BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE

lundi 13 avril 2015

Marion über alles !

Le Vieux jette l'éponge en PACA et son dévolu sur sa petite-fille ! "Si elle accepte, je pense qu'elle serait une tête de liste très performante. Certainement, la meilleure, je ne vais pas dire après moi, mais quand même". C'est dit ! Ce qui est amusant, c'est la rapidité avec laquelle ceux qui, sur les réseaux sociaux, plaçaient tous leurs espoirs en Marine il y a quelques mois (il ne fallait pas les contredire sur ce point sous peine d'être qualifié de traître à la cause nationale !) les reportent aujourd'hui, avec la même naïveté touchante et une semblable énergie fulminatoire, sur sa nièce, la nouvelle femme providentielle qui demain rasera gratis.
Ces émotives girouettes ont déjà oublié que l'élue de leur coeur déclarait début avril, suite à l'interview de son grand-père chez Jean-Jacques Bourdin : 
"Je regrette que le verbe de Jean-Marie Le Pen, qui servit si longtemps à clamer des vérités face au silence abdicateur et aux erreurs historiques de ses adversaires, soit devenu un moyen de provocation inutile... Je suis en désaccord sur le fond et je ne peux soutenir de tels propos car même le plus fier et le plus sage des hommes politiques tire bien peu de gloire à s’installer dans sa vérité et à l’asséner comme une certitude sans tenir compte des conséquences. Qu’importe l’instrumentalisation politique et le rabâchage outrancier de la même phrase depuis 20 ans. Cela a bien peu d’importance à côté de la blessure sincèrement ressentie par de nombreux compatriotes pour laquelle Jean-Marie Le Pen s’était d'ailleurs lui-même excusé au lendemain de ses déclarations... J’ai beau être sans cesse injustement considérée comme étant d’extrême droite, je n’oublie pas que le régime nazi et ses alliés ont mis mon pays à feu et à sang, que des milliers de mes compatriotes sont morts dans des conditions atroces, certains de confession juive victimes d’une politique raciste qui aura fait date dans l’histoire, etc".
Pour mémoire, voici également son communiqué datant de début décembre 2014, à propos de la reconnaissance de l'État palestinien :
"La position du Front National sur le conflit israélo-palestinien a toujours été la recherche de l’équilibre. Notre mouvement souhaite depuis toujours la reconnaissance de l’Etat palestinien À LA CONDITION que ce dernier reconnaisse également le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël. Cette situation permettrait aux Palestiniens de rentrer dans le concert des nations, leur donnant les moyens et le devoir de LUTTER CONTRE LE TERRORISME ET LA CORRUPTION. (...) Dans ces conditions, Marion Maréchal-Le Pen s’est ABSTENUE lors du vote sur la résolution de la reconnaissance de l’Etat palestinien."
Je suis payé pour savoir qu'une information chasse l'autre, mais tout de même. La démocratie rendrait-elle les citoyens désemparés plus aveugles qu'ils ne le sont et ramollirait-elle leur cerveau gavé d'histoires tronquées et de fausses valeurs ? On le dirait bien, et ce n'est pas pour me surprendre puisque l'expérience (l'empirisme cher à Charles Maurras) a prouvé depuis longtemps (deux cents ans environ) que tant que l'on ne raisonne qu'en terme de scrutins électoraux et de candidats idéaux, on tourne en rond pour rester à la périphérie des choses, sans espoir réel de transformer la société. Pourquoi ? Parce qu'en agissant ainsi on se soumet à un système dont le but est de vous éliminer du paysage et qui, en pratique, agit 24h/24 pour vous écarter du pouvoir. On ne fait pas sienne l'idéologie de ses adversaires. On n'adore pas les idoles qui vous écrasent. Il s'agirait de creuser. Non pour aller au fond mais à la racine des choses, là où personne ne se rend jamais parce que c'est difficile et dangereux. Ce n'est pas au programme, manifestement. Les idées, les principes ? Vous n'y pensez pas, c'est de la métaphysique, autant dire du vent ! Perte de temps. Et le temps c'est de l'argent, comme ne le disait pas Heidegger. Élections, élections ! Parlez-moi des régionales, chantez-moi de la présidentielle ! Dessine-moi un canton ! Gratte-moi l'urne ! Déchire-moi l'affiche ! Un bulletin sinon rien ! 
Frontistes, encore un effort pour être républicains : cessez tout à fait de réfléchir, militez pour les têtes que les sondages vous désignent et attendez devant Twitter et Facebook que le Messie surgisse des urnes pour changer vos vies. J'ose vous rappeler que Jeanne d'Arc, pour laquelle vous manifestez chaque année au mois de mai, combattait sous la bannière : "Dieu premier servi." Ça vous dit quelque chose ?

Paul-Éric Blanrue


TEXTE DE CHARLES MAURRAS 
SOUMIS À LA RÉFLEXION DES LECTEURS ENDURCIS


"Qu'est ce que le gouvernement de la République? Le gouvernement des partis, ou rien.
Qu'est ce qu'un parti ? Une division, un partage. Les « mots de la tribu » offrent souvent une contexture sacrée qui en contient, en conserve, en préserve le sens. Ici, il est limpide. Il n'y a qu'à fermer les yeux et écouter le son. Parti ! Rouvons les yeux : le spectacle contredit-il l'audition et l'entendement ? 
Aucun résultat politique ne s'obtient, dans le fonctionnement normal du régime, que par cette opération diviseuse et cette lutte intestine. On arrive ainsi aux honneurs. C'est le jeu des partis qui élit. Une fois élu, on peut prêcher l'accord, mais surtout après avoir pris l'engagement formel de ne pas revenir devant l'électeur.
D'où viennent les partis ? Ou, plutôt, qu'est-ce qui donne aux partis et aux clans cette incurable ardeur dont le temps ne fait, parfois, que rafraîchir et renouveler la brûlure ? Nos clans naturels sont détruits, nos clans historiques passent pour être anéantis. Mais les classes subsistent et notre État est constitué de manière à en tirer plus de mal que de bien.
Les révolutionnaires les exploitent toujours en s'efforçant de les légitimer par des antagonismes économiques inexistants car, loin de diverger, nos intérêts les plus essentiels convergent, en fait.
L'intérêt général, sans être la somme des intérêts particuliers, les comprend néanmoins et les enveloppe : le plus haut, le plus profond des intérêts de chacun tend, sur le plan réel, à l'unité du tout. Le partage et la division sont des fléaux dont chacun aura à souffrir : pourtant, si beaux soient les appels à la conciliation, à la concession, à la convergence des actions et des vues, cette idée si naturelle reste bien froide en comparaison des chaleurs artificielles et des fureurs factices auxquelles les passions diviseuses élèvent leur fausse doctrine.
L'élément générateur des partis est passionnel et, presque toujours, personnel. Un homme, un nom servent de drapeau, et ce drapeau flotte et palpite d'autant plus vivement qu'un prétexte a été fourni, soit par une ambition trompée, soit par un déni de justice ou par son semblant, soit par une vengeance exercée ou subie.
La France est déchirée parce que ceux qui la gouvernent ne sont pas des hommes d'État, mais des hommes de parti. Honnêtes, ils songent seulement au bien d'un parti : malhonnêtes, à remplir leurs poches. Les uns et les autres sont les ennemis de la France. La France n'est pas un parti.
Dans un pays constitué comme la France, dans un pays qui n'est entièrement représenté ni par son aristocratie, ni par sa bourgeoisie, la République n'a duré que parce qu'elle a été la propriété d'un parti, d'un parti fermé, organisé assez jalousement pour répondre à tous les assauts.
Les idées des partis, les idées diviseuses ont, en République, des agents passionnés ; mais l'idée unitaire, l'idée de la patrie n'y possède ni serviteur dévoué ni gardien armé.
On ne fait pas la guerre sans provisions ni munitions. Il faut que, dans leur guerre, les partis vivent et combattent avec tous les objets qui leur tombent sous la main.
L'entente avec l'Étranger est l'ingrédient essentiel et classique du régime des partis. Possible et contingente sous tout autre gouvernement, elle est nécessaire en République. Il faut ou changer le régime, ou se résigner à ce mal.
De même il faut changer le régime ou se résigner, à peu près de la même manière, à une certaine dose de routine dans les grandes administrations dont la Marine et la Guerre donnent le type. On n'y triomphe pas de la routine par l'esprit révolutionnaire qui anime les partis.
Le contrôle révolutionnaire du Parlement n'a jamais fait que superposer aux anciens abus des abus incomparablement supérieurs. Tout le mal que l'on voudra dire des bureaux, routiniers si l'on veut, mais compétents et expérimentés, ne sera jamais à mettre en balance avec les insanités d'une commission parlementaire ou d'un délégué du parlement, souvent ignare ou turbulent, touche à tout par définition.
Il n'est ni dit, ni écrit, ni pensé nulle part dans l'essence du régime républicain, que les questions militaires, les questions liées à la vie de patrie, soient supérieures à la République, supérieures à la querelle des partis. Les plus patriotes de nos républicains esquivent cette question de la priorité de la Patrie ou des Partis, de la France ou de la République, en disant que ce sont là deux synonymes et que l'État républicain et l'État français ne font qu'un.
Mais la nature des choses se charge toute seule de la distinction, et c'est alors qu'au fur et à mesure des événements, les réactions strictement propres à chacun donnent la mesure des personnes, des caractères, des esprits."

Charles Maurras, Mes idées politiques, 1937.

 

dimanche 12 avril 2015

Dès 2009, Blanrue avait annoncé que Marine Le Pen s'était rangée depuis longtemps dans le camp sioniste. Qui dit mieux ?


Mon intervention dans cette vidéo (réalisée sans mon accord) est un court extrait d'une interview donnée à Francesco Condemi en 2009 pour sa société Clap36.
Notez bien la date : 2009.
Tout était clair dès cette date, j'en avais d'ailleurs touché un mot dans Sarkozy, Israël et les juifs publié précédemment cette même année. Et pourtant, et pourtant il n'y eut aucune réaction, nulle part. La surprise passée, il n'y eut que des insultes. En public et en privé. C'est en ignorant sciemment les informations décisives que j'apportais qu'on a créé de toutes pièces le mythe d'une Marine Le Pen "meilleure résistante au système".
Tout ceci sera bientôt expliqué - en détail, puisque c'est le mot du jour. Car il faut que la vérité passe coûte que coûte, même et surtout si cela ne plaît pas aux faiseurs de mode.

Paul-Éric Blanrue

Affaire Le Pen vs. Le Pen : pour une saine appréciation des événements, un peu de recul historique avec Paul-Éric Blanrue.




Intégralité de l'interview de Blanrue parue dans le n°3159 de l'hebdomadaire Rivarol (octobre 2014). À lire de bout en bout, chaque ligne compte son lot d'information, de révélation, d'analyse et de prospective !

RIVAROL : Paul-Éric Blanrue, nos lecteurs vous connaissent pour avoir écrit Sarkozy, Israël et les juifs (Oser dire, 2009), un ouvrage bloqué à la frontière durant six mois par son diffuseur, qui est ensuite devenu un best-seller grâce aux réseaux sociaux. L’année dernière, votre L’Anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme (Éditions Blanche, 2007 et Kontre-Kulture, 2011), a carrément été condamnée au pilon par la justice à la demande de la LICRA, alors que sa première édition avait été préfacée par Yann Moix, prix Renaudot 2013. Vous sortez ce mois-ci un nouveau livre qui menace d’être explosif : Jean-Marie, Marine et les juifs (Oser dire) ! Pourquoi vous êtes-vous intéressé aux rapports qu’entretiennent le Front national et la communauté juive, et non pas, par exemple, aux relations de subordination du pouvoir actuel envers les agents d’influence d’Israël, comme vous l’aviez fait sous le président Sarkozy ?

BLANRUE : Quand j’ai écrit mon Sarkozy, j’ai commis un attentat contre la pensée conformiste. Qui n’était pas sarkozyste ? Les milieux “nationaux” étaient eux-mêmes attirés par un homme qui parlaient leur langage alors qu’il n’était qu’un rodomont platement vulgaire et soumis de son plein gré aux ordres de l’étranger. Par soif d’ambition, ce prince “de sang mêlé” s’était mis à la disposition des réseaux sionistes. Il était allé leur faire allégeance aux États-Unis, en Israël, puis en France, où il fut le premier chef d’État à présider un dîner du CRIF. Nul ne s’en scandalisait, ou si peu. J’ai écrit mon Sarkozy comme on tire un signal d’alarme dans un train qui s’apprête à dérailler en haute montagne : “Attention, on vous ment, la France est en passe de basculer dans le camp d’Israël, on prépare de nouvelles guerres dans votre dos, on vous met le corde au cou pour des années”. L’avenir m’a donné raison, chacun l’a vu, notamment en Libye, où la France a massacré au nom de ceux qu’elle prétend exterminer aujourd’hui en Irak. Folie totale ! Le président Hollande est sur la même ligne que Sarkozy, à ceci près qu’il est encore plus va-t-en-guerre et soumis aux diktats atlanto-sionistes que son prédécesseur. Écrire un livre sur la politique menée par ce personnage falot, rubescent, empêtré dans diverses affaires sordides, n’offrait que peu d’intérêt puisque son orientation est claire comme le jour. Chacun sait où il fonce : droit dans le mur !  Si sa capacité de nuisance est réelle, nul ne nourrit plus le moindre espoir sur ce crapoussin dépressif en état de putrescence avancée. En revanche, les sondages et les élections en attestent, le Front national est perçu par beaucoup de personnes sincères et soucieuses de l’intérêt national comme une alternative crédible, une force politique capable de remettre de l’ordre dans le pays et de lui rendre l’indépendance qui lui a été ravie depuis belle heurette. On le présente comme un mouvement d’avenir, celui qui va résoudre tous vos problèmes, le parti providentiel. Or ce qui me fait sortir de mes gonds, c’est que le Front national tente de mettre sur pied un partenariat suicidaire pour notre pays avec des hiérarques sionistes qui ont précipité la France dans le chaos, ceux-là même qui ont contribué à son dépérissement, pour ne pas dire, comme Éric Zemmour, à son “suicide”. C’est dans cette région-là que je devais mener une enquête afin de mesurer l’ampleur des dégâts prévisibles et, à nouveau, sonner le glas pour avertir mes compatriotes d’un danger prochain si la barre n’est redressée pas à temps. À l’origine, je ne pensais consacrer mon livre qu’à la seule Marine Le Pen, mais je me suis bien vite aperçu qu’il fallait tout reprendre à zéro en commençant par revenir de manière critique sur l’histoire de son père.

RIVAROL : Jean-Marie Le Pen serait-il sioniste, selon vous ? Il a pourtant été attaqué et ostracisé durant de longues années par les “hiérarques” que vous dénoncez. Pour beaucoup de nationaux, il est le rebelle par excellence, le symbole de la résistance aux “mensonges qui nous ont fait tant de mal”. Ne commettez-vous pas une injustice à son endroit ? Après tout, si, dans son désir de respectabilité, Marine tente de couper les ponts avec lui et ses “dérapages”, c’est qu’il n’est peut-être pas si mauvais…

BLANRUE : Je tiens à être le plus juste possible. Mon parti pris est celui de la défense de la souveraineté. Je réfléchis à partir de ce point de vue : l’indépendance nationale. C’est la seule idée qui m’importe. Et se plier aux désideratas d’Israël ne fait pas partie des choses qui y participent. Je ne prétends pas que Jean-Marie Le Pen soit un agent dormant du Mossad dont l’obsession sournoise serait de livrer pieds et poings liés la France à l’État juif. Dans ce livre, je reviens sur la façon ignoble dont il a été traité par les représentants de la communauté juive et les médias à leurs bottes. Un chapitre est consacré à l’affaire du “détail”, dans lequel j’établis qu’il s’agissait d’un piège tendu par un journaliste de Globe relayé par une agence de presse socialisante. J’ai refait l’enquête de Carpentras, avec des dossiers de police, et je démontre que cet odieux montage a été l’oeuvre du ministre de l’Intérieur Pierre Joxe et du président Mitterrand, sous l’égide du CRIF et de ses affidés. Je pointe l’influence néfaste, dans les années quatre-vingt,  du président du CRIF, Théo Klein - celui que Libération définissait comme un “gauchiste” - et qui a été le premier oligarque juif à condamner moralement aussi furieusement Le Pen et à demander qu’un cordon sanitaire - le sinistre “front républicain” - soit dressé autour de lui pour le confiner dans un lazaret sans issue. Enfin, pour être parfaitement objectif, je rappelle, au cours d’un chapitre entier, quel a été le rôle néfaste du B’nai B’rith dans sa mise à l’écart de la vie politique commune, ce que Pierre Péan et Philippe Cohen n’ont pas osé faire dans la bibliographie qu’ils lui ont consacrée. Pour l’anecdote, il se trouve que j’ai été l’ami intime du défunt Dr Herlory, le député FN qui a osé poser à deux reprises à l’Assemblée nationale la question du fameux “serment” que des responsables politiques ont prêté “de ne s’allier en aucun cas” avec le FN devant cette franc-maçonnerie juive internationale. Je suis donc informé de tous ces scandales depuis fort longtemps. Ceci étant posé, prenons de la distance : ces affaires, aussi haïssables soient-elles, ne représentent qu’une face de l’histoire. Il en existe une autre, voilée, cachée, souterraine, qui n’a oncques été écrite et que la plupart des militants et même des cadres du FN ignorent. Pour expliquer la situation actuelle et ses ambiguïtés nocives, je me devais ainsi d’éclairer les relations privilégiées qu’a entretenu et qu’entretient encore Jean-Marie Le Pen avec certains mandataires sionistes. Car au fond, Marine n’a fait que se réapproprier sa propre stratégie, une génération plus tard…

RIVAROL : Ce que vous avez découvert sur Jean-Marie Le Pen vous a-t-il étonné ?

BLANRUE : Oui et non. Je ne suis pas un perdreau de l’année et connais la chanson. J’ai lu Machiavel, Talleyrand et le cardinal de Retz, et je sais que les frontières sont poreuses entre les compromis et la compromission. Ce que j’ignorais, quand je me suis lancé dans cette enquête, c’est que Jean-Marie Le Pen fût allé aussi loin dans son approche des dirigeants sionistes, dans une tentative de ce qui n’était rien d’autre, il faut le dire apertement, qu’une alliance historique nationale-sioniste. L’idée qui la sous-tendait était au fond assez sommaire, on peut la résumer comme suit : "Laissez-nous nous occuper des immigrés, on vous laissera vous occuper des Palestiniens.” Ce n’est pas parce que la manoeuvre a échoué qu’elle n’a pas existé dans son esprit durant des années et qu’il n’a pas essayé de la proposer à plusieurs reprises aux sionistes qu’il fréquentait. Ce qui m’a réellement étonné, c’est que cette quête éperdue d’alliance avec les milieux juifs n’ait pas été stoppée net, de sa part, par les ineptes accusations d’antisémitisme qui ont émaillé sa carrière politique, ni par tous les coups tordus que lui ont fait subir les représentants de la communauté juive. Le Pen a pourtant cherché désespérément ce type de rapprochement jusqu’au milieu des années 2000. Sa “victoire” du 21 avril 2002 est une “victoire juive”, j’en fournis les raisons dans mon livre. Saviez-vous par exemple qu’avant cette présidentielle, il avait fait éditer dans le plus grand secret (même le bureau politique n’était pas au parfum) une luxueuse brochure rappelant sa love story pour Israël et qu’il l’avait envoyée à des personnalités sionistes influentes ? Plus récemment,  mon petit doigt me dit que le livre (nul) de Serge Moati, et la vraie-fausse querelle médiatique qui s’en est suivie avec le président d’honneur du FN, n’est que l’avatar de cette longue série d’approches avec la communauté organisée, parfois réussies et souvent ratées...

RIVAROL : Quand est-ce que selon vous cette “quête d’alliance” de Le Pen vers les autorités juives a commencé ?

BLANRUE : Depuis toujours ! Quand le Front national a été porté sur les fonds baptismaux, une partie de ses cadres avaient pour Israël les yeux de Chimène, à commencer par François Brigneau, celui qui a hissé Le Pen sur le pavois - lequel Brigneau, certes, s’est très largement amendé plus tard de ses amitiés particulières pour devenir le génial pamphlétaire anti-système que l’on sait. Au début des années soixante-dix, c’était ainsi. La guerre des Six Jours avait dopé les nationalistes français. De nombreux sympathisants de la droite radicale étaient hypnotisés par ce pays du Proche-Orient sans frontières mais “où coule le lait et le miel”. Les juifs étaient devenus des soldats. Ils étaient enfin “comme nous”, se disaient les “natios” - ou plutôt comme ceux-ci auraient aimés être : des gagnants. Les Israéliens leur donnaient la leçon. Mon cher Lucien Rebatet lui-même, pour lequel j’éprouve une admiration sans bornes, n’a pas caché dans les colonnes de votre journal sa vénération pour le général Moshé Dayan, à l’instar de Xavier Vallat et de Jean-Louis Tixier-Vignancour, dont Le Pen s’était occupé de la campagne présidentielle en 1965. En ce temps-là, l’armée israélienne semblait venger les Français d’Algérie du sort tragique que le FLN et le général de Gaulle leur avait réservé en 1962. Puis l’État juif faisait partie du “monde libre” en guerre contre l’hydre communiste. Viendra ensuite le temps des “refuzniks”, qui se présenteront comme un nouveau tonic contre l’URSS. Bref, toute la droite nationale ou presque (à l’exception notable de François Duprat, Henry Coston ou Maurice Bardèche) était sioniste. Le Pen, sans être un disciple de Zeev Jabotinsky - le fondateur du Bétar dont Mussolini avait déclaré un jour qu’il était un “fasciste juif” - était de cette tendance-là. Il avait participé à la campagne de Suez, en 1956, avec Tsahal, contre Nasser, le Raïs que le garde des Sceaux François Mitterrand avait présenté comme un nouvel Hitler. Par la suite, les attentats palestiniens en France et dans le monde n’avaient certes pas contribué à le faire évoluer sur ce point. A l’orée des années quatre-vingt, on voit Le Pen dénoncer avec vigueur les attentats antisémites (rue Copernic, etc.) comme autant d’opérations du KGB. Les revendications des Palestiniens, le problème israélien et ses mythes fondateurs, les réseaux sionistes en France : connais pas. Il milite pour que la France réintègre l’OTAN, suite logique de la sympathie naturelle qu’il éprouve pour le sionisme. J’ai retrouvé une interview télévisée dans laquelle il affirme préférer nettement Israël, “pays démocratique”, à la Syrie d’Hafez el-Hassad. Même après l’affaire du “détail”, en 1987, le Menhir persistera à demander la fermeture du bureau de l’OLP à Paris. Comme s’il n’avait pas encore compris à quelles forces de déstabilisation il avait affaire, ni l’emprise qu’elles étaient capables d’avoir sur les destinées de la France et la mentalité des Français. Il va même tenter à ce moment-là de mener une “opération séduction” en faisant créer une association relai du FN, le Comité des Français juifs, par Robert Hemmerdinger, un ancien membre de l’Irgoun, l’organisation terroriste de Menahem Begin. Détail piquant : Hemmerdinger était aussi l’un des premiers pirates de l’air de l’histoire !

RIVAROL : Vous développez aussi la stupéfiante invitation de Jean-Marie Le Pen chez les sionistes américains en 1987 ! Qu’allait-il faire dans cette galère ?

BLANRUE : En effet, plusieurs mois avant que ne tombe sur ses larges épaules l’affaire du “détail”, Le Pen s’est rendu au début de 1987 aux États-Unis. Le voyage est financé par l’Église de l’Unification, la contestée secte Moon, émanation de la CIA, qui lui offre sur un plateau une photo en compagnie du président Ronald Reagan, dont il se proclame l’alter ego français. L’autre objet de sa visite chez l’Oncle Sam est la conférence – très discrète – qu’il donne au restaurant The Four Seasons dans le Seagram Building d’Edgar Bronfman, sur la 52e rue de Manhattan. Dois-je vous rappeler qui était Bronfman à cette époque ? L’affairiste canado-américain, multi-milliardaire, héritier du groupe de vins et spiritueux Seagram, était membre de la commission nationale de l’Anti-Defamation League, du B’nai B’rith, du comité exécutif de l’American Jewish Congress, et le président, depuis 1981, du Congrès juif mondial. En ce temps-là, Bronfman mènait campagne pour faire déménager les carmélites qui avaient ouvert un couvent près du camp d’Auschwitz. On comprend fort bien le but de Le Pen auprès d’un tel personnage et de sa camarilla : être adoubé chevalier sioniste par la crème de la crème, et pouvoir faire la nique à Théo Klein et ses compères à son retour. Mais à quel prix ? Celui du reniement de la souveraineté nationale ? De l’inféodation de la France à Israël ? On peut sérieusement se poser la question des conséquences funestes que ce genre de rencontres auraient pu avoir sur le mouvement national si elles avaient abouti comme Le Pen l’envisageait.

RIVAROL : Comment ce voyage a-t-il été possible ? Comment s’est-il organisé ? En France, à cette époque, le CRIF et le B’nai B’rith mènent une vaste campagne contre lui pour empêcher les partis institutionnels de s’allier avec lui.

BLANRUE : Cela peut en effet paraître étrange, mais je déroule toute l’histoire dans mon livre, étape par étape. Disons, pour résumer, que les sionistes américains ont le bon goût de ne pas tous être “de gauche”, comme la plupart de leurs homologues français, et ne sont pas davantage fascinés par les interminables crispations franco-françaises, comme celle portant sur l’histoire de Vichy, pour ne citer qu’elle. Le passé OAS de certains membres du FN va faciliter les prises de contact, puisqu’il y eut des liens entre l’OAS et Israël durant les “événements” d’Algérie. L’homme de la situation s’appelle Jacques Torczyner, e’est un diamantaire belgo-américain installé aux États-Unis, ancien président de la Zionist Organization of America. Il est alors membre de l’exécutif de l’Organisation sioniste mondiale en charge des relations extérieures, chef du Likoud en Diaspora et l’un des conseillers du cow-boy de la Maison Blanche. Il rencontre Le Pen à Montretout et lui explique que le voyage que celui-ci envisage de faire en Israël passe obligatoirement par New York. Sur place, tout se passe à merveille, Le Pen se fait applaudir par toute l’assistance qui se lève comme un seul homme après son discours ultra-sioniste. Quand il rentre en France, au début de l’année 1987, le chef du FN se croit le roi du pétrole. Il pense avoir réussi à contourner le lobby sioniste français, mitterrandolâtre, focalisé sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme, la remembrance shoatique, toute la lyre. C’est alors que se met en place la chausse-trape du « détail ». Le Pen espérait rencontrer Ariel Sharon. Résultat : les sionistes de son entourage, Olivier d’Ormesson en tête, qui était le président de son comité de soutien à la présidentielle de 1988, prennent le large… C’est la débâcle.

RIVAROL : Avant le “détail”, Le Pen se comportait donc un peu comme Marine aujourd’hui, puisqu’elle s’est elle-même rendue aux États-Unis en 2011 pour y rencontrer l’ambassadeur d’Israël Ron Prosor ?

BLANRUE : J’en parle longuement. D’un certain côté, oui, car il s’agit toujours et encore de contourner le CRIF et de tenter de nouer une alliance au plan international. Mais, contrairement à sa cadette, dans les années quatre-vingt Jean-Marie Le Pen n’excluait pas de son mouvement les patriotes marginaux ou radicaux, non plus qu’il interdisait les pensées taboues, et il n’hésitait pas, quand il l’estimait bon, à fustiger la “police juive de la pensée”, selon l’expression d’Annie Krigel. Il y a dans le Trinitain de la graine d’insoumis, je n’oublie jamais son psyschisme breton et sa tendresse pour l’anarchisme. Et puis nous vivions aussi dans une autre époque, moins abêtie par le Shoah-bizness, avec un personnel politique encore cultivé et bénéficiant par le fait d’un recul historique plus vaste que nos jours où tout commence en 1933 pour s’arrêter au tribunal de Nuremberg. Tout en considérant le professeur Faurisson comme un “salaud”, Hemmerdinger se disait ainsi prêt à combattre “jusqu’à la mort” pour défendre son droit à l’expression. Mais, pour revenir à nos moutons,  sur le fond, il y a une ressemblance entre le père et la fille, c’est certain. Marine n’a pas le même parcours que son père, elle n’a pas vécu la guerre, mais elle partage avec lui de nombreux traits de caractère. C’est le “clone” de Jean-Marie, comme dit sa mère Pierrette. On a parlé à son propos de “stratégie poutinienne” pour accéder au pouvoir. Entendez : elle lâcherait du lest sur les sujets brûlants, sectiles, pour parvenir à nouer des alliances politiques avec les partis traditionnels et complaire aux coryphées qui forgent l’opinion. Je suis en désaccord partiel avec cette théorie. Si Marine veut à tout prix dédiaboliser le parti, c’est d’abord parce que la ligne light qu’elle a imposée au Front correspond à son mode de vie et sa mentalité, celle d’une fille qui a fréquenté les milieux huppés de la bourgeoisie clodoaldienne, avec tout ce que cette promiscuité comporte : absence de résistance morale au déferlement du prêt-à-penser médiatique, laxité générale, connivence avec les gens à la mode, goût certain pour la facilité au détriment de l’effort sur soi. Quant à l’héroïsme, mieux vaut ne pas aborder la question. Le Front new wave qu’elle a conçu lui va comme un gant. Elle ne joue pas à la politicienne modérée, située à peine plus à droite que Valéry Giscard d’Estaing (qui parlait dès 1991 d’immigration-invasion) : elle l’est. Quand en 2006 Jean-Marie Le Pen condamne chez Michel Field, sur LCI, les propos du président iranien Mahmoud Ahmadinejad sur l’Holocauste, on est libre de le croire sincère ou non (j’ai mon idée), mais quand Marine déclare que les “camps sont le summum de la barbarie” et ajoute qu’elle aurait aimé vivre dans les années quarante pour se battre contre le nazisme (risible envolée digne d’une préciseuse ridicule de Saint-Cloud !), elle livre le fond de sa pensée. Même chose quand elle condamne sans réserve les révisionnistes : elle les déteste de tout son coeur, ce n’est pas un rôle de composition. Mon analyse de sa trajectoire démontre qu’au fond, son désir de collusion avec la droite sioniste lui est coexistant, même si le fait d’être coachée par le président de l’Association France-Israël, Gilles-William Goldnadel, n’est pas pour peu dans la publicité qu’elle a décidé de donner à ses émois judéocentriques. On peut noter que, dès son entrée au bureau politique du FN, l’une de ses premières sorties a été de se rendre à Ground Zéro en compagnie d’un comité de femmes républicaines pour y proclamer que “contrairement à Jacques Chirac elle ne condamne pas les États-Unis sur un plan moral”. Or, condamner l’immoralisme de l’impérialisme américain et sa folie guerrière, c’est très exactement ce que son père s’échinait à faire depuis la première guerre du Golfe, en 1991, avec un remarquable courage ! Dans mon livre, je souligne une à une toutes les compromissions de Marine avec les hiérarques sionistes, depuis sa fuite piteuse lors de la venue de Dieudonné aux BBR en 2006 jusqu’à sa légitimation de la LDJ l’été dernier. Lorsqu’elle ne peut pas agir par elle-même en ce sens, elle délègue. En 2010, une délégation de frontistes, sous la garde de militants de la Ligue de défense juive, participe à la manifestation pour la mémoire d’Ilan Halimi. En 2011, le propre compagnon de Marine, Louis Aliot, vice-président du FN et directeur opérationnel de sa campagne pour la présidentielle 2012, se rend dans deux colonies de Cisjordanie qu’il se croit autoriser à appeler, à l’instar des autorités israéliennes, « la Judée-Samarie ». Sur place, son sherpa est Michel Thooris, candidat FN de la huitième circonscription des Français établis hors de France, couvrant Israël. Thooris est le conseiller à la sécurité de Marine Le Pen pour la présidentielle. Ce policier est un ultra-sioniste ne se cachant pas de soutenir « de manière totalement inconditionnelle Israël ». Il ne dissimule pas être un aficionado la LDJ et clabaude : « Pourquoi la communauté juive n’aurait-elle pas le droit de se défendre La LDJ et Bétar accomplissent une mission de service public en défendant les personnes et les biens ? »

RIVAROL : Comment voyez-vous la suite des événements ?

BLANRUE : Marine a failli se rendre dans l’État juif en 2006 grâce au Parlement européen où elle était inscrite à la délégation pour les relations avec Israël (elle y figurait avec Patrick Gaubert, président de la LICRA), sauf que l’aventure a capoté à 48 heures du départ. Depuis, elle ronge son frein. Il est probable qu’avant la présidentielle de 2017 (si François Dernier s’accroche jusque là) elle va tenter de s’y faire un petit tour pour témoigner à quel point le FN a changé de visage. Yad Vashem est devenue une étape obligée pour l’accession au trône de France. Aymeric Chauprade fait tout ce qui est en son pouvoir pour lustrer les marches du palais. Goldnadel donnera son petit coup de main habituel. Geert Wilders passera peut-être un coup de fil à ses amis du Mossad. Il n’est pas sûr que le CRIF se laisse faire de bon gré, ni que Jean-Marie ne glisse pas une « quenelle » à sa façon à cette occasion, pour montrer qu’il existe encore. Il y aura des querelles intestines dans les rangs sionistes (rien ne bien grave pour eux, rassurez-vous). Mais il n’existe aucune raison objective pour que Marine se s’engage pas davantage dans le processus qu’elle a enclenché de son propre chef depuis plus de 10 ans. Pour ma part, je ne vois pas ce que la France a à gagner à cet aplatissement du plus grand parti d’opposition, censé résister à l’apocalypse française, si toutefois elle veut rester le « pays des hommes libres », comme on le dit, et non celui des ilotes serviles. Pour finir, je vais vous confier mon sentiment, car mon siège est fait sur la question « stratégique » qui agite beaucoup sur les réseaux sociaux : si on ne désigne pas l'ennemi quand on est dans l'opposition, on le désignera moins encore le jour où les voix afflueront, et on le taira tout à fait le jour où on aura des responsabilités. Ne pas faire preuve de courage en disant la vérité lorsqu’on le peut, c'est-à-dire quand on n’a pas de clientèle spécifique à satisfaire, revient à annoncer qu'on en sera totalement dépourvu une fois qu'on aura gravi les échelons, avec une clientèle à défendre, des alliances à passer et du Gros Argent à faire entrer dans les caisses. À l’image d’Arthur Schopenhauer, je professe qu’un homme politique, comme un écrivain, doit être le “martyr de la cause qu’il défend”.



Le site officiel du livre (on peut y passer les commandes) : http://jeanmarie-marine-et-les-juifs.fr/
La page Facebook dédiée : https://www.facebook.com/lepenetlesjuifs

vendredi 10 avril 2015

L'épée à deux tranchants.

S'il était vrai, comme le propagent les militants benêts du FN qui défilent sur les écrans pour cracher à qui mieux mieux sur le fondateur de leur parti, que la Seconde Guerre mondiale n'est "pas d'actualité" et qu'il faut cesser d'en parler une fois pour toutes pour se consacrer à la politique contemporaine, on s'interroge alors sur la raison pour laquelle l'ensemble des médias et de la classe politique y revient chaque jour que Dieu fait, du matin au soir et du soir au matin - et ce que Florian Philippot, par exemple, va faire au cimetière de Colombey-les-Deux-Églises. Et on se demande aussi pourquoi, dans ce cas-là, on n'entend pas hurler de dépit ces emmanchés tant épris de quotidienneté et de "politique de terrain". 
La démocratie a réussi son pari : rayer l'histoire de la tête de ses adeptes. L'histoire commence au dernier scrutin et s'achève lors des prochaines élections : le calendrier électoral est devenu l'alpha et l'oméga de la nouvelle Weltanschauung. Il me semble au contraire qu'aimer son pays c'est aussi aimer son passé et le défendre contre les mensonges qui en défigurent l'appréciation. Quand des affabulations, des impostures, des fables, de mauvaises blagues servent à l'empêcher de redevenir souverain, à l'asphyxier sous la propagande étrangère, à l'abolir dans un geste de mépris, à insulter les anciens (ces pères dont parle le mot patrie), à effacer les valeurs qui l'ont constitué et à cadenasser la pensée politique d'aujourd'hui, il devrait paraître évident à tout patriote sincère que son devoir est de les combattre jour après jour avec "l’épée à deux tranchants" dont parlent les Écritures, et non de tirer à vue comme un sniper du camp adverse sur ceux qui les bravent. Le néo-FN, avec ses militants conformistes, trouillards, naïfs ou cyniques, a totalement oublié cette évidence. On sait pourquoi, on sait pour qui. 
Ce n'est pas Jean-Marie Le Pen qui a impatronisé la Seconde Guerre mondiale dans les esprits. Ce n'est pas lui l'obsédé. Il réagit. Comme il peut. Pas toujours comme il le faudrait, sans aucun doute. N'importe : ce sont précisément ceux qui l'accusent d'être resté bloqué sur Pétain et les chambres à gaz qui devraient faire un tour chez le psy.

Paul-Éric Blanrue 

jeudi 9 avril 2015

Dernières nouvelles du Front.

Censée démontrer la hiérarchie naturelle des attractions et des dilections, la rengaine favorite du Menhir était, du temps où il présidait le FN : "Je préfère mes filles à mes nièces, mes nièces à mes cousines, mes cousines à mes voisines."
Je n'ai jamais été convaincu par cette antienne (j'avais une très jolie voisine). Aliot non plus, qui préfère les merguez. Et Marine encore moins. Elle a trouvé plus court : "Je préfère les sionistes". Pas plus tard qu'aujourd'hui, elle va d'ailleurs, soutenue par Philippot, qui n'est pas sa tante, demander au bureau exécutif l'exclusion-suspension de son père, lequel ne pourra pas dire, ce coup-ci, que la cabale vient des immigrés. 

Paul-Éric Blanrue


mercredi 8 avril 2015

Yann Moix, préfacier de la première édition de l' "Anthologie des propos contre les juifs", ayant depuis préféré larbiner pour BHL, est pressenti pour remplacer Aymeric Caron chez Ruquier.

LIEN

"C’est l’écrivain et réalisateur Yann Moix qui tient plus que la corde pour remplacer Aymeric Caron sur le plateau de Laurent Ruquier dans On n’est pas couché, sur France 2. L’animateur et le très prolifique auteur seraient tombés d’accord. L’annonce devrait en être faite très prochainement."



Nouvelle affaire Le Pen : position du problème (extrait de "Jean-Marie, Marine et les juifs", Oser dire, 2014)



 "Les plus gros scandales ayant éclaboussé Jean-Marie Le Pen, les affaires qui le marquent comme un galérien et le tiennent à l’écart de la respectabilité républicaine, lui interdisant de facto toute possibilité d’alliance avec les autres partis, ne sont pas celles nées de ses plaisanteries acerbes sur les Arabes ou les Roms, mais celles concernant d’abord et avant tout ses déclarations plus ou moins bienséantes sur les juifs. De ce côté-là, rien ne lui est pardonné. Dès qu’il commet un faux pas, on sonne le shofar. Au moindre esclandre avec la communauté organisée, le malaise devient universel et les punitions réclamées ne sont pas loin d’être dignes d’un régicide. Dès que le FN approche des 20% d’intention de vote, une affaire de ce genre est jetée dans les jambes de Le Pen. Alors on le tance, fustige, condamne avec une rigueur particulière, l’excluant avec une férocité sans nom, mais au nom, tout de même, des Six Millions basse continue jouée par la nouvelle cléricature composées de tyranneaux inaccessibles à l’objection, en proie à une compulsion de répétition qui confine à la pulsion de mort.

Comme pour Dieudonné, le droit au rire a trouvé sa limite d’expression infranchissable. Son mur du son. Tolérance zéro. Ni oubli ni pardon ; contre leurs supposées dérives, on largue en représailles un bon paquet de bombes au phosphore blanc médiatiques ! La guerre sale est menée dans toute sa quotidienne désinvolture. Dans une vidéo sortie en juillet 2014 et réalisée par une Franco-israélienne surnommée Esti, le député replet Meyer Habib (UDI), lui-même binational, faible penseur mais ancien gros bras de l’Organisation juive de combat, fait l’apologie des « valeurs de vengeance qui appartiennent au peuple juif ». Les initiés auront compris.

Le « détail », Carpentras, « Durafour-crématoire » : ces tâches indélébiles mettent un terme immédiat à toute discussion portant sur l’intégration du FN dans la vie politique commune. Inutile d’essayer de poursuivre la conversation, c’est peine perdue. Les citoyens qui se tiennent les côtes quand « le Vieux » raconte avoir acquis une maison à la campagne pour que ses enfants puissent voir « des vaches au lieu de voir des Arabes », ceux-là qui partagent son avis quand il carillonne que « 90% des faits divers sont le fait d’immigrés ou de descendants d’immigrés », sont alors frappés de stupeur, comme victimes d’une commotion cérébrale ou d’un rituel vaudou. Pourquoi ? Parce que les dérapages sur les Arabes sont admis, tandis que ceux sur les juifs sont interdits. Manuel Valls, entre autres, l’a déclaré sur un ton ne souffrant pas de réplique : « La Shoah, l'extermination des juifs, le génocide, doivent être sacralisées, sacrées » ; « Les juifs sont l’avant-garde de la République ». C’est ainsi. Quelle autre communauté peut en France se targuer de ce statut hiératique ? Y aurait-il des nobles et des ignobles ? Étudiez l’héliotropisme, cela peut servir.

Pourtant, si le FN annonce sur toutes les ondes vouloir renvoyer les immigrés « chez eux » pendant qu’il réservera l’emploi aux « Français d’abord », il n’a oncques fait figurer dans son programme la plus moléculaire discrimination à l’égard des Français juifs comme ce fut le cas jadis du statut des juifs du maréchal Pétain, qui leur interdisait en principe d’exercer dans la fonction publique, le commerce ou l’industrie. Dans le programme du FN d’hier et d’aujourd’hui on chercherait en vain une ligne sur ceux qu’on appelait jadis « les israélites ». Pas une fois le Menhir n’a appelé à des actes criminels ou délictueux à leur encontre, à je ne sais quel autodafé ni à quelque pogrom que ce soit. Il ne lui est pas arrivé, après boire, de demander à ses compatriotes juifs mécontents de la politique menée par le Quai d’Orsay d’aller voir ailleurs si l’herbe est verte et les plaines fertiles, autrement dit d’accomplir leur alyah (« montée ») en Terre promise. Évidemment, faut-il le préciser, il a moins encore évoqué leur déportation, pour ne pas parler de leur extermination ! Ce sont les Nord-Africains et les immigrés délinquants profitant au petit bonheur de la CAF et des avantages de la CMU qu’il fustige comme « Français de papier », non pas les sionistes, les marchands de jeans du Sentier, les fourreurs du faubourg Poissonnière (désormais remplacés par les Chinois, pour autant que je sache) ou les chanteurs à pseudonyme ayant tendance à passer par pertes et profits les frappes chirurgicales de l’armée la plus morale du monde, celle qui envoie des SMS avant de bombarder les écoles. Si Le Pen s’est écarté de la politique israélienne, qu’il s’est permis de gourmander, ce n’est pas davantage, sinon moins, que le Nouveau parti anticapitaliste, Lutte ouvrière, le PCF ou le Front de gauche, qui ne s’en privent guère au grand bonheur de ses troupes et supplétifs, « antifas » en tête. Quant à ses tentatives de rapprochement avec l’État dit hébreu et de réconciliation avec les Français juifs, elles ont rarement, pour ainsi dire jamais, été relayées par les médias dominants ni commentées en public, y compris au sein de son propre parti et de la presse acquise à sa cause.

C’est un fait solidement établi en revanche que le Trinitain s’est sans cesse – et rudement confronté aux organisations supposées représentatives de la communauté juive (qui dans les faits ne représentent qu’un sixième des Français juifs voir mon Sarkozy, Israël et les juifs, Oser dire, 2009) et à leurs relais associatifs et médiatiques, toujours prompts à lui faire payer, au propre et au figuré, le prix fort de ses écarts de langage. Tête de bois, le Breton Le Pen n’a pas daigné passer sous leurs fourches caudines, pas plus qu’il ne s’est résolu à révérer les tabous qu’elles imposent au pays avec un aplomb qu’il n’est pas le seul à estimer lassant. En conséquence de quoi, elles le traînent devant les tribunaux à la moindre occasion, au plus modique dérapage, ce sport médiatique que Le Pen affectionne et désigne crânement comme « du hors-piste ».

Avec ces syndicats israéliens autoproclamés gardiens de la Mémoire, c’est la guerre de tranchée. Les médias en font grand cas, comme si un jeu de mots moqueur valait un génocide dans la nuit et le brouillard, et ils perpétuent in omnia saecula saeculorum le souvenir des célèbres « propos nauséabonds », selon l’expression stéréotypée de ces journalistes incultes qui, pour George Bernard Shaw, sont « incapables de faire la différence entre un accident de bicyclette et l’effondrement d’une civilisation ».

C’est saisissant : quand cette nouvelle forme de Terreur morale s’abat comme la masse de Capitaine Caverne sur le FN, il n’est jamais loin d’une douloureuse crise interne, avec départs en catastrophe, branle-bas de combat et communiqués affolés, signe que le blocage des mentalités s’est impatronisé jusquau plus profond des esprits. Depuis longtemps, Marine Le Pen, élue présidente du Front au congrès de Tours en 2011, tente par tous les moyens de se débarrasser de l’image infamante d’antisémitisme qui colle à la peau du FN comme le morceau de sparadrap au capitaine Haddock dans Vol 714 pour Sidney. L’affaire risible de la fournée, en juin 2014, lui a donné une énième occasion de prendre ses distances avec un cliché qui manifeste toutes les apparences d’une névrose de destin. Enclins à pratiquer la psychanalyse de bistrot quand ils ne désirent pas aller au fond des événements qu’ils décrivent, les médias ont évoqué un « parricide », alors qu’il était surtout question pour Marine de tenter de dédiaboliser son parti, afin de le rendre acceptable aux yeux du grand nombre en commençant, noblesse oblige, par les faiseurs d’opinion au premier chef desquels on compte l’« insupportable police juive de la pensée », selon l’inégalable expression d’Annie Kriegel (Le Figaro, 3 avril 1990).

Nul Einstein ne peut établir selon des critères scientifiques si Le Pen nourrit au fond de lui une répulsion irrépressible pour la communauté juive. Les secrets de l’esprit sont à triple, quadruple fond. Lui garantit qu’il ne l’est pas. Quand bien même certains seraient assurés en leur for intérieur de l’antisémitisme de Le Pen père, encore faudrait-il être capable d’en estimer le degré et de démontrer que ses remarques provocatrices ne sont pas seulement une réaction d’humeur intempestive face aux attaques paroxystiques dont il est l’objet de la part du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) et des autres associations sionistes faisant régner la loi et l’ordre en France. L’antisémitisme est devenu l’arme ultime pour mettre hors-jeu un adversaire encombrant. À tous les coups l’on gagne ; c’est le fer à cheval dans le gant de boxe. L’insulte est utilisée à tout propos, rendant suspects de mauvaise foi ceux qui s’emparent d’un qualificatif « trop facile, injuste, pas très intelligent, sournoisement démagogique en nous faisant passer pour raciste ; et, en fin de compte et là est le pire totalitaire, en ce que cette attitude exclut tout dialogue » (Georges, Haldas, Pâques à Jérusalem, LAge dHomme, 1995) . Il s’agira, un jour, de commencer par ne plus jamais en tenir compte."

Paul-Éric Blanrue

lundi 6 avril 2015

Affaire du "détail" : SAR le prince Charles-Philippe d'Orléans, duc d'Anjou, plus courageux que Marine, Marion et Philippot réunies !




"(...) Monsieur Le Pen dit que les chambres à gaz ne sont pas le plus important élément de la seconde guerre mondiale, ils sont « un détail ». Les statistiques de cette guerre varient, avec des estimations allant de 50 millions à plus de 70 millions de morts. Les camps d’extermination nazis, avec les chambres a gaz, ont fait près de 3 millions de victimes. Certes c’est trop et la méthode est répugnante. Elle est donc devenue un symbole, et comme tout symbole, dès qu’on en parle, les émotions prennent le dessus. Mais ces 3 millions de morts sont-ils plus importants que les 47 ou 67 autres millions ? Non, bien-évidemment (...)"

CÉLINE : Entretien avec André Parinaud (1958)


samedi 4 avril 2015

Gérald Messadié, ancien rédacteur en chef de Science&Vie, réputé rationaliste et avec lequel Blanrue a fait plusieurs télés lorsqu'il était président du Cercle zététique, démontre une nouvelle fois - ce que les imbéciles sectaires ne comprendront jamais - comment on peut être à la fois sceptique et ouvert aux petits et grands mystères.

sortie : février 2015
POUR COMMANDER

"L'historique des divers linges ayant prétendument enveloppé le corps de Jésus a été minutieusement établi par l'historien Paul-Éric Blanrue.... Comme le révèle Blanrue, on ne trouve pas sur cette image les nuances ordinaires... La conclusion est que le paranormal est intégralement absent du Suaire de Turin : on ne le trouve que dans l'esprit de ceux qui s'obstinent à y croire.... Le dossier technique étant considérablement plus détaillé et complexe, nous renverrons le lecteur aux deux ouvrages de Paul-Éric Blanrue, Miracle ou imposture, etc." (Gérald Messadié, "Le suaire de Turin et autres reliques", Réalités et mystifications du paranormal, L'Archipel, février 2015)

POUR ALLER PLUS LOIN

ET AUSSI

Une intéressante intervention de Gérald Messadié évoquant sa vie, la politique, BHL, le scepticisme, le mysticisme, le Padre Pio... Inutile d'être d'accord avec tout ce qu'il dit, c'est le processus mental qu'il déroule qui est intéressant.


La défense de Jean-Marie Le Pen.

Le diable est dans les détails. Pour remettre les pendules à l'heure, Jean-Marie Le Pen rappelle aujourd'hui sur son site quelle fut sa ligne de défense en 1987 en citant un article qui ne m'avait pas échappé et dont j'ai fourni des extraits dans Jean-Marie, Marine et les juifs (Oser dire, 2014) :
 
"Dans mon esprit, et d'ailleurs dans les dictionnaires, « détail » signifie « partie d'un tout ». Or, la Seconde Guerre mondiale dura six ans, elle mit aux prises des centaines de millions d'hommes et fit plus de 50 millions de morts dont 35 millions d'Européens, laissant depuis la moitié de l'Europe sous la botte soviétique. Chacun de ces éléments, si meurtrier, si atroce, qu'il ait été, fut un élément de cette immense tragédie humaine. Les camps de concentration où moururent par millions juifs, tziganes, chrétiens et patriotes de toute l'Europe et les méthodes employées pour mettre à mort les détenus : pendaisons, fusillades, piqûres, chambres à gaz, traitements inhumains, privations, constituèrent un chapitre, une partie, un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, comme en témoignent d'ailleurs tous les ouvrages généraux qui y furent consacrés."

J'ai longuement expliqué dans mon livre que la fumeuse affaire du "détail" qui coûta cher sur le plan pécuniaire (plus d'un million de FF) et politique au Menhir était le résultat de la contre-offensive des sionistes de gauche qui voulaient à tout prix s'opposer à la montée fulgurante dans les sondages de Le Pen, lequel, en vue de la présidentielle de 1988, était allé rendre visite discrètement, quelque temps plus tôt, aux États-Unis à Edgar Bronfman et au Congrès juif mondial. Un voyage en Israël était prévu, de même qu'une rencontre avec Ariel Sharon, pour que l'alliance fût effective et connue de tous. Les diktats du CRIF, dirigé à l'époque par celui que Libération nommait un "gauchiste", Théo Klein, en réalité proche du président Mitterrand, eussent été brisés dans l'oeuf. Il fallait saboter la stratégie lepeniste de contournement. 
Telle est la véritable histoire de ce vrai-faux scandale monté de toutes pièces par un collaborateur du journal mitterrandiste Globe (j'en donne le nom dans mon livre), financé par Pierre Bergé et dirigé par Georges-Marc Benamou.
N'en déplaise à ses plus acharnés contempteurs ou à ses thuriféraires béats, le fondateur du FN n'a jamais fait en public profession de foi de révisionnisme.

Paul-Éric Blanrue