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BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE
dimanche 13 septembre 2015
vendredi 11 septembre 2015
"Pourquoi je n’ai jamais été soralien". Préface de Paul-Éric Blanrue au livre "Le Mythomane" de Salim Laïbi.
« Le feu de la colère brûle en nous jour et nuit
et nous fait souffrir – encore plus que la personne
contre qui nous sommes en colère. Quand la
colère est absente, on se sent léger et libre. »
Thich Nhat Hahn, Le Cœur des enseignements
du Bouddha, Paris, 2000.
Un livre tout entier consacré à la démystification d’Alain Soral ? Gratias agamus Domino Deo nostro1
! Quand Salim Laïbi m’a révélé son nouveau projet éditorial, ma
première réaction a été de partir dans un grand éclat de rire qui fit
sursauter les deux Scottish Fold assoupis à mes pieds. Enfin, un auteur
non-conformiste allait oser écrire ce qu’il pense de la reconversion
dans l’anti-système professionnel de la star déchue des plateaux
d’Évelyne Thomas ! On allait s’amuser un peu ; en bon Vénitien je ne
suis pas ennemi du jeu.
Ayant connu Soral avant son entrée fracassante dans le bizness politique et eu pour amis quelques-uns de ses proches – une bande de joyeux noceurs l’ayant côtoyé durant les années Palace et au sein du groupe artistique « En avant comme avant » qu’il avait parasité sous le pseudonyme d’ABS –, je dois confesser que je suis rarement parvenu à prendre au sérieux l’autoproclamé « maître du Logos », le Ernst Stavro Blofeld2 du merveilleux pays mythomaniaque qu’est l’Internet, l’esbroufeur de première dont la praxis consiste à passer en force en écrasant ses adversaires sous le poids de l’injure diluvienne et de la menace physique.
Sachant ce que je sais, je m’attendais avec ce livre à déguster du caviar Béluga impérial. Par le crâne lustré du docteur Denfer, je n’ai pas été déçu ! En dernière instance, selon la formule préférée du signataire de Comprendre l’Empire, reprise d’une lettre fameuse de Friedrich Engels à Joseph Bloch3, Porthos Laïbi remporte ici, haut la main, le duel mental que Rochefort Soral l’a contraint à provoquer.
Salim et moi avons plusieurs points de désaccord, il suffit de consulter le Net pour s’en convaincre. Je ne suis guère adepte du récentisme d’Anatoli Fomenko et les géants de l’Atlantide de Laurent Glauzy ne sont pas de ma famille, ni de près ni de loin. N’importe ; il écrit des articles informatifs de grande valeur, sa jeune maison d’édition a déjà publié des livres mémorables4 et il possède des qualités morales et professionnelles faisant de lui un activiste éminemment respectable. Il est déterminé, honnête, courageux, patient, travailleur, humble. Son caractère profond n’apparaît pas dans tout son éclat sous les traits du personnage virtuel qu’il s’est créé, Le Libre Penseur, dit LLP. Ah ! Les doubles ! Il faut parfois savoir s’en méfier ! Soral a cru à la réalité de son alias au point de vouloir effacer pour l’éternité son patronyme de Bonnet, sa triste famille, son passé délicat – et voyez où il en est… Il n’en reste pas moins que Salim est plus subtil, élégant, nuancé, sceptique, cocasse que ne le supposent ses détracteurs se complaisant dans la veulerie et la bassesse à son égard, habituellement téléguidés qu’ils sont par Narcisse de Bayonne en ses nuits d’insomnie.
Dans ce livre, sur un ton n’appartenant qu’à lui, Salim est allé au-delà des espérances de ceux qui estiment que la rébellion n’est pas seulement une posture crâneuse, un geste irrévérencieux, un catalogue d’épithètes outrageantes répétées comme des mantras ou le port d’un T-shirt avec logo guerrier. S’il donne volontiers dans le style pamphlétaire avec trompettes, timbales, cuivres et grandes orgues, il a mené en amont une solide enquête de terrain qui fera date.
Ayant connu Soral avant son entrée fracassante dans le bizness politique et eu pour amis quelques-uns de ses proches – une bande de joyeux noceurs l’ayant côtoyé durant les années Palace et au sein du groupe artistique « En avant comme avant » qu’il avait parasité sous le pseudonyme d’ABS –, je dois confesser que je suis rarement parvenu à prendre au sérieux l’autoproclamé « maître du Logos », le Ernst Stavro Blofeld2 du merveilleux pays mythomaniaque qu’est l’Internet, l’esbroufeur de première dont la praxis consiste à passer en force en écrasant ses adversaires sous le poids de l’injure diluvienne et de la menace physique.
Sachant ce que je sais, je m’attendais avec ce livre à déguster du caviar Béluga impérial. Par le crâne lustré du docteur Denfer, je n’ai pas été déçu ! En dernière instance, selon la formule préférée du signataire de Comprendre l’Empire, reprise d’une lettre fameuse de Friedrich Engels à Joseph Bloch3, Porthos Laïbi remporte ici, haut la main, le duel mental que Rochefort Soral l’a contraint à provoquer.
Salim et moi avons plusieurs points de désaccord, il suffit de consulter le Net pour s’en convaincre. Je ne suis guère adepte du récentisme d’Anatoli Fomenko et les géants de l’Atlantide de Laurent Glauzy ne sont pas de ma famille, ni de près ni de loin. N’importe ; il écrit des articles informatifs de grande valeur, sa jeune maison d’édition a déjà publié des livres mémorables4 et il possède des qualités morales et professionnelles faisant de lui un activiste éminemment respectable. Il est déterminé, honnête, courageux, patient, travailleur, humble. Son caractère profond n’apparaît pas dans tout son éclat sous les traits du personnage virtuel qu’il s’est créé, Le Libre Penseur, dit LLP. Ah ! Les doubles ! Il faut parfois savoir s’en méfier ! Soral a cru à la réalité de son alias au point de vouloir effacer pour l’éternité son patronyme de Bonnet, sa triste famille, son passé délicat – et voyez où il en est… Il n’en reste pas moins que Salim est plus subtil, élégant, nuancé, sceptique, cocasse que ne le supposent ses détracteurs se complaisant dans la veulerie et la bassesse à son égard, habituellement téléguidés qu’ils sont par Narcisse de Bayonne en ses nuits d’insomnie.
Dans ce livre, sur un ton n’appartenant qu’à lui, Salim est allé au-delà des espérances de ceux qui estiment que la rébellion n’est pas seulement une posture crâneuse, un geste irrévérencieux, un catalogue d’épithètes outrageantes répétées comme des mantras ou le port d’un T-shirt avec logo guerrier. S’il donne volontiers dans le style pamphlétaire avec trompettes, timbales, cuivres et grandes orgues, il a mené en amont une solide enquête de terrain qui fera date.
Je découvris un curieux personnage dont l’une des premières phrases fut, me dévisageant :
– Tu as un gros nez !
Comment l’arnaque soralienne a-t-elle pu
durer aussi longtemps ? À dire vrai, plus rien ne m’étonne en ce monde
sublunaire. J’ai passé ma vie à apprendre que le pire est toujours
possible sinon certain. Président-fondateur en 1993 du Cercle zététique,
organisme de démystification des imposteurs du paranormal – ensemble
disparate de crétinosaures charlatanesques allant de Paco Rabanne à
Élizabeth Teissier en passant par le soucoupathe Raël –, j’ai croisé
durant mes années de combat contre le surnaturel frelaté un nombre
incalculable de dupes prêtes à donner tête baissée dans des
calembredaines qu’un enfant de sept ans, dans la fraîcheur et
l’innocence de son jeune âge de raison, aurait sans ménagement rangées
dans la catégorie des farces et attrapes. Il faut s’y résoudre : les
gourous à deux sous devenus millionnaires, les bonimenteurs sans
scrupule ayant pignon sur rue et vivant des subsides que leur attribuent
de généreux mécènes ou des disciples endoctrinés sont légion, dans le
monde occulte comme dans la vie publique, politique, culturelle et
économique. Nul n’est besoin d’évoquer la Scientologie, l’escobarderie
se découvre sur l’écran de votre ordinateur dès que vous faites chaque
matin votre revue de presse soi-disant dissidente !
La première fois que j’ai rencontré Soral ce fut à ma demande. C’était en 2003. J’avais assisté devant mon poste de télévision à un débat réjouissant qu’il avait mené sur les ondes de LCI contre Gilles-William Goldnadel, avocat de la Ligue de défense juive et représentant du Likoud en France. Je le félicitai par e-mail. Rendez-vous fut pris dans un bistrot situé dans les parages de son appartement du Marais. Je découvris un curieux personnage dont l’une des premières phrases fut, me dévisageant :
– Tu as un gros nez !
Quand bien même une telle remarque pouvait-elle posséder quelque fond de vérité anatomique, je la trouvai relativement stérile. Je me souvenais que c’était l’une des invectives favorites du béotien Hilarion Lefuneste à l’endroit de son voisin Achille Talon dans la bande dessinée du défunt Greg. Disons-le tout net, une telle considération n’était point au niveau de mes attentes. Je n’ai rien de spécial contre la provocation, tant s’en faut, mais j’espère en général qu’elle se révèle fructueuse, notamment lorsqu’elle provient d’une personne se payant le luxe d’entretenir une prétention intellectuelle d’envergure cosmique. Dans ce cas précis, j’eus beau me creuser le ciboulot, je ne voyais guère ce qui, là-dedans, faisait avancer la discussion d’un quart de poil, fût-il de nez.
Soral ne s’en tint pas à si bon compte et fit le détail de ma tenue vestimentaire qui n’avait point l’heur de le charmer. Je passai aux rayons X : nous n’étions pas chez Socrate à Saint-Tropez mais dans Platon chez les nudistes !
De toute évidence, nos niveaux karmiques ne correspondaient pas. Il ne fallait pas s’appeler Sigmund Freud (qu’il vénérait) pour comprendre que quelque chose clochait chez ce bonhomme aux yeux étrangement fixes, obnubilé par son nombril, incapable de soliloquer moins de deux heures, intolérant à la frustration et à la plus moléculaire critique de ce qu’il appelait « ses » pensées comme s’il en avait déposé le brevet la veille au soir.
Pour bien me faire comprendre que l’écrivain sagace dont le discours m’avait enchanté sur LCI n’existait définitivement pas, il me lâcha : « De toute façon, Goldnadel et moi, on est copains ! On s’écrit, on déjeune ensemble. C’est du cinéma ! Comme tout juif fasciste, il apprécie d’avoir en face de lui un grand blond aux yeux bleus ».
Un ange passa et tressaillit, comme dans les romans de Gérard de Villiers.
Je quittai l’Aryen déplumé sur cette révélation qui n’a pas contribué beaucoup à ce que nos atomes éloignés se raccrochassent.
Plus tard, lorsque nous nous prîmes le bec pour des affaires que je conterai un jour par le menu, il fit savoir sur Facebook à un admirateur qui lui demandait quelle espèce de guignol était ce Blanrue qui refusait mordicus de se plier aux injonctions dignes d’un adjudant de discipline qu’il proférait ad libitum sur son profil : « C’est un partouzard et un franc-maçon ! » Me connaissant moi-même assez bien, j’avais à nouveau trouvé la remarque légère et improductive. De tels bouteillons sont aujourd’hui devenus l’une de ses spécialités ; ceux qui ont cessé de lui plaire après avoir fait partie de sa garde rapprochée, comme Marc George ou Mathias Cardet, ont été taxés d’indics de police ou d’agents de la DCRI, selon la bonne vieille technique de subversion fonctionnant à merveille auprès de décérébrés dont l’angoisse ultime consiste à devoir un jour commencer à penser par eux-mêmes.
Jusqu’où va-t-il descendre ? Telle était la question que je me posais alors.
J’eus une révélation un soir de septembre 2004 quand il me téléphona, affolé, après l’émission Complément d’enquêtes. Il affirma avoir été piégé par Benoît Duquesne en tenant, en compagnie de Dieudonné et Olivier Mukuna, des propos peu hospitaliers à l’égard de la communauté juive. J’avais eu la faiblesse de le trouver culotté ; je le situais dans la tradition du dreyfusiste Bernard Lazare qui l’avait précédé dans cette position dans L’Antisémitisme, son histoire et ses causes (1894) et m’en ouvris à lui en toute franchise. Au bout du fil j’eus affaire à un vieux gamin terrifié, au bord de la crise de nerf, perdant tout sens critique, hurlant que sa carrière médiatique était kaputt : il allait lui falloir fonder fissa une association pour le soutenir et assurer son standing, autrement dit lui payer son tailleur londonien, garnir le fonds de roulement de son appartement parisien et contribuer à ses frais de motocyclette.
Dans les mois suivants, désemparé, angoissé, éperdu, démoralisé, il se montra plus aimable à mon endroit et me demanda d’une voix qui remontait dans les aigus, mais pas dans mon estime, de le rejoindre dans sa nouvelle aventure : « On va faire la révolution ! Nous allons devenir les nouveaux Robespierre ! », me lança-t-il. « Tu seras le Saint-Just des années 2000 ! »
Ce fantasme devint sa rengaine. Il faut préciser qu’à cette époque, Soral ne jurait que par le sanguinaire Incorruptible, Karl Marx, Georg Lukács, Georges Politzer et le « Petit père des peuples ». Il n’avait jamais entendu parler de Julius Evola, sur lequel il ose aujourd’hui donner des conférences comme s’il avait tété La Révolte contre le monde moderne au biberon alors que le penseur italien ne rimait à l’époque pour lui qu’avec Formentera, la fameuse île chic des Baléares, située au sud d’Ibiza, où les parents de sa femme avaient acquis une propriété dans laquelle il passait ses vacances de guérillero propre sur lui. Pour un ancien membre comme moi du Secrétariat du duc d’Anjou, aîné des Capétiens et chef de la maison de Bourbon, la perspective de remettre au goût du jour la Veuve de sinistre mémoire n’avait rien d’excitant. J’avais en outre visité la Pologne communiste écrasée sous la botte du général Jaruzelski et ne conservais pas un impérissable souvenir des chars barrant les rues de Varsovie ni de la descente surprise de la police politique dans mon chalet de Zakopane.
Au fil de nos discussions et rencontres, je compris vite qu’il n’y avait rien à tirer du personnage. Je déclinai quasiment toutes les offres de collaboration qu’il me fit et l’envoyai faire ses classes au Front national, sur lequel il louchait. Je montai l’opération avec l’aide d’un ami appartenant au premier cercle du Menhir. Pour lui donner un coup de pouce, je lui dénichai en cinq minutes la citation exacte de l’historien juif Marc Bloch5 que Le Pen inséra dans son « discours de Valmy » de septembre 2006, corédigé par le maître de l’Égo.
L’ambitieux publiciste se persuada qu’il serait désigné tête de liste en Île-de-France pour les Européennes de 2009. Il ne fit pas long feu dans le parti à la flamme tricolore. La bayonnaise n’avait pas pris. « Adieu, ma jolie ! » eût écrit Raymond Chandler. On connaît la suite : il devint le grand chauve sur un divan rouge, pérorant en roue libre devant sa caméra, vociférant contre des adversaires créés à loisir, fabriquant son rôle de dissident excité du Web, prophétisant avec aplomb « DSK vs. Marine en 2012 » et autres billevesées démenties par l’histoire.
Dans ce livre, Salim Laïbi montre fort bien quel a été son vrai projet tenu caché : regrouper les mécontents de toutes tendances, de la droite à la gauche, des chavezistes aux révisionnistes, des catholiques aux musulmans, et les convaincre coûte que coûte, par moult contorsions et postillons, de reporter leurs voix sur le FN, l’évolution de ce parti fût-elle en totale contradiction avec les attentes de ses propres disciples.
Ce qui est pratique chez Soral c’est qu’à peu près tout y est faux, comme dirait l’historien Éric Conan lorsqu’il cause d’un autre sujet : il n’est point de Soral, descendant par l’escalier de service du Solal de Belle de Seigneur d’Albert Cohen, mais il existe un Bonnet, à la mode de province ; sociologue de quatrième de couverture, il n’a pas de diplôme de sociologie suspendu derrière son bureau ; s’il est entré aux Beaux-Arts, il ne précise oncques dans quel état il en est sorti et reste d’une étonnante discrétion sur ses œuvres artistiques personnelles. Piètre philosophe, boxeur dans ses rêves, romancier dénué de talent de conteur (n’est pas Chuck Palahniuk qui veut !), réalisateur d’un film ni fait ni à faire et politicien virtuel, Soral a en gros tout raté mais aura passé sa vie à tenter de faire accroire le contraire à un public avide de mauvais garçons sachant lire et écrire sans commettre trop de fautes de syntaxe. Dragueur, il l’est, certes, et d’une manière compulsive qu’il revendique avec plus d’ardeur que Casanova et Don Juan réunis, mais sait-on sur cette affaire comme sur tant d’autres la vérité toute nue ? C’est loin d’être assuré, et Salim Laïbi nous en apprend de belles dans les pages qui suivent. Sur ce point, j’ai pour ma part noté que Soral demeure très circonspect relativement à Laurent G., alias Brutus, qui fut comme lui pigiste dans la presse féminine et à qui il emprunta la méthode miracle pour lever de manière expéditive les minettes dans les rues de Paris…
Qu’on ne me fasse pas dire le contraire de ce que je pense. Je ne suis pas du genre à proclamer que Soral a toujours tort. Pour une bonne raison : depuis toujours, il affirme de façon péremptoire tout et le contraire de tout ! À l’instar de l’horloge bloquée, il donne nécessairement l’heure juste deux fois par jour. À ceci près qu’il n’est pas bloqué, mais débloque à pleins tubes ; les théories oiseuses s’échappent de ses circuits neuronaux comme les slogans de marchand de soupe de la tête de Jacques Séguéla. La chose est bien naturelle car selon sa conception utilitariste de la vie, les idées ne sont que de banals outils destinés à promouvoir sa propre personne en toute circonstance.
Pour lui, le vrai et le faux n’existent pas en soi : champion d’éristique6, Soral en fournit la définition en fonction de ce qui lui sied au moment voulu afin de se rallier de nouveaux suffrages et recueillir des vues supplémentaires sur Youtube et Dailymotion. Règne de la Quantité, bonjour à toi ! Ses militants, vaillants et dévoués mais manquant d’expérience, ont beaucoup de peine à suivre la ligne du parti tant elle est sinueuse, courbe, diagonale et zigzagante au gré des besoins de l’instant. Mais gare à ceux qui s’en écartent ! Excommunication en vue !
Selon la dialectique marxiste, la morale consiste à œuvrer sans réserve à l’accession au pouvoir du prolétariat qui ouvrira l’ère du paradis sur terre : tout est bon, juste, y compris l’infâme et le crime jusqu’à l’écœurement, pour y parvenir. La dialectique soralienne revient, elle, à suivre le doigt sur la couture du pantalon les extravagances et opportunismes du gourou de secours, qui tente tant bien que mal de sauvegarder sa doctrine élastiquement fantaisiste.
Je suis désolé d’avoir à rappeler ici une évidence que le matraquage internautique et les jolies affiches de Maria ont du mal à cacher : la droite des valeurs ne peut en aucun cas s’allier à la gauche du travail car rien n’est plus éloigné que ces deux visions du monde. Autant chercher à mélanger l’eau et l’huile. On ne peut nullement accorder Jean-Jacques Rousseau et René Guénon, concilier Lucien Goldmann et Ananda Coomaraswamy ; ces cocktails sont imbuvables voire toxiques. Il peut, entre ces penseurs, y avoir des constats communs mais point de solides perspectives. Il faut choisir ton camp, camarade ! L’histoire des deux cents dernières années a amplement démontré que l’espoir d’une telle collusion est un vœu pieux de machiavels puérils.
La première fois que j’ai rencontré Soral ce fut à ma demande. C’était en 2003. J’avais assisté devant mon poste de télévision à un débat réjouissant qu’il avait mené sur les ondes de LCI contre Gilles-William Goldnadel, avocat de la Ligue de défense juive et représentant du Likoud en France. Je le félicitai par e-mail. Rendez-vous fut pris dans un bistrot situé dans les parages de son appartement du Marais. Je découvris un curieux personnage dont l’une des premières phrases fut, me dévisageant :
– Tu as un gros nez !
Quand bien même une telle remarque pouvait-elle posséder quelque fond de vérité anatomique, je la trouvai relativement stérile. Je me souvenais que c’était l’une des invectives favorites du béotien Hilarion Lefuneste à l’endroit de son voisin Achille Talon dans la bande dessinée du défunt Greg. Disons-le tout net, une telle considération n’était point au niveau de mes attentes. Je n’ai rien de spécial contre la provocation, tant s’en faut, mais j’espère en général qu’elle se révèle fructueuse, notamment lorsqu’elle provient d’une personne se payant le luxe d’entretenir une prétention intellectuelle d’envergure cosmique. Dans ce cas précis, j’eus beau me creuser le ciboulot, je ne voyais guère ce qui, là-dedans, faisait avancer la discussion d’un quart de poil, fût-il de nez.
Soral ne s’en tint pas à si bon compte et fit le détail de ma tenue vestimentaire qui n’avait point l’heur de le charmer. Je passai aux rayons X : nous n’étions pas chez Socrate à Saint-Tropez mais dans Platon chez les nudistes !
De toute évidence, nos niveaux karmiques ne correspondaient pas. Il ne fallait pas s’appeler Sigmund Freud (qu’il vénérait) pour comprendre que quelque chose clochait chez ce bonhomme aux yeux étrangement fixes, obnubilé par son nombril, incapable de soliloquer moins de deux heures, intolérant à la frustration et à la plus moléculaire critique de ce qu’il appelait « ses » pensées comme s’il en avait déposé le brevet la veille au soir.
Pour bien me faire comprendre que l’écrivain sagace dont le discours m’avait enchanté sur LCI n’existait définitivement pas, il me lâcha : « De toute façon, Goldnadel et moi, on est copains ! On s’écrit, on déjeune ensemble. C’est du cinéma ! Comme tout juif fasciste, il apprécie d’avoir en face de lui un grand blond aux yeux bleus ».
Un ange passa et tressaillit, comme dans les romans de Gérard de Villiers.
Je quittai l’Aryen déplumé sur cette révélation qui n’a pas contribué beaucoup à ce que nos atomes éloignés se raccrochassent.
Plus tard, lorsque nous nous prîmes le bec pour des affaires que je conterai un jour par le menu, il fit savoir sur Facebook à un admirateur qui lui demandait quelle espèce de guignol était ce Blanrue qui refusait mordicus de se plier aux injonctions dignes d’un adjudant de discipline qu’il proférait ad libitum sur son profil : « C’est un partouzard et un franc-maçon ! » Me connaissant moi-même assez bien, j’avais à nouveau trouvé la remarque légère et improductive. De tels bouteillons sont aujourd’hui devenus l’une de ses spécialités ; ceux qui ont cessé de lui plaire après avoir fait partie de sa garde rapprochée, comme Marc George ou Mathias Cardet, ont été taxés d’indics de police ou d’agents de la DCRI, selon la bonne vieille technique de subversion fonctionnant à merveille auprès de décérébrés dont l’angoisse ultime consiste à devoir un jour commencer à penser par eux-mêmes.
Jusqu’où va-t-il descendre ? Telle était la question que je me posais alors.
J’eus une révélation un soir de septembre 2004 quand il me téléphona, affolé, après l’émission Complément d’enquêtes. Il affirma avoir été piégé par Benoît Duquesne en tenant, en compagnie de Dieudonné et Olivier Mukuna, des propos peu hospitaliers à l’égard de la communauté juive. J’avais eu la faiblesse de le trouver culotté ; je le situais dans la tradition du dreyfusiste Bernard Lazare qui l’avait précédé dans cette position dans L’Antisémitisme, son histoire et ses causes (1894) et m’en ouvris à lui en toute franchise. Au bout du fil j’eus affaire à un vieux gamin terrifié, au bord de la crise de nerf, perdant tout sens critique, hurlant que sa carrière médiatique était kaputt : il allait lui falloir fonder fissa une association pour le soutenir et assurer son standing, autrement dit lui payer son tailleur londonien, garnir le fonds de roulement de son appartement parisien et contribuer à ses frais de motocyclette.
Dans les mois suivants, désemparé, angoissé, éperdu, démoralisé, il se montra plus aimable à mon endroit et me demanda d’une voix qui remontait dans les aigus, mais pas dans mon estime, de le rejoindre dans sa nouvelle aventure : « On va faire la révolution ! Nous allons devenir les nouveaux Robespierre ! », me lança-t-il. « Tu seras le Saint-Just des années 2000 ! »
Ce fantasme devint sa rengaine. Il faut préciser qu’à cette époque, Soral ne jurait que par le sanguinaire Incorruptible, Karl Marx, Georg Lukács, Georges Politzer et le « Petit père des peuples ». Il n’avait jamais entendu parler de Julius Evola, sur lequel il ose aujourd’hui donner des conférences comme s’il avait tété La Révolte contre le monde moderne au biberon alors que le penseur italien ne rimait à l’époque pour lui qu’avec Formentera, la fameuse île chic des Baléares, située au sud d’Ibiza, où les parents de sa femme avaient acquis une propriété dans laquelle il passait ses vacances de guérillero propre sur lui. Pour un ancien membre comme moi du Secrétariat du duc d’Anjou, aîné des Capétiens et chef de la maison de Bourbon, la perspective de remettre au goût du jour la Veuve de sinistre mémoire n’avait rien d’excitant. J’avais en outre visité la Pologne communiste écrasée sous la botte du général Jaruzelski et ne conservais pas un impérissable souvenir des chars barrant les rues de Varsovie ni de la descente surprise de la police politique dans mon chalet de Zakopane.
Au fil de nos discussions et rencontres, je compris vite qu’il n’y avait rien à tirer du personnage. Je déclinai quasiment toutes les offres de collaboration qu’il me fit et l’envoyai faire ses classes au Front national, sur lequel il louchait. Je montai l’opération avec l’aide d’un ami appartenant au premier cercle du Menhir. Pour lui donner un coup de pouce, je lui dénichai en cinq minutes la citation exacte de l’historien juif Marc Bloch5 que Le Pen inséra dans son « discours de Valmy » de septembre 2006, corédigé par le maître de l’Égo.
L’ambitieux publiciste se persuada qu’il serait désigné tête de liste en Île-de-France pour les Européennes de 2009. Il ne fit pas long feu dans le parti à la flamme tricolore. La bayonnaise n’avait pas pris. « Adieu, ma jolie ! » eût écrit Raymond Chandler. On connaît la suite : il devint le grand chauve sur un divan rouge, pérorant en roue libre devant sa caméra, vociférant contre des adversaires créés à loisir, fabriquant son rôle de dissident excité du Web, prophétisant avec aplomb « DSK vs. Marine en 2012 » et autres billevesées démenties par l’histoire.
Dans ce livre, Salim Laïbi montre fort bien quel a été son vrai projet tenu caché : regrouper les mécontents de toutes tendances, de la droite à la gauche, des chavezistes aux révisionnistes, des catholiques aux musulmans, et les convaincre coûte que coûte, par moult contorsions et postillons, de reporter leurs voix sur le FN, l’évolution de ce parti fût-elle en totale contradiction avec les attentes de ses propres disciples.
Ce qui est pratique chez Soral c’est qu’à peu près tout y est faux, comme dirait l’historien Éric Conan lorsqu’il cause d’un autre sujet : il n’est point de Soral, descendant par l’escalier de service du Solal de Belle de Seigneur d’Albert Cohen, mais il existe un Bonnet, à la mode de province ; sociologue de quatrième de couverture, il n’a pas de diplôme de sociologie suspendu derrière son bureau ; s’il est entré aux Beaux-Arts, il ne précise oncques dans quel état il en est sorti et reste d’une étonnante discrétion sur ses œuvres artistiques personnelles. Piètre philosophe, boxeur dans ses rêves, romancier dénué de talent de conteur (n’est pas Chuck Palahniuk qui veut !), réalisateur d’un film ni fait ni à faire et politicien virtuel, Soral a en gros tout raté mais aura passé sa vie à tenter de faire accroire le contraire à un public avide de mauvais garçons sachant lire et écrire sans commettre trop de fautes de syntaxe. Dragueur, il l’est, certes, et d’une manière compulsive qu’il revendique avec plus d’ardeur que Casanova et Don Juan réunis, mais sait-on sur cette affaire comme sur tant d’autres la vérité toute nue ? C’est loin d’être assuré, et Salim Laïbi nous en apprend de belles dans les pages qui suivent. Sur ce point, j’ai pour ma part noté que Soral demeure très circonspect relativement à Laurent G., alias Brutus, qui fut comme lui pigiste dans la presse féminine et à qui il emprunta la méthode miracle pour lever de manière expéditive les minettes dans les rues de Paris…
Qu’on ne me fasse pas dire le contraire de ce que je pense. Je ne suis pas du genre à proclamer que Soral a toujours tort. Pour une bonne raison : depuis toujours, il affirme de façon péremptoire tout et le contraire de tout ! À l’instar de l’horloge bloquée, il donne nécessairement l’heure juste deux fois par jour. À ceci près qu’il n’est pas bloqué, mais débloque à pleins tubes ; les théories oiseuses s’échappent de ses circuits neuronaux comme les slogans de marchand de soupe de la tête de Jacques Séguéla. La chose est bien naturelle car selon sa conception utilitariste de la vie, les idées ne sont que de banals outils destinés à promouvoir sa propre personne en toute circonstance.
Pour lui, le vrai et le faux n’existent pas en soi : champion d’éristique6, Soral en fournit la définition en fonction de ce qui lui sied au moment voulu afin de se rallier de nouveaux suffrages et recueillir des vues supplémentaires sur Youtube et Dailymotion. Règne de la Quantité, bonjour à toi ! Ses militants, vaillants et dévoués mais manquant d’expérience, ont beaucoup de peine à suivre la ligne du parti tant elle est sinueuse, courbe, diagonale et zigzagante au gré des besoins de l’instant. Mais gare à ceux qui s’en écartent ! Excommunication en vue !
Selon la dialectique marxiste, la morale consiste à œuvrer sans réserve à l’accession au pouvoir du prolétariat qui ouvrira l’ère du paradis sur terre : tout est bon, juste, y compris l’infâme et le crime jusqu’à l’écœurement, pour y parvenir. La dialectique soralienne revient, elle, à suivre le doigt sur la couture du pantalon les extravagances et opportunismes du gourou de secours, qui tente tant bien que mal de sauvegarder sa doctrine élastiquement fantaisiste.
Je suis désolé d’avoir à rappeler ici une évidence que le matraquage internautique et les jolies affiches de Maria ont du mal à cacher : la droite des valeurs ne peut en aucun cas s’allier à la gauche du travail car rien n’est plus éloigné que ces deux visions du monde. Autant chercher à mélanger l’eau et l’huile. On ne peut nullement accorder Jean-Jacques Rousseau et René Guénon, concilier Lucien Goldmann et Ananda Coomaraswamy ; ces cocktails sont imbuvables voire toxiques. Il peut, entre ces penseurs, y avoir des constats communs mais point de solides perspectives. Il faut choisir ton camp, camarade ! L’histoire des deux cents dernières années a amplement démontré que l’espoir d’une telle collusion est un vœu pieux de machiavels puérils.
« Soral a raison ! » Fort bien, mais à quelle heure ?
De surcroît, il est inutile et nuisible
de faire appel à la gauche du travail dont nous avons soupé et qui n’a
jamais réussi à assurer la prospérité de la nation ni le bonheur de la
classe ouvrière. La droite, je parle de la droite non parlementaire, non
bancaire mais traditionnelle, celle dont les valeurs, précisément, ont
façonné les grandes civilisations du passé, la droite ouverte à la
transcendance, partisane d’un pouvoir émanant d’en-haut et non d’en-bas,
a été la première à se préoccuper du sort des pauvres gens. Au XIXe siècle, l’économiste royaliste Villeneuve-Bargemon, le légitimiste Armand de Melun, n’attendirent pas la publication du Capital
pour agir en faveur de la condition ouvrière et contre l’exploitation
du travail des enfants, au même titre qu’Albert de Mun, François René de
La Tour du Pin ou le comte de Chambord, héritier des rois de France,
dans sa « Lettre sur les ouvriers » (1865). Dans les pays où se
produisit un fulgurant redressement économique au cours de la première
moitié du XXe siècle, c’est l’union des catégories sociales
au sein des métiers qui fut l’instrument privilégié de la restauration
nationale. L’amélioration du sort des démunis ne fut pas effectuée en
mettant en pratique des théories prônant la lutte des classes, promue
moteur de l’histoire (une blague de potaches hégéliens que nul
scientifique n’a jamais pu démontrer), mais en associant ouvriers,
classes moyennes et patrons, en les faisant communier dans un esprit de
solidarité à la recherche du Bien commun afin de vaincre le capitalisme
international et le communisme sans patrie, ces deux idéologies sœurs
niant chacune dans son genre la souveraineté des nations au bonheur des
cosmopolites promoteurs du déracinement.
Un rassemblement social de cette nature, pierre angulaire de toute reconstruction durable, ne figure pas au programme d’Égalité et Réconciliation, acquise aux thèses malheureuses du terne marxo-rousseauiste Michel Clouscard, pompées d’ailleurs sans l’assentiment du pauvre vieux. On ne trouve pas davantage, dans les intentions de l’association, l’arrêt immédiat de l’avortement, qui tue légalement en France plus de 200 000 bébés par an depuis près d’un demi-siècle, ni la défense et la promotion de la famille, cellule de base de toute société harmonieuse, comme Charles Maurras n’a cessé de l’enseigner en bataillant contre les principes républicains qui font reposer la société sur l’individu atomisé. De toute évidence, si l’on reprend les catégories évoliennes, Soral préfère de loin, pour des raisons intimes, la figure de l’Hétaïre à celle de la Mère, ignorée et balayée de sa Weltanschauung portative ; hélas, il a réussi à transmettre ses névroses à ses fans.
Sur les forums, son dernier carré de fidèles reprend en chœur la formule qu’il s’est forgée sur mesure en recopiant celle d’un universitaire célèbre pour sa prestation au Zénith en décembre 2008 : « Soral a raison ! » Fort bien, mais à quelle heure ? Quand il se fait déclarer P4 pour échapper à son service militaire comme n’importe quel gauchiste crachant sur le drapeau ou lorsqu’il déclame en bon patriote son amour de la Légion ? Quand il professe que Jésus est « un juif en slip sur la croix » ou qu’il se propulse « chrétien sans reproche » ? Quand il sort un DVD pour initier ses apôtres à la boxe française ou quand il court se réfugier dans un Franprix durant une rixe survenue entre ses militants et les antifas au marché Pyrénées dans le XXe arrondissement de Paris ? Quand il écrit « Marine m’a tuer » ou quand il appelle à voter pour « la moins sioniste des candidats » ?
Au-delà de nos désaccords de fond liés à son idéologie sans cohérence et à sa personnalité patibulaire, le principal reproche que j’adresserai à Soral est d’avoir fait fructifier une petite entreprise cynique au détriment de l’objectif annoncé à l’origine : le renversement du système. Le slogan de Kontre Kulture : « Produits dissidents en tous genres » en dit long sur la mentalité ayant présidé à sa création. On ne devient pas Maximilien de Robespierre en vendant des mugs, Louis-Antoine de Saint-Just en refourgant des bouteilles de pinard labellisé dissident, Camille Desmoulins en brocantant des lampes Petromax, Jean-Paul Marat en éditant des livres dont une large part sont disponibles gratuitement sur le Net. C’est une galéjade. On ne bouscule pas non plus le pouvoir en promouvant l’insulte ad personam comme outil de propagande systématique.
Nous sommes devenus lourds, solitaires, ennuyeux, désespérés. Ce qui manque cruellement à notre société fragmentée et désenchantée c’est une haute spiritualité, des mots, des chants, des poèmes, des prières contribuant à fortifier les âmes en peine et à réinstaurer le sacré dans les lieux que la Technique a arraisonnés. Sans doute, notre époque plongée dans les affres du Kali Yuga, l’Âge sombre, l’Âge de fer, ne permet-elle pas de ressusciter les grandes heures passées de sainteté et d’héroïsme. Mais sans retour vers la Tradition, tout projet politique est destiné à tourner indéfiniment en rond. « Seul un Dieu peut encore nous sauver » fut l’une des dernières paroles de Martin Heidegger, le philosophe majeur du XXe siècle. Il s’agirait de prendre cette sentence au sérieux, mais Soral n’a pas compris le tiers du quart de ce qu’a enseigné l’auteur d’Être et Temps (1927) qu’il brocarde dans ses bouquins parce que son maître Lukács ne pouvait pas le blairer.
Durant les dix années qu’a duré E&R, l’homme-lige de Philippe Péninque n’a fait que conduire ses suiveurs dans une impasse. Ce n’est point le bricolage politique, et encore moins celui faisant la promotion de la lutte des classes sous le masque du nationalisme, qui nous sauvera du chaos ; ce sont l’évolution de nos consciences et notre attitude devant l’Inconditionné qui peuvent contribuer à nous transformer en passeurs et en éveilleurs, dans une France décrépite n’ayant plus l’énergie de mener à bien une contre-révolution au sens où Joseph de Maistre l’entendait, c’est-à-dire non comme une révolution contraire mais comme le contraire d’une révolution (Considérations sur la France, 1796).
Pour le moment, seules la localité alternative, la micro-société, la dynamique de réseau, le maillage sont une propédeutique au changement global. Tout doit commencer par la révolution intérieure, au sein du royaume qu’est notre esprit ; les idées doivent se propager comme une onde, de proche en proche, sans publicité mensongère, sans tous ces mots dépassant la pensée et ces pensées dépassant les capacités de l’époque. Le royaume intérieur doit s’ancrer dans un principe d’airain : « Sois ce que tu voudrais voir advenir ».
Show autopromotionnel, le discours soralien n’a servi de rien et surtout pas à l’avancement d’un esprit salvateur revêtant ce caractère. En aucun cas, Soral ne nous a montré qu’il était le modèle de l’homme que nous voulions voir advenir. Il eût fait merveille dans la vente d’aspirateurs à domicile ou comme aboyeur pour un spectacle de catcheuses dans de l’huile de vidange, mais comme penseur de l’avenir ? No way !
Il existe deux catégories d’êtres : il y a ceux, comme Salim Laïbi, qu’on apprécie davantage lorsqu’on les côtoie jour après jour et puis les autres, tel Soral, dont la fréquentation suscite un rejet quasi-immédiat du fait de leur noirceur d’âme. Au fond, l’un de ses principaux problèmes est d’avoir oublié qu’il ne faisait rien d’autre que de jouer un rôle de composition, une comédie à laquelle il avait eu lui-même du mal à croire à ses débuts ; il a dû déployer des efforts considérables pour se débarrasser de cette pensée paralysante et se hisser sur le pavois. De là proviennent ses collisions intérieures difficilement gérables et des crashes désormais connus de tous.
Au lieu de chercher à devenir, sans jamais s’en approcher, la synthèse de Clausewitz, Lénine, Mussolini et Mohamed Ali, il eût été préférable que Soral se contentât d’un rôle à sa mesure. S’il est un domaine dans lequel je ne remets guère en cause ses compétences, c’est indéniablement celui de la mode masculine. Imbattable sur le pantalon de velours à bretelles, il est aussi incollable sur la cravate rétro et le nœud papillon tendance ; je ne lui chercherai pas querelle sur les subtilités du look new wave. Bien distribué, mieux conseillé, il aurait pu devenir la Mademoiselle Agnès de la dissidence. Son côté fashionista s’y serait épanché pour l’agrément de tous. Tant pis ! On constate une nouvelle fois ce qui arrive quand une vocation est contrariée !
Un rassemblement social de cette nature, pierre angulaire de toute reconstruction durable, ne figure pas au programme d’Égalité et Réconciliation, acquise aux thèses malheureuses du terne marxo-rousseauiste Michel Clouscard, pompées d’ailleurs sans l’assentiment du pauvre vieux. On ne trouve pas davantage, dans les intentions de l’association, l’arrêt immédiat de l’avortement, qui tue légalement en France plus de 200 000 bébés par an depuis près d’un demi-siècle, ni la défense et la promotion de la famille, cellule de base de toute société harmonieuse, comme Charles Maurras n’a cessé de l’enseigner en bataillant contre les principes républicains qui font reposer la société sur l’individu atomisé. De toute évidence, si l’on reprend les catégories évoliennes, Soral préfère de loin, pour des raisons intimes, la figure de l’Hétaïre à celle de la Mère, ignorée et balayée de sa Weltanschauung portative ; hélas, il a réussi à transmettre ses névroses à ses fans.
Sur les forums, son dernier carré de fidèles reprend en chœur la formule qu’il s’est forgée sur mesure en recopiant celle d’un universitaire célèbre pour sa prestation au Zénith en décembre 2008 : « Soral a raison ! » Fort bien, mais à quelle heure ? Quand il se fait déclarer P4 pour échapper à son service militaire comme n’importe quel gauchiste crachant sur le drapeau ou lorsqu’il déclame en bon patriote son amour de la Légion ? Quand il professe que Jésus est « un juif en slip sur la croix » ou qu’il se propulse « chrétien sans reproche » ? Quand il sort un DVD pour initier ses apôtres à la boxe française ou quand il court se réfugier dans un Franprix durant une rixe survenue entre ses militants et les antifas au marché Pyrénées dans le XXe arrondissement de Paris ? Quand il écrit « Marine m’a tuer » ou quand il appelle à voter pour « la moins sioniste des candidats » ?
Au-delà de nos désaccords de fond liés à son idéologie sans cohérence et à sa personnalité patibulaire, le principal reproche que j’adresserai à Soral est d’avoir fait fructifier une petite entreprise cynique au détriment de l’objectif annoncé à l’origine : le renversement du système. Le slogan de Kontre Kulture : « Produits dissidents en tous genres » en dit long sur la mentalité ayant présidé à sa création. On ne devient pas Maximilien de Robespierre en vendant des mugs, Louis-Antoine de Saint-Just en refourgant des bouteilles de pinard labellisé dissident, Camille Desmoulins en brocantant des lampes Petromax, Jean-Paul Marat en éditant des livres dont une large part sont disponibles gratuitement sur le Net. C’est une galéjade. On ne bouscule pas non plus le pouvoir en promouvant l’insulte ad personam comme outil de propagande systématique.
Nous sommes devenus lourds, solitaires, ennuyeux, désespérés. Ce qui manque cruellement à notre société fragmentée et désenchantée c’est une haute spiritualité, des mots, des chants, des poèmes, des prières contribuant à fortifier les âmes en peine et à réinstaurer le sacré dans les lieux que la Technique a arraisonnés. Sans doute, notre époque plongée dans les affres du Kali Yuga, l’Âge sombre, l’Âge de fer, ne permet-elle pas de ressusciter les grandes heures passées de sainteté et d’héroïsme. Mais sans retour vers la Tradition, tout projet politique est destiné à tourner indéfiniment en rond. « Seul un Dieu peut encore nous sauver » fut l’une des dernières paroles de Martin Heidegger, le philosophe majeur du XXe siècle. Il s’agirait de prendre cette sentence au sérieux, mais Soral n’a pas compris le tiers du quart de ce qu’a enseigné l’auteur d’Être et Temps (1927) qu’il brocarde dans ses bouquins parce que son maître Lukács ne pouvait pas le blairer.
Durant les dix années qu’a duré E&R, l’homme-lige de Philippe Péninque n’a fait que conduire ses suiveurs dans une impasse. Ce n’est point le bricolage politique, et encore moins celui faisant la promotion de la lutte des classes sous le masque du nationalisme, qui nous sauvera du chaos ; ce sont l’évolution de nos consciences et notre attitude devant l’Inconditionné qui peuvent contribuer à nous transformer en passeurs et en éveilleurs, dans une France décrépite n’ayant plus l’énergie de mener à bien une contre-révolution au sens où Joseph de Maistre l’entendait, c’est-à-dire non comme une révolution contraire mais comme le contraire d’une révolution (Considérations sur la France, 1796).
Pour le moment, seules la localité alternative, la micro-société, la dynamique de réseau, le maillage sont une propédeutique au changement global. Tout doit commencer par la révolution intérieure, au sein du royaume qu’est notre esprit ; les idées doivent se propager comme une onde, de proche en proche, sans publicité mensongère, sans tous ces mots dépassant la pensée et ces pensées dépassant les capacités de l’époque. Le royaume intérieur doit s’ancrer dans un principe d’airain : « Sois ce que tu voudrais voir advenir ».
Show autopromotionnel, le discours soralien n’a servi de rien et surtout pas à l’avancement d’un esprit salvateur revêtant ce caractère. En aucun cas, Soral ne nous a montré qu’il était le modèle de l’homme que nous voulions voir advenir. Il eût fait merveille dans la vente d’aspirateurs à domicile ou comme aboyeur pour un spectacle de catcheuses dans de l’huile de vidange, mais comme penseur de l’avenir ? No way !
Il existe deux catégories d’êtres : il y a ceux, comme Salim Laïbi, qu’on apprécie davantage lorsqu’on les côtoie jour après jour et puis les autres, tel Soral, dont la fréquentation suscite un rejet quasi-immédiat du fait de leur noirceur d’âme. Au fond, l’un de ses principaux problèmes est d’avoir oublié qu’il ne faisait rien d’autre que de jouer un rôle de composition, une comédie à laquelle il avait eu lui-même du mal à croire à ses débuts ; il a dû déployer des efforts considérables pour se débarrasser de cette pensée paralysante et se hisser sur le pavois. De là proviennent ses collisions intérieures difficilement gérables et des crashes désormais connus de tous.
Au lieu de chercher à devenir, sans jamais s’en approcher, la synthèse de Clausewitz, Lénine, Mussolini et Mohamed Ali, il eût été préférable que Soral se contentât d’un rôle à sa mesure. S’il est un domaine dans lequel je ne remets guère en cause ses compétences, c’est indéniablement celui de la mode masculine. Imbattable sur le pantalon de velours à bretelles, il est aussi incollable sur la cravate rétro et le nœud papillon tendance ; je ne lui chercherai pas querelle sur les subtilités du look new wave. Bien distribué, mieux conseillé, il aurait pu devenir la Mademoiselle Agnès de la dissidence. Son côté fashionista s’y serait épanché pour l’agrément de tous. Tant pis ! On constate une nouvelle fois ce qui arrive quand une vocation est contrariée !
Paul-Éric Blanrue
Paris, 3 août 2015
1- Rendons grâce au Seigneur notre Dieu.
2- Voyez le film On ne vit que deux fois, 1967.
3- « D’après la conception matérialiste
de l’histoire, le facteur déterminant dans l’histoire est, en dernière
instance, la production et la reproduction de la vie réelle » (21-22
septembre 1890).
4- http://editionsfiatlux.com/actu/Dortiguier-contre-Nietzsche-Blanrue/
5- « Qui n’a pas vibré au sacre de Reims et à la fête de la Fédération n’est pas vraiment français ! »
6- L’éristique est l’art d’avoir toujours
raison : dans un ouvrage éponyme, l’immense Arthur Schopenhauer a fait
la recension de ces méthodes de mauvaise foi, pour montrer le
scepticisme qu’il convient d’accorder aux constructions de l’esprit
humain.
mercredi 9 septembre 2015
mardi 8 septembre 2015
"Un véritable maître ne cesse de préparer le disciple à l'indépendance... Un maître digne de ce nom ne peut pas attacher un disciple à lui ni entretenir cette dépendance... Le vrai maître n'enseigne que ce qu'il a d'abord accompli lui-même et chacune de ses paroles exprime la vérité de son être" - Arnaud Desjardins, "Les Chemins de la sagesse", 1999.
Réaction de Marc George, ancien Secrétaire général d'Égalité & Réconciliation, à la préface de Blanrue.
Je viens de lire la préface du livre de LLP sur Soral, que son auteur, le camarade Paul-Éric Blanrue,
a eu la gentillesse de m'adresser. Abstraction faite de ses positions
manichéennes sur le marxisme - je préfère en la matière les analyses de
De Benoist - c'est un vrai petit moment de bonheur que de lire ce texte
de vingt pages. De par sa plume comme de coutume très agréable d'abord,
mais également parce que le drôlatique portrait de Soral qu'il y dresse,
et pour lequel il s'appuie sur quelques
savoureuses anecdotes, est d'une justesse absolue. "Soral a raison
certes, mais à quelle heure ?", se demande l'historien journaliste, en
soulignant que l'une des particularités d'Alain, - outre sa méchanceté
maladive - est de raconter tout et n'importe quoi, tout et son
contraire, sur moult sujets, au gré de l'humeur et des intérêts du
moment. Sûr de son flair, il se contredit en permanence, mais comme le
souligne Blanrue, ne manque pas du coup d'avoir raison de temps à
autres, à l'image de ces voyantes qui au milieu de cent prédictions
démenties, en font une bonne, qui servira de "preuve" à leur clientèle.
Soral - dont on me dit qu'il vient de lâcher et d'insulter Le Pen père
dans sa dernière vidéo - entendra-t-il Blanrue quand ce dernier rappelle
que la révolution et le changement doivent être d'abord internes, sauf à
n'être que du vent, au mieux, et de la manipulation, au pire ? C'est
son problème. Quant à nous, instruits par cette expérience passée, il
nous faut désormais regarder devant, ce naufrage ne nous concerne plus.
Marc George
Important communiqué de Julien Teil.
Important communiqué de Julien Teil :
"Les Editions CULTURE
POUR TOUS ont édité le livre intitulé Le livre noir des ONG sans
l’accord de son auteur, Monsieur Julien TEIL, et sans que ce dernier ait
pu valider la version définitive."
Un avocat est sur l'affaire.
La semaine de Soral.
"Le Pen aurait dû se retirer du Front par le haut en écrivant ses
Mémoires pour aider sa fille tout en pouvant dire ce qu’il voulait. Or
là il a fait une petite interview à Rivarol, c’est pas au niveau ! Je
suis à la fois très attaché affectivement à Le Pen, mais il ne faut pas se voiler la face : il est en réalité entièrement responsable de ce qui
se passe en ce moment. En dernière instance comme souvent, il n’est pas
au niveau de ce qui aurait pu être sa destinée historique ! D’autant que
j’ai écouté le discours de Marine Le Pen sur BFM, il était parfait en
tant que discours qu’on ne peut qu’applaudir du premier au dernier
mot...”
Et voilà !
La citation date de la vidéo payante (2 euros, ça vaut pas plus) de dimanche soir.
On attend le prochain retournement de veste dialectique ! En avant-dernière instance !
Et voilà !
La citation date de la vidéo payante (2 euros, ça vaut pas plus) de dimanche soir.
On attend le prochain retournement de veste dialectique ! En avant-dernière instance !
Lettre d'une lectrice au sujet de la préface de Blanrue au livre de Salim Laïbi sur Alain Soral.
Cher Paul-Éric Blanrue,
Je tenais à vous adresser une
lettre de félicitation après avoir découvert votre préface du livre de Salim
Laïbi. Je dois dire que vous dépeignez avec justesse le personnage Soral et
répondez aussi au personnage sur son discours.
Je tenais également à vous donner
mon humble avis sur les critiques qui pleuvent sur qui ose s’en prendre à
Soral.
Il n’est évidemment pas question de renier tout ce qu’a dit ou fait Soral,
puisque certaines de ses analyses sont vraies[1]
et que vendre des livres n’est pas un défaut loin de là, ce n’est pas ce qui
lui est reproché. Mais la question dans toute entreprise part de son intention
jusqu’aux objectifs. Comme disait son "bras droit Jésus" : "Dieu regarde
d’abord les intentions qui émanent du cœur". Il y a en effet une grande
différence entre utiliser des arguments politiques et historiques pertinents dans
le but d’ouvrir les consciences et d’élever les âmes afin d’opérer des moyens
de résistance à sa propre échelle (ce qui n’empêche effectivement pas d’en
vivre), et utiliser ces mêmes arguments politiques et historiques mais dans le
but de rallier des gens à des intérêts plus ou moins obscurs (le fric comme
priorité, les liens avec le Front). Ce n’est donc pas tant les sommes que gagne
Soral qui nous intéressent mais plutôt la réalité de son combat. La réalité se
résume à donner son avis sur une vidéo et surtout gagner de l’argent sur le dos
d’un combat ! Pourvu que le combat dure alors….
En outre, sur les questions de fond, il faut avouer qu’il est difficile
de dire si Soral « a raison » ou s’il se trompe, étant donné qu’il
change d’avis pratiquement tout le temps !
Le dernier en date est sa position vis-à-vis du Front National. Soral
nous avait dit dans ses vidéos que Marine était « la meilleure résistante au système », qu'elle ne pouvait pas
devenir « une soumise intégrale »
de par son histoire, son parcours et le fait qu'en face d'elle il y avait des
racialistes qui ne pourraient jamais l'adouber[2].
Ce même Soral nous dit aujourd’hui que Marine est sur une ligne sioniste et
qu’il avait toujours su qu’il en irait ainsi. C’est ce qui explique que son
site, Égalité et Réconciliation, ressorte un texte retranscrit d'une de ses
vidéos, intitulé « L’avenir du front
National: ce qu’écrivait Alain Soral en 2008 ». A travers cet article Soral
nous met en garde sur la mutation qui se joue au Front, qui pour se « dédiaboliser » abandonnerait le
politiquement incorrect. Le FN qui depuis peu, aurait rejoint les analyses de
Soral sur le plan économique ferait alors une erreur monumentale en cédant sur
le plan idéologique pour rallier le mondialisme. A.S. valide donc la ligne
économique et sociale mais fournit une critique acerbe sur l’abandon de la
ligne idéologique. Admettons.
Mais pourquoi donc, après avoir repéré cette gangrène, avoir soutenu le
FN? Pensait-il faire « pression de
l’extérieur » comme il aime à le dire? Nous aurions pu lui concéder le
bénéfice du doute face aux bons sentiments qui l’animaient. Cependant, pourquoi
avoir alors affirmé dans une vidéo en 2011, en réponse à ceux, (qu’il nomme les
"imbéciles" ou les "agents"), qui lui demandaient si Marine était sioniste ou non:
« Marine essaye de se rapprocher du
pouvoir […] si vous voulez vous rapprocher du pouvoir, vous ne pouvez pas être
antisioniste frontal. […] Marine a compris qu’il fallait qu’elle donne des
gages pour ne pas être diabolisée ». Pour couronner le tout, Soral ajoute
dans ce passage que le principal combat de Marine était l’économique et le
social (la gauche du travail) qui étaient, pour ceux qui avaient bien compris,
« le vrai combat antisioniste car
résistance au mondialisme ». Très bien, mais ces propos annulent l’argumentaire
de Soral de 2008.
Et qu’en est-il de son soutien au Front qui présentait Philippot sous les
traits d’« un gars sur la ligne ER »,
qui devait faire plier la ligne Aliot ? La grande faculté de Soral c’est
qu’il peut aujourd’hui vous critiquer Marine et même le Menhir, comme il vous
les vendait hier !
Les pirouettes de Soral font penser à ces hommes qui remplissaient la Chambre des pairs, fruit
d’une période de turbulence de la vie politique française: la Révolution, l’Empire, la Restauration… où des
petits Soral ont prospéré vantant eux aussi des idées vraies mais dans le but
de garder leur fauteuil au Palais du Luxembourg, et qui furent immortalisés
dans le Dictionnaire des girouettes en
1815.
L’objectif étant de tenter de mieux comprendre les retournements de veste
de notre "ami", il n’est pas absurde de s’intéresser à ce qui se passe derrière
le rideau, afin de voir ses soutiens, notamment financiers !
Pourquoi donc certains acceptent aisément le dicton « d’où vient
l’argent » quand il s’agit des autres et pas quand il s’applique à
Soral ? Il est important de connaître ses accointances avec le Front et ce
qu’il fait de l’argent de l’association ER puisque cela influe sur ses
positionnements. Il n’est donc pas obscène, comme le disait Soral, de savoir
d’où vient et où va l’argent, surtout quand on prétend faire de la politique.
Je vous épargnerai l’épisode de l’homme qui disait: « pour faire de la politique, il faut sortir
du système électoraliste », car la métapolitique, selon lui, permettait de
sortir de la politique politicienne et de la logique électoraliste à court
terme. Ce même homme est à la tête aujourd’hui, du parti Réconciliation Nationale…
Quant aux défenseurs de Soral qui nous disent que les attaques auraient pu
s’abstenir de divulguer des détails sur sa vie privée qui ne font pas honneur
au combat et n’ont pas de sens sur le terrain des idées. Nous aurions pu souscrire
à cet argument, mais pas quand l’homme concerné nous dit pour appuyer ses dires,
qu’il est instructeur de boxe, qu’il s’est battu contre diverses adversaires
dans la rue ou en soirée, qu’il aime les femmes et méprise les
« pédés », que Jésus serait assis à côté de lui, etc. C’est bien
Alain Soral qui nous a appris cela et qui s’en est vanté. Or quand tout cela
est faux, il faut savoir la boucler…
Soral ne peut pas non plus demander à ses adversaires une élégance quand
lui, homme d’un autre niveau, est le premier à taper en dessous de la ceinture.
Doit-on rappeler ses sorties sur la vie privée ou le physique de Maffesoli,
Arielle Dombasle, Joey Starr, Guillon, Noah et même sur l’adorable Marion
Sigaut, alors que cela n’avait pas d’intérêt dans l’argumentaire « des
idées » ?
« Y’a des impulsifs qui téléphonent, d’autres
qui se déplacent » comme disait Michel Audiard. Soral fait partie de la première
catégorie. Il passe des coups fils sans cesse pour « s’occuper du cas untel... », rassembler l’entourage d’un ennemi
pour faire des vidéos, sortir des infos poubelles ou humiliantes sur
l’intéressé.
Il n’est peut-être pas évident pour ceux qui l’ont suivi d’admettre
ces faits tant, l’essayiste nous a fait admettre que la moindre critique à son
égard serait vue comme une attaque du système ou de la jalousie. Nous refaisant
un remake d’Andersen, Soral réveille
ce vieux réflexe pavlovien qui nous empêche de voir les choses telles qu’elles
sont, ainsi il nous rejoue le tour des
deux tailleurs-escrocs venus présenter à l’empereur une étoffe que seules les
personnes sottes ne pouvaient pas voir.
Prendre les gens pour des cons à ce point, moi je dis que ça devient
gênant… Il est temps de dire que « le roi est nu », en l’occurrence l’expression
est ici assez bien choisie car souvent illustrée par cet homme passé maître
dans l’art du selfie.
Il est donc important de rappeler que si Soral dit des choses vraies
(comme d’autres), il ne fait pas autre chose que donner son opinion sur un
canapé ou dans une salle des fêtes ; après avoir jeté un œil sur son fil
d’actualité facebook. Pour le reste, il s’occupe de faire vendre des produits.
Peut-on un instant le comparer à Ratier pour sa capacité de
travail ? À vous, Paul-Eric Blanrue qui avez produit entre autres : Le Monde contre soi: anthologie des propos
contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme, Sarkozy, Israël et les juifs et Jean-Marie,
Marine et les juifs, que jamais Soral n’aurait eu la capacité de produire.
Peut-on rappeler à Soral que la majorité de ses procès sont le fruit
d’insultes et pas d’idées ? Que vous aussi, Paul-Eric Blanrue, passiez
avant à la télé et que vous avez connu les plus grandes difficultés à
travailler après avoir lié votre nom à celui de Faurisson, ce que Soral a
longuement hésité à faire tant il avait les michokottes ?
Enfin, peut-il autant se plaindre que Vincent Reynouard qui connaît lui de
réelles menaces ?
Afin d’achever
cette lettre, il faut commencer par dire à Soral d’arrêter de prendre chaque
critique pour de la jalousie ou pour une attaque du système, qui serait
orchestrée par une cellule du ministère de l’Intérieur. Balkany a aussi beaucoup de procès et ce
n’est pas un ennemi de l’Empire ! Il faut savoir regarder les choses en
face, il s’agit peut-être simplement de personnes qui souhaitent éclairer les
réelles intentions du père Soral. En effet, je me souviens d’un jour où ce
dernier critiquait Eric Zemmour car selon lui, il disait des choses justes mais
déviait les sujets intéressants pour amener les gens à des conclusions fausses.
Soral avait alors rétorqué une phrase de ce style : « Je préfère un
pourri intégral à quelqu’un qui dit des demi-vérités ». Aujourd’hui, ils
sont plusieurs à souhaiter dire la même chose à Monsieur Soral.
La dernière chose
qu’on pourra dire à Soral c’est que plus jamais il ne pourra rire du faux
diplôme de Gilles Berheim, des séances de jambes en l’air d’Arielle Dombasle,
du « coup d’état permanent » de Mitterand, ou des tendances saphiques
de certaines journalistes.
Pour les
spectateurs, un moment de réflexion
s’impose. Semblable au syndrome qui s’était emparé du personnage de Grace sous
les traits de Nicole Kidman dans Dogville,
il est temps de dépasser l’impression ou la compassion que peut susciter le
personnage Soral pour savoir admettre quand il agit mal ou quand il se trompe,
sans lui chercher des excuses qu’il ne prend même plus la peine de trouver.
Quant à estimer qu’il s’agit d’une
attaque du système, cela est le comble du ridicule… Les agents envoyés seraient
donc si médiocres ? Il faut peut-être aujourd’hui considérer que soit les
services du Mossad sont très mauvais, soit Soral a un service de protection
digne de Fidel Castro et un cabinet noir à faire pâlir celui de feu Louis XIV!
Pour les proches
de Soral, il n’y a rien à leur dire, car ils savent. On pourrait juste leur
donner ce conseil du "diable boiteux" : « Un
ministère qu’on soutient est un ministère qui tombe ». Pour les autres,
ceux qui voient de loin, je leur conseille de méditer cette phrase de Miguel de
Unamuno: « Une foi qui ne doute pas est
une foi morte ».
Votre obligée,
L.
Soral a raison ! Mais à quelle heure ?
Court extrait de la (longue) préface de Blanrue :
"Sur les forums, son
dernier carré de fidèles reprend en chœur la formule qu’il s’est forgée
sur mesure en recopiant celle d’un universitaire célèbre pour sa
prestation au Zénith en décembre 2008 : « Soral a raison ! » Fort bien,
mais à quelle heure ? Quand il se fait déclarer P4 pour échapper à son
service militaire comme n’importe quel gauchiste crachant sur le drapeau
ou lorsqu’il déclame en bon patriote son
amour de la Légion ? Quand il professe que Jésus est « un juif en slip
sur la croix » ou qu’il se propulse « chrétien sans reproche » ? Quand
il sort un DVD pour initier ses apôtres à la boxe française ou quand il
court se réfugier dans un Franprix durant une rixe survenue entre ses
militants et les antifas au marché Pyrénées dans le XXe arrondissement
de Paris ? Quand il écrit « Marine m’a tuer » ou quand il appelle à
voter pour « la moins sioniste des candidats » ?
Au-delà de nos désaccords de fond liés à son idéologie sans cohérence et à sa personnalité patibulaire, le principal reproche que j’adresserai à Soral est d’avoir fait fructifier une petite entreprise cynique au détriment de l’objectif annoncé à l’origine : le renversement du système. Le slogan de Kontre Kulture : « Produits dissidents en tous genres » en dit long sur la mentalité ayant présidé à sa création. On ne devient pas Maximilien de Robespierre en vendant des mugs, Louis-Antoine de Saint-Just en refourgant des bouteilles de pinard labellisé dissident, Camille Desmoulins en brocantant des lampes Petromax, Jean-Paul Marat en éditant des livres dont une large part sont disponibles gratuitement sur le Net. C’est une galéjade. On ne bouscule pas non plus le pouvoir en promouvant l’insulte ad personam comme outil de propagande systématique."
Au-delà de nos désaccords de fond liés à son idéologie sans cohérence et à sa personnalité patibulaire, le principal reproche que j’adresserai à Soral est d’avoir fait fructifier une petite entreprise cynique au détriment de l’objectif annoncé à l’origine : le renversement du système. Le slogan de Kontre Kulture : « Produits dissidents en tous genres » en dit long sur la mentalité ayant présidé à sa création. On ne devient pas Maximilien de Robespierre en vendant des mugs, Louis-Antoine de Saint-Just en refourgant des bouteilles de pinard labellisé dissident, Camille Desmoulins en brocantant des lampes Petromax, Jean-Paul Marat en éditant des livres dont une large part sont disponibles gratuitement sur le Net. C’est une galéjade. On ne bouscule pas non plus le pouvoir en promouvant l’insulte ad personam comme outil de propagande systématique."
Le Mythomane - La Face cachée d'Alain Soral, de Salim Laïbi (éditions Fiat Lux).
Préface (20 pages) : Paul-Éric Blanrue.
Postface : Pierre Dortiguier.
Vous pouvez commander le livre en suivant ce lien : http://
Également disponible chez Amazon et PriceMinister.
lundi 7 septembre 2015
Le livre choc de la rentrée : "Le Mythomane - La Face cachée d'Alain Soral" de Salim Laïbi ! Préface de Blanrue. Postface de Dortiguier.
Incontournable nouveauté du mois : Le Mythomane - La Face cachée d'Alain Soral, de Salim Laïbi (éditions Fiat Lux).
Préface (20 pages) : Paul-Éric Blanrue.
Postface : Pierre Dortiguier.
Vous pouvez commander le livre en suivant ce lien : http:// editionsfiatlux.com/ le-mythomane-la-face-cachee -d-alain-soral
Également disponible chez Amazon et PriceMinister.
Préface (20 pages) : Paul-Éric Blanrue.
Postface : Pierre Dortiguier.
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Interdit chez Kontre Kulture,
recommandé par le Clan des Vénitiens !
vendredi 4 septembre 2015
Déferlante migratoire : Kadhafi avait tout annoncé !
Eux aussi, les Italiens avaient (comme souvent) bien vu ce qui allait se passer.
"23 Février 2011 - 9h57. Le ministre italien des Affaires étrangères,
Franco Frattini, craint un «exode biblique» de migrants venus de Libye
si Mouammar Kadhafi tombe, et juge «impossible d'imaginer» l'avenir en
cas de chute du dirigeant libyen. «Nous savons à quoi nous attendre
quand le régime libyen tombera : une vague de 200 000 à 300 000
immigrés. Soit dix fois plus que le phénomène des Albanais dans les
années 1990», met-il en garde, jugeant que ce sont des estimations
basses."
jeudi 3 septembre 2015
La très curieuse affaire Éric Laurent.
![]() |
| Éric Laurent |
Comme il est étrange de voir cette récente levée de boucliers de journalistes parisiens bien-pensants contre leur confrère Eric Laurent et son enquêtrice de choc, Catherine Graciet, tous deux accusés de chantage et d’extorsion de fonds dans une affaire qui a défrayé la chronique la semaine dernière ! S’il y a bien une règle de bienséance dans la presse française, c’est de ne jamais tirer à vue sur un camarade à terre parce qu’il a fauté. Les journalistes passent en général sous silence les peccadilles de leurs pairs dans l’exercice de leur métier. Même dans des affaires plus graves de déontologie, ou de plagiat, on ne la ramène pas. On se serre les coudes, car finalement c’est toute la profession qui en pâtit et se retrouve en ligne de mire.
Et il y a tellement de lièvres à courir, que de s’attaquer à un confrère n’est certainement pas productif et peut être interprété comme une preuve de faiblesse…
Mais alors là c’est du jamais vu ! Un rédacteur en chef (en titre) du Journal du Dimanche et pas n’importe lequel, l’auto-désigné franc-maçon Laurent Valdiguié se permet carrément de publier, en s'en vantant, les enregistrements clandestins et judiciaires qui accablent Laurent et sa porte-flingue, Catherine Graciet.
On ne lui en demandait pas tant à ce Valdiguié, receleur de documents judiciaires explosifs que lui fournissent ponctuellement ses « amis » au Palais de Justice de Paris !
Ce déploiement en force de Valdiguié et du JDD (édité par Hachette) contre leur confrère n’est pas rassurant et cache vraisemblablement autre chose. Malgré l’énormité de ce qu’on reproche à Laurent, on peut considérer que ce dernier a le droit à une défense équitable, sans être victime d’une violation flagrante du secret de l’instruction qui lui porte préjudice pour la suite judiciaire.
Valdiguié est trop à l’aise dans ses baskets pour ne pas s’en étonner et du coup soupçonner une embrouille ; oui, trop sûr de lui, car il ne faut pas oublier que ce même Valdiguié, avait été brièvement arrêté au Bourget par les douanes françaises au retour de Tripoli dans un avion affrété par la Libye en mars 2011. Il voyageait en compagnie de l’homme d’affaires et intermédiaire Ziad Takieddine, et une mallette contenant 1,5 millions d’euros en liquide!
Chris Laffaille.
Laffaille est ancien rédacteur en chef adjoint de Paris Match (sous Roger Thérond), ancien directeur à Paris des rédactions des agences photos Sipa Press, auteur des Portes de l’Enfer : L’inavouable vérité sur l’affaire Borrel (Scali 2008) et, avec Blanrue, de Le Joueur : Jérome Kerviel, seul contre tous (Scali, 2008). Il a réalisé de nombreux films documentaires, notamment avec Karl Zéro.
Laffaille est ancien rédacteur en chef adjoint de Paris Match (sous Roger Thérond), ancien directeur à Paris des rédactions des agences photos Sipa Press, auteur des Portes de l’Enfer : L’inavouable vérité sur l’affaire Borrel (Scali 2008) et, avec Blanrue, de Le Joueur : Jérome Kerviel, seul contre tous (Scali, 2008). Il a réalisé de nombreux films documentaires, notamment avec Karl Zéro.
Varoufakis, Marx et la dissidence.
Varoufakis vient de se coucher comme un chien docile devant les eurocrates qui n'en demandaient pas tant. Pourquoi ? Il nous l'explique : "Une fois que vous avez créé une union monétaire, vous ne pouvez plus revenir en arrière en empruntant le même chemin à l’envers, car ce chemin n’existe plus, le chemin qui nous a menés là a disparu. Retourner en arrière, c’est aller vers la dévaluation compétitive, risquer l’augmentation des tensions nationalistes, une fragmentation encore plus poussée de l’Europe."
Partant, continuons ainsi et construisons - une "autre Europe" ! Laquelle fichtre ? On ne le saura pas. L'on constate toujours cette phobie de la "réaction" et du "retour en arrière" et cette pathologie consistant à désigner le nationalisme comme le pire des maux possibles dans le pire des mondes possibles. Souvenons-nous de François Mitterrand : "Le nationalisme c'est la guerre !" Et ta soeur ? Le sosie de Léonard Nimoy n'a pas saisi que lorsqu'on est gravement malade, mieux vaut retourner en arrière, vers la pleine santé, plutôt que d'avancer à pas de géant vers la mort. C'est peut-être pour cette raison qu'il nous offre sur un plateau sa tête d'extraterrestre cadavérique.
Les gauchistes sont semblables aux adeptes du capitalisme financier : ils ont en partage le dogme immuable du sans-frontièrisme. Le concept de "citoyen du monde" n'est pas né chez les partisans de la patrie traditionnelle, riche de son histoire enracinée, mais à gauche (de la gauche molle à la gauche lourde). Karl Marx lui-même, ce soi-disant dissident, se déclarait avec gourmandise "citoyen du monde" - ce qui ne veut strictement rien dire car pour être citoyen encore faut-il qu'il y ait une cité. Or on le sait, l'Europe actuelle n'est qu'une étape destinée à nous conduire à petits pas vers la cité mondiale rêvée par Attali et consorts, et Marx n'eût rien trouvé d'autre à dire, dans son patois hégélien, que ce que déclare Varoufakis aujourd'hui, car l'auteur du Capital militait pour les grands ensembles de peuples et les immenses concentrations d'usines. La PME fut pour lui l'horreur absolue, le règne de la petite bourgeoisie passive et conservatrice qui gâchait ses nuits. Pour Marx, big is beautiful ! Quand le Grand Soir surviendra, il n'y aura plus qu'à appuyer sur un bouton niché par miracle à l'épicentre de l'entreprise-monde et le paradis des travailleurs sera instauré sur terre par un coup de baguette magique... Abracadabra (terme hébreu) !
Faut-il alors ne jamais construire l'Europe ? Rester à jamais claquemurés derrière nos frontières ? Une chose est sûre : la seule Europe valable et viable fut l'Europe romaine et
celle du Saint-Empire germanique, non pas celle que dirigent les élites mondialistes actuelles. Cette "autre Europe" a existé et elle a
tenu debout, elle a civilisé durant des siècles les "barbares" que nous étions. Pax romana ! Mais pour grandir de la sorte et trouver son point d'équilibre, encore
fallait-il que cette civilisation eût une certaine idée de la transcendance et ne développât point une conception étriquée du phénomène humain,
celle de l'homme coupé de ses racines et chanté par la trop fameuse Déclaration.
Pour ma part, j'ai soutenu et soutiens encore les pays, communistes ou non, qui résistent à l'impérialisme amerloque, mais je me garde bien de défendre leur politique intérieure ou
économique. J'apprécie le Che bien qu'il soit marxiste, et à la vérité,
parce que son comportement ne fut guère celui
d'un authentique marxiste : l'ambition qui tenaillait ce Don Quichotte argentin était de transformer chaque citoyen des pays qu'il traversait en
héros, ce qui, pour le marxiste français Henri Lefebvre, était la caractéristique propre
du fascisme. Quant à la prise du pouvoir par Fidel Castro à Cuba, elle n'a rien à
voir avec la technique de la révolution marxiste. J'aurai
l'occasion de développer tous ces points un jour ou l'autre.
N'importe ; un siècle d'expérience aux quatre coins de la planète a prouvé que les théories de Marx étaient pure et simple foutaise. Son éreintement du capitalisme était en partie justifié par les conditions sociales extrêmes de son temps,
mais bien d'autres intellectuels avaient réagi de la sorte avant lui, qui n'étaient point de gauche et qui étaient même foutrement contre-révolutionnaires. Le pire
n'est pas la diatribe que Marx lance contre un système inhumain mais la construction qu'il suggère, la prophétie qu'il entonne, la voie qu'il trace et qui
commence par bazarder le fait religieux, la notion de patrie charnelle, l'être humain en relation avec sa famille proche et lointaine, ses semblables et partageant avec eux des valeurs et un passé communs.
Cette vieille baderne de Marx était un partisan farouche de la patrie-monde. Le point le plus fallacieux de sa théorie en est le pivot : non pas la lutte des classes (Marx n'est pas
l'inventeur de la typologie des classes ni celui de l'expression "lutte des classes"), mais la lutte des classes comme moteur de l'histoire. Cette fantaisie intellectuelle dénuée d'esprit scientifique fut répétée à l'envi, martelée et martelée encore dans les bréviaires, les meetings
et les faculté de philo et devint avec le temps une vérité factuelle, le fondement de tout raisonnement jugé sain. Une telle vue de l'esprit se situe pourtant en opposition frontale avec la conception de la patrie harmonieuse et traditionnelle, selon laquelle les citoyens participent à l'effort
collectif en s'entraidant, en se soutenant, non en se combattant à la moindre occasion et encore moins en s'étripant.
Rien n'est plus éloigné de la Tradition que cette idée de guerre sociale
au sein d'un même pays, d'une même famille. On peut
constater et accepter que dans une société existent des contradictions (la contradiction, c'est la vie car la vie c'est le mouvement), mais l'homme de Tradition aura à coeur de chercher à les résoudre au sommet au lieu de mettre inutilement de l'huile sur le feu, avec le risque d'entraîner la ruine de son pays et le désenchantement de ses frères.
À la fin, ce
n'est pas en entretenant le fétiche de l'internationalisme et en flétrissant
l'enracinement jugé raciste que le problème européen va se régler. Le marxisme n'a autorisé le
patriotisme qu'à titre exceptionnel, dans des conditions historiques spéciales, quand il s'agissait de lutter
contre l'impérialisme ou dans le cas d'une guerre contre un pays voisin. Les adeptes de cette théorie fumeuse n'ont pas voulu comprendre que l'homme est par nature attaché à ses origines, à ses pères, à sa terre, à ses traditions culturelles et
religieuses, qu'il en éprouve un besoin viscéral pour vivre et s'élever, sans quoi il n'est plus qu'un atome isolé, perdu dans
l'immensité d'un monde sans but ni sens.
La dissidence, ou ce qu'il en reste, ferait bien de jeter Marx aux orties. Lui et ses catastrophiques élucubrations.
La dissidence, ou ce qu'il en reste, ferait bien de jeter Marx aux orties. Lui et ses catastrophiques élucubrations.
Paul-Éric Blanrue
mercredi 2 septembre 2015
lundi 31 août 2015
Moix le menteur : nos lecteurs nous encouragent !
Magnifique récit que cette Lettre ouverte à Yann Moix, en souvenir de
Sacha Guitry, Charles Péguy et Robert Faurisson sur la dignité de
continuer d'être un homme (Blanrue) et la bassesse du triste personnage
qui se soumet (Moix).
Un texte dur et juste qui me rappelle les
derniers mots de Panégyrique de Guy Debord : " Swift dit avec beaucoup
de vérité au premier chapitre de son Histoire des quatre dernières
années du règne de la reine Anne : " Et je ne veux aucunement
mêler le panégyrique ou la satire à l'Histoire, n'ayant d'autre
intention que d'informer la postérité et d'instruire ceux de mes
contemporains qui seraient ignorants ou induits en erreur. Car les faits
exactement rapportés constituent les meilleures louanges et les plus
durables reproches. " "
Peut-être bien que n'est pas Moix/Moshe qui veut, du moins celui-là,
mais il se pourrait fort qu'il corresponde parfaitement au nom qu'il
porte, suivant sa véritable origine catalane.
MOIX :
1 1 adj. [LC] Abatut perquè veu desbaratades les seves pretensions, humiliat el seu urc, castigat el seu atreviment, ha rebut un refús, una repulsa, una lliçó, etc. Van quedar tots moixos.
1 2 adj. [LC] per ext. Amb posat moix.
1 3 adj. [LC] Fals, enganyador, que afecta ximplesa i candidesa pèrfidament.
2 1 adj. [LC] Insuls, sense vivor ni gràcia.
2 2 adj. [LC] [AGA] Tou de tan madur, que està a punt de podrir-se. Una fruita moixa.
1 1 adj. [LC] Abatut perquè veu desbaratades les seves pretensions, humiliat el seu urc, castigat el seu atreviment, ha rebut un refús, una repulsa, una lliçó, etc. Van quedar tots moixos.
1 2 adj. [LC] per ext. Amb posat moix.
1 3 adj. [LC] Fals, enganyador, que afecta ximplesa i candidesa pèrfidament.
2 1 adj. [LC] Insuls, sense vivor ni gràcia.
2 2 adj. [LC] [AGA] Tou de tan madur, que està a punt de podrir-se. Una fruita moixa.
Qu'on peut traduire par :
1 1 adj. Déprimé parce qu'il voit la ruine de ses prétentions, son orgueil humilié, punie son audace, parce qu'il essuie un refus, un rejet, une leçon, etc...
1 3 adj. Faux, séducteur, qui affecte perfidement la simplicité [idiotie] et la candeur.
2 1 adj. Terne, sans vivacité ni grâce.
2 2 adj. Plus qu'à maturité, sur le point de pourrir. Un fruit "moix".
1 1 adj. Déprimé parce qu'il voit la ruine de ses prétentions, son orgueil humilié, punie son audace, parce qu'il essuie un refus, un rejet, une leçon, etc...
1 3 adj. Faux, séducteur, qui affecte perfidement la simplicité [idiotie] et la candeur.
2 1 adj. Terne, sans vivacité ni grâce.
2 2 adj. Plus qu'à maturité, sur le point de pourrir. Un fruit "moix".
Merci à Paul-Éric Blanrue.
Pierre Delgado
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