BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE
jeudi 23 avril 2015
Louis Aliot et Madame.
"Ah non, je ne parle pas anglais, moi. Je suis française !" a crânement déclaré
Marine Le Pen à la soirée du Time. Elle n'a pas ajouté, fort heureusement : "J'y parle mieux français que toi et j'y t'emmirde !" Mais ne disait-elle pas récemment :
"À Rome fais comme les Romains" ? Faire passer sa méconnaissance des
langues pour du patriotisme, il fallait y penser. C'est culotté. Sur le marché du travail, ce handicap le fait moins, mais comme elle n'y a jamais mis les pieds puisqu'elle a passé sa vie à se faire pistonner, notre fille à papa ne peut guère le savoir. J'attends de voir si
elle jouera de l'accordéon lorsqu'elle ira se prosterner à Yad Vashem. En attendant les nouveaux immigrés auront retenu la leçon : que chacun parle sa langue maternelle, les cochons seront bien gardés ! (1)
À ce propos, j'ai lu quelque part que l'immonde robe bleue-marine (ô subtilité ! )
portée par l'idole des jeunes était une façon très intelligente de se
distinguer des autres invités, au sein de cette réunion de l'hyper-système,
et prouver ainsi que, contrairement à Florian Philippot par exemple, elle n'en
était pas. La prochaine fois, elle devrait, dit-on, enfiler un short et
se déplacer en tongs sur le tapis rouge pour draguer les suffrages des
campings. Une question lancinante se pose : le populisme implique-t-il d'arborer le look des Bidochon ? On espère quand même que le futur couple présidentiel n'a pas vidé le mini-bar.
Paul-Éric Blanrue
(1) Je viens de lire un article de Mohamed Sifaoui dans le Huffington Post, intitulé "Les 'Arabes' ne visitent pas Auschwitz" et dans lequel le journaliste franco-algérien s'exclame : "J'ai honte pour ces sociétés abreuvées par la culture de l'indifférence
quand elles ne sont pas nourries à la mamelle de la haine antisémite". Nourries à la mamelle de la haine ? En voilà du grand
style ! Oui à Sifaoui à l'Académie française pour étoffer notre langue
désuète de mamelles d'amour, de pis d'altruisme, de mamelons d'humanité
et de tétasses de vivre-ensemble!
mercredi 22 avril 2015
Dortiguier contre Nietzsche.
Philosophe émérite, spécialisé dans les écrits de l'anti-positiviste austro-allemand Christian Ehrenfels, Pierre Dortiguier est un cas à part dans notre petit monde. Un soir, lors d'un repas au cours duquel, passé minuit, nous dissertions sur les Ennéades de Plotin après avoir causé de la symbolique du chiffre 11 et du personnage de Jésus tel que le décrit Houston Stewart Chamberlain, je l'ai comparé à Pic de la Mirandole, le théologien florentin du XVe siècle censé avoir embrassé tout le savoir de son temps. Dans une disputatio médiévale, il eut fait sensation.
Il n'est guère de domaines que Pierre n'ait exploré avec une rigueur, une vigueur et une ténacité extra-ordinaires, au plein sens du mot c'est-à-dire en l'écrivant avec un tiret. Peu lui importent ses cheveux blancs, cet éternel chercheur semble s'être donné pour mission de découvrir et maîtriser jour après jour de nouvelles matières, tel un étudiant vénitien désirant épuiser toute la Biblioteca Marciana (l'une des plus impressionnantes d'Italie).
Si l'on ne sait trop pourquoi il s'est dernièrement entiché du récentisme du Russe Anatoli Fomenko (je parierais que c'est par jeu intellectuel car il est trop fin et pénétrant pour avoir des certitudes chronologiques aussi extravagantes), je l'ai entendu deviser durant des heures, reprenant à peine son souffle, de l'histoire européenne et orientale, du général de Gaulle (qu'il a rencontré), de la dernière guerre et de ses mythes, de l'Antiquité, du comte de Gobineau qu'il admire à raison pour L'Histoire des Perses, de la politique séculairement néfaste des États-Unis, des méfaits du matérialisme sur notre société décomposée, de religion comparée, de mystique rhénane et iranienne, de médecines alternatives, d'astrologie et même du tarot de Marseille !
Je ne crois pas beaucoup m'avancer en le qualifiant d'hypermnésique : il est capable de vous raconter l'épopée d'un village silésien que vous ne sauriez situer sur une carte ou vous citer au mot près les textes rares et décisifs qu'il a découverts et traduits en français (pour la première fois de l'histoire, faut-il le préciser !) avec l'élégante décontraction d'un érudit qui ne se soucie pas de briller dans le monde mais dont l'unique objet est de vous faire partager ses lumières.
Doué d'une pensée en perpétuel mouvement, il saute d'un sujet à l'autre, comme un enfant dans des flaques d'eau, avec l'oeil pétillant et un brio déconcertant qui laisse pantois mais sollicite une attention de chaque instant. On a tous entendu ses éclairants exposés sur les ondes de Radio Téhéran, où il explique la situation internationale mieux qu'un géopoliticien de l'École de Guerre ; on a également apprécié ses interventions témoignant d'une culture encyclopédique dans diverses vidéos diffusées sur le Net. Mais il a peu publié. Un tort, sans nul doute, car la loi du genre est publish or perish. C'est la première raison pour laquelle son Nietzsche - Ce qu'il n'est pas, ce qu'il découvre (Fiat Lux, septembre 2014) mérite qu'on s'y attarde : il n'y est pas seulement question du "philosophe au marteau", décrypté sous toutes les coutures, mais aussi de la pensée de Pierre Dortiguier lui-même, qui se pose en s'opposant.
Je le dis d'autant plus volontiers que je ne partage pas sa thèse principale : c'est un grand livre. Un livre difficile, à coup sûr, car exigeant envers son lecteur (si par moment vous vous perdez dans ce labyrinthe flamboyant, vous retrouverez votre fil d'Ariane au chapitre suivant, car, dans l'apparent décousu de la trame, l'auteur dessine peu à peu des figures dont vous apprendrez, avec un minimum de patience, à saisir les contours). N'importe : sur Nietzsche, cela fait belle heurette que j'avais pas lu, stylo en main, un ouvrage aussi riche et roboratif.
Sans résumer la démonstration virevoltante de Dortiguier, je peux en dire qu'il s'agit d'une ode à Arthur Schopenhauer et Richard Wagner que l'auteur entend défendre bec et ongles contre un disciple devenu leur fougueux contempteur : le terrible Friedrich Nietzsche !
On a d'emblée l'impression - et c'est la raison pour laquelle on lui pardonne des éreintements parfois injustes - que ce que notre ami déteste par dessus-tout c'est la notoriété acquise par l'auteur du Zarathoustra dans notre monde parodique, qui l'encense sans le connaître. Autant dire que Dortiguier, en bon lecteur qu'il est, n'a que faire du Nietzsche libertaire présenté par un Michel Onfray qui passe sous silence, pour complaire à ses admirateurs avides de digest et de doctrine apaisante, que son penseur-fétiche conchie la démocratie, l'égalitarisme, la dévirilisation des moeurs et la "moraline" socialisante. Laissant ce philosophe médiatique à sa quête d'audimat, Dortiguier, lui, se paye le luxe de défendre l'honneur d'Élisabeth Förster-Nietzsche, la soeur de son ennemi intime, attaquée de toutes parts depuis près d'un siècle pour cause de national-socialisme avoué ; c'est dire si l'on est loin d'avoir affaire à une perspective molle. Décidé à aller au fond du problème, Dortiguier entend s'attaquer au coeur même de l'oeuvre, voulant montrer les idées que Nietzsche a empruntées à ses prédécesseurs ("la volonté" dont il fit "la volonté de puissance" est un motif métaphysique schopenhauerien) ainsi que les véritables raisons de sa soudaine antipathie à leur égard, incomprises, parce que non académiques, par la plupart des professeurs qui le présentent à leurs élèves.
Le trépidant germanophile Dortiguier n'est pas tendre avec un Nietzsche "trop français" à son goût, guidé qu'il fut sur ce terrain par le juif Paul Rée qui lui fit connaître les moralistes du Grand Siècle à Sorrente, au pied du Vésuve, dans une splendide bâtisse où ils étaient les invités d'une wagnérienne fanatique, par surcroît féministe, Malwida von Meysenbug ; on pourrait aisément lui rétorquer qu'il suffit de comparer les oeuvres des deux hommes pour se rendre compte de leur différence profonde et de la prééminence de la pensée de Nietzsche sur celle, plate, positiviste et confuse, de son compère, avec lequel, d'ailleurs, il ne manqua pas de se fâcher.
Dortiguier fait aussi entrer dans le jeu, comme un deux ex machina censé expliquer l'évolution intellectuelle de son anti-héros, une prétendue syphilis qui n'est assurée par aucun document probant : comme sa correspondance l'indique, Nietzsche a commencé à sentir les premiers symptômes de sa maladie fatale durant la guerre de 1870, lors d'un trajet en train qui le conduisait de Gravelotte à Haguenau, bien avant d'avoir connu la moindre expérience sexuelle, s'il en eut jamais (on débat encore de nos jours pour savoir s'il a embrassé sur la bouche l'hystérique Lou Salomé !). Notre ami bute enfin sur la notion de "l'éternel retour" qu'il considère comme une blague ; pourtant Martin Heidegger a écrit deux livres fondamentaux qui en fournissent la clé.
Se sentant l'âme d'un justicier, Dortiguier tente de dynamiter la statue que l'auteur d'Ecce homo s'est lui-même édifiée au détriment, pense-t-il, de ceux qu'il appelait auparavant ses "éducateurs". A-t-il raison, a-t-il tort ? C'est, bien entendu, au lecteur d'en juger. Nietzsche lui-même appelait à être dépassé, et je suis certain qu'il aurait apprécié d'être ainsi mis en contradiction avec lui-même, car sans contradiction il n'y a point, sous nos cieux, de vie qui tienne.
Dortiguier a toutefois une légère propension à oublier que le marcheur de Sils-Maria, Nice et Venise était un sublime joueur, épris de liberté, abhorrant l'esprit de système et désirant plus que tout au monde, même au mépris de sa santé à laquelle pourtant il tenait farouchement comme tout valétudinaire qui se respecte, faire de sa vie une expérience grandeur nature. C'est cette expérience fantastique, son vécu intérieur autant que sa diététique, qu'il nous conte dans ses livres, sans oublier de souligner au passage - et c'est certainement l'essentiel de ce qu'il nous dit, si on prend la peine de l'écouter sans le juger - que les plus sérieux de nos maîtres, tous, absolument tous et sans exception, sont eux aussi de pauvres êtres humains, trop humains, qui cachent leurs doutes et leurs déboires sous une apparence de sérieux voire de morgue. Le végétarien Schopenhauer, groupie du Bouddha et apôtre de la disparition du "vouloir-vivre", avait un caractère de cochon migraineux qui épouvantait son entourage. Quant à Wagner, leur brouille ne s'explique pas seulement parce que Nietzsche nourrissait une passion coupable pour sa femme Cosima, la fille de Franz Listz. Ne lui connaissant aucune compagnie féminine, le compositeur embaucha en effet un détective privé pour savoir si son ami n'était pas quelque peu inverti sur les bords. Un bon motif de fâcherie ! Le rejet de Wagner par Nietzsche et sa passion subite pour le Carmen Bizet - plus provocatrice que profonde comme il l'avoue au détour d'une phrase alors qu'il entre en crise et comme le prouvent aussi ses propres productions musicales, qui doivent tout aux harmonies du fondateur du Bayreuther Festspiele - provient aussi d'une prise de conscience qui eut lieu aux alentours de 1876, lorsque Wagner célèbre son triomphe en Bavière : le Maître n'était pas toujours à la hauteur de ses héroïques déclamations et son public, composé d'intellectuels de salon et de dames aux parfums capiteux, avait un goût décidément trop bourgeois pour lui, l'homme libre, l'intransigeant aristocrate fuyant une société lourde pour s'alléger en altitude.
Dortiguier a toutefois une légère propension à oublier que le marcheur de Sils-Maria, Nice et Venise était un sublime joueur, épris de liberté, abhorrant l'esprit de système et désirant plus que tout au monde, même au mépris de sa santé à laquelle pourtant il tenait farouchement comme tout valétudinaire qui se respecte, faire de sa vie une expérience grandeur nature. C'est cette expérience fantastique, son vécu intérieur autant que sa diététique, qu'il nous conte dans ses livres, sans oublier de souligner au passage - et c'est certainement l'essentiel de ce qu'il nous dit, si on prend la peine de l'écouter sans le juger - que les plus sérieux de nos maîtres, tous, absolument tous et sans exception, sont eux aussi de pauvres êtres humains, trop humains, qui cachent leurs doutes et leurs déboires sous une apparence de sérieux voire de morgue. Le végétarien Schopenhauer, groupie du Bouddha et apôtre de la disparition du "vouloir-vivre", avait un caractère de cochon migraineux qui épouvantait son entourage. Quant à Wagner, leur brouille ne s'explique pas seulement parce que Nietzsche nourrissait une passion coupable pour sa femme Cosima, la fille de Franz Listz. Ne lui connaissant aucune compagnie féminine, le compositeur embaucha en effet un détective privé pour savoir si son ami n'était pas quelque peu inverti sur les bords. Un bon motif de fâcherie ! Le rejet de Wagner par Nietzsche et sa passion subite pour le Carmen Bizet - plus provocatrice que profonde comme il l'avoue au détour d'une phrase alors qu'il entre en crise et comme le prouvent aussi ses propres productions musicales, qui doivent tout aux harmonies du fondateur du Bayreuther Festspiele - provient aussi d'une prise de conscience qui eut lieu aux alentours de 1876, lorsque Wagner célèbre son triomphe en Bavière : le Maître n'était pas toujours à la hauteur de ses héroïques déclamations et son public, composé d'intellectuels de salon et de dames aux parfums capiteux, avait un goût décidément trop bourgeois pour lui, l'homme libre, l'intransigeant aristocrate fuyant une société lourde pour s'alléger en altitude.
J'aimerais que pour son prochain livre, notre ami se plonge dans l'oeuvre du "traditioniste" italien Julius Evola, qui se définit dans Le Chemin du Cinabre comme "apollinien et dionysien", et qui a tenté toute sa vie de faire coïncider, dans une magistrale synthèse aux bases solides, les conceptions transcendantes platoniciennes avec le combat de Nietzsche contre le factice arrière-monde et la morale fade.
Pour Nietzsche, n'oublions pas que seul le "Dieu moral" est mort ("nous l'avons tué !"), non point le Dieu de la métaphysique ; et ce "Dieu moral" est celui du christianisme luthérien dans lequel il a baigné durant son enfance très sage. Nietzsche avait la plus haute considération pour le Christ, qu'il définissait comme"le seul vrai chrétien" ayant jamais existé sur terre. L'Imitation de Jésus Christ dit-elle autre chose ? Sur ce point, il partageait l'avis de Schopenhauer. Et de Wagner. J'insiste sur ce détail, car, que voulez-vous, je suis l'un de ceux qui se permettent d'apprécier ces trois illustres personnages en même temps, sans me soucier de leurs petites et grandes querelles qui ne sont que l'écume d'un monde englouti. Pourquoi se priver ! Mon état d'esprit est celui de Vingt ans après d'Alexandre Dumas. Revenir de temps en temps sur d'anciennes disputes, comme nous y invite Pierre Dortiguier, a pour intérêt principal de nous faire penser contre ces géants, et forcément aussi avec eux. C'est ce qui compte.
Paul-Éric Blanrue
Marine à New York.
LIEN
"Nancy Gibbs, la patronne de l'hebdomadaire Time a bien précisé dans son éditorial que «les grands esprits ne pensent pas tous de même: des politiciens de différents horizons idéologiques se trouvent sur la liste du fait de leur aptitude à orienter la conversation dans de nouvelles directions». Celle qui, semble penser la presse anglo-saxonne de plus en plus intriguée par la saga frontiste, pourrait entraîner Marine Le Pen sur les plus hautes marches du pouvoir hexagonal, «d'ici dix ans», comme elle l'a ouvertement prédit en 2014 à la correspondante parisienne de Time. «Sa prédiction ne parait plus absurde», commente cette dernière, relevant qu'elle s'est en outre «finalement séparée de son père et de son antisémitisme nocif»."
"Nancy Gibbs, la patronne de l'hebdomadaire Time a bien précisé dans son éditorial que «les grands esprits ne pensent pas tous de même: des politiciens de différents horizons idéologiques se trouvent sur la liste du fait de leur aptitude à orienter la conversation dans de nouvelles directions». Celle qui, semble penser la presse anglo-saxonne de plus en plus intriguée par la saga frontiste, pourrait entraîner Marine Le Pen sur les plus hautes marches du pouvoir hexagonal, «d'ici dix ans», comme elle l'a ouvertement prédit en 2014 à la correspondante parisienne de Time. «Sa prédiction ne parait plus absurde», commente cette dernière, relevant qu'elle s'est en outre «finalement séparée de son père et de son antisémitisme nocif»."
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| L'élégance à la française |
mardi 21 avril 2015
Loin des fausses reliques que vénère une époque incapable de distinguer l'essentiel de l'accessoire : le sens du surnaturel !
"Veiller sur le trésor des formes sacrées et les préserver dans
l'indifférence ou la haine générale est en soi un honneur suffisant pour
illuminer une vie. Au reste, pour celui qui a une fois compris la
fonction matricielle et le pouvoir structurant des formes spirituelles
et des rites que la tradition nous a livrées et a confiées à notre
générosité, il ne saurait en aller autrement. Il sait bien que ce sont
ces formes qui édifient l'humanité et la sauvent perpétuellement d'un
aplatissement toujours menaçant, en même temps qu'elles offrent au
rayonnement de l'esprit une expression qui ne soit pas trop indigne de
sa gloire. Parce qu'elles sont sacrées, c'est-à-dire séparées, parce
qu'elle rompent délibérément avec les formes profanes de la vie
quotidienne, elles introduisent dans le tissu de l'existence humaine
cette distance salvatrice où seulement peut respirer la liberté de
l'homme et où seulement il trouve à se dépasser. Et c'est alors, dans
cet arrachement et ce vide soudain béant, que l'Esprit peut verser l'eau
vive de sa grâce et répandre le feu de sa lumière. Devant ces vérités
qui s'imposent à son intelligence, l'homme de tradition ne peut faire
autrement que de se mettre à leur service et de s'engager dans une
indéfectible résistance spirituelle" (Jean Borella, Le Sens du
surnaturel, 1996).
L'un des combats les plus insignes de Richard Wagner ? La guerre ? L'antisémitisme ? La mythologie germanique ? Non : le combat contre la vivisection. Pour voir l'histoire différemment, lisez cette lettre, qui n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan d'écrits que le génial musicien (mort à Venise en 1883) a consacrés à cette noble cause.
Lettre ouverte
à M. Ernst von Weber,
auteur de
Les chambres de torture de la science
Cher et très
honoré Monsieur,
Vous me croyez
capable de pouvoir vous aider de ma parole, dans votre campagne si énergique
entreprise récemment contre la vivisection, et vous paraissez, à cet égard,
prendre en considération le nombre assez important d'amis que m'a acquis leur
goût pour mon art. Si votre édifiant exemple m'incite vivement à essayer de
répondre à votre désir, c'est pourtant moins la confiance que j'ai en ma force
qui me décide à vous imiter, qu'un vague sentiment de la nécessité d'étudier,
même sur ce terrain bien éloigné en apparence de ce qui intéresse les artistes,
le caractère de l'influence artistique que bien des gens m'ont, jusqu'à
présent, attribué.
Comme nous
rencontrons une fois de plus, dans le cas présent, le spectre de la Science qui
est devenu, à notre époque matérielle, depuis la table de dissection jusqu'aux manufactures
de fusils, le démon de l'utilitarisme, jugé seul digne de l'affection de
l'État, je crois que, en me mêlant de la question actuelle, c'est déjà un grand
avantage pour moi que tant de voix si graves et si
autorisées se soient élevées en votre faveur, dénonçant au bon sens les
assertions erronées, sinon mensongères,
de nos adversaires.
D'autre part, il est vrai, on a accordé une si grande place
au pur sentiment, dans la [discussion de] notre affaire, que nous avons
donné aux railleurs et aux mauvais plaisants qui, presque seuls, s'occupent de
nos entretiens publics, d'excellentes occasions de défendre les intérêts de la Science. Pourtant,
à mon avis, c'est la question la plus grave de l'humanité qui est débattue ici ;
de sorte que les convictions les plus profondes ne pourront être acquises que
par un examen très sérieux de ce « sentiment » bafoué. J'essaierai volontiers de
suivre cette voie, autant que mes faibles facultés me le permettent.
Ce qui m'a retenu jusqu'à présent d'entrer dans une des
associations protectrices des animaux existantes, c'est que tous les appels et
toutes les instructions que je leur voyais publier étaient basées presque
exclusivement sur le principe utilitaire. Sans doute, importe-t-il en premier
lieu aux philanthropes qui se sont voués jusqu'ici à la protection des animaux,
d'en prouver l'utilité au peuple, pour en obtenir un meilleur traitement ; car
les résultats de notre civilisation actuelle ne nous permettent pas d'invoquer
d'autres motifs que la recherche du profit dans les actions humaines du citoyen.
Combien nous sommes encore étrangers à un motif exclusivement
noble de bien traiter les animaux, et combien peu de chose a pu réellement être
obtenu de la pratique courante,
on le voit en ce moment même : les représentants de la ligne de conduite suivie
jusqu'à présent par les sociétés protectrices contre la barbarie la plus
inhumaine envers les animaux, celle qui s'exerce dans nos salles de vivisection
autorisées par l'État, ne sauraient produire un seul argument concluant, dès que
l'on fait valoir, pour la défendre, l'utilité de cette barbarie. Nous en sommes
presque réduits à discuter exclusivement cette utilité ; et, si elle était
démontrée avec une certitude absolue, ce serait précisément la société
protectrice des animaux qui, par la ligne de conduite suivie jusqu'ici par
elle, aurait favorisé, contre ses protégés, la cruauté la plus indigne de l'humanité.
Par conséquent, pour conserver nos sentiments sympathiques
à l'égard des animaux, il n'y a, pour nous venir en aide, qu'à faire
reconnaître officiellement l'inutilité de cette torture scientifique des animaux ;
espérons que nous y arriverons. Quand bien même nos efforts auraient obtenu un
succès complet de ce côté, rien encore de définitif et de bon n'aura été fait
pour l'humanité, tant que la torture des animaux n'aura été abolie qu'en raison
de son inutilité ; on aura ainsi défiguré et tué lâchement l'idée qui a donné
naissance à nos sociétés pour la protection des animaux.
Ceux qui, pour empêcher les souffrances d'un animal
prolongées à volonté, ont besoin d'autre mobile que celui de la pure pitié, ne
pourront jamais se sentir vraiment fondés à réprimer les mauvais traitements
des animaux de la part d'autrui. Quiconque s’est révolté à la vue du martyre d’un
animal, n'y a été poussé que par la pitié ; et quiconque se joint à
d'autres pour protéger les animaux, n'y est déterminé que par la pitié :
pitié absolument désintéressée et inaccessible à tous les calculs d'utilité ou
d'inutilité. Mais que, en tête de tous nos appels et avis adressés au peuple,
nous n'osions mettre cette pitié que comme le seul mobile indiscutable qui nous
pousse, voilà bien la malédiction de notre civilisation, et la confirmation que
les religions de nos Églises officielles sont sans Dieu.
Il a fallu, de
notre temps, l'enseignement d'un philosophe qui combat de la façon la plus
impitoyable tout ce qui est faux et malsain, pour démontrer que la pitié, fondée
sur la nature la plus intime de la volonté humaine elle-même, est la seule
base vraie de toute morale. On s'est moqué de lui ; le sénat d'une
académie des sciences l'a même mis à l'index avec indignation ; car la vertu,
dès qu'elle n'est pas prescrite par la révélation, ne saurait être fondée que
sur les méditations de la raison. Considérée logiquement, la pitié fut même
déclarée un égoïsme par excellence : [on a prétendu] que la pitié ne serait
motivée que par la vue d'une souffrance étrangère qui nous cause de la douleur
à nous-mêmes, mais non par la souffrance étrangère elle-même, que nous
tâcherions de réprimer uniquement afin d'en supprimer l'effet douloureux sur
nous-même. Comme nous sommes devenus ingénieux pour nous défendre, dans
la fange de l'égoïsme le plus vil, contre les remords causés par des sentiments
communs à tous les hommes ! On a méprisé encore la pitié, sous prétexte qu'on
l'a rencontrée très fréquemment chez les hommes même les plus grossiers, comme
un minimum d'instinct vital ; sous ce prétexte, on s'est mis à confondre la
pitié avec le regret que les témoins de toute infortune publique ou domestique
expriment si facilement et traduisent, ces accidents se reproduisant si
souvent, par un simple hochement de tête, puis s'en détournent en haussant les
épaules ; – jusqu'au moment où un homme sort de la foule, auquel la vraie
pitié commande d'apporter un secours efficace.
Celui qui
n'avait d'autre inclination à la pitié et qui n'a pas surmonté ce lâche regret,
sera content de pouvoir s'en dispenser, et il y puisera un parfait et plaisant
dédain de l'humanité. Il sera difficile, en effet, de renvoyer un tel homme à
son prochain pour apprendre de lui à pratiquer la pitié à son égard ; car c'est
en général une chose bien difficile, dans notre société bourgeoise réglementée
par la loi, que d'obéir au précepte de notre Sauveur : « Aime ton prochain
comme toi-même. »
Notre prochain
est en général bien peu digne de notre amour et, dans la plupart des cas, la
prudence nous conseille d'attendre du prochain la preuve de son amour; de même,
nous n'avons guère lieu de nous fier à la simple déclaration de son amour. Tout
bien examiné, l'État et la
Société sont combinés de telle sorte, d'après les lois de la
mécanique, qu'il est très supportable de s'y passer de la pitié et de l'amour
du prochain. Nous voulons dire par là que l'apôtre de la pitié aura bien de la
peine à appliquer sa doctrine, de l'homme à l'homme d'abord, puisque même notre
vie de famille, si dégénérée de nos jours, sous l'accablement de la misère et
la recherche des distractions, ne saurait plus donner le bon exemple. Il est douteux
aussi que ces doctrines soient accueillies avec enthousiasme par l’administration
de l’armée qui, on le sait, maintient à peu près l’ordre dans toute notre
existence politique, sauf à la
Bourse ; elle lui prouverait qu’il faut comprendre la
pitié dans un sens tout autre qu’il ne le croit, c’est-à-dire en gros[1], sommairement, comme un moyen d’abréger
les souffrances inutiles de l’existence avec des projectiles qui touchent leur
but avec une précision de plus en plus parfaite.
Par contre, la Science, revêtue
de la sanction officielle, semble s'être chargée de pratiquer la pitié dans la
société civile, en mettant professionnellement ses données en pratique. Nous ne
voulons pas parler ici des résultats de la science théologique, qui arme
les pasteurs d'âmes de nos communes de la connaissance des impénétrables
mystères de la divinité ; et nous supposerons avec confiance, pour l'instant,
que la pratique de cette profession incomparablement belle n'a pas prévenu ses
disciples contre une propagande comme la nôtre. Il est vrai, malheureusement,
que ce serait beaucoup exiger du dogme strict de l'Église, qui ne
considère jamais comme sa base que le premier livre de Moïse, que de réclamer
la pitié d’un Dieu même pour les animaux créés au profit de l’homme. Cependant,
de nos jours, on peut surmonter mainte difficulté, et le bon cœur d’un curé
philanthrope a certainement trouvé, dans l'exercice du gouvernement des âmes,
mainte occasion qui pourrait avoir disposé son esprit dogmatique en faveur de
notre cause. Quelque difficulté qu'il y ait pour la théologie elle-même à
réclamer en faveur des buts de la simple pitié, nous aurions pourtant des perspectives
d'autant plus encourageantes en envisageant la science médicale, qui arme ses
disciples en vue d'une profession consacrée uniquement à soulager les souffrances
humaines. Le médecin peut réellement nous paraître le sauveur laïc de la vie ;
aucune autre profession ne peut se comparer à la sienne, étant donné les
bienfaits palpables de son exercice. Pleins de confiance en lui, nous devons
respecter ce qui lui prête les moyens de nous guérir de cruelles souffrances ;
c'est pourquoi nous regardons la science médicale comme la plus utile et la
plus précieuse, et sommes prêts à tout sacrifier à son exercice et à ses
exigences ; c'est elle, en effet, qui nous donne le praticien vraiment breveté
de la pitié active et personnelle, chose si rare à trouver parmi nous.
Quand
Méphistophélès met en garde contre le « poison caché » de la théologie, nous
voulons croire cet avertissement aussi malicieux que son éloge suspect de la
médecine, dont il veut, pour consoler les médecins, laisser les succès
pratiques « à la grâce de Dieu ». Mais justement, cette bonne opinion malicieuse
qu'il professe à l'égard de la science médicale nous fait craindre qu'elle ne
contienne sinon « un poison caché », du moins un poison bien ostensible, que le
rusé compère ne vise qu'à nous cacher par son éloge provocant.
Il est
surprenant, toutefois, que cette Science,
qu’on juge généralement comme la plus utile, fasse voir de plus en plus
clairement qu’elle n’est pas réellement une science, et tâche d’autant plus de
se soustraire à l’expérience pratique pour arriver grâce à des notions de plus
en plus positives, à l'infaillibilité qu'elle veut atteindre au moyen d'opérations
spéculatives. Ce sont des docteurs-médecins eux-mêmes qui nous en informent.
Les opérateurs-professeurs de physiologie spéculative peuvent les déclarer
incompétents, [ces médecins] qui s'imaginaient qu'il s'agit surtout, dans l'exercice
de l'art de guérir, de l'expérience accessible aux seuls docteurs-médecins, du
coup d'oeil assuré de l'individu doué d'aptitudes médicales spéciales, et enfin
de son dévouement profond, qui le fait venir en aide, autant que possible, aux
malades qui se confient à lui. Mahomet, après avoir passé en revue toutes les
merveilles de la création, finit par reconnaître que la plus grande merveille
est que les hommes aient pitié les uns des autres ; nous accordons aveuglément
cette [pitié] à notre médecin, tant que nous nous fions à lui, et le mettons,
par conséquent, plus haut que le physiologiste qui spécule, dans la salle de
dissection, et recherche, pour sa gloire, des résultats abstraits. Mais nous perdons
cette confiance quand nous apprenons, comme l’autre jour, qu'une réunion de
docteurs-médecins, par peur de la « science » ou craignant d'être pris pour des
hypocrites ou des superstitieux, se sont laissé aller à démentir les qualités
seules dignes de confiance que les malades leur supposent, et à se faire les plats
valets du martyre spéculatif des animaux, en déclarant que, si l'on supprimait
les exercices de dissection que messieurs les étudiants font sur les animaux
vivants, le docteur-médecin ne pourrait plus, dans un avenir prochain, soigner
ses malades.
Heureusement,
les quelques renseignements que nous avons recueillis sur ce qu'il y a de juste
et de vrai à ce sujet, sont si parfaitement édifiants, que la lâcheté de ces
autres messieurs ne saurait plus nous enthousiasmer pour cette torture qu'ils
recommandent avec philanthropie ; mais, au contraire, nous nous sentons enclins
à ne plus confier notre santé et notre existence à un médecin qui en tire son
enseignement : car nous le considérons comme un homme incapable de pitié et qui
triche dans son métier.
Éclairés d'une
façon si instructive sur le bousillage effrayant de cette « science »
recommandée au respect extraordinaire et à la protection puissante du « grand public
», et surtout de nos ministres et de nos conseillers princiers, comme
récemment l'ont recommandée plusieurs docteurs-médecins dans leurs traités
remarquables surtout par leur allemand élégant, nous pouvons espérer à bon
droit que le spectre de l'utilité de la vivisection ne viendra pas nous
hanter dans nos efforts ultérieurs ; il nous importera désormais uniquement de cultiver
avec énergie chez nous la religion de la pitié, en dépit des fidèles du
dogme de l'utilité. Malheureusement, la façon de considérer les choses
humaines que nous venons d’adopter, nous a montré que la pitié était rayée de
la législation de notre société ; car nous avons vu, sous prétexte de s'occuper
de l'homme, nos institutions médicales même se transformer en écoles de la
brutalité, – au nom de « la science », – celle-ci, un jour, se détournera
naturellement des animaux contre l'homme, qui n'aura plus aucune protection
contre ses expériences.
Guidés par
cette irrésistible révolte que nous inspirent les terribles souffrances
causées volontairement aux animaux, trouverons-nous le chemin qui mènera au
seul royaume rédempteur qu'est la pitié éprouvée pour tout ce qui vit, comme
dans un paradis perdu et reconquis consciemment ? –
Lorsque la
sagesse humaine s'aperçut un jour que c'est le même souffle qui anime l'animal
et l'homme, il sembla trop tard déjà pour détourner la malédiction que nous
paraissions avoir attirée sur nous, nous mettant au niveau des bêtes féroces
en consommant de la nourriture animale : maladies et misères de toute sorte
auxquelles nous ne voyions pas exposés les hommes qui ne vivaient que de
végétaux. La reconnaissance que nous en avons acquise nous fit apercevoir la
profonde culpabilité de notre existence terrestre : elle décida ceux qui en étaient
convaincus à renoncer à tout ce qui excite les passions et à s'abstenir de
toute nourriture animale. C'est à ces sages que se dévoila le mystère du monde
comme un incessant mouvement de déchirement qui ne pouvait être racheté pour
revenir à l'unité saine et tranquille que par la pitié.
Seule la
pitié, qu'il avait pour tout être qui respire, délivra le sage de la
métamorphose incessante de toutes les existences douloureuses par lesquelles il
devait passer jusqu'à rédemption définitive. C'est pourquoi il plaignait
l'homme sans pitié pour sa souffrance, et plaignait plus profondément encore
l'animal qu'il voyait souffrir, de le savoir incapable d'être délivré par la
pitié. Ce sage reconnut que l'être doué de raison atteint au bonheur suprême
par des souffrances volontaires que, partant, il recherche avec un zèle
extrême et subit avec passion, tandis que l'animal n'attend la souffrance
absolue qui lui est si inutile, qu'avec l’anxiété la plus terrible et une
répugnance horrible. Et plus digne de compassion encore paraissait à ces sages
l'homme qui pouvait tourmenter volontairement un animal et rester insensible à
ses souffrances, car il savait que celui-là était encore plus éloigné de la
rédemption que l'animal même : celui-ci, par comparaison, devait lui apparaître
innocent comme un saint.
Des peuples, chassés
vers des climats plus rudes, se voyant, pour préserver leur existence, réduits
à la nourriture animale, ont conservé jusqu'à des époques récentes, la
conscience que l'animal appartient non pas à eux, mais à une divinité ; ils savaient
qu'en tuant ou abattant un animal, ils se rendaient coupables d'un crime dont
ils devaient demander pardon à Dieu : ils lui immolaient l'animal et lui
offraient, en action de grâces, les parties les plus nobles de la proie. Ce qui
avait été ici un sentiment religieux, survécut, après la décadence des
religions, dans des philosophies plus récentes, comme une pensée pleine
d'humanité ; qu'on lise le beau traité de Plutarque : Sur l'intelligence des
animaux terrestres et aquatiques ; avec sensibilité, on considérera alors
comme ignominieuses les idées de nos savants et de leurs pareils.
Jusqu'ici,
mais non au delà, hélas! nous pouvons suivre les traces de cette pitié, fondée
sur la religion, que nos ancêtres humains ressentaient pour les animaux, et il
semble que le progrès de la civilisation, en rendant l'homme indifférent « au Dieu »,
l'ait transformé en animal féroce ; en effet, nous avons vu un César romain,
revêtu d'une peau de bête, mimer en public un animal féroce.
Un Être divin sans péché se chargea
lui-même de la somme énorme des péchés de toute cette existence
et la racheta
par sa mort douloureuse. C'est par cette mort expiatoire que
tout être qui vit
et respire put se savoir racheté, pourvu qu'il la comprit et la
prit en
exemple, pour l'imiter. Voilà ce que firent les martyrs et les
saints qui
furent irrésistiblement entraînés à la souffrance volontaire en
se plongeant
dans la source de pitié jusqu'à la destruction de tout mensonge
du monde. Il y
a des légendes qui nous rapportent que les animaux s'attachèrent
avec familiarité
à ces saints, – non pas peut-être uniquement pour la protection
dont ils étaient assurés, mais parce qu'ils étaient attirés en outre par
le mobile puissant de
la compassion qui en pouvait résulter : c'est qu'ici il y avait à
lécher des
blessures et peut-être aussi une main affectueuse et
protectrice. Dans ces
légendes, comme, par exemple, celle de la biche de sainte
Geneviève, et tant
d'autres analogues, il y a probablement un sens qui dépasse
l'ancien Testament. –
Or,
ces légendes ont disparu ; l'ancien Testament est vainqueur aujourd'hui, et
l'animal féroce est devenu l'animal « qui calcule ». Notre credo dit :
L’animal est utile, surtout quand il se soumet à nous, en se fiant à notre
protection ; faisons donc de lui ce que bon nous semble, au profit des
hommes ; nous avons le droit de torturer mille chiens fidèles pendant de
longs jours, si nous aidons par là un homme à jouir du bien-être « cannibalesque »
de « cinq cents cochons ».
Gollnisch s'interroge ; C.S. Lewis répond.
Après son coitus interruptus lors de la course aux Régionales, Bruno Gollnisch
s'interroge : "Je croyais
que mes compétences juridiques, politiques en ce qui
concerne la conduite pendant des décennies d’un groupe au Conseil
régional pouvaient me permettre de rendre quelques services à notre
cause... Il semblerait, apparemment, que ce ne soit pas l’avis d’un certain
nombre de jeunes gens qui préfèrent rester entre eux. À partir de ce
moment-là, je leur en laisse, en quelque sorte, la responsabilité. Et
par avance, citant pour une fois le général de Gaulle, je leur souhaite
bien du plaisir." (ICI)
Sans oser parler de mon dernier livre, qui explique bien des choses, sinon l'essentiel, l'ancien délégué général du FN fait part de ses préoccupations concernant l'évolution de son parti : "Il paraîtrait qu’il y ait un Front national nouveau, en
rupture, ou opposé, ou distinct du Front national ancien, dont je serais
paraît-il l’une des incarnations... Mais en quoi nous distinguons-nous de ce que, bec et
ongles, avec Jean-Marie Le Pen, avec moi-même, des milliers, des
millions d’électeurs, de militants, ont défendu au cours de toutes ces
années ?"
Tout ceci est amusant, mais un peu tardif. Le Patriarche
lui-même, qui a préféré sa fille non seulement à sa cousine et à ses voisines mais aussi à son meilleur lieutenant en faisant
tout ce qui était en son pouvoir pour écarter ce dernier de la présidence du FN, se demande comment
on peut lui être fidèle à ce point-là. C'est une vraie question. Il aura
manqué à Gollnisch l'âme d'un chef. Les fins de mois sont difficiles et
l'université française ne forge pas le caractère.
Au moins aura-t-il eu le mérite de pointer du doigt le grand tournant qui s'opère sous nos yeux. Au FN aussi, "le changement c'est maintenant". À l'adresse des plus jeunes qui vivent dans la quête éperdue des suffrages de leur temps, C. S. Lewis (l'auteur du Monde de Narnia), qui fut monarchiste, chrétien et même traditionaliste, écrivait : "Il m'eut bientôt débarrassé de ce que j'ai appelé mon snobisme chronologique qui me faisait accepter sans discernement le climat intellectuel commun à notre siècle et supposer que tout ce qui était démodé était, par cela même, discrédité. Il fallait trouver pourquoi les choses étaient démodées. Avaient-elles jamais été réfutées (dans ce cas par qui, où et jusqu'à quel point ?) ou étaient-elle simplement mortes, comme les modes ? Dans ce dernier cas, cela ne nous apprenait rien sur leur vérité ou leur fausseté. Ayant compris ceci, nous comprenions que notre siècle était, lui aussi, une période, et qu'il avait certainement, comme toutes les autres périodes, ses illusions caractéristiques qui se dissimulent le plus souvent dans ces postulats largement répandus qui sont tellement enracinés dans une époque que personne n'ose les attaquer ni ne juge nécessaire de les défendre." (Surpris par la joie, 1955).
Au moins aura-t-il eu le mérite de pointer du doigt le grand tournant qui s'opère sous nos yeux. Au FN aussi, "le changement c'est maintenant". À l'adresse des plus jeunes qui vivent dans la quête éperdue des suffrages de leur temps, C. S. Lewis (l'auteur du Monde de Narnia), qui fut monarchiste, chrétien et même traditionaliste, écrivait : "Il m'eut bientôt débarrassé de ce que j'ai appelé mon snobisme chronologique qui me faisait accepter sans discernement le climat intellectuel commun à notre siècle et supposer que tout ce qui était démodé était, par cela même, discrédité. Il fallait trouver pourquoi les choses étaient démodées. Avaient-elles jamais été réfutées (dans ce cas par qui, où et jusqu'à quel point ?) ou étaient-elle simplement mortes, comme les modes ? Dans ce dernier cas, cela ne nous apprenait rien sur leur vérité ou leur fausseté. Ayant compris ceci, nous comprenions que notre siècle était, lui aussi, une période, et qu'il avait certainement, comme toutes les autres périodes, ses illusions caractéristiques qui se dissimulent le plus souvent dans ces postulats largement répandus qui sont tellement enracinés dans une époque que personne n'ose les attaquer ni ne juge nécessaire de les défendre." (Surpris par la joie, 1955).
Il est à craindre que la démocratie républicaine et spectaculaire empêche la nouvelle génération, plus encore que l'ancienne, de comprendre que le présent, dont on fait l'étalon suprême de toutes les valeurs, n'est jamais que du passé en cours de fabrication - et, par conséquent, qu'il faut savoir résister à ses attractions quand notre âme est en jeu.
Paul-Éric Blanrue
Saint Suaire - Ce n'est pas tous les jours que "Paris Match" cite Blanrue : profitons-en !
LIEN

En format de poche depuis 2014, avec un long article de Blanrue sur le Suaire

"Le
suaire apparaît très mystérieusement dans la collégiale de Lirey, en
Champagne, sans que l'on sache précisément ni d'où il vient ni comment
il est arrivé là. Geoffroy de Charny, le fondateur de cette église, un
personnage haut placé dans le royaume puisqu'il arrive juste après le
roi, organise les premières ostensions en 1355. A l'époque, chaque
collégiale se doit de posséder un certain nombre de reliques afin
d'attirer des croyants et les dons. Les fausses reliques se fabriquent
alors de façon presque industrielle. La question de leur authenticité ne
se pose pas. On achète un peu n'importe quoi, et les pèlerins sont
prêts à venir de loin pour les admirer. Pourtant, dès le début, l'Eglise
s'intéresse à ce suaire et se montre particulièrement méfiante. Les
évêques de Troyes font mener une enquête et en interdisent les
ostensions. D'après l'historien Paul-Eric Blanrue, ces investigations
auraient mené à l'arrestation d'un artiste qui aurait avoué la
fabrication du suaire. Evidemment, l'interdiction des ostensions
déclenche la colère des chanoines de Lirey. Leur grogne, en passant par
le roi de France, remonte aux oreilles du pape, qui, prudent, décide de
ramener le calme en 1390 en autorisant les ostensions, mais en demandant
qu'il soit dit, « à haute et intelligible voix, au moment du plus grand
empressement de fidèles, que le suaire n'est pas le vrai suaire de
notre Seigneur, mais une figure ou une représentation du suaire du
Christ ». Tant pis pour les recettes de l'Eglise.
(...)
Pour les partisans du suaire, la preuve la plus
évidente est l'impossibilité de le reproduire. D'après André Marion,
l'image présente huit caractéristiques que l'on n'a jamais réussi à
reproduire en même temps : finesse des détails, image négative,
indélébile, tridimensionnalité (l'intensité de l'image est fonction
inverse de la distance du corps au drap), impression superficielle et
invisible à l'envers du tissu (à l'exception des taches de « sang »),
absence de traces de pinceau... Pourtant, le Dr Di Costanzo, du centre
hospitalier universitaire de Marseille, prétend réaliser, pour le
magazine « Science & vie » (juillet 2005) un faux suaire dont la
similarité avec le vrai est, affirme-t-il, tout à fait surprenante. Le
21 juin, l'historien Paul-Eric Blanrue a également effectué cette
reproduction sous nos yeux. Un drap de lin mouillé est appliqué sur un
bas-relief représentant le visage du Christ supplicié. Après séchage, il
est tamponné avec une solution d'oxyde ferrique mélangée à de la
gélatine (qui contient du collagène), afin de respecter les matériaux
existant au Moyen Age. Le négatif de cette empreinte mérite d'être
comparé avec celui du suaire... A vous de juger !
(...)"
Mise à jour le 20 avril 2015
Paris-Match, Mariana Grépinet
Paris-Match, Mariana Grépinet
dimanche 19 avril 2015
Le Saint Suaire est présenté au public à partir d'aujourd'hui à Turin. Un million de personnes sont attendues. Dont le pape François lui-même. Hélas, ce linge n'est pas l'authentique linceul de la Passion...
... mais une vénérable icône fabriquée au XIVe siècle, comme Blanrue l'a démontré après une minutieuse enquête scientifique et historique rapportée dans QUATRE livres (Miracle ou imposture ?, EPO-Golias, 1999, L'Histoire dans tous ses états, book-e-book.com, coll. zététique, 2005, Le Secret du Suaire, Pygmalion 2006) et Secrets historiques et grandes énigmes (Point de vue - Express Roularta Éditions, Paris, juin 2010, republié
chez Omnibus, collection de poche bibliomnibus en collaboration avec L'Express en octobre 2014).
Deux éminents spécialistes de la démystification ont rejoint ses conclusions : le professeur Henri Broch, professeur de physique à l'Université de Nice, membre de l'Académie des Sciences de New York et auteur du classique Devenez sorciers, devenez savants (Odile Jacob, 2003) ; et Gérald Messadié, auteur du best-seller L'Homme qui devint Dieu (Robert Laffont, 1988), ancien rédacteur en chef du mensuel scientifique Science&Vie.
- Henri BROCH, Gourous, sorciers et savants, Odile Jacob, 2006 :
"Au début de l’été 2005, plusieurs médias se
sont faits l’écho d’une expérience menée par Paul-Éric Blanrue et Patrick
Berger à propos de ce fameux tissu. Le Monde du 4 juin titrait, dans sa
rubrique “Sciences” : “La recette du suaire de Turin livrée par les zététiciens”.
Un article d’Hervé Morin décrivait la “cérémonie iconoclaste” qui s’était
déroulée trois jours plus tôt au Muséum national d’histoire naturelle et au
cours de laquelle le secret de fabrication d’un suaire identique à celui de
Turin était explicité :
“Une recette à la portée “d’une ménagère de
moins de 50 ans.”, mais aussi “d’un faussaire du Moyen Age”. Prenez un
bas-relief en plâtre, que vous recouvrez d’une étoffe de lin humide pour
épouser les contours du visage. Tamponnez le tout avec un mélange d’oxyde ferrique
et de gélatine, des produits connus des peintres médiévaux – et dont la trace a
été retrouvée sur le suaire. Ajoutez quelques coulures vermillons pour figurer
le sang. Laissez sécher. Déployez. Faites adorer.”
Cette recette de fabrication fort simple
est, bien que fort peu médiatisée jusqu’à cette date, connue depuis longtemps,
puisqu’on la doit, semble-t-il à un chercheur du début du XXe siècle. C’est en
effet à cette époque que l’expérience de réalisation d’un suaire sur un
bas-relief de terre ou de bois paraît avoir été faite pour la première fois
(Cf. RR. Dom Cabrol, dom H. Leclercq, Dictionnaire d’archéologie chrétienne et
de liturgie, Letouzy et Ané, 1950. Signalons également un ouvrage qui fait le
tour de la question : Le Secret du Suaire. Autopsie d’une escroquerie, P-E
Blanrue, Pygmalion, 2006)."
- Gérald MESSADIÉ, "Le suaire de Turin et autres reliques", Réalités et mystifications du paranormal, L'Archipel, février 2015 :
"L'historique des divers linges ayant
prétendument enveloppé le corps de Jésus a été minutieusement établi par
l'historien Paul-Éric Blanrue.... Comme le révèle Blanrue, on ne trouve
pas sur cette image les nuances ordinaires... La conclusion est que le
paranormal est intégralement absent du Suaire de Turin : on ne le trouve
que dans l'esprit de ceux qui s'obstinent à y croire... Le dossier
technique étant considérablement plus détaillé et complexe, nous
renverrons le lecteur aux deux ouvrages de Paul-Éric Blanrue, Miracle ou imposture, etc."
Dès 2000, la revue sceptique Science et Pseudo-Sciences (n° 241, mars 2000) a appuyé la thèse de Blanrue ; elle y est revenue en 2005 ("la petite phrase la plus percutante revient à Paul-Éric Blanrue : « Il n’est visiblement pas facile de placer sa spécialité scientifique au-dessus de ses croyances »").
Dans Charlie Hebdo, Antonio Fischetti a écrit un article décrivant une expérience de Blanrue consistant à réaliser un faux suaire de Mickey Mouse (avec des dessins de Honoré).
Un dossier de 14 pages établi par Isabelle Bourdial a repris les conclusions de Blanrue, avec son concours (Science&Vie, n°1054, juillet 2005, CLIQUEZ ICI), ainsi que le magazine Historia (n°718, octobre 2006) qui a demandé à Blanrue de rédiger un long article sur le sujet (CLIQUEZ ICI).
Le site Futura-Science a publié un compte rendu de l'expérience réalisée par Blanrue et Berger au Muséum d'histoire naturelle en 2005 (CLIQUEZ ICI). Le journal de 13 heures de France 2 du 22 juin 2005 y a consacré un reportage ; le 25 juin, le journal de 13h de TF1 l'interviewe en train de façonner des faux suaires.
Le 11 mars 2007, Blanrue est invité dans l'émission "La foi prise au mot", sur la chaîne catholique KTO (52 mn), pour livrer le fruit de ses recherches. Paul Wermus l'invite sur France 3 pour débattre face au sindonologue Daniel Raffard de Brienne, président du Centre international d'études sur le Linceul de Turin. À la radio, il a débattu avec Gérard Lucotte, qui prétend avoir découvert sur la sainte étoffe... les morpions du Christ ! Le 4 octobre 2006, il est également invité par Stéphane Bern à participer à l'émission "L'Arène de France" (France 2) pour évoquer son dernier ouvrage portant sur le Suaire.
Des partisans de l'authenticité comme PierLuigi Baima Bollone (101 questions sur le Saint Suaire, éditions Saint-Augustin, 2001), Didier Van Cauwelaert (Cloner le Christ ?, Albin Michel, 2005), Pierre Bellemare (Sur le fil du rasoir: Quand la science traque le crime, Albin Michel, 2009) ont cité ses recherches, désormais incontournables.
![]() |
| Avec le professeur Henri Broch sur France 2 |
Des partisans de l'authenticité comme PierLuigi Baima Bollone (101 questions sur le Saint Suaire, éditions Saint-Augustin, 2001), Didier Van Cauwelaert (Cloner le Christ ?, Albin Michel, 2005), Pierre Bellemare (Sur le fil du rasoir: Quand la science traque le crime, Albin Michel, 2009) ont cité ses recherches, désormais incontournables.
Il a répondu à trois principaux critiques : CLIQUEZ ICI, ICI ET ICI.
![]() |
| Vrai-faux suaire réalisé en cinq minutes par Blanrue |
Pour aller plus loin, voici un article de Blanrue brossant la synthèse de ses recherches (CLIQUEZ ICI).
vendredi 17 avril 2015
jeudi 16 avril 2015
Test de vérité.
"Voici le test de vérité : supposons qu'un récit d'atrocités odieuses nous tombe sous les yeux et que l'histoire racontée ne se révèle pas être aussi véridique ou aussi révoltante qu'elle en a l'air. Que nous viendrait-il alors à l'esprit ? Remercier Dieu que ce ne soit pas plus grave que cela ou vouloir s'en tenir au premier récit pour le plaisir d'imaginer des ennemis, parangons de la méchanceté ? Adopter cette dernière attitude serait, je le crains, le premier pas d'une démarche qui, poussée à l'extrême, ferait de nous des démons. Cela équivaudrait, pourquoi pas, que le noir soit encore plus noir, ou même que le gris soit noir ou le blanc noir. Nous serions forcés, en fin de compte, de tout voir en noir - Dieu, nos amis, nous-mêmes y compris. Tout étant mauvais à nos yeux, nous ne pourrions même plus, dans notre univers de pure haine, nous soustraire à cette phobie."
C.S. Lewis, Les Fondements du christianisme, 1942.
mercredi 15 avril 2015
On ne relira jamais assez Charles Maurras !
Le suffrage universel est conservateur.
Nous n'avons jamais songé
à supprimer le suffrage universel. On peut dire que le suffrage universel doit élire une représentation et non un gouvernement, sans vouloir supprimer ce suffrage, et en
voulant tout le contraire.
Car ce suffrage, entre bien des vertus
ou bien des vices, possède une propriété fondamentale, inhérente à son être même : le suffrage
universel est conservateur.
Les théoriciens plébiscitaires n'ont
pas tort de comparer le suffrage universel à la « masse » des physiciens. Il est a peu près aussi « inerte »
qu'elle. Leur tort est de mal appliquer cette vérité, et de considérer un suffrage inerte soit comme le
moyen de créer le Souverain, soit comme un ressort d'opposition et de révolution. Leur
erreur sur le premier point est évidente. Sur le second, il suffit de songer
qu'il faut un prestige bien fort, une popularité bien puissante pour émouvoir,
pour ébranler un pesant amas de volontés qui ne concordent que dans l'idée d'un
profond repos. L'appel au peuple peut être un utile et puissant levier dans les
périodes de trouble, quand le gouvernement hésite et incline de lui même à la
mort. Il ne vaut pas grande chose dans les autres cas. Il ne vaut rien contre
un parti bien constitué, fort, uni, résolu à exploiter la nation jusqu'à l'os.
Hors les heures critiques, et tant
qu'il paraît subsister un ordre matériel quelconque, le suffrage universel
conserve tout ce qui existe, tout ce qui tend à exister. Il est conservateur de
ce qui dispose de la puissance, de ce qui paraît bénéficier du succès :
radical, si le gouvernement tend au radicalisme ; socialiste, si le
socialisme paraît dominer le gouvernement.
La foule acquiesce, suit, approuve ce
qui s'est fait en haut et par dessus sa tête. Il faut des mécontentements
inouïs pour briser son murmure d'approbation. La foule ressemble à la masse :
inerte comme elle. Ses violences des jours d'émeute sont encore des phénomènes d'inertie
; elle suit la ligne du moindre effort ; il est moins dur de suivre des
penchants honteux ou féroces que de leur résister par réflexion et volonté. La
faculté de réagir, très inégalement distribuée, n'arrive à sa plénitude que
dans un petit nombre d'êtres choisis, seuls capables de concevoir et
d'accomplir autre chose que ce qui est.
Le nombre dit amen, le suffrage
universel est conservateur.
Charles Maurras, Mes idées politiques,
1937.
mardi 14 avril 2015
À la recherche de la Tradition primordiale.
Un autre révisionnisme, archéologique celui-là, à mille lieues des
fariboles récentistes (le récentisme qui fait des ravages sur le Net est
une théorie parfois localement valide mais généralement très
farfelue).
Malgré des titres volontiers sensationnalistes qu'on peut lui
pardonner vu le niveau de l'édition et des hypothèses non corroborées -
portant notamment sur le prétendu "message" que des civilisations disparues
auraient voulu nous transmettre (il est probable qu'elles se moquaient
pas mal de nous et se focalisaient surtout sur leur propre épopée !) -,
Graham Hancock accomplit un travail de Titan qui mérite qu'on s'y attarde. Ses
deux best-sellers traduits en français (L'Empreinte des dieux et Civilisations
englouties) sont devenus des classiques, et je n'y ai pas trouvé
d'énoncé justifiant les basses insultes que les "professionnels de la
profession" lui ont jetées à la figure.
On ne saurait être d'accord avec
tout ce qu'il écrit, à commencer par sa datation du Sphinx, ses démonstrations mathématiques ou certaines
approximations dans les chiffres qu'il avance, mais il a le mérite
d'ouvrir, comme tant d'autres avant et après lui, des perspectives
concrètes aux esprits qui s'intéressent à la Tradition primordiale. À
ceux qui veulent approfondir le sujet, je suggère la lecture de trois
livres parmi les meilleurs que j'ai pu lire sur cette question, étudiée
sous l'angle scientifique et archéologique:
- Kadath (sous la direction de Jacques Gossart et Patrick Ferryn), Déluges et peuples engloutis, Éditions Oxus, 2013 ;
- Otto H. Muck, L'Atlantide, légendes et réalité, Plon, 1982 ;
- Alexandre Kondratov, Les mystères des trois océans, Éditions du Progrès, URSS, 1974.
Quand j'aurai le temps, et si Dieu me prête vie, j'écrirai un jour mon propre ouvrage sur ces passionnantes affaires.
En attendant, voici une petite introduction par Graham Hancock lui-même, lors d'une conférence donnée en mars 2014 à Saint James’s Church de Piccadilly. Beaucoup de photos et de références : une présentation didactique de l'état présent de la question (attention, quelques erreurs de traduction).
- Kadath (sous la direction de Jacques Gossart et Patrick Ferryn), Déluges et peuples engloutis, Éditions Oxus, 2013 ;
- Otto H. Muck, L'Atlantide, légendes et réalité, Plon, 1982 ;
- Alexandre Kondratov, Les mystères des trois océans, Éditions du Progrès, URSS, 1974.
Quand j'aurai le temps, et si Dieu me prête vie, j'écrirai un jour mon propre ouvrage sur ces passionnantes affaires.
En attendant, voici une petite introduction par Graham Hancock lui-même, lors d'une conférence donnée en mars 2014 à Saint James’s Church de Piccadilly. Beaucoup de photos et de références : une présentation didactique de l'état présent de la question (attention, quelques erreurs de traduction).
Paul-Éric Blanrue
Agatha Christie et Hercule Poirot étaient-ils antisémites ?
Extrait du roman policier d'Agatha Christie, Un couteau sur la nuque (Lord Edgware Dies), 1933:
- C'est une artiste, répondit Poirot simplement. Cela veut tout dire, n'est-ce pas ?
- Cependant, n'est-elle pas en péril, elle aussi ?
- Comme nous tous, mon cher, déclara gravement Poirot. Le malheur peut toujours nous guetter et se précipiter sur nous. Mais, pour répondre à votre question, je pense que Mlle Adams réussira. Elle est astucieuse, et elle est encore quelque chose d'autre. Vous avez certainement remarqué qu'elle est juive ?
Je ne l'avais pas remarqué. Mais, maintenant qu'il me l'avait dit, je distinguais de vagues traits de ses ancêtres sémites. Poirot hocha la tête.
- Cela prédispose au succès. Mais il reste un danger - puisque c'est de danger que nous parlons.
- C'est-à-dire ?
- L'amour de l'argent. L'appât du gain peut faire oublier toute prudence.
- Il peur le faire oublier à chacun de nous, observai-je.
- C'est exact, mais nous serions conscients du danger, vous et moi. Nous présenterions le pour et le contre. Mais quand on aime trop l'argent, si on ne voit que l'argent, tout le reste est dans l'ombre.
![]() |
| Hercule Poirot interprété par le magistral David Suchet. D'origine juive, l'acteur s'est converti au christianisme en lisant saint Paul. |
Béatrice Pignède - Une amie nous a quittés.
Ce matin j'ai appris avec une grande tristesse le décès d'une amie, Béatrice Pignède.
Je pense à elle, à ses enfants, à Francesco. Et à cet après-midi sous le soleil, après
un tournage, à causer en terrasse d'un petit Café du XVIIe arrondissement : du sionisme et ses diktats, de la Sérénissime, du président Chavez, du philosophe
Paul Ricoeur qu'elle avait bien connu et filmé, de l'insondable bêtise des
antifas qui la qualifiaient de fasciste alors qu'elle venait de la
gauche radicale. Travaillant pour la télé officielle (France 3, Arte, Arrêt sur images...), elle avait eu le
tort de se rebeller pour se mettre à son compte et dire ce qu'elle pensait, et, en bonne journaliste, ce
qu'elle voyait. Pour son documentaire "Main basse sur la mémoire. Les
pièges de la loi Gayssot", je lui avais fourni quelques documents et adresses utiles.
Elle avait eu le courage d'interviewer le professeur Faurisson, chose devenue presque
banale aujourd'hui dans la "dissidence", mais pionnière à l'époque. Elle
venait de participer au film de Maria Poumier contre la théorie du genre, "Le Fruit de nos entrailles".
Paul-Éric Blanrue
lundi 13 avril 2015
"Jean-Marie, Marine et les juifs" : le seul livre qui vous explique la vraie situation politique du Front national !
Un livre fondé sur des archives, sans oeillères ni propagandisme, situé
hors de la "ligne du parti" et dénué de passion pavlovienne, l'auteur ayant
comme seuls guides l'exactitude des faits et la recherche de l'intérêt
national. À lire de toute urgence pour ne pas réagir comme des militants bornés ni comme des Facebookiens dont l'avis instantané fait office de religion.
Sans
information claire, sans documents irréfutables, la perspective est
biaisée et la réflexion boiteuse. Blanrue ne cherche pas à faire plaisir ni à
causer du déplaisir, mais à dresser un constat éclairant qui aide à préparer des temps meilleurs.
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