BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE

samedi 30 mai 2015

"Comment il faut écrire l'histoire". Par Lucien de Samosate (v. 120 - v. 180)

"Il faut avant tout que l'historien soit d'esprit indépendant, qu'il ne craigne personne et n'espère rien ; sinon il ressemblera à ces mauvais juges qui pour un salaire prononcent des arrêts dictés par la faveur ou par la haine...  La tâche unique de l'historien est de raconter les faits comme ils se sont passés... Quand on se mêle d'écrire l'histoire, on ne doit sacrifier qu'à la vérité, sans se préoccuper du reste ; en un mot, la seule règle, l'exacte mesure, c'est d'avoir devant les yeux, non pas ceux qui l'entendent actuellement, mais ceux qui, par la suite, liront ses écrits... Que l'historien soit sans crainte, libre, ami de la franchise et de la vérité, et, comme dit le poète comique, qu'il appelle figue une figue, barque une barque, qu'il ne donne rien à la haine, ni à l'amitié, qu'il n'épargne personne par pitié, par respect ou par honte. Juge impartial, bienveillant pour tous, qu'il n'accorde à personne plus qu'il ne lui est dû, qu'il soit étranger dans ses livres et sans patrie, indépendant, sans roi ; qu'il n'ait nul souci de ce que pensera tel ou tel, mais raconte ce qui s'est fait... C'est ainsi qu'il faut écrire l'histoire. Il faut s'attacher à la vérité et placer son espérance dans l'avenir plutôt que de se livrer à la flatterie pour plaire à ses contemporains. Telle est la règle de la véritable histoire."

Lucien de Samosate


Le 16 juin prochain à 13h 30 à la XVIIe chambre correctionnelle de Paris aura lieu le procès contre le documentaire de l'historien Paul-Eric Blanrue "Un homme : Robert Faurisson répond aux questions de Paul-Eric Blanrue".


jeudi 28 mai 2015

Projet Apocalypse France saison 1 : La France maçonnique (premier teaser).


Ça y est ! Après un retard indépendant de notre volonté et de nombreux mois de travail acharné, la première saison d'Apocalypse France entre dans la phase finale de son montage ! Voici le premier teaser, qui vous donnera une première petite idée du fond et de la forme que revêt notre documentaire. Nous espérons qu'il vous satisfera et saura vous faire patienter jusqu'au prochain... Nous avons rencontré et filmé de nombreux témoins et spécialistes de la maçonnerie, qui vont révéler quel est le rôle exact de cette officine secrète dans le déclin de la France durant plusieurs décennies. Beaucoup de surprises en perspective, tant dans le choix des intervenants que dans les informations délivrées ! Bon visionnage !

L'équipe de Topdoc

mercredi 27 mai 2015

Stravinsky, voisin de Pound à Venise, enterré non loin de lui à San Michele. Résurrection sous les doigts enflammés du "roi du piano" ("Marianne" dixit), Stéphane Blet !


Impanthéonisable.



Signé Yann Moix

Quatre "héros de la Résistance" font aujourd'hui leur entrée au Panthéon : Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay.
Ceux qui parlent de Résistance à tout bout de champ me font penser à ceux qui ne savent pas formuler deux phrases sans parler de cul : ce sont les plus mauvais coups.
Me revient à la mémoire l'anecdote que l'on raconte à propos de Robert Surcouf. Au cours d'une bataille, le capitaine d'un bâtiment de la Royale Navy lance au corsaire :
- Vous savez la différence entre les Français et les Anglais ? Vous vous battez pour l'argent tandis que nous, nous nous battons pour l'honneur !
À quoi Surcouf répliqua :
- Chacun se bat pour ce qui lui manque !

Paul-Éric Blanrue

mardi 26 mai 2015

"Les États-Unis détruiront-ils l'islam de l'intérieur ?" Interview du professeur Bassam Tahhan le 24 mai 2015, au lendemain de la prise de Palmyre.


Soit dit en passant.




Dans ma messagerie Facebook, je reçois régulièrement, à fin de diffusion, des vidéos se voulant subversives, volontiers moralisantes et dénonçant telle ou telle personnalité de l'ex-dissidence. J'ai le déplaisir de remarquer qu'elles sont la plupart du temps réalisées par des anonymes. Non pas par des pseudonymes, je tiens à le souligner, mais bien par des anonymes. La différence entre les deux tient en ceci qu'un pseudo est le nom de plume d'un auteur dont on connaît l'identité tandis qu'un anonyme se planque derrière un prétendu nom de guerre, au reste souvent ridicule, sans risque d'assumer les conséquences de ses dires. 
Il se trouve que j'abhorre le principe qui érige la pleutrerie en art de vivre. Les énervés qui veulent se lancer dans des diatribes enflammées parce qu'ils en ont gros sur la patate ont parfaitement le droit, voire le devoir, de le faire : leurs coups de gueule peuvent être l'annonce d'une saine révolte, surtout si les arguments qu'ils présentent sont solides et étayés par des preuves. Mais si leur démarche se résume à cracher dans le noir sur ceux qui sont dans la lumière, elle me rappelle non pas les heures les plus sombres de notre histoire, mais les cris inaudibles d'un cafard qui se débat dans une boîte d'allumettes. 
Tant qu'il ne s'agit pas d'une question de vie ou de mort, et on en est loin, un polémiste du Net n'a aucune valeur aussi longtemps que l'on ignore qui s'exprime. On sait tous que la veulerie et la bassesse sans visage ont tendance à camoufler des intérêts particuliers qui ne veulent pas apparaître au grand jour pour des raisons inavouables. 
Je leur adresse ce message : critiquez autant que vous le voulez, déversez votre bile, faites des bocaux virtuels avec votre jus de crâne, sortez de vos gonds, vitupérez à loisir, scandalisez-vous si telle est votre nature, indignez-vous si vous êtes gauchiste, mais faites-le sous votre nom. Vous serez alors dans la position juste et honorable du boxeur qui donne des coups mais n'a pas peur d'en recevoir. Tout le reste est camelote intellectuelle, grossièreté inutile, bac-à-sablerie et porte la marque de la lâcheté. 
La lâcheté n'est jamais bon signe.

Paul-Éric Blanrue

lundi 25 mai 2015

25 mai, journée internationale des enfants disparus ? On commencera à y croire quand elle correspondra à la journée fêtant le rétablissement de la peine de mort pour les violeurs d'enfants !


Clairvoyance de Régis Debray sur l'Iran : 'L'Iran d'aujourd'hui a trois siècles d'avance sur l'Arabie wahhabite !"


Cliquez sur les images pour les agrandir !

Joseph de Maistre avec nous !

Joseph de Maistre, Considérations sur la France, 1796 : "La Constitution n'est qu'une toile d'araignée, et le pouvoir se permet d'horribles attentats. Le mariage n'est qu'une prostitution légale ; il n'y a plus d'autorité paternelle, plus d'effroi pour le crime, plus d'asile pour l'indigence. Le hideux suicide dénonce au gouvernement le désespoir des malheureux qui l'accusent. Le peuple se démoralise de la manière la plus effrayante; et l'abolition du culte, jointe à l'absence totale d'éducation publique, prépare à la France une génération dont l'idée seule fait frissonner."

dimanche 24 mai 2015

Aide humanitaire iranienne en direction du Yémen : entretiens avec les étrangers à bord du navire.


Attentat contre "Charlie Hebdo" : Maryse Wolinski se pose de sérieuses questions !

http://www.ledauphine.com/hautes-alpes/2015/…/23/je-vais-mal
- Mais vous saviez tout de même que Charlie Hebdo était dans le collimateur des intrégristes ?
- Maryse Wolinski : Oui. Mais ce sont des FAILLES dans le système de sécurité à Charlie Hebdo qui ont conduit à ce drame du 7 janvier. D’ailleurs, je mène ma petite enquête de mon côté car j’estime qu’il y a des ZONES D'OMBRE dans le déroulé des faits. L’attentat a été commis un jour où tout le monde ou presque était réuni à la rédaction : ça n’arrive jamais mais là, ils avaient prévu de partager une galette des rois et comme par hasard l’attentat a eu lieu ce mercredi et ça n’est PAS ANODIN. Aussi, j’ai noté beaucoup d’INCOHÉRENCES, de différences entre les mesures de protection réelles à Charlie Hebdo et les préconisations de la préfecture de police. Je voudrais aussi savoir pourquoi l’acte de décès de mon mari a été signé à 11 h 30 alors que les frères Kouachi sont arrivés à Charlie Hebdo à 11 h 33. J’ai plein de questions à poser au juge d’instruction dans le cadre de ma contre-enquête.



Lors du sommet de l’OTAN en Turquie, le commandeur Philip Breedlove a invité les ministres des Affaires étrangères à chanter avec lui « We Are the World ». Vous ne rêvez pas, regardez, écoutez.


"Le salut consiste essentiellement à sauver l'homme de lui-même" (Ananda Coomaraswamy)


samedi 23 mai 2015

"Dans les civilisations théocentriques, l'autorité spirituelle et le pouvoir temporel veillaient à ce que l'homme ne profane pas indûment la beauté de la nature, et que, parallèlement, il ait accès à des objets d'art sacré qui se conforment à un style, reçu du Ciel comme un don et jamais simple invention humaine. Au sens rigoureux du terme, le seul qui nous intéresse ici, l'art sacré est comme une cristallisation de la sainteté, une présence de l'Esprit, qui a le pouvoir de purifier et d'éclairer, mais qui, à la différence des pratiques ascétiques au pouvoir équivalent, n'exige rien de l'homme qui aille à l'encontre de ses tendances naturelles" (Martin Lings, "La onzième heure", 1987)





Daech, le pire est à venir !


L’excellent Al-Baghdadi, le fou furieux qui règne sur l’État Islamique, ne doit plus n’y rien comprendre, voilà qu’à l’ouest de son « Califat » on lui laisse libre champ pout avancer vers Damas et prendre la Syrie, alors qu’à l’est, à Ramadi, en Irak,  on le combat. Comme si du côté syrien Daech était l’avenir du Moyen Orient, mais sur les rives irakiennes, la peste et le choléra. Les vaillants soldats d’E.I. se sont donc installés dans Palmyre sans que du ciel ne leur tombe dessus la moindre  « frappe » issue de Rafales, de F16 ou autres appareils de la  Coalition occidentale. Bizarre.

C’est vrai que sur la supposée efficacité d’une guerre faite rien que du ciel, nos lecteurs sont déjà avertis : le plus souvent les couteux missiles à un million de dollar ne tuent que des ânes, des bergers, des enfants ou une noce en fête. Mais quand même, alors que Da’esh en colonne blindée par deux, avançait en terrain totalement découvert, il ne s’est pas trouvé un politicien pour commander quelques tirs de baroud contre ceux que nos journaux qualifient pourtant de « barbares ». Il faut croire que, cette fois, puisqu’ils annoncent que la fin de Bachar est programmée, les jihadistes de Baghadi sont devenus de braves garçons.



Vous objecterez que les Américains ne se sont pas montrés timorés quand ils sont allés, à pied, flinguer le ministre des finances de Da’ech et son secrétariat. Bien sûr, voilà un beau courage. Mais pourquoi ? Parce qu’en tuant cet homme clé, Washington tente de reprendre le contrôle du pétrole. Depuis des mois, Abou Sayyaf, le susdit  grand argentier des « barbares »,  était devenu un roi du pétrole, un roi de trop. Puisque les troupes du Califat contrôlent pratiquement les puits de Syrie, et une partie de ceux d’Irak, Abou Sayyaf devenait un acteur important sur le marché international du « brut », lui qui l’était lui-même. Il fallait donc que ce nouveau riche disparaisse du club des pétroliers, et la force Delta l’a exécuté. Constatez que personne, pas un témoin mal élevé, pas un journaliste du genre Langlet, l’économiste en chef de France 2, n’a posé la question qui brûle les dents : « mais qui donc, au bout du tuyau, a bien pu acheter ce pétrole à couleur de sang ? ». En fouillant dans les relevés bancaires de quelques magnats turcs et d’autres de Wall Street, on doit pouvoir facilement en savoir plus. La mort d’Abou Sayyef est donc un message à caractère politico-économique : « Faites la guerre comme vous le voulez mais pour le pétrole, c’est nous les chefs ». Cette propriété putative de l’or noir celui de toute la planète,  est une constante de la politique américaine et anglo-saxonne. Par exemple, en 1916 lors des accords Sykes-Picot, qui dépeçaient l’empire ottoman, la France a été « convaincue » de céder le riche sous-sol du Kurdistan à ses amis parlant la langue de Shakespeare. Contre le paiement d’une rente issue du pétrole exploité… rente qui n’a jamais été correctement versée puis oubliée.

Il y a un demi-siècle, sur l’antenne de Radio Luxembourg, une étrange dame  à chapeau et voilette, régnait sur  la rubrique de politique internationale, Geneviève Tabouis. Son slogan était simple, elle claironnait « Attendez-vous à savoir… ».  Aujourd’hui j’ai envie de reprendre la voilette de Geneviève. Attendez-vous à savoir que, dans quelques mois, si rien n’y fait, Da-ech aura réunifié  le vieux royaume hachémite, réunissant Syrie et Irak sous le même Califat. Et Al-Baghadi pourra se prendre pour le nouveau prince des Omeyades.

Faute de faire la guerre, que prépare donc l’Occident pour la suite de ce Lawrence d’Arabie en 4 D ? Le plan secret de Washington, approuvé par Paris, est un escabeau à plusieurs marches. Première hypothèse. Finalement après une étape d’apaisement, The Washington Post et Le Monde décideront demain que Da’ech est devenu fréquentable. Hollande n’a t-il pas rendu cinq  visites à l’Arabie Saoudite qui, en ce moment, cherche à embaucher une équipe de coupeurs de têtes, de bourreaux.

Si Da’ech est ingérable, on va demander  au nouveaux démocrates d’Al-Qaïda de lui faire la peau. Laurent Fabius estime déjà  « qu’Al Nostra fait du bon boulot », il parle là d’une branche de fidèles de Ben Laden. Et le ministre des Affaires étrangères du Qatar, dans un entretien avec Le Monde, vient de demander à ce que nous collaborions avec ces démocrates, façon 11 septembre.

Bush et son gang ont brisé l’Irak, pour « redistribuer les cartes du Moyen Orient », ce qui veut dire prendre en main ses ressources.  Le même chantier continue avec la Syrie. Un moyen Orient qui ne serait plus constitué d’États mais de califats, d’émirats est une aubaine pour les affaires, donc pour Washington. Plus simple de dicter les consignes à un équivalent Tamim, le gentil garçon qui règne sur le Qatar, qu’à un Bachar, un  Saddam, un Nasser ou un Mossadegh bref un « nationaliste ».  En plus on trouvera bien, entre ses nouveaux califes,  des dirigeants assez raisonnables pour  entériner la politique d’Israël. 
Attendez-vous à savoir… que le pire est à venir. 

Jacques-Marie Bourget

Vive l'amour !





Qui vient d'obtenir la première licence pour établir la liaison maritime entre Miami et La Havane ? La société "Baja Ferries" de Daniel Berrebi. Cocorico ! Un vrai Français de souche, conforme au modèle déposé par les identitaires, s'exporte et fait régner la liberté sur les mers du globe. Finkielkraut peut ranger ses pilules, l'homme n'est point un Sarrasin excavé du 9-3 mais un Gaulois pur beurre ; la preuve, Berrebi le dit lui-même : "Je suis né dans une famille juive à Tunis où j’ai grandi. Je suis né français de parents et grands-parents français". Auguste lignée de Berrebi devant laquelle, cerné de tous côtés par mes indomptables gènes italiens, je ne puis que m'incliner, tirant mon tricorne vénitien à cet aristocrate de la Soucherie qui initie le grand retour du commerce dans une île qui en était à peu près préservée depuis une cinquantaine d'années. Comme disait Mao, "le chemin est tortueux, mais l'avenir est radieux !"
Après l'aventure Berrebi, l'affaire Agnès Saal. Il était écrit que les juifs tunisiens seraient à l'honneur ces jours-ci. Évincée de l'INA pour frais astronomiques de taxis, la dame trouve aussitôt un siège au ministère de la Culture. Et alors ? N'est-ce pas justice, et mieux que cela : justice mémorielle ? Ses aïeux ont travaillé dur dans le négoce et la banque tandis que nous nous la coulions douce dans nos fabriques, nos usines et nos vertes campagnes. Il ferait beau voir que le mérite des agioteurs ne fût point récompensé, et que de mérites coûteux en mérites dispendieux, ces gens-là ne parvinssent pas à accéder à une certaine forme d'impunité.
Je plaisante. Pour tout reprendre à zéro sur ce sujet, je vous suggère la lecture d'un indispensable livre, best-seller dans la communauté, que m'a jadis offert un singulier antiquaire parisien, membre d'icelle :  Le Siècle juif de Yuri Slezkine, professeur d'histoire et directeur de l'Institut d'études slaves, est-européennes et eurasiennes à l'université de Californie à Berkeley. Je raconterai un jour comment j'en suis venu à sympathiser avec ce marchand d'art qui m’a fait cadeau du précieux ouvrage sous la statue de l'illustre Voltaire, lors d'un repas organisé au restaurant du même nom, sur les quais de Seine, dans l’immeuble où mourut Jacques Vergès.
À propos de l'auteur de Candide, je viens, avant de rédiger cette chronique, de regarder sur le Net la conférence du 1er avril 2015 donnée par Jean Bricmont sur le thème de la liberté d'expression "de Voltaire à Chomsky". Organisée à l’université de Grenoble dans le cadre du cycle présenté par le CORTECS ("Connaissances censurées ? Sciences et liberté d’expression"), son intervention a suscité une vague d'indignations chez les belles âmes qui ont proféré des menaces de sabotage, lancé des tentatives d’intimidation, adressé une requête pour annulation auprès des instances universitaires.
Ce qui dit Bricmont est intéressant et plein de bonne volonté. Avec la ferveur du missionnaire, il plaide pour le droit à la liberté d'expression totale et pour tous ; à l’Américaine, version Premier Amendement. Hélas, Bricmont en est réduit à implorer les autorités de donner la parole à ceux que la propagande officielle désigne sous le nom d' « assassins de la mémoire » et de terroristes. Sa démarche revient purement et simplement à ajourner la liberté. S'il fallait attendre qu'on nous autorise à penser, nous pourrions languir durant des siècles avant qu'un mot non-conformiste daigne s'extraire de notre petite tête. 
Dans les circonstances actuelles (pression du lobby sans nom, forme du régime politique qui doit s’y soumettre ou mourir), militer pour l’abrogation de lois que l’on juge à bon droit attentatoires à la plus élémentaire des libertés revient à faire du pédalo sur le Niagara. On ne peut lutter contre un tel courant. En conséquence, l'affaire ne doit pas être à considérer sous l'angle théorique (aspect collectif et juridique) mais sous celui de la pratique (aspect de la valeur individuelle et de l'éthique). Un penseur ne peut suspendre sa parole jusqu'à ce que le demos et ceux qui lui tiennent la bride courte aient décidé d’approuver son droit à faire connaître le bilan de ses réflexions ; et un historien n’a pas à dissimuler les fruits de son travail parce que cela déplaît à un pays étranger.
Nous ne devons pas demander à être libres, nous devons tenter de le devenir, ou bien alors restons dans les rangs de la grande masse muette qui n'a cure de proclamer la vérité. 
Si tout un tas de lois liberticides sautaient par miracle, la plupart de nos contemporains, si bavards sous anonymat sur les réseaux sociaux, où ils se travestissent en héros et en saints alors qu'ils ne sont que des braillards maximalistes, ne parleraient pas davantage qu'aujourd'hui, tenons-nous le pour dit ; et quand bien même quelques personnes sorties du lot s'exprimeraient avec plus de décontraction, le système ferait en sorte de les ramener bien vite dans le droit chemin par le biais de pressions multiples (la mise à l'écart sociale étant l’option privilégiée).
La loi Gayssot a aggravé la répression contre les révisionnistes, mais cette répression existait auparavant de mille façons, souvent insidieuses, et l'on n'a pas vu de manifestations de rue pour soutenir la liberté de la recherche historique bafouée. La peur, la peur panique, est paralysante, car tout le monde sait de quoi il retourne. 
Il y a des natures qui osent, et puis d'autres qui n'osent pas et seront toujours tétanisées. Comparable est le parachutisme : face au vide, on saute ou on ne saute pas.
Pendant ce temps, les islamo-nihilistes, pansés et soignés en Israël, prennent d’assaut la fabuleuse cité de Palmyre. Il paraît qu'ils ont une devise : « Moins je me rase la barbe, plus je rase les villes ». Prions pour que ce joyau antique fasse exception. Prions aussi pour tout le reste, pendant que nous y sommes. Mais en ce qui concerne notre liberté : agissons ! Discuter de la liberté sans en user revient à parler d'amour sans le faire.

Paul-Éric Blanrue

La photo du jour.


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