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jeudi 21 août 2025

Sur la Résurrection, volume 2, Réfutations (Garry Habermas).




Le volume 2 de la série On the Resurrection de Gary Habermas, intitulé "Refutations" (2024), se concentre sur la réfutation des explications alternatives et des objections concernant la Résurrection de Jésus.
Son objectif est de démontrer que les données historiques, même celles reconnues par les érudits critiques, pointent vers la Résurrection comme la meilleure explication.
Habermas utilise de nouveau sa méthode des "faits minimaux", qui s'appuie sur des faits historiques largement acceptés par un large éventail de spécialistes, y compris les sceptiques.

Voici une exploration plus détaillée de l'argumentation de Habermas dans chacun des cas :

L'argument de Hume contre les miracles :

 L'exigence de Hume : David Hume soutient qu'aucun témoignage ne peut établir un miracle à moins que la fausseté du témoignage ne soit elle-même plus miraculeuse que le fait qu'il tente d'établir. Il exige des témoins avec une intégrité, une éducation et une sagesse "incontestables" pour "assurer contre toute illusion". De plus, il déclare qu'il ne doit y avoir aucune uniformité d'expérience contre le miracle, sinon le miracle ne mériterait pas cette appellation.
Réfutation :
Habermas juge l'exigence de Hume d'une intégrité "incontestée" et d'une capacité à "assurer contre toute illusion" comme irréaliste et auto-invalidante. Il se demande si de tels témoins ont déjà existé ou si une telle "sécurité absolue" pourrait être garantie.
Hume est accusé de pétition de principe en définissant les miracles de manière à ce qu'ils soient a priori impossibles. Il postule une "expérience uniforme" contre les miracles sans produire de preuves pour cette uniformité elle-même. Pour Habermas, cela empêche toute enquête empirique sur les revendications de miracles.
Le philosophe George Mavrodes, cité par Habermas, critique la taille de l'échantillon de Hume, la jugeant "trop petite" pour être statistiquement significative. Si l'échantillon était élargi, des témoignages de miracles apparaîtraient inévitablement, ce que Hume ignore.
Hume aurait commis une erreur logique informelle d'argument ad hominem en critiquant les rapports de miracles provenant de "nations ignorantes et barbares".
Concernant les miracles jansénistes du XVIIIe siècle en France, Hume a reconnu qu'ils étaient "attestés par des témoins crédibles et de distinction, dans un âge savant, et sur le théâtre le plus éminent du monde". Pourtant, il les a rejetés pour des raisons qui semblent arbitraires, ce qui suggère que sa conclusion préexistait à l'examen des preuves.

2° La théorie de l'évanouissement (Swoon Theory) :

 Cette théorie prétend que Jésus n'est pas mort sur la croix mais a simplement perdu connaissance, pour ensuite se réveiller dans le tombeau.
 Réfutation : Habermas argumente que la brutalité de la crucifixion aurait rendu la survie de Jésus et sa capacité à se présenter comme un ressuscité victorieux hautement improbable. Un Jésus à peine conscient, gravement blessé et affaibli n'aurait pas pu rouler la pierre du tombeau, vaincre les gardes, ni convaincre ses disciples d'une Résurrection glorieuse. Même des érudits "libéraux" comme Schleiermacher ont jugé cette hypothèse invraisemblable, soulignant qu'un homme "malade avec une force vitale affaiblie" n'aurait pas pu se déplacer si tôt après la crucifixion et apparaître en bonne santé. Habermas note que la plupart des spécialistes considéraient cette théorie comme "discréditée" ou "dépassée" dès la fin du XIXe ou le début du XXe siècle. Elle a rarement été défendue par des spécialistes qualifiés depuis.

3° L'hypothèse des hallucinations :

Cette théorie propose que les apparitions de Jésus après la crucifixion étaient des visions subjectives, des produits de l'esprit des disciples.
 Réfutation :
Apparitions de groupe : La Bible mentionne une apparition à plus de cinq cents personnes à la fois (1 Corinthiens 15:6). Habermas et d'autres soulignent que les psychologues et psychiatres n'ont aucune preuve documentée de "hallucinations collectives" où plusieurs personnes partagent exactement la même perception sensorielle sans un référent externe commun. L'apparition collective à 500 témoins est une "réfutation très puissante" de la pseudo-hallucination subjective.
Nature des apparitions : Contrairement aux hallucinations subjectives qui sont généralement brèves et sans conséquences physiques tangibles, les apparitions de Jésus étaient variées (individuelles et de groupe, intérieures et extérieures), souvent prolongées, et ont conduit à une transformation radicale chez les témoins. Jésus est apparu avec un corps changé qui ne mourrait plus.
Transformation des disciples : Le passage de la peur et du désespoir à une conviction inébranlable et à la volonté de mourir pour leur foi est un argument fort contre une simple hallucination. De nombreux spécialistes critiques reconnaissent la force de ce fait.
Conversion de Paul : L'expérience de Paul sur le chemin de Damas, qui le transforme de persécuteur en apôtre, est particulièrement difficile à expliquer par une hallucination. Paul, en tant que Pharisien, aurait eu des compétences d'enquête rigoureuses. Des érudits comme Orr et Hayes ont noté que Paul a utilisé des termes de transmission traditionnels et a enquêté auprès des témoins oculaires (Galates 1:18-2:10), ce qui rend une explication subjective improbable. Les explications naturalistes (accident vasculaire cérébral, épilepsie, coup de chaleur) sont considérées comme de "simples possibilités" sans preuves suffisantes.
Ancienneté du témoignage : Les récits des apparitions, y compris la formule pré-paulinienne de 1 Corinthiens 15:3-7, datent de très tôt après la Crucifixion (année trente), ce qui ne laisse pas le temps à une légende basée sur des hallucinations de se développer et de s'ancrer.

4° La théorie de la légende :

Cette théorie soutient que le récit de la résurrection a évolué comme un mythe ou une légende, éventuellement inspiré par des mythes païens de "dieux mourant et ressuscitant".
Réfutation des parallèles païens : Habermas, citant des spécialistes (athées) comme Bart Ehrman, affirme que les prétendus parallèles avec des "dieux mourants et ressuscités" (tels qu'Attis, Osiris, Adonis ou Marduk) ne sont absolument pas équivalents à la Résurrection corporelle de Jésus. Ces mythes décrivent souvent des cycles saisonniers, des retours symboliques, ou des figures divines qui ne sont pas réellement ressuscitées physiquement de la mort, et certainement pas pour ne plus jamais mourir. De plus, les interprétations académiques de certains de ces mythes (comme Marduk et Mithraism) ont évolué, invalidant les parallèles.
 Contre l'idée d'une création libre de légendes, Habermas s'appuie sur des modèles de tradition orale (comme ceux de Gerhardsson, Bailey, et Bauckham) qui démontrent que la transmission des récits de Jésus était une "tradition orale contrôlée informelle". Cela signifie qu'il y avait une stabilité et une fidélité au "stock commun d'événements et d'enseignements rappelés collectivement", même si les récits pouvaient varier dans leurs détails. Le témoignage des témoins oculaires, comme celui de Pierre retranscrit par Marc selon Papias, était crucial pour cette transmission fidèle.
Le fait que des éléments clés des Évangiles, comme le récit de la Passion de Marc, remontent aux années quarante de notre ère (moins de deux décennies après la Crucifixion), ne laisse pas le temps pour un développement légendaire substantiel.
Les résumés de sermons dans les Actes des Apôtres, datés très tôt après la crucifixion, soulignent que le corps de Jésus n'a pas subi de corruption (Actes 2:14-36 et 13:16-41). Cela implique un tombeau vide.

4° Vol du corps :

 Réfutation des théories de vol du corps : Les théories selon lesquelles le corps de Jésus aurait été volé (par les disciples ou les autorités) sont réfutées par Habermas comme manquant de preuves substantielles. Ces explications alternatives sont souvent de "simples possibilités" sans le soutien de données concrètes. La critique du point de vue de Ehrman sur la non-connaissance de ce qui est arrivé au corps de Jésus, malgré l'acceptation de traditions précoces, est également abordée. Il est intéressant de l'étudier plus à fond.

5° Les critiques de Bart Ehrmann.

Habermas note qu'Ehrman a changé d'avis sur la question de l'inhumation traditionnelle de Jésus et du tombeau vide. Ehrman acceptait auparavant l'historicité de l'inhumation traditionnelle et du tombeau vide, mais il a depuis adopté la position selon laquelle "nous ne savons pas, et ne pouvons pas savoir, ce qui est réellement arrivé au corps de Jésus".
Ehrman avance trois arguments principaux contre le récit évangélique d'une inhumation traditionnelle par Joseph d'Arimathie, et Habermas les réfute :
- Ehrman soutient qu'il est "difficile de donner un sens historique à cette tradition juste dans le contexte du récit de Marc", se demandant pourquoi Joseph d'Arimathie n'est pas mentionné plus tôt. Habermas répond qu'il n'y a aucune "violation majeure" des règles de rapport si un personnage apparaît plus tard dans le récit.
- Ehrman note aussi que ni Paul ni le credo majeur de 1 Corinthiens 15 ne mentionnent Joseph d'Arimathie. Habermas minimise ce point, suggérant que cela n'est pas un "problème majeur" étant donné la nature propre des textes du credo, qui n'ont pas vocation à tout dire.
- Ehrman interprète Actes 13:28-29 comme signifiant que c'est le Sanhedrin dans son ensemble qui a enterré Jésus, et considère que c'est la tradition la plus ancienne sur le sujet. Habermas qualifie les mouvements d'Ehrman de "vagues" et de "conclusion injustifiée sur un sujet important sans le soutien factuel nécessaire".
Habermas critique plus généralement la méthodologie d'Ehrman, qu'il qualifie de "principe de commodité" ou de "science de la commodité". Ehrman lui-même utilise cette expression pour critiquer les mythologues qui "suppriment ou ignorent les données gênantes". Habermas applique cette critique à Ehrman en soulignant qu'il accepte pourtant l'ancienneté des traditions des Actes (datant des années trente, juste après la Crucifixion) qui affirment l'inhumation de Jésus dans un tombeau et l'absence de corruption de son corps (Actes 13), mais il ignore pourtant les implications logiques de cette même tradition pour l'historicité du tombeau vide. Habermas perçoit cela comme un "tri injustifié des données disponibles" ou un "choix apparent" qui semble motivé par les préférences théologiques d'Ehrman.
Ehrman déclare que les historiens "ne peuvent ni prouver ni réfuter" historiquement la Résurrection de Jésus. Il soutient que ces croyances ne peuvent être "affirmées" que par la foi. Habermas trouve cette position "choquante" du point de vue épistémique, la considérant comme une question philosophique et non une limite de l'érudition néotestamentaire. Habermas s'étonne qu'Ehrman consacre une partie significative d'un chapitre aux "hypothèses visionnaires" s'il ne souscrit à aucune théorie naturaliste particulière. Pour Habermas, cela ressemble à un "plan de repli" ou à une "perte de confiance" dans une explication naturaliste spécifique.
En réponse à l'agnosticisme d'Ehrman sur le corps de Jésus, Habermas réitère les arguments en faveur du tombeau vide, qui, pour lui, pèsent plus lourd que les objections d'Ehrman :
◦ La localisation du tombeau à Jérusalem, où la prédication chrétienne primitive a commencé, rendrait impossible la survie de la chrétienté si le corps de Jésus y était resté. La prédication apostolique aurait été le tout dernier endroit où elle aurait pu commencer si le tombeau de Jésus était resté occupé.
◦ Le témoignage des femmes découvrant le tombeau vide est un détail "embarrassant" qui renforce l'historicité des récits, car il est peu probable qu'il ait été inventé à des fins apologétiques dans une culture où le témoignage féminin avait moins de poids légal.
◦ Les récits du tombeau vide sont "multiplement attestés" dans les Évangiles de Marc, Matthieu, Jean et probablement Luc.
En résumé, Habermas critique Ehrman non seulement sur les détails spécifiques de l'inhumation de Jésus, mais aussi, et peut-être plus fondamentalement, sur sa méthode, l'accusant d'appliquer un double standard en acceptant certaines données précoces tout en rejetant d'autres informations connexes lorsque cela sert ses conclusions théologiques préconçues.

Ce volume 2 de Gary Habermas est une réponse exhaustive et méthodiquement rigoureuse aux principales objections naturalistes et alternatives à la Résurrection de Jésus, en s'appuyant sur des arguments tirés de l'historiographie, de la psychologie et de l'analyse textuelle pour défendre la supériorité de l'explication de la Résurrection face aux alternatives. Aussi fondamental que le volume 1 !

Paul-Éric Blanrue.

Sur la Résurrection (Garry Habermas).



Le livre de Gary Habermas On the Resurrection : Evidences, tome 1 (2024) est une vaste étude des preuves historiques de la Résurrection de Jésus, s'appuyant sur une riche bibliographie de quelque 4 500 sources, dont la majorité ont été publiées à partir de 1975, en français, allemand ou anglais. Habermas, reconnu comme un expert mondial sur le sujet, utilise une approche rigoureuse appelée la méthode des "faits minimaux".


Qu'est-ce que la méthode des faits minimaux ? J'ai déjà abordé cette question dans un précédent article sur mon blog. J'en rappelle ici les caractéristiques : cette méthode vise à identifier les faits historiques concernant Jésus et sa Résurrection qui sont largement acceptés par un large éventail de chercheurs critiques, y compris ceux qui sont sceptiques ou non-chrétiens. L'objectif est de trouver un terrain d'entente pour la discussion, en partant de données que presque personne ne conteste. Un critère clé pour qu'un fait soit considéré comme "minimal" est qu'il doit bénéficier d'un accord quasi unanime (un pourcentage de plus de 90 %) parmi les chercheurs spécialisés qui publient leurs points de vue. Cette approche n'est évidemment qu'une des voies possibles pour établir l'historicité des événements.

Même en adoptant une approche très critique et "minimale", Habermas soutient que la Résurrection de Jésus est la meilleure explication pour les données historiques disponibles.

Je vais ici me concentrer sur les principaux faits minimaux centraux avancés par Habermas :

La mort de Jésus par crucifixion : C'est un événement historique largement accepté par les chercheurs bibliques, toutes croyances (ou incroyance) confondues.

L'expérience des disciples post-crucifixion : Les disciples ont eu des expériences qu'ils croyaient être des apparitions de Jésus ressuscité. Cette conviction a transformé radicalement leurs vies. Ils étaient prêts à mourir pour leurs convictions, ce qui est souvent considéré comme un fait distinct et important.

L'expérience de Paul : Paul était un persécuteur acharné des chrétiens avant sa conversion. Sa transformation radicale est attribuée à une expérience du Jésus ressuscité, qu'il croyait être une apparition. Le passage de 1 Corinthiens 15:3-8 est également considéré comme une formule ou un credo pré-paulinien extrêmement ancien, reçu par Paul et transmis par lui. Ce credo utilise des termes qui ne sont pas typiques du langage de Paul, ce qui renforce l'idée qu'il s'agit d'une tradition qu'il a reçue et reproduite fidèlement. Cela démontre le soin de Paul pour la pureté et l'exactitude de la tradition. L'expression de Paul "historēsai" en Galates 1:18, souvent traduite par "faire la connaissance de", impliquait une enquête ou une investigation pour acquérir des connaissances précises et vérifier l'information auprès de témoins accrédités.

L'expérience de Jacques, le "frère de Jésus" : Jacques était un quasi-incroyant avant la crucifixion, mais il est devenu un leader important de l'Église primitive (puis un martyr) après avoir eu une apparition du Ressuscité.

L'apparition aux 500 témoins : En 1 Corinthiens 15:6, Paul mentionne que Jésus est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants au moment où il écrit. Il s'agit d'une apparition de groupe, ce qui est considéré comme une preuve particulièrement solide. Les commentateurs récents tendent à prendre ce nombre de manière littérale, non pas comme symbolique ou excluant les femmes et les enfants, mais comme une indication du nombre d'hommes présents. Ce témoignage fait partie intégrante du credo précoce de 1 Corinthiens 15.

Le tombeau vide : L'historicité du tombeau vide est un fait qui a vu son acceptation par les chercheurs critiques augmenter considérablement depuis les années 1970. Il existe une quasi-unanimité parmi les érudits selon laquelle la fin originale de l'Évangile de Marc (Marc 16:8), considéré comme le plus anciens des Évangiles, se termine originellement avec le récit du tombeau vide, ce qui renforce sa crédibilité. De nombreux arguments (une vingtaine) sont avancés en faveur de ce fait, notamment le témoignage des femmes, qui aurait été très "embarrassant" dans le contexte culturel de l'époque (leur témoignage ne valait pas grand-chose chez les juifs) et donc moins susceptible d'être inventé.

Pour le reste, contrairement à la critique des formes de Rudolf Bultmann, qui postulait une longue élaboration orale anonyme des traditions par la communauté, Habermas s'appuie sur des recherches montrant que la tradition de Jésus a été transmise de manière beaucoup plus contrôlée. La mémorisation était une pratique universelle dans l'éducation antique. Les disciples de rabbins étaient censés mémoriser les enseignements de leurs maîtres, en insistant sur la préservation des mots exacts. Les Évangiles indiquent que Jésus s'attendait à ce que ses disciples mémorisent ses enseignements et les transmettent. L'oralité et l'écrit n'étaient pas des alternatives, mais complémentaires. Les cahiers de notes privées (hypomnēmata) servaient d'aides-mémoire pour la tradition orale, plutôt que de la remplacer. L'écriture a ensuite joué un rôle clé pour assurer la préservation fidèle des traditions de Jésus après la mort des témoins oculaires. En outre, les témoins oculaires nommés (tels que les Douze) sont considérés comme les garants vivants et actifs des traditions.

Ainsi, Habermas, à travers une recherche exhaustive et une adhésion stricte aux faits reconnus par une majorité de critiques, vise à établir la fiabilité historique des récits du Nouveau Testament concernant la résurrection de Jésus. Ce livre est essentiel.

Paul-Éric Blanrue.

« Jésus et les manuscrits : Les leçons que nous livrent les plus anciens textes » (Craig Evans)



Le livre de Craig A. Evans Jesus and the Manuscripts: What We Can Learn from the Oldest Texts (2020) a pour objectif d'initier les lecteurs à la diversité et à la complexité de la littérature ancienne qui prétend enregistrer les paroles et les actions de Jésus. Evans ne traite pas en profondeur la composition, le but ou la théologie des Évangiles canoniques, qui ont déjà été largement étudiés, mais plutôt les manuscrits de ces Évangiles et d'autres textes. La littérature étudiée est diverse, couvrant des langues telles que le grec, le latin, l'hébreu, l'araméen, le syriaque, le copte et l'arabe, et des supports variés comme le papyrus, le parchemin, la céramique et la pierre.

Le livre est structuré pour explorer différents aspects des manuscrits liés à Jésus :

Les plus anciens témoins (chapitre 1) : Evans examine les plus anciens manuscrits grecs des Évangiles. Il mentionne des papyrus importants comme 𝔓45 (début du IIIe siècle, contenant des portions des quatre Évangiles et des Actes, dont Marc 9), 𝔓64 (fin du IIe siècle, Matthieu 26), 𝔓75 (IIIe siècle, Luc et Jean), 𝔓90 (fin du IIe siècle, Jean 18-19), 𝔓110 (fin du IIIe siècle, Matthieu 10), 𝔓137 (fin du IIe ou début du IIIe siècle, Marc 1), 𝔓52 (IIe siècle, Jean 18) et 𝔓66 (début du IIIe siècle, presque tout Jean). Il aborde également les grands codex du IVe et Ve siècles comme le Codex Vaticanus, le Codex Sinaiticus et le Codex Bezae. Evans souligne que la date d'un manuscrit existant ne reflète pas nécessairement la date de la composition originale du texte. Un point clé est que les manuscrits qui ont conservé leur début ou leur fin identifient tous les Évangiles selon l'attribution traditionnelle, par exemple, 𝔓75 et 𝔓66 identifient les Évangiles de Luc et Jean, contredisant l'idée que les Évangiles auraient initialement circulé anonymement.

Le Jésus autographe et la durée de vie des livres anciens (chapitre 2) : Ce chapitre se penche sur la longévité des manuscrits et des autographes. Evans indique que les autographes et les premières copies pouvaient rester en usage pendant un siècle ou plus. Il cite Suétone comme témoin de l'existence de "carnets et papiers" (pugillares libellique) écrits de la "propre main" de l'empereur Néron, montrant des mots effacés ou barrés, preuve qu'il s'agissait d'écrits originaux et non de copies dictées. Contrairement aux manuscrits gnostiques qui montrent une "instabilité significative", les manuscrits du Nouveau Testament sont "considérablement plus stables". Cette stabilité est attribuée à la lecture publique et à la mémorisation des textes. Evans affirme qu'aucune variante significative n'a été trouvée dans les papyrus du Nouveau Testament du IIe et début IIIe siècle, ce qui réfute l'idée d'une rédaction majeure du texte à cette période. Les copistes étaient des scribes professionnels dont la tâche était de reproduire fidèlement, et non de réviser les textes.

Jésus dans les "Évangiles juifs" (chapitre 3) : Evans explique les difficultés liées à l'étude de ces textes, car aucun n'a survécu dans son intégralité, ne subsistant que sous forme de citations ou de gloses. Il suggère que beaucoup d'entre eux, comme les recensions ébionites, dépendaient fortement de l'Évangile de Matthieu. Des œuvres comme le Toledot Yeshu (violente polémique juive anti-chrétienne) reflètent cette tradition.

L'Évangile de Thomas (chapitres 4 et 5) : Evans argumente que l'Évangile de Thomas, bien que populaire, date de la fin du IIe siècle et est dépendant des Évangiles canoniques, réfutant les thèses d'indépendance. Il s'appuie sur des fragments grecs (P.Oxy. 1, 654, 655) et la version copte complète (NHC II,2). Un exemple précis est la ressemblance entre le Logion 99 de Thomas ("Ceux qui font la volonté de mon Père, ceux-là sont mes frères et ma mère") et Luc 8:21, où Thomas suit l'omission et le pluriel de Luc, suggérant une dépendance.

L'Évangile de Pierre (chapitre 6) : Ce texte est considéré comme une élaboration des Évangiles canoniques, en particulier de Matthieu, et est daté de la fin du IIe siècle.

L'Évangile de Judas (chapitre 7) : Découvert dans le Codex Tchacos, cet évangile gnostique a suscité des controverses, notamment en raison de ses interprétations initiales (par Kasser, Meyer et Wurst). Evans note que les traductions initiales comportaient des erreurs significatives affectant la compréhension du rôle de Judas.

• Les "petits textes" (chapitre 10) : Cela inclut des agrapha (paroles de Jésus non trouvées dans les Évangiles canoniques), des amulettes, des fragments et des inscriptions. La valeur de ces textes réside principalement dans la lumière qu'ils jettent sur les communautés qui les ont conservés. Des exemples d'agrapha incluent la parole de Jésus dans certains manuscrits de Luc 9:55-56 : "Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes. Car le Fils de l'homme n'est pas venu pour détruire les vies des hommes, mais pour les sauver". Justin Martyr cite aussi un agraphon : "Dans toutes les choses où je vous trouverai, en celles-là je vous jugerai" (Dialogue 47.5). Les amulettes intègrent souvent des incipits évangéliques pour leur pouvoir protecteur, comme les débuts de Matthieu ("Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit" ou "Livre de la généalogie de Jésus Christ"), Jean ("Au commencement était la Parole"), Marc ("Commencement de l'évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu") et Luc ("Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit..."). L'Évangile d'Egerton (P.Egerton 2), daté de la fin du IIe ou début du IIIe siècle, est considéré comme une harmonie ou un texte qui puise dans les traditions canoniques. La correspondance entre Abgar et Jésus, un texte largement diffusé et souvent utilisé comme amulette sur les portes et les murs, se retrouve sur des inscriptions en pierre et en céramique, avec une version plus longue de la promesse de Jésus que celle trouvée chez Eusèbe.

Jésus et les débuts du canon (chapitre 11) : Evans explore comment l'usage des Écritures par Jésus lui-même (les livres de Moïse, les Prophètes, les Écrits, avec une préférence pour le Deutéronome, Isaïe et les Psaumes) a influencé la formation du canon chrétien.

Jésus imprimé : Érasme et les débuts du fondamentalisme textuel (chapitre 12) : L'avènement de l'imprimerie a marqué un changement majeur, permettant la production en masse de textes uniformes, contrastant avec la nature unique de chaque manuscrit. Érasme a joué un rôle central avec ses éditions du Nouveau Testament grec (1516 et 1519), initialement destinées à améliorer la traduction latine. Son travail a mené à l'émergence du Textus Receptus, un "texte reçu" qui a servi de base à de nombreuses traductions, comme la King James Bible. Evans explique que, dans l'Antiquité, la transmission orale permettait une certaine flexibilité dans la formulation des récits – expansion ou contraction – pour la clarté, tant que le sens original était préservé. Cela diffère de l'attente moderne d'une reproduction textuelle exacte que le texte imprimé a favorisée.

Evans défend en somme l'idée que les Évangiles sont des témoignages fiables issus de témoins oculaires, s'inscrivant dans la tradition historiographique gréco-romaine. Il critique les approches qui postulent des "communautés" imaginaires derrière les Évangiles, partageant sur ce point les vues de Richard Bauckham.

Paul-Éric Blanrue.

« Jésus et les témoins oculaires : les Évangiles comme témoignages de première main » (Richard Bauckham).




Le livre de Richard Bauckham, Jesus and the Eyewitnesses: The Gospels as Eyewitness Testimony, publié en 2006, remet en question la tendance dominante de la critique formelle du Nouveau Testament qui a minimisé le rôle des témoins oculaires dans la formation des Évangiles. J'ai moi-même, jadis, donné dans cette tendance et c'était une erreur, comme je l'ai déjà signalé dans un précédent article paru sur ce blog.

Bauckham soutient que les Évangiles sont directement et étroitement liés aux témoignages des témoins oculaires des événements de la vie de Jésus, et que ces témoins sont restés des sources accessibles et des garants autoritaires de la tradition tout au long de la période de transmission orale, jusqu'à la rédaction des Évangiles.

L'auteur critique la thèse, popularisée par la critique formelle (notamment Rudolf Bultmann), selon laquelle la tradition évangélique était transmise de manière anonyme et fluide au sein des communautés chrétiennes, perdant ainsi tout lien direct avec des individus spécifiques. Bauckham s'appuie sur des critiques antérieures de cette position, notamment celles de Vincent Taylor et Martin Hengel, qui insistaient sur le "lien personnel de la tradition de Jésus avec des transmetteurs particuliers".

Un des piliers de l'argumentation de Bauckham est l'analyse des fragments de Papias de Hiérapolis, évêque du début du IIe siècle, dont l'œuvre majeure, Exposition des Logia du Seigneur, est perdue. Papias exprimait une préférence pour "une voix vivante et permanente" (zoes phones kai menouses) par rapport aux informations contenues dans les livres. Bauckham interprète cela non pas comme une opposition générale aux livres, mais comme une adhésion aux meilleures pratiques historiographiques de l'Antiquité, qui privilégiaient l'accès direct aux témoins oculaires. Papias cherchait à interroger ceux qui avaient été en contact avec les anciens, y compris les apôtres et d'autres disciples du Seigneur pour s'assurer de la vérité de ce qu'ils avaient dit ou disaient encore.

Concernant l'Évangile de Marc, Papias affirmait que Marc, en tant qu'"interprète" (hermeneutēs) de Pierre, a "écrit avec précision autant de choses que [Pierre] se souvenait — bien que sans ordre (ou mentoi taxei)" de ce que le Seigneur avait dit ou fait.

Marc n'avait pas connu Jésus directement, mais avait été le compagnon de Pierre. Le travail de Marc est dépeint comme une reproduction fidèle des "chreiai" (anecdotes) de Pierre, des récits courts qui pouvaient contenir des actions et des paroles de Jésus. Pour Papias, ce manque d'ordre dénotait que l'Évangile de Marc ressemblait davantage à des "notes" préparatoires qu'à une œuvre historiographique achevée, qui exigeait une composition artistique.
Quant à Matthieu, Papias indiquait que celui-ci "a mis les logia dans un arrangement ordonné (sunetaxato) en langue hébraïque". Bauckham suggère que la critique de Papias sur le manque d'ordre de Marc et Matthieu était influencée par sa haute estime pour l'Évangile de Jean, qu'il considérait comme plus conforme aux standards historiographiques grâce à sa précision chronologique et sa narration continue.

Bauckham soutient que la tradition de Jésus était transmise par des individus identifiés, qui en étaient les garants :
- La mémorisation jouait un rôle crucial dans l'Antiquité. Les enseignements de Jésus étaient probablement formulés de manière à être facilement mémorisables (aphorismes, paraboles concises), et ses disciples étaient censés les apprendre délibérément. Les "cahiers de notes" (hypomnēmata), souvent utilisés par les historiens de l'Antiquité, servaient d'aides à la mémoire pour la transmission orale.
- Le modèle de "tradition orale contrôlée informelle" de Kenneth Bailey, basé sur les pratiques villageoises du Moyen-Orient, est utilisé comme analogie. Ce modèle suggère que des "récitants qualifiés" (les anciens, et spécifiquement les témoins oculaires) assuraient la stabilité de la tradition au sein de la communauté.
- L'inclusion de noms spécifiques dans les récits évangéliques (ex: Jaïre) est interprétée comme une preuve de témoignages oculaires individuels, racontés par les personnes elles-mêmes ou par ceux qui les connaissaient. Ces détails, bien que parfois superflus narrativement, sont des survivances de la mémoire des témoins.

L'Évangile de Jean se distingue en affirmant explicitement être l'œuvre d'un témoin oculaire, le "Disciple que Jésus aimait" (Jean 21:24). Bauckham réfute l'idée, répandue dans la critique moderne, que le verbe grec graphein ("écrire") dans Jean 21:24 signifierait que le Disciple bien-aimé a seulement "fait écrire" l'Évangile de manière indirecte, n'ayant qu'une "responsabilité spirituelle" l'ayant inspiré. Il soutient que graphein signifie une écriture directe, potentiellement par dictée à un scribe, une pratique courante chez les auteurs anciens.

Il met en évidence l'idiome johannique du "nous du témoignage faisant autorité" (ex: Jean 21:24, 1 Jean 1:1-5, 3 Jean 12), où l'auteur, bien que singulier, utilise le "nous" pluriel pour conférer une autorité solennelle à son témoignage. Ce "nous" est distinct d'un simple "nous" associatif.

Le "Disciple que Jésus aimait" est présenté comme un témoin principal et un auteur, dont le témoignage, bien que humblement présenté, est destiné à avoir une signification supérieure. Le récit est construit de manière à révéler progressivement son rôle, notamment par une conclusion en deux étapes (Jean 20:30-31 et 21:24-25) qui met en lumière sa fonction d'auteur et de témoin.

L'argument en faveur de l'authenticité de cette revendication d'auteur réside dans le choix d'un personnage relativement obscur (le Disciple bien-aimé n'est pas l'un des Douze connus) ; un auteur pseudépigraphique aurait plus probablement choisi une figure apostolique plus reconnue.

Bauckham replace le témoignage oculaire dans le contexte plus large de la méthode historique. Contrairement à une vision réductrice de l'histoire qui verrait le témoignage oculaire comme une "matière première brute" à "raffiner", il s'appuie sur la pensée de Paul Ricoeur, pour qui le témoignage est une phase fondamentale et continue du travail de l'historien. Les Évangiles sont des formes de "témoignage" qui visent à transmettre la signification et la vérité d'événements singuliers et d'une importance absolue. Même s'ils incluent une certaine interprétation (comme toute mémoire autobiographique), cette interprétation ne compromet pas leur authenticité, mais reflète la compréhension des témoins.

Bref, Richard Bauckham prouve ici que les Évangiles ne sont pas le produit de traditions orales anonymes et incontrôlées, mais qu'ils sont le fruit d'un processus de transmission où les témoins oculaires ont joué un rôle actif et autoritaire, modelant et garantissant la fidélité des récits à travers des mécanismes de mémorisation et, plus tard, d'écriture.

Paul-Éric Blanrue.

Jésus dans le Talmud, de Peter Schäfer.




Peter Schäfer (né en 1943 à Mülheim, Allemagne) est un grand spécialiste allemand du judaïsme ancien et du christianisme primitif. Professeur à la Freie Universität de Berlin (1983-2008), puis titulaire de la chaire d’études juives à Princeton (1998-2013), il est reconnu pour ses travaux sur le judaïsme rabbinique, la mystique juive, la magie juive et l’histoire du judaïsme tardif. Auteur prolifique, il a publié de nombreux ouvrages, articles et éditions critiques. Il a dirigé le Musée juif de Berlin de 2014 à 2019, mais a démissionné après des polémiques liées à la position du musée sur le mouvement BDS. Sa démission a suscité un large soutien de la part de directeurs de musées et d’universitaires en études juives. Schäfer est membre de l’American Academy of Arts and Sciences et de l’American Philosophical Society. Il a reçu plusieurs distinctions, dont le Prix Leopold Lucas (2014) et l’ordre Pour le Mérite pour les sciences et les arts (2021). Pour "Jesus in the Talmud", il a bénéficié des relectures et des suggestions de chercheurs notables, tels que Richard Kalmin du Jewish Theological Seminary of America et son mentor, Martin Hengel, pour la rédaction de son manuscrit.


Jesus in the Talmud (2007) explore la représentation de Jésus de Nazareth dans le Talmud, le document fondamental du judaïsme rabbinique de l'Antiquité tardive. L'auteur rejette l'idée que le Talmud est une source historique non fiable pour Jésus, comme l'a suggéré Johann Maier, auteur de livres de référence sur Jésus. Au lieu de cela, le livre postule que les récits rabbiniques sur Jésus sont des contre-récits délibérés et sophistiqués aux histoires de sa vie et de sa mort dans les Évangiles. Ces récits supposent une connaissance détaillée du Nouveau Testament, en particulier de l'Évangile de Jean.

Le livre met en évidence une distinction significative entre les sources palestiniennes et babyloniennes. Les sources palestiniennes sont plus retenues, se concentrant sur les origines de l'Église chrétienne et la menace qu'elle représente pour l'autorité rabbinique. En revanche, le Talmud de Babylone (Bavli) est beaucoup plus direct et audacieux dans son traitement de Jésus, de sa vie et de sa destinée. Cette différence est attribuée aux contextes historiques et politiques distincts : les juifs de Palestine étaient sous la domination romaine et chrétienne croissante, tandis que les juifs de Babylone, dans l'Empire sassanide, vivaient dans un environnement non-chrétien, voire anti-chrétien, leur permettant d'exprimer plus librement leurs sentiments anti-chrétiens.

Le livre organise les récits talmudiques sur Jésus autour de plusieurs motifs principaux :

• La famille de Jésus et la sexualité : Le Talmud babylonien présente Jésus comme un mamzer (BÂTARD), le fils d'une femme adultère nommée Miriam et d'un certain Pandera, supposément un soldat romain. Ce récit est une parodie directe de l'affirmation du Nouveau Testament selon laquelle Jésus est né d'une vierge et est d'origine davidique. L'auteur souligne que le fait d'être un bâtard limitait l'intégration de Jésus dans la communauté juive, l'empêchant de fonder un "nouveauIsraël".

• Jésus comme mauvais disciple : Le Talmud dépeint Jésus comme un fils ou un disciple qui "gâche son plat" (maqdiah tavshilo) en menant une VIE LICENCIEUSE, suggérant une infidélité conjugale, possiblement liée à Marie Madeleine. Une autre histoire le décrit comme un "disciple frivole" de Yehoshua b. Perahya, qui, après un malentendu et l'excommunication, se tourne vers l'idolâtrie et donne naissance à la secte chrétienne.

• La magie de Jésus : Jésus est qualifié de SORCIER ou de magicien, ayant acquis des pouvoirs en Égypte. Les récits incluent des guérisons effectuées "au nom de Jésus fils de Pantera/Pandera" par des hérétiques, ce qui, pour les rabbins, représentait une menace à leur autorité. Le Talmud critique non pas la magie en soi, mais l'autorité concurrente qu'elle implique.

• L'exécution de Jésus (idolâtrie et blasphème) : Le Talmud babylonien décrit l'exécution de Jésus non pas par crucifixion romaine, mais par lapidation suivie de pendaison, conformément à la loi juive. La raison invoquée est qu'il a pratiqué la sorcellerie et a "entraîné et séduit Israël "(vers l'idolâtrie). Le Talmud insiste sur la responsabilité juive, affirmant que Jésus a été LÉGITIMEMENT EXÉCUTÉ comme blasphémateur et idolâtre. La mention d'une annonce publique par un héraut 40 jours avant l'exécution est interprétée comme une moquerie des prophéties de Jésus concernant sa résurrection.

• Les disciples de Jésus : Le Talmud présente cinq disciples de Jésus (Mattai, Naqqai, Netzer, Buni, Todah) et leurs "batailles de versets bibliques" avec les juges. Ces dialogues sont des parodies théologiques des affirmations chrétiennes sur la messianité de Jésus, son innocence, sa Résurrection, sa filiation divine, et son rôle de sacrifice de la nouvelle alliance.

• Le châtiment de Jésus en Enfer : L'un des récits les plus étranges du Talmud babylonien dépeint Jésus subissant un châtiment éternel en ENFER, assis dans des EXCRÉMENTS BOUILLANTS. Cette punition est interprétée comme une parodie malveillante de l'Eucharistie et de la promesse de Jésus que ceux qui mangent sa chair et boivent son sang auront la vie éternelle.

En conclusion, le livre soutient que les textes du Talmud babylonien, malgré leur fragmentation et l'influence de la censure chrétienne visible dans les manuscrits ultérieurs, constituent un contre-Évangile audacieux et puissant. Ils révèlent une communauté juive confiante qui utilise la parodie, l'inversion et la distorsion délibérée pour contester les fondements de la foi chrétienne, en particulier l'Évangile de Jean, connu pour son fort penchant anti-juif.

Méfiez-vous de ceux qui vous disent que Jésus n'apparaît pas dans le Talmud : ce sont des menteurs.

Paul-Éric Blanrue.

mercredi 20 août 2025

Il faut connaître Michael Heiser !

Michael S. Heiser (1963–2023) était un érudit biblique qui explorait le monde spirituel caché derrière la Bible. Dans ses ouvrages comme The Unseen Realm, Demons, Angels et Reversing Hermon, il montre que les anges déchus, Nephilim (que l'on appelle aussi "les Géants") et autres forces invisibles ne sont pas que des métaphores, mais des réalités ayant influencé l’histoire humaine. Leur lecture allie rigueur académique et théologie audacieuse.


Voici sa thèse :
1. La Bible décrit un monde spirituel réel, invisible mais actif dans l’histoire humaine.
2. Les Veilleurs (anges déchus) ont transgressé la loi divine et influencé l’humanité, produisant les Nephilim ("Géants").
3. Ces événements expliquent, selon lui, la corruption et le mal dans le monde avant et après le Déluge.
4. Jésus, en tant que messie, est venu renverser les effets de cette transgression, rétablissant l’ordre divin.
5. Heiser insiste sur une lecture historique et théologique sérieuse des textes bibliques, au-delà des interprétations purement symboliques.
En détail : Heiser remet en question les présupposés populaires sur Satan et les démons, en se fondant sur les textes originaux de l’Ancien et du Nouveau Testament. Il invite à dépasser les traditions postérieures et les traductions modernes parfois réductrices.


Il développe la théologie des trois rébellions divines :
• La révolte du serpent (Genèse 3) ;
• L’incident des Veilleurs (Genèse 6), source des Nephilim et des démons ;
• La corruption des “dieux des nations” après Babel (Deutéronome 32, Psaume 82).
Dans la tradition juive de la période du Second Temple, les démons sont décrits comme les esprits désincarnés des Nephilim (ces Géants mêlant la nature et la surnature).
Heiser expose une géographie cosmique où les "nations" sont sous la domination de puissances spirituelles rebelles, tandis que seul Israël demeure la part légitime de Dieu, en attendant la venue du Christ. Cela éclaire Jésus et les Évangiles dans une perspective de conflit spirituel réel, et non d’allégorie.
Le Nouveau Testament prolonge cette vision :
• Satan est présenté comme le chef des forces obscures, souverain sur les nations (cf. Éphésiens 6) ;
• L’action de Jésus (tentation, exorcismes, Crucifixion, Résurrection) inaugure la victoire spirituelle, remettant en cause l’autorité des ténèbres.


Le but du Christ selon les travaux de Heiser :
1. Renverser les effets des trois grandes rébellions spirituelles
Jésus vient corriger les conséquences de trois événements clés :
• La chute du serpent (Genèse 3) : source du péché, de la mort, et de la séparation d’avec Dieu.
• Le péché des Veilleurs (Genèse 6) : qui a introduit la corruption morale, la violence, les arts occultes, et a engendré les Nephilim, ancêtres spirituels des démons.
• La division des nations à Babel (Genèse 11 / Deut. 32:8-9) : où Dieu confie les peuples à des êtres célestes devenus hostiles, tandis qu’Il garde Israël pour Lui.
Le Christ vient restaurer l’humanité, purifier la Création, et rétablir la souveraineté divine sur toutes les nations.
2. Vaincre les puissances spirituelles hostiles
Dans cette lecture, Jésus n’est pas seulement un enseignant ou un sauveur moral : il est un roi conquérant, qui affronte et défait les puissances surnaturelles (Satan, les démons, les principautés) qui régnaient sur le monde.
📖
Cf. Colossiens 2:15 : « Il a dépouillé les principautés et les pouvoirs, et les a livrés en spectacle… »
3. Réintégrer les nations au Royaume de Dieu
La Pentecôte (Actes 2), dans cette perspective, annule Babel : l’Évangile devient universel, l’Esprit est donné à toutes les langues, et les nations reviennent sous l’autorité du vrai Dieu.
C’est un plan de reconquête spirituelle mondiale, amorcé par Jésus, et continué par ses disciples.
4. Libérer l’humanité de l’héritage des Veilleurs
Les traditions issues de 1 Hénoch disent que les Veilleurs ont transmis à l’homme des connaissances destructrices (magie, guerre, manipulation des esprits…).
Jésus vient :
• briser l’influence occulte de ces savoirs corrompus,
• et libérer les humains de l’oppression spirituelle qu’ils ont engendrée.


En résumé, pour Heiser, le Christ est venu comme un roi céleste en mission de reconquête. Il a brisé le pouvoir des esprits rebelles, délivré l’humanité de leur influence, et rouvert la voie vers Dieu.
Son royaume restaure l’ordre perdu, rassemble les nations, et met fin au règne des ténèbres.
Quelques précisions :
1. Michael S. Heiser prend ces histoires très au sérieux, mais pas comme des contes pour enfants ni juste des métaphores. Dans ses livres, il soutient que les événements décrits dans 1 Hénoch et la Genèse 6 font partie d’une réalité spirituelle :
• Les “Veilleurs” ou anges déchus ne sont pas simplement symboliques ; ce sont des entités réelles qui ont transgressé la loi divine.
• Leur interaction avec les humains — ce que certains textes décrivent comme des unions ou des relations — est considérée par Heiser comme un fait spirituel réel, pas seulement une allégorie.
• Il ne parle pas nécessairement de copulation au sens physique humain uniquement, mais d’une influence ou contamination réelle du monde humain par des esprits, qui a produit des effets concrets (violence, corruption, nephilims).
Bref, Heiser croit à la réalité de ces événements dans un plan spirituel, même si notre compréhension humaine de la mécanique exacte reste limitée. Ce n’est pas de la fantaisie ou une simple métaphore morale pour lui.
2. Croit-il que les Géants étaient de véritables géants ? Heiser distingue souvent le plan spirituel du plan physique :
• Dans la Bible et 1 Hénoch, les Nephilim-Géants sont présentés comme les descendants des Veilleurs et des humains.
• Heiser pense que leur “taille” et leur puissance peuvent être comprises symboliquement comme un effet de la transgression des anges : corruption, influence spirituelle, domination sur les hommes.
• Il ne rejette pas complètement l’idée que certains hommes aient pu être exceptionnellement grands, mais l’accent est sur leur statut spirituel et moral : ce sont des “géants” en termes d’influence et de menace, pas nécessairement uniquement en centimètres.
En bref : les Nephilim sont réels et puissants, mais leur gigantisme physique n’est pas le point central ; c’est leur corruption spirituelle et leur rôle dans l’histoire humaine qui importe à Heiser.
2. Dans sa lecture biblique et théologique, les nations ne sont pas automatiquement délivrées par la venue du Sauveur. Leur libération est rendue possible par l’œuvre du Christ, mais elle dépend de leur réponse à l’Évangile. C’est donc un appel universel, mais pas une restauration automatique : Jésus a rendu possible la reconquête spirituelle des nations, mais chaque peuple, chaque cœur, doit répondre librement à l’appel. La mission de l’Église est d’annoncer cette victoire pour que les nations entrent volontairement dans le Royaume.
3. Dans la perspective de Michael S. Heiser, et plus largement dans la lecture biblique du Second Temple, ce n’est pas un oubli ni un abandon injuste de Dieu, mais plutôt un plan divin avec une logique cosmique et pédagogique :
• Respect du libre arbitre : Dieu n’écrase pas immédiatement toute opposition ; Il laisse les hommes choisir entre l’obéissance et la rébellion.
• Mise en évidence du mal : Les effets destructeurs des démons montrent clairement ce qu’est le mal et pourquoi l’homme a besoin d’un sauveur.
• Cadre pour la mission du Messie : La présence du mal crée un scénario où Jésus peut intervenir de façon décisive, montrer son autorité sur toutes les puissances, et restaurer l’ordre divin.
En résumé, Dieu n’abandonne pas les hommes. Il utilise la présence du mal et des démons pour :
1. révéler la profondeur du péché et de la corruption,
2. préparer le monde à la mission salvatrice du Christ,
3. permettre à chaque humain et nation de choisir librement la restauration et la vie dans le Royaume.

Paul-Éric Blanrue.

vendredi 15 août 2025

Sortie de "Ma femme est un génie". Amour, magie et mauvaise foi : cocktail explosif à savourer frais !


Et si le mariage était la plus grande des comédies ?
Il y a elle — brillante, imprévisible, décidée.
Et lui — lucide, légèrement dépassé, mais heureux de l’être.
Un principe : elle a toujours raison.
Et quand elle a tort, c’est qu’il n’a pas compris la question.
Ma femme est un génie est une fantaisie conjugale explosive, qui transforme le quotidien en scène de théâtre : dialogues comme des duels à fleuret moucheté, coups bas élégants, et tendresse masquée sous des éclats de rire.
Le narrateur tente de survivre à une cohabitation amoureuse où l’intelligence fulgurante, la logique déconcertante et les caprices brillants de Madame transforment chaque scène en comédie de haute voltige.
On y apprend que l’amour se gagne souvent… en perdant.
Née dans les pages effervescentes de la revue Bordel (Flammarion), cette petite bombe littéraire ressuscite l’art de parler d’amour avec humour, mauvaise foi et panache.
Après l’avoir lue, vous ne regarderez plus votre moitié tout à fait de la même façon.
À lire si…
- Vous avez déjà perdu un débat avant même qu’il commence.
- Vous avez déjà dit “Tu as raison” pour pouvoir dormir tranquille.
- Vous savez qu’avec un génie, on ne gagne jamais… mais on ne s’ennuie pas !
Fasciné par les mystères qui traversent l’existence humaine, Paul-Éric Blanrue aime sonder ce qui se cache derrière les apparences. C’est tout naturellement qu’il se penche ici sur le mystère de l’amour, cette énergie complexe et toujours changeante. Sa plume ? Un cocktail de douceur et de piquant qui transforme les galères du cœur en comédie irrésistible. L’amour, avec lui, c’est du spectacle — parfois fou, toujours drôle, et terriblement humain !
Format papier et Kindle.

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samedi 21 juin 2025

Dr. YoungHoon Kim : "Je crois que Jésus-Christ est Dieu, le Chemin, la Vérité et la Vie."



Le Dr. YoungHoon Kim, officiellement reconnu en 2024 comme ayant le QI le plus élevé jamais enregistré, déclare sans détour :
"Je crois que Jésus-Christ est Dieu, le Chemin, la Vérité et la Vie."
Et non, ce n’est pas une déclaration sentimentale ni un élan mystique de fin de soirée. L’homme fonde sa foi sur la physique quantique. Oui, cette même science que beaucoup présentent encore aujourd’hui comme incompatible avec toute forme de transcendance.
Il y a quelques années, certains répétaient avec aplomb : "Plus on est intelligent, plus on s’éloigne de la religion."
Curieusement, l’esprit le plus affûté de notre époque se prosterne devant le Christ.
Mais évidemment, pas de panique. Les commentateurs zétético-Twittero-TikTokeurs sont déjà dans les starting-blocks pour nous rappeler que "ce n’est que son avis", que "l’intelligence ne fait pas tout", qu’il faut "garder son esprit critique", et autres mantras de confort. Autant de pirouettes rhétoriques pour ne surtout pas remettre en cause leur petit empire mental matérialiste. "C'est un sophisme d'autorité gngnanana", on voit déjà le coup venir.
Il faut dire que c’est fascinant de voir à quel point certains sont prêts à tout croire (l’univers surgissant du néant, la conscience née du hasard, la morale issue de la sélection naturelle) absolument tout… sauf ce qui donne réellement sens, cohérence et espérance.
Mais poursuivez. Continuez à lever les yeux au ciel avec votre rictus condescendant.
Un jour, ce même ciel s’ouvrira. Et là, vous y verrez le Christ que vous avez si longtemps ignoré (comme ce fut mon cas).
Gloire à Dieu.

Daivy Merlijs.