Henry de Lesquen ayant choisi de poursuivre le débat sur l'Orthodoxie en privé (voir les messages précédents ici, sur mon groupe FG ou le groupe privé IC XC NIKA), je ne peux, de mon coté, que me contenter de me citer moi-même, sans publier sa réaction intégrale, sauf une citation ici et là. S'il désire que je diffuse ici ou ailleurs l'intégralité de ses réponses, je les publierai volontiers, et je crois que ce serait instructif pour tout le monde. En attendant, voici ma réponse adressée à lui ce soir (je pense que le lecteur attentif pourra suivre le débat sans trop de difficulté).
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Bonsoir ! Vous ne répondez toujours pas à la seule question qui vaille : la question historique.
1. D'abord, Bossuet, dont vous vous réclamez, ne fait pas autorité dans votre propre Église. C'est Vatican I qui définit aujourd'hui la doctrine catholique sur la papauté, et pas la Déclaration des Quatre Articles de 1682... que vos amis de Rome ont condamnée.
2. Vous affirmez qu'il faut une autorité suprême. C'est une affirmation, pas une preuve. Où donc l'Église du premier millénaire l'enseigne-t-elle ? Citez-moi un seul concile œcuménique ou un seul Père affirmant que l'évêque de Rome possède une juridiction universelle sur toute l'Église. C'est cela, le débat.
3. Vous passez soigneusement sous silence tous les textes que je vous ai cités et qui contredisent votre thèse : Actes 15 où Jacques préside la décision, Galates 2 où Paul reprend Pierre, le canon 6 de Nicée, le canon 28 de Chalcédoine... Pourquoi ?
4. Vous affirmez que le pape est soumis aux conciles. C'est exactement ce que Vatican I nie ! Comment ne le comprenez -vous pas ? Je vous l'ai démontré plusieurs fois. Pastor Aeternus affirme que les définitions du pape sont « irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Église » (ex sese, non autem ex consensu Ecclesiae). Relisez calmement cette phrase (je ne l'ai pas mise en majuscules mais il faut tout de même en lire et en peser chacun des mots). Elle a été rédigée précisément pour condamner la position gallicane que vous défendez. Vatican I affirme en outre que le pape possède une « puissance ordinaire, suprême, pleine, immédiate et universelle » sur toute l'Église. C'est le texte de votre concile, pas mon interprétation.
5. Le Filioque « coule de source » ? Non 😂et surtout ce n'est pas un argument historique. La seule question est celle-ci : quel concile œcuménique a autorisé Rome à modifier seule le Credo ? Aucun !
6. Vous invoquez Constantinople IV comme si son autorité allait de soi. C'est précisément ce que l'Orthodoxie conteste. Pour nous, le huitième concile est celui de 879-880, qui réhabilite Photius. Vous supposez démontré ce qu'il reste justement à démontrer. C'est une pétition de principe.
7. Enfin, vous invoquez le « développement du dogme » comme s'il s'agissait d'une doctrine ancienne. Où les Pères l'enseignent-ils ? Où les conciles l'enseignent-ils ? Où est-elle définie avant le XIXᵉ siècle ? Nulle part. La théorie qui permet aujourd'hui de justifier les dogmes tardifs n'est ni celle d'Athanase, ni celle de Basile, ni celle de Maxime, ni celle des conciles œcuméniques. C'est une théorie formulée par John Henry Newman en 1845. sur lequel je viens d'écrire un petit article. Newman est un blagueur. Vous interprétez donc les Pères à la lumière d'une.... théorie moderne, au lieu de démontrer cette théorie par les Pères eux-mêmes.
Au fond, tout se résume à une seule question que vous évitez depuis le début : où l'Église indivise du premier millénaire a-t-elle enseigné ce que Vatican I définira en 1870 ?
Donnez-moi des textes.
C'est toute la question.
Bien à vous,
Paul-Éric Blanrue.