BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE
lundi 1 juin 2015
dimanche 31 mai 2015
samedi 30 mai 2015
"Comment il faut écrire l'histoire". Par Lucien de Samosate (v. 120 - v. 180)
"Il faut avant tout que l'historien soit d'esprit indépendant, qu'il ne craigne personne et n'espère rien ; sinon il ressemblera à ces mauvais juges qui pour un salaire prononcent des arrêts dictés par la faveur ou par la haine... La tâche unique de l'historien est de raconter les faits comme ils se sont passés... Quand on se mêle d'écrire l'histoire, on ne doit sacrifier qu'à la vérité, sans se préoccuper du reste ; en un mot, la seule règle, l'exacte mesure, c'est d'avoir devant les yeux, non pas ceux qui l'entendent actuellement, mais ceux qui, par la suite, liront ses écrits... Que l'historien soit sans crainte, libre, ami de la franchise et de la vérité, et, comme dit le poète comique, qu'il appelle figue une figue, barque une barque, qu'il ne donne rien à la haine, ni à l'amitié, qu'il n'épargne personne par pitié, par respect ou par honte. Juge impartial, bienveillant pour tous, qu'il n'accorde à personne plus qu'il ne lui est dû, qu'il soit étranger dans ses livres et sans patrie, indépendant, sans roi ; qu'il n'ait nul souci de ce que pensera tel ou tel, mais raconte ce qui s'est fait... C'est ainsi qu'il faut écrire l'histoire. Il faut s'attacher à la vérité et placer son espérance dans l'avenir plutôt que de se livrer à la flatterie pour plaire à ses contemporains. Telle est la règle de la véritable histoire."
Lucien de Samosate
jeudi 28 mai 2015
Projet Apocalypse France saison 1 : La France maçonnique (premier teaser).
Ça y est ! Après un retard indépendant de notre volonté et de nombreux
mois de travail acharné, la première saison d'Apocalypse France entre
dans la phase finale de son montage ! Voici le premier teaser, qui vous
donnera une première petite idée du fond et de la forme que revêt notre
documentaire. Nous espérons qu'il vous satisfera et saura vous faire
patienter jusqu'au prochain... Nous avons rencontré et filmé de nombreux
témoins et spécialistes de la maçonnerie, qui vont révéler quel est le
rôle exact de cette officine secrète dans le déclin de la France durant
plusieurs décennies. Beaucoup de surprises en perspective, tant dans le choix des
intervenants que dans les informations délivrées ! Bon visionnage !
L'équipe de Topdoc
mercredi 27 mai 2015
Impanthéonisable.
![]() |
| Signé Yann Moix |
Quatre "héros de la Résistance" font aujourd'hui leur entrée au Panthéon
: Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion
et Jean Zay.
Ceux qui parlent de Résistance à tout bout de champ me font penser à ceux qui ne savent pas formuler deux phrases sans parler de cul : ce sont les plus mauvais coups.
Me revient à la mémoire l'anecdote que l'on raconte à propos de Robert Surcouf. Au cours d'une bataille, le capitaine d'un bâtiment de la Royale Navy lance au corsaire :
- Vous savez la différence entre les Français et les Anglais ? Vous vous battez pour l'argent tandis que nous, nous nous battons pour l'honneur !
À quoi Surcouf répliqua :
- Chacun se bat pour ce qui lui manque !
Ceux qui parlent de Résistance à tout bout de champ me font penser à ceux qui ne savent pas formuler deux phrases sans parler de cul : ce sont les plus mauvais coups.
Me revient à la mémoire l'anecdote que l'on raconte à propos de Robert Surcouf. Au cours d'une bataille, le capitaine d'un bâtiment de la Royale Navy lance au corsaire :
- Vous savez la différence entre les Français et les Anglais ? Vous vous battez pour l'argent tandis que nous, nous nous battons pour l'honneur !
À quoi Surcouf répliqua :
- Chacun se bat pour ce qui lui manque !
Paul-Éric Blanrue
mardi 26 mai 2015
Soit dit en passant.
Dans ma messagerie Facebook, je reçois régulièrement, à fin de diffusion, des
vidéos se voulant subversives, volontiers moralisantes et dénonçant telle ou telle personnalité
de l'ex-dissidence. J'ai le déplaisir de remarquer qu'elles sont la
plupart du temps réalisées par des anonymes. Non pas par des
pseudonymes, je tiens à le souligner, mais bien par des anonymes. La
différence entre les deux tient en ceci qu'un pseudo est le nom de plume d'un auteur dont on
connaît l'identité tandis qu'un anonyme se planque derrière un prétendu
nom de guerre, au reste souvent ridicule, sans risque d'assumer les conséquences
de ses dires.
Il se trouve que j'abhorre le principe qui érige la
pleutrerie en art de vivre. Les énervés qui veulent se lancer dans des
diatribes enflammées parce qu'ils en ont gros sur la patate ont
parfaitement le droit, voire le devoir, de le faire : leurs coups de gueule peuvent être l'annonce d'une saine révolte, surtout si les arguments qu'ils présentent sont
solides et étayés par des preuves. Mais si leur démarche se résume à cracher dans le
noir sur ceux qui sont dans la lumière, elle me rappelle non pas les
heures les plus sombres de notre histoire, mais les cris inaudibles d'un
cafard qui se débat dans une boîte d'allumettes.
Tant qu'il ne s'agit
pas d'une question de vie ou de mort, et on en est loin, un polémiste du
Net n'a aucune valeur aussi longtemps que l'on ignore qui
s'exprime. On sait tous que la veulerie et la bassesse sans visage ont tendance à
camoufler des intérêts particuliers qui ne veulent pas apparaître au
grand jour pour des raisons inavouables.
Je leur adresse ce message :
critiquez autant que vous le voulez, déversez votre bile, faites des bocaux virtuels avec votre jus de crâne, sortez de vos gonds, vitupérez à loisir, scandalisez-vous si telle est votre nature, indignez-vous si vous êtes gauchiste, mais faites-le
sous votre nom. Vous serez alors dans la position juste et honorable du boxeur qui donne des coups mais n'a pas peur d'en recevoir. Tout le reste
est camelote intellectuelle, grossièreté inutile, bac-à-sablerie et porte la marque de
la lâcheté.
La lâcheté n'est jamais bon signe.
Paul-Éric Blanrue
lundi 25 mai 2015
Joseph de Maistre avec nous !
Joseph de Maistre, Considérations sur la France, 1796 : "La
Constitution n'est qu'une toile d'araignée, et le pouvoir se permet
d'horribles attentats. Le mariage n'est qu'une prostitution légale ; il
n'y a plus d'autorité paternelle, plus d'effroi pour le crime, plus
d'asile pour l'indigence. Le hideux suicide dénonce au gouvernement le
désespoir des malheureux qui l'accusent. Le peuple se démoralise de la
manière la plus effrayante; et l'abolition du culte, jointe à l'absence
totale d'éducation publique, prépare à la France une génération dont
l'idée seule fait frissonner."
dimanche 24 mai 2015
Attentat contre "Charlie Hebdo" : Maryse Wolinski se pose de sérieuses questions !
http://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2015/…/23/je-vais-mal
- Mais vous saviez tout de même que Charlie Hebdo était dans le collimateur des intrégristes ?
- Maryse Wolinski : Oui. Mais ce sont des FAILLES dans le système de sécurité à Charlie Hebdo qui ont conduit à ce drame du 7 janvier. D’ailleurs, je mène ma petite enquête de mon côté car j’estime qu’il y a des ZONES D'OMBRE dans le déroulé des faits. L’attentat a été commis un jour où tout le monde ou presque était réuni à la rédaction : ça n’arrive jamais mais là, ils avaient prévu de partager une galette des rois et comme par hasard l’attentat a eu lieu ce mercredi et ça n’est PAS ANODIN. Aussi, j’ai noté beaucoup d’INCOHÉRENCES, de différences entre les mesures de protection réelles à Charlie Hebdo et les préconisations de la préfecture de police. Je voudrais aussi savoir pourquoi l’acte de décès de mon mari a été signé à 11 h 30 alors que les frères Kouachi sont arrivés à Charlie Hebdo à 11 h 33. J’ai plein de questions à poser au juge d’instruction dans le cadre de ma contre-enquête.
- Mais vous saviez tout de même que Charlie Hebdo était dans le collimateur des intrégristes ?
- Maryse Wolinski : Oui. Mais ce sont des FAILLES dans le système de sécurité à Charlie Hebdo qui ont conduit à ce drame du 7 janvier. D’ailleurs, je mène ma petite enquête de mon côté car j’estime qu’il y a des ZONES D'OMBRE dans le déroulé des faits. L’attentat a été commis un jour où tout le monde ou presque était réuni à la rédaction : ça n’arrive jamais mais là, ils avaient prévu de partager une galette des rois et comme par hasard l’attentat a eu lieu ce mercredi et ça n’est PAS ANODIN. Aussi, j’ai noté beaucoup d’INCOHÉRENCES, de différences entre les mesures de protection réelles à Charlie Hebdo et les préconisations de la préfecture de police. Je voudrais aussi savoir pourquoi l’acte de décès de mon mari a été signé à 11 h 30 alors que les frères Kouachi sont arrivés à Charlie Hebdo à 11 h 33. J’ai plein de questions à poser au juge d’instruction dans le cadre de ma contre-enquête.
samedi 23 mai 2015
"Dans les civilisations théocentriques, l'autorité spirituelle et le pouvoir temporel veillaient à ce que l'homme ne profane pas indûment la beauté de la nature, et que, parallèlement, il ait accès à des objets d'art sacré qui se conforment à un style, reçu du Ciel comme un don et jamais simple invention humaine. Au sens rigoureux du terme, le seul qui nous intéresse ici, l'art sacré est comme une cristallisation de la sainteté, une présence de l'Esprit, qui a le pouvoir de purifier et d'éclairer, mais qui, à la différence des pratiques ascétiques au pouvoir équivalent, n'exige rien de l'homme qui aille à l'encontre de ses tendances naturelles" (Martin Lings, "La onzième heure", 1987)
Daech, le pire est à venir !
L’excellent Al-Baghdadi, le fou furieux qui règne sur l’État
Islamique, ne doit plus n’y rien comprendre, voilà qu’à l’ouest de son
« Califat » on lui laisse libre champ pout avancer vers Damas et prendre
la Syrie, alors qu’à l’est, à Ramadi, en Irak, on le combat. Comme si
du côté syrien Daech était l’avenir du Moyen Orient, mais sur les rives
irakiennes, la peste et le choléra. Les vaillants soldats d’E.I. se sont
donc installés dans Palmyre sans que du ciel ne leur tombe dessus la
moindre « frappe » issue de Rafales, de F16 ou autres appareils de la
Coalition occidentale. Bizarre.
C’est vrai que sur la supposée efficacité d’une guerre faite rien que
du ciel, nos lecteurs sont déjà avertis : le plus souvent les couteux
missiles à un million de dollar ne tuent que des ânes, des bergers, des
enfants ou une noce en fête. Mais quand même, alors que Da’esh en
colonne blindée par deux, avançait en terrain totalement découvert, il
ne s’est pas trouvé un politicien pour commander quelques tirs de baroud
contre ceux que nos journaux qualifient pourtant de « barbares ». Il
faut croire que, cette fois, puisqu’ils annoncent que la fin de Bachar
est programmée, les jihadistes de Baghadi sont devenus de braves
garçons.
Vous objecterez que les Américains ne se sont pas montrés timorés
quand ils sont allés, à pied, flinguer le ministre des finances de
Da’ech et son secrétariat. Bien sûr, voilà un beau courage. Mais
pourquoi ? Parce qu’en tuant cet homme clé, Washington tente de
reprendre le contrôle du pétrole. Depuis des mois, Abou Sayyaf, le
susdit grand argentier des « barbares », était devenu un roi du
pétrole, un roi de trop. Puisque les troupes du Califat contrôlent
pratiquement les puits de Syrie, et une partie de ceux d’Irak, Abou
Sayyaf devenait un acteur important sur le marché international du
« brut », lui qui l’était lui-même. Il fallait donc que ce nouveau riche
disparaisse du club des pétroliers, et la force Delta l’a
exécuté. Constatez que personne, pas un témoin mal élevé, pas un
journaliste du genre Langlet, l’économiste en chef de France 2, n’a posé
la question qui brûle les dents : « mais qui donc, au bout du tuyau, a
bien pu acheter ce pétrole à couleur de sang ? ». En fouillant dans les
relevés bancaires de quelques magnats turcs et d’autres de Wall Street,
on doit pouvoir facilement en savoir plus. La mort d’Abou Sayyef est
donc un message à caractère politico-économique : « Faites la guerre
comme vous le voulez mais pour le pétrole, c’est nous les chefs ». Cette
propriété putative de l’or noir celui de toute la planète, est une
constante de la politique américaine et anglo-saxonne. Par exemple, en
1916 lors des accords Sykes-Picot, qui dépeçaient l’empire ottoman, la
France a été « convaincue » de céder le riche sous-sol du Kurdistan à
ses amis parlant la langue de Shakespeare. Contre le paiement d’une
rente issue du pétrole exploité… rente qui n’a jamais été correctement
versée puis oubliée.
Il y a un demi-siècle, sur l’antenne de Radio Luxembourg, une étrange
dame à chapeau et voilette, régnait sur la rubrique de politique
internationale, Geneviève Tabouis. Son slogan était simple, elle
claironnait « Attendez-vous à savoir… ». Aujourd’hui j’ai envie de
reprendre la voilette de Geneviève. Attendez-vous à savoir que, dans
quelques mois, si rien n’y fait, Da-ech aura réunifié le vieux royaume
hachémite, réunissant Syrie et Irak sous le même Califat. Et Al-Baghadi
pourra se prendre pour le nouveau prince des Omeyades.
Faute de faire la guerre, que prépare donc l’Occident pour la suite
de ce Lawrence d’Arabie en 4 D ? Le plan secret de Washington, approuvé
par Paris, est un escabeau à plusieurs marches. Première hypothèse.
Finalement après une étape d’apaisement, The Washington Post et Le Monde
décideront demain que Da’ech est devenu fréquentable. Hollande n’a t-il
pas rendu cinq visites à l’Arabie Saoudite qui, en ce moment, cherche à
embaucher une équipe de coupeurs de têtes, de bourreaux.
Si Da’ech est ingérable, on va demander au nouveaux démocrates
d’Al-Qaïda de lui faire la peau. Laurent Fabius estime déjà « qu’Al
Nostra fait du bon boulot », il parle là d’une branche de fidèles de Ben
Laden. Et le ministre des Affaires étrangères du Qatar, dans un
entretien avec Le Monde, vient de demander à ce que nous collaborions
avec ces démocrates, façon 11 septembre.
Bush et son gang ont brisé l’Irak, pour « redistribuer les cartes du
Moyen Orient », ce qui veut dire prendre en main ses ressources. Le
même chantier continue avec la Syrie. Un moyen Orient qui ne serait plus
constitué d’États mais de califats, d’émirats est une aubaine pour les
affaires, donc pour Washington. Plus simple de dicter les consignes à un
équivalent Tamim, le gentil garçon qui règne sur le Qatar, qu’à un
Bachar, un Saddam, un Nasser ou un Mossadegh bref un « nationaliste ».
En plus on trouvera bien, entre ses nouveaux califes, des dirigeants
assez raisonnables pour entériner la politique d’Israël.
Attendez-vous à savoir… que le pire est à venir.
Jacques-Marie Bourget
Vive l'amour !
Qui vient d'obtenir la première licence pour établir la
liaison maritime entre Miami et La Havane ? La société "Baja Ferries" de
Daniel Berrebi. Cocorico ! Un vrai Français de souche, conforme au modèle
déposé par les identitaires, s'exporte et fait régner la liberté sur les mers
du globe. Finkielkraut peut ranger ses pilules, l'homme n'est point un
Sarrasin excavé du 9-3 mais un Gaulois pur beurre ; la preuve, Berrebi le dit
lui-même : "Je suis né dans une famille juive à Tunis où j’ai grandi. Je
suis né français de parents et grands-parents français". Auguste
lignée de Berrebi devant laquelle, cerné de tous côtés par mes indomptables
gènes italiens, je ne puis que m'incliner, tirant mon tricorne vénitien à cet
aristocrate de la Soucherie qui initie le grand retour du commerce dans une île
qui en était à peu près préservée depuis une cinquantaine d'années. Comme
disait Mao, "le chemin est tortueux, mais l'avenir est radieux !"
Après l'aventure Berrebi, l'affaire Agnès Saal. Il était
écrit que les juifs tunisiens seraient à l'honneur ces
jours-ci. Évincée de l'INA pour frais astronomiques de taxis, la dame
trouve aussitôt un siège au ministère de la Culture. Et alors ? N'est-ce
pas justice, et mieux que cela : justice mémorielle ? Ses aïeux ont travaillé
dur dans le négoce et la banque tandis que nous nous la coulions douce dans nos
fabriques, nos usines et nos vertes campagnes. Il ferait beau voir que le mérite des
agioteurs ne fût point récompensé, et que de mérites coûteux en mérites
dispendieux, ces gens-là ne parvinssent pas à accéder à une certaine forme
d'impunité.
Je plaisante. Pour tout reprendre à zéro sur ce
sujet, je vous suggère la lecture d'un indispensable livre, best-seller dans
la communauté, que m'a jadis offert un singulier antiquaire parisien, membre d'icelle : Le
Siècle juif de Yuri Slezkine, professeur
d'histoire et directeur de l'Institut d'études slaves, est-européennes et
eurasiennes à l'université de Californie à Berkeley. Je raconterai un jour
comment j'en suis venu à sympathiser avec ce marchand d'art qui m’a fait cadeau du précieux ouvrage sous la statue de l'illustre Voltaire, lors d'un repas
organisé au restaurant du même nom, sur les quais de Seine, dans l’immeuble où
mourut Jacques Vergès.
À propos de l'auteur de Candide, je viens, avant
de rédiger cette chronique, de regarder sur le Net la conférence du 1er avril 2015 donnée par Jean Bricmont sur le thème de la
liberté d'expression "de Voltaire à Chomsky". Organisée à l’université de Grenoble dans le cadre du cycle présenté par le
CORTECS ("Connaissances censurées ? Sciences et liberté
d’expression"), son intervention a suscité une vague d'indignations
chez les belles âmes qui ont proféré des menaces de
sabotage, lancé des tentatives d’intimidation, adressé
une requête pour annulation auprès des instances universitaires.
Ce qui dit Bricmont est intéressant et plein de bonne
volonté. Avec la ferveur du missionnaire, il plaide pour le droit à la liberté
d'expression totale et pour tous ; à l’Américaine, version Premier Amendement. Hélas, Bricmont en est réduit à implorer les autorités de donner la
parole à ceux que la propagande officielle désigne sous le nom d' « assassins
de la mémoire » et de terroristes. Sa démarche revient purement et simplement à
ajourner la liberté. S'il fallait attendre qu'on nous autorise à penser, nous pourrions languir durant des siècles avant qu'un mot non-conformiste daigne s'extraire
de notre petite tête.
Dans les circonstances actuelles (pression du lobby sans nom, forme du régime politique qui
doit s’y soumettre ou mourir), militer
pour l’abrogation de lois que l’on juge à bon droit attentatoires à la plus élémentaire
des libertés revient à faire du pédalo sur le Niagara. On ne peut lutter contre
un tel courant. En conséquence, l'affaire
ne doit pas être à considérer sous l'angle théorique (aspect collectif et juridique) mais sous celui de la pratique (aspect de
la valeur individuelle et de l'éthique). Un penseur ne peut
suspendre sa parole jusqu'à ce que le demos et ceux qui lui tiennent la bride
courte aient décidé d’approuver son droit à faire connaître le bilan de ses
réflexions ; et un historien n’a pas à dissimuler les fruits de son travail parce
que cela déplaît à un pays étranger.
Nous ne devons pas demander à être libres, nous devons
tenter de le devenir, ou bien alors restons dans les rangs de la grande masse
muette qui n'a cure de proclamer la vérité.
Si tout un tas de lois
liberticides sautaient par miracle, la plupart de nos contemporains, si bavards
sous anonymat sur les réseaux sociaux, où ils se travestissent en héros et en
saints alors qu'ils ne sont que des braillards maximalistes, ne parleraient pas davantage qu'aujourd'hui, tenons-nous le pour dit ; et quand bien
même quelques personnes sorties du lot s'exprimeraient avec plus de
décontraction, le système ferait en sorte de les ramener bien vite dans le
droit chemin par le biais de pressions multiples (la mise à l'écart sociale étant
l’option privilégiée).
La loi Gayssot a aggravé la répression contre les révisionnistes, mais cette
répression existait auparavant de mille façons, souvent insidieuses, et l'on n'a
pas vu de manifestations de rue pour soutenir la liberté de la recherche
historique bafouée. La peur, la peur panique, est
paralysante, car tout le monde sait de quoi il retourne.
Il y a des natures qui osent, et puis d'autres qui
n'osent pas et seront toujours tétanisées. Comparable est le parachutisme : face au vide, on
saute ou on ne saute pas.
Pendant ce temps, les islamo-nihilistes, pansés
et soignés en Israël, prennent d’assaut la fabuleuse cité de Palmyre. Il paraît
qu'ils ont une devise : « Moins
je me rase la barbe, plus je rase les villes ». Prions pour que ce joyau
antique fasse exception. Prions aussi pour tout le reste, pendant que nous y sommes.
Mais en ce qui concerne notre liberté : agissons ! Discuter de la liberté sans en user
revient à parler d'amour sans le faire.
Paul-Éric Blanrue
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