, on s'interroge sur l'étrange relation entre Hermant et la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières) dont un douanier de l'antenne lilloise a été inculpé le 30 avril 2015 pour "acquisition et détention" d'armes de guerre par l'intermédiaire d'Hermant. S'agit-il des armes qu'Amedy Coulibaly avait en sa possession dans l'Hyper Cacher ? Encore un nouveau mystère qui s'ajoute à l'étrange comportement de la DNRED, cette dernière ayant déjà été épinglée par les journalistes du Point dans l'affaire du trafic de fausse Nike de Saïd Kouachi.

Mais revenons-en à l'énigme de Charleroi dans laquelle la Gendarmerie ne semble pas avoir eu un seul indic en la personne d'Hermant mais également un second en la personne d'Amar Ramdani, le compagnon de la gendarme convertie à l'Islam et mise à pied dans un premier temps pour sa relation amoureuse avec ce complice présumé d'Amedy Coulibaly. Nous avons déjà détaillé les raisons pour lesquelles Amar ne pouvait avoir échappé aux services de police français pour la seule raison de son idylle avec Emmanuelle la gendarme. En effet, au regard du lourd dossier qui lui pendait au nez, à savoir un mandat d'arrêt européen délivré par la Cour de Justice de Malaga en 2013, il est difficile de comprendre l'inaction des services de police à son égard. Quant à sa proximité avec Amedy Coulibaly et Chérif Kouachi, elle n'arrange en rien le silence des autorités sur ce dossier épineux qui semble dissimuler une vérité inavouable.

Emmanuelle avait indiqué à l'équipe de l'émission Sept à Huit qu'il "a été décidé de faire tomber des têtes" avant que TF1 ne supprime la vidéo de son site internet. Le douanier lillois de la DNRED faisait-il alors partie des têtes à faire tomber ? Emmanuelle a en tout cas elle aussi fait les frais de cette étrange affaire et a d'ailleurs été placée en garde à vue pour un motif qui a de quoi intriguer puisque les journalistes de TF1 ont indiqué :

"Depuis le tournage de cet entretien par les équipes de 7 à 8, les enquêteurs auraient intercepté une lettre qu'Emmanuelle aurait tenté de faire passer à son ami où elle évoque la ville de Charleroi en Belgique."


Quel secret Amar et Emmanuelle partagent-ils autour de l'épisode de Charleroi ? Mais surtout, quelle information une gendarme officiellement chargée de la formation des agents de renseignement de la Gendarmerie pourrait-elle partager avec un complice d'Amedy Coulibaly ? Cette information a t-elle un lien avec Claude Hermant, l'indic de la gendarmerie lilloise qui avait reçu un courriel d'un gendarme en novembre 2014 lui indiquant  « Salut Claude, nous avons vu avec notre hiérarchie… Nous sommes partant(s) pour les deux dossiers que tu nous as présentés (armes-Charleroi…) » ?  Ce qui est certain est que depuis l'arrestation d'Emmanuelle, les services de l’État n'ont pas souhaité communiquer sur la correspondance entre Emmanuelle et Amar.

Charleroi est donc au cœur de l'un des volets les plus mystérieux des attentats de Paris, à savoir l'attaque de l'Hyper Cacher. Un épisode dans lequel les services de la gendarmerie et de la DNRED ont manifestement des choses à dissimuler aux français. Un raté ? Un "couac" comme l'affirment les journalistes belges de La Meuse ? Ces derniers semblent être bien au courant de l'affaire et annoncent que l'intermédiaire entre Coulibaly et Hermant, courrait toujours aujourd'hui !



Julien Teil