BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE
samedi 7 mai 2022
jeudi 5 mai 2022
Céline, "Guerre" : premiers extraits !
- "J'ai toujours dormi ainsi dans le bruit atroce depuis décembre 14. J'ai attrapé la guerre dans ma tête. Elle est enfermée dans ma tête".
- "Je suis parti de plain-pied dans cet édredon, c'est le cas de le dire. Je m'en mettais partout du nuage. Ça y est, que j'ai dit, cette fois-ci je déserte pour de bon. Je me suis assis, c'était mouillé. Un peu plus loin je voyais les murs de la ville déjà, des hautes murailles, un vrai château fort la protège. Une grande ville du Nord sans doute. Je m'assois devant que je dis. Maintenant j'étais sauvé, j'étais plus seul. Je prends l'air coquin. Y avait Kersuzon, Keramplech, Gargader et le gars Le Cam autour de moi, en cercle pour ainsi dire. Seulement alors, ils avaient les yeux fermés. C'étaient des reproches qu'ils m'adressaient. En somme ils venaient me surveiller. Depuis quatre ans presque qu'on avait été ensemble ! Je leur avais pourtant jamais raconté d'histoires. Gargader il saignait en plein dans le milieu du front. Ça rougissait tout le brouillard en dessous de lui. Je lui ai même fait remarquer. Kersuzon, c'est vrai, il avait plus de bras du tout, mais de grandes oreilles pour écouter bien. Le gars Le Cam on voyait à travers sa tête le jour, par les yeux comme dans une lunette. Ça c'est drôle. Keramber il lui avait poussé une barbe, il avait les cheveux longs comme une dame, il avait gardé son casque et il se faisait les ongles avec un bout de baïonnette. C'était pour m'écouter aussi. Il avait les boyaux qui lui glissaient par le fondement tout loin dans la campagne. Fallait que je leur parle sinon sûrement ils me dénonceraient. La guerre, que j'ai dit, c'est au nord qu'elle se passe. C'est pas ici du tout. Ils ont rien dit."
- "Top, que j'ai dit, le vent souffle Ferdinand, pare ta galère, laisse les cons dans la merde, laisse-toi pousser, croye plus à rien. T'es cassé plus qu'aux deux tiers mais avec le bout qui reste tu vas encore bien te marrer, laisse-toi souffler debout par l'aquilon favorable. Dors ou dors pas, titube, trombone, chancelle, dégueule, écume, pustule, fébrile, écrase, trahis, ne te gêne guère, c'est une question de vent qui souffle, tu ne seras jamais aussi atroce et déconneur que le monde entier. Avance, c'est tout ce qu'on te demande, t'as la médaille, t'es beau. Dans la bataille des cons de la gueule t'es enfin en train de gagner très haut, t'as ta fanfare particulière dans la tête, t'as la gangrène qu'à moitié, t'es pourri c'est entendu, mais t'as vu les champs de bataille où qu'on décore pas la charogne et toi t'es décoré, ne l'oublie, pas ou t'es que l'ingrat, le vomi déconfit, la raclure de cul baveux, tu vaux plus le papier qu'on te torche."
- "Ma mère alors elle en revenait pas de l'admirer. Il avait en somme tous les courages et bien des vertus. Si riche, parmi les troupes si près du front, avec de si jolis enfants autour de lui, réformé pour faiblesse de coeur, dans une si grande et si bien meublée demeure tout en 'ancien' avec trois bonnes et une cuisinière, à moins de vingt kilomètres du front, si simple avec nous, si complaisant, nous recevant à sa table dès le premier jour, particulièrement simplet avec Cascade, s'informant, estimant, vénérant presque nos blessures et ma médaille militaire, vêtu d'un complet en étoffe de grand prix, un col bien convenable très haut impeccable, en relation avec la meilleure société de Peurdu-sur-la-Lys, connaissant tout le monde, pas fier du tout malgré tout, parlant anglais comme une grammaire, ornant sa maison de dentelles au filet, ce que ma mère considérait comme la preuve même du haut goût, écrivant à mon père des lettres presque aussi bien que lui-même, pas tout à fait évidemment, mais déjà admirablement, gardant, chose rare, à l'époque, déjà, les cheveux en brosse, coupe sévère qui fait si propre et si parfaitement masculin et convenable et qui consolide la confiance en vous des assurés éventuels."
- "Il avait l'air cochon quand même Harnache avec ses petites moustaches de chat. Il devait branler les bonnes. Mon père il jetait un oeil de sournois du côté des bonnes, quand elles passaient les hors-d'oeuvre. Des grosses jeunes de vingt ans bien girondes. Quand elles allaient vers la cuisine porter les plats fallait qu'elles franchissent deux marches, ça découvrait un peu leurs molletons."
- "A tant d'années passées le souvenir des choses, bien précisément, c'est un effort. Ce que les gens ont dit c'est presque tourné des mensonges. Faut se méfier. C'est putain le passé, à fond dans la rêvasserie. Il prend des petites mélodies en route qu'on lui demandait pas. Il vous revient tout maquillé de pleurs et de repentirs en vadrouillant. C'est pas sérieux. Faut demander alors du vif secours à la bite, tout de suite, pour s'y retrouver. Seul moyen, du moyen d'homme."
dimanche 1 mai 2022
Se libérer de l'ego ? Par Paul-Eric Blanrue.
"Ce qui m’a définitivement décidé à entrer en piste sous un chapiteau jusqu’à présent préservé de toute publicité, c’est la mode actuelle du « bouddhisme light », de la « pleine conscience » (mindfullness), du lâcher-prise, les slogans en faveur du non-ego érigé en vertu suprême. Je connais le sujet de près. Pratiquant moi-même depuis longtemps, après une incursion dans l’admirable univers soufi, la méditation vipassana (« vue profonde »), je m’aperçois chaque jour de l’aspect néfaste de cet engouement venu du Tibet via Los Angeles, lorsque les techniques ne sont pas suffisamment canalisées par d’authentiques experts. Je me devais d’en prendre le contre-pied pour réhabiliter certaines notions, en particulier celle d’individualité.
Parvenir à dépasser ce que l’on nomme le « petit soi » (notre personnalité et non pas notre âme, pour le dire vite) exige de gros efforts intérieurs et une intention spirituelle ferrée à glace. Ce n’est pas une partie de rigolade ni un substitut au Lexomil. À l’origine, cette méthode n’a pas pour but d’anéantir le pratiquant comme s’il sautait d’une falaise en fermant les yeux et en se bouchant le nez. Ce n’est pas du base-jump, de l’apnée, du fakirisme ni une ascèse destinée à le faire s’asseoir pour le restant de ses jours au pied de l’arbre de la Bodhi. Il est suggéré au disciple de se surpasser pour intégrer une autre sphère de réalité, acquérir une meilleure maîtrise de lui afin d’aboutir, une fois le chemin accompli, à un degré de conscience plus élevé qu’au début de son initiation. L’ambition des meilleures de ces pratiques n’est pas de faire disparaître corps et biens l’individu mais de le transformer, lui apprendre à se contrôler, obtenir le calme mental (shamata) afin de progresser - quitte, en effet, par la suite, à se débarrasser de la mauvaise perception qu’il a de son « flux de conscience ».
Les méthodes actuelles de méditation sont des versions démocratisées et laïcisées (donc épouvantables) de ce qui se pratiquait jadis dans des temples dédiés à « la posture », selon l’expression favorite du maître japonais Taïsen Deshimaru, l’introducteur en France du zazen dans les années soixante- dix. Elles poussent dangereusement à l’érosion du soi. Trop souvent, le stade du « petit soi », ce fameux et funeste ego illusoire qui serait la cause de tant de mal et que l’on pose à la base de l’individualisme moderne, n’a pas encore été atteint par la plupart des pratiquants. Or il est absolument impossible de brûler les étapes. On n’a pas encore vu un pianiste de bar se réveiller un beau matin en jouant comme Glenn Gould !
Une personne cruellement dénuée d’ego ne peut pas, de fait, surmonter l’ego, puisqu’elle ne dispose pas du minimum vital d’unité intérieure, cette énergie et cette conscience qui doivent lui servir de tremplin dans la vie quotidienne comme dans la méditation. S’asseoir sur un zafu dans un dojo en attendant, dans la position du lotus, que le nirvana nous tombe dessus comme des confettis de carnaval, méditer sur les « cinq agrégats » (l’illusion du soi dans la tradition bouddhiste qui prône l’anātman, l’absence d’une essence nommée ego), chanter « Om mani padmé hum » en brûlant un bâtonnet d’encens Nag Champa ne sert de rien si l’on ne dispose pas d’une réalité mentale sur quoi travailler. Vitupérer l’ego comme s’il s’agissait d’une entité diabolique, tandis que l’on est soi-même sous le contrôle d’autrui et que l’on subit l’ascendant de la société et de normes non maîtrisées, est une erreur exceptionnellement grave, un fourvoiement spirituel ayant des conséquences néfastes sur l’esprit, conduisant à la dilution complète de la personnalité.
L’ego est un phénomène préjudiciable dans la perspective où il se clôt sur lui-même ; dans le cas nocif où l’individu s’attache par trop aux choses terrestres au point d’oublier qu’il est l’heureux possesseur d’une conscience l’incitant à voir les choses « d’en-haut » ; lorsque l’homme devient prisonnier de ses projections, qu’il est hypnotisé par ses chimères et s’apprête, par manque de discernement, à passer sa vie à côté de la plaque. Mais l’ego devient avantageux, utile, constructif, positif, si on l’emploie pour aller au-delà de sa petite condition. Pour se transcender, sont nécessaires une individualité constituée et la formation d’un être sachant ce qu’il fait et où il va. Se dompter, soigner ses maux, résister aux propagandes diverses, s’extraire de la masse amorphe sont des aspirations qui requièrent de solides fondations. Ce n’est pas sauver son âme, sous prétexte de lutter contre le vilain ego, que de rabâcher ce que tout le monde dit et décider de mourir sans savoir ce que signifie exister !
Il est capital de gouverner son ego, de ne pas céder à ses pulsions, au « Ça » introduit par Georg Groddeck, ne serait-ce que parce que celui qui n’est pas maître de soi ne peut pas faire exploser le soi. Il faut « être » avant tout - avant que de disparaître. Avoir la prétention des plus grands sages de l’humanité, au nom de l’altruisme – uniquement parce que l’altruisme est à la mode dans le rayon « développement per- sonnel » des grandes surfaces et que les médias, les hommes politiques et maints fonctionnaires de la religion en ont fait leur lucratif fonds de commerce - ne conduit pas à mettre nos pas, selon nos options spirituelles, dans ceux de Milarepa, Padmasambhava, Kalou Rinpoché, Rûmî ou saint Jean de la Croix. Être altruiste parce que l’on est incapable de résister à la croisade idéologique qui vante les qualités de « l’Autre » et médit avec violence de « l’individualisme », revient à ne rester qu’un piètre suiveur, un individu désorienté, dénué de volonté, en aucun cas un être éveillé susceptible d’atteindre le samadhi ou le satori.
Il existe une gamme de nuances entre l’hyper-égoïsme crispé d’une Ayn Rand, laquelle est à la limite d’affirmer qu’un don d’argent accordé à des amis est un comportement immoral, et le super-altruisme d’un Matthieu Ricard, le lama qui joue au speaker dans les conférences TED et rêve de rendre le don obligatoire sans penser une seule seconde qu’il ne peut l’être, puisque, pour avoir quelque vertu, un don doit rester un mouvement désintéressé et volontaire. J’ai toujours été amusé que, sur la couverture des livres de cet empereur du désintéressement et ce Torquemada de l’ego, l’on trouve systématiquement sa bonne grosse bobine réjouie. En toute logique, on aurait pu penser que Ricard effacerait discrètement son image. Retour du refoulé égotique ?
J’inscris « l’art de désobéir » dans l’optique suivante : la libération personnelle, la maîtrise de soi de la tradition des stoïciens dont j’aurai à reparler. Mais avant tout, pour affermir les principes de l’école du Portique, je ferraille pour l’acquisition d’une véritable souveraineté intérieure contre tous les violeurs de conscience, l’État en tête."
Paul-Éric Blanrue, Sécession (2018).
samedi 30 avril 2022
Sur les pas de Nietzsche à Venise : lieux et photographies. Par Paul-Éric Blanrue.
- Le Palais Berlendis, Rio dei Mendicanti. Nietzsche a résidé au deuxième étage, qui dispose d’une terrasse, dans une chambre donnant sur le canal et la lagune. Le premier étage est mis en location.
- Le n°5256 Calle Nuova, près du Campo San Canciano. Le Campo est peint par John Singer Sargent vers 1882.
- Le n° 1263, Calle dei Preti. Non loin de la célèbre joaillerie Codognato, Calle Seconda dell’Ascensione, ouverte à Venise en 1866.
- L’Albergo Hôtel. L’Hôtel Albergo se trouve sestiere San Marco, Ponte dei Dai 877, Calle dei Fabbri 30124.
- L’auberge Panada, près de Saint-Marc, aujourd’hui transformée.
- Promenade sur les Fondamente Nuove en observant la lumière d’après-midi sur l’île San Michele.
- Se rendre de la place Saint-Marc au Palais Berlendis en passant par le Riva degli Schiavoni (20 minutes de marche), ou bien y aller depuis le Rialto (10 minutes). Ne pas manquer le Colleone.
- Pont du Rialto à la nuit tombée en écoutant le chant des gondoliers (chants souvent napolitains !).
- Assister à une messe à Saint-Marc ou s’y recueillir en fin d’après-midi, comme recommandé par Nietzsche lorsque le soleil décline et donne à la basilique un teint doré.
- Promenade sous les Procuraties de Saint-Marc à la façon du philosophe.
- Nietzsche donne ce conseil à Peter Gast, que chacun peut faire sien lorsqu’il se rend à Venise : « Quand l’exemplaire d’Aurore sera entre vos mains, faites-moi cet honneur : emportez-le un jour au Lido, lisez-le comme un tout et essayez d’en extraire pour vous un tout – c’est-à-dire un état de passion » (Recoaro, 23 juin 1881).
Cahier photos
"Venise : le Grand Canal, vue prise du seuil de la Casa Fumagalli", peint par Ernest Meissonnier (huile sur toile, 1888, musée d’Orsay, Paris). À gauche on remarque la Dogana, à droite la Salute. Comme Nietzsche, le peintre, graveur et sculpteur français Jean-Louis-Ernest Meissonnier, apprécié par Guy de Maupassant et Marcel Proust, a séjourné plusieurs fois à la Casa Fumagalli dans les années 1880.
La basilique Santa Maria della Salute, donnant sur le Grand Canal, vue depuis l’endroit où se trouvait l’entrée de la Casa Fumagalli (aujourd’hui disparue) à l’époque où Nietzsche y a séjourné. Propriété de l’auteur.
Le Palais Berlendis, vu depuis le Rio dei Mendicanti. En arrière-plan, l’île San Michele, cimetière de Venise. Propriété de l’auteur.
Le piano nobile qu’a occupé Nietzsche au Palais Berlendis. Sa chambre se trouvait à gauche ou à droite du balcon central aux volets ouverts. Pro- priété de l’auteur.
On peut accéder au Palais Berlendis par le Corte Berlendis, situé sur les Fondamenta Nuove. Propriété de l’auteur.
Le grand escalier intérieur (« escalier d’apparat », écrivait Nietzsche) menant au piano nobile du Palais Berlendis. Propriété de l’auteur.
Le grand salon du Palais Berlendis. Nietzsche fut impressionné par la hauteur du plafond (environ 7 mètres). On y accède directement par la porte d’entrée, qu’on devine sur la gauche. Propriété de l’auteur.
Le balcon donnant sur le Rio dei Mendicanti, vu depuis le grand salon du Palais Berlendis. La chambre de Nietzsche, située à droite ou à gauche, était alors en réfection. On y aperçoit le propriétaire des lieux, le comte Dissera Bragadin. Propriété de l’auteur.
Intérieur de la chambre située à droite du balcon du Palais Berlendis. Il s’agirait de celle qui fut occupée par Nietzsche en 1880. Sur la droite, le comte Dissera Bragadin. Propriété de l’auteur.
Vue depuis la terrasse du piano nobile du Palais Berlendis. La porte s’ouvre sur la chambre dite «de Nietzsche». Le pont se situe sur les Fondamenta Nuove. Au loin, l’île San Michele. Propriété de l’auteur.
La chambre située à gauche du balcon du Palais Berlendis, l’autre pièce possible où résida Nietzsche. Au sol, on remarque le marbre vénitien typique. Propriété de l’auteur.
Palais Belendis. Décoration murale dans la pièce faisant office de salle à manger. Propriété de l’auteur.
Le portail du bâtiment de la Calle Nuova où Nietzsche a résidé avec Köselitz. Propriété de l’auteur.
Fenêtre donnant sur l’appartement occupé par Nietzsche et Köselitz, rez- de-chaussée du n°5256 de la Calle Nuova. Propriété de l’auteur.
Vue de la petite Calle Nuova. Sur la droite, le bâtiment où résidèrent Nietzsche et Köselitz. C’est ici que fut donné le fameux « concert Chopin ». Propriété de l’auteur.
Il faut emprunter le sotoportego pour se rendre à la dernière adresse qu’occupa Nietzsche à Venise, Calle dei Preti. Propriété de l’auteur.
vendredi 29 avril 2022
Illégitime ! Par Paul-Éric Blanrue.
"Président illégitime !" crie un homme vers Emmanuel Macron en balade.
Hurlement de l'idiot du village à côté de lui : "Il y a une Constitution, il a été élu, point final, il faut respecter les règles du jeu, merde !" (LCI).
Réflexion : pas davantage que ces jolis messieurs, je n'ai signé la Constitution sus-citée, cette hiératique "règle du jeu", et vous non plus, je l'imagine.
Pas même un extrait, une ligne, un mot, une apostrophe, un point-virgule. Rien, vous dis-je.
Quel est donc ce "contrat social" fantomatique que l'on nous presse de respecter sans barguigner, et sans nous l'avoir auparavant prestement présenté, pour signature et paraphe, afin que nous ayons pu exprimer notre accord ou notre désaccord sur son contenu ?
Nos aïeux ne l'ont pas signé individuellement non plus, ce contrat, et, quand bien même l'eussent-ils fait, en quoi pourraient-ils ad vitam aeternam engager les générations suivantes à obéir à ses articles les yeux fermés, le doigt sur la couture du pantalon ?
Soudain, le fameux consentement porté sur le pavois par Vanessa Springora ne vaut-il plus un clou ?
Pour ne pas être fichés tels des criminels en puissance sur les listes des hystériques féministes en mal de publicité, divers hurluberlus formulent déjà dans les médias l'idée ébouriffante d'une sorte de contrat établi devant huissier pour avoir l'autorisation de faire un
bisou
aux demoiselles - et plus si affinités (voir les amendements aux contrats fantasmés) - mais, diable, pour diriger nos existence, celles de nos familles et de nos enfants, pour déclarer et conduire des guerres, pour nous ponctionner les 3/4 de nos revenus et les distribuer à la clientèle des élus, à diverses masses de pouilleux et de margoulins se nourrissant sur la bête, pour nous confiner deux ans durant une lèpre imaginaire, masquer la population jusque dans les écoles sans raison scientifique, mais alors, diable, dis-je, il suffirait d'agiter au loin, dans un cadre et sous verre, un vulgaire bout de papier nommé Constitution - qui n'est jamais que la cinquième du nom, preuve déjà qu'elle n'a rien de miraculeux -, auquel nul n'a aujourd'hui spécifiquement donné son accord écrit en personne ?Plaisanterie ? Exagération ? Point du tout. Il y a un siècle et des poussières, Lysander Spooner a dit l'essentiel sur le sujet, je vous renvoie à sa roborative lecture, bien certain tout de même de prêcher comme lui dans le désert aride de la déraison universelle.
Paul-Éric Blanrue
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