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mercredi 24 mars 2021

Le marxisme : la pseudo-science la plus criminelle de l'Histoire. Par Paul-Eric Blanrue.

Extraits du chapitre "Le ver est dans le fruit", de Paul -Eric Blanrue, Sécession, l'art de désobéir (Fiat Lux, 2018), consacré au marxisme et à ses séides.


« Il faut aider les Français à quitter la vision dominante d’inspiration marxiste selon laquelle les citoyens seraient membres de classes antagonistes qui lutteraient pour le partage des richesses, alors qu’en réalité c’est l’État qui avive ces antagonismes en permettant aux citoyens de s’enrichir non pas par leurs propres efforts de création, mais par leurs efforts pour faire jouer le pouvoir de contrainte de l’État à leur profit. »

Pascal Salin, Français, n’ayez pas peur du libéralisme, Odile Jacob, 2007

 


En sus du rousseauisme et de l’hégélianisme, une idéologie a contribué plus que toute autre à l’ingérence de l’État dans le domaine individuel : le marxisme. Avec la Révolution française, le marxisme est la grande catastrophe des deux derniers siècles. C’est la tyrannie par excellence. Dans Divini redemptoris (1937), le pape Pie XI définit le communisme comme « intrinsèquement pervers ». Difficile de mieux dire. C’est en menant une analyse impitoyable de l’application du marxisme au XXe siècle que le Britannique George Orwell a eu l’idée d’écrire son opus magnum1984. Il est beaucoup cité sans que ce détail soit rappelé. Ce ne serait pas « correct ».

On aurait pu penser qu’il était temps d’en rester là et d’essayer d’autres systèmes, depuis la dissolution de l’Union soviétique en 1991, le témoignage sur les goulags et la répression politique des dissidents dont l’illustre Alexandre Soljenitsyne, et la publication d’un ouvrage universitaire qui fit grand bruit, Le Livre noir du communisme (sous la dir. de Stéphane Courtois, Robert Laffont, 1997), où il est démontré que cette idéologie a entraîné la mort d’environ 100 millions de personnes. Point du tout ! Le marxisme est aujourd’hui en plein revival.

En France, Alain Badiou, Thomas PikettyÉtienne Balibar, Le Monde diplomatique, France Culture, Médiapart, Usul, les « insoumis » Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière - tous deux anciens trotskistes de tendance lambertiste - n’ont de cesse d’y faire référence comme s’il ne s’était rien passé au XXe siècle. « L’Holodomor », la famine intentionnelle déclenchée en Ukraine par le pouvoir soviétique entre 1932 et 1933, avec ses cinq millions de victimes ? C’est un génocide que ces humanistes-là ne connaissent pas. Et s’ils en ont une vague idée, elle ne les empêche guère de dormir et ils n’en tirent aucune conclusion. Staline ne disait-il pas que « pour ne pas se tromper en politique, il faut regarder en avant et non en arrière » (Staline, Textes, tome 2, Éditions sociales, 1983) ? Avançons, que diable ! La lutte des classes comme moteur de l’histoire demeure un slogan qui permet aux syndicats extrémistes, arc-boutés sur la défense de privilèges indéfendables, de faire pression pour obtenir par la rue des avantages que les urnes leur ont refusés, en défilant entre Bastille et Nation, drapeaux rouges à marteau et faucille au vent.

Marx, le retour ! Dans le New York Times du 30 avril 2018, Jason Baker, professeur de philosophie, donne une tribune : « Bon anniversaire Karl Marx ! Vous aviez raison ! » Vous ne rêvez pas. Deux cents ans après la naissance de Marx, le président de la Commission européenne, le nomenklaturiste Jean-Claude Juncker, soi-disant libéral, n’est pas gêné de fêter ce bicentenaire en inaugurant une statue géante (5,5 m) du doctrinaire offerte par la Chine à Trèves, la ville natale de philosophe. Il y déclare que « la philosophie de Marx a enseigné aux Européens que l'objectif de notre temps était de développer les droits sociaux. » D’après lui, l’auteur du Manifeste du Parti communiste n’est en rien responsable des crimes commis en son nom : « Karl Marx ne devrait pas être jugé pour les crimes que ses soi-disant héritiers ont commis des dizaines d'années après sa mort. »

Lénine, Staline, Mao, Pol Pot, Fidel Castro, Enver Hoxha, Maduro, Kim Jong Un l’auraient mal compris ! Tous les marxistes du monde entier aussi, par la même occasion. Tous des ignares, tous des analphabètes ? Durant plus de soixante-dix ans ? Marx était-il si peu clair, si abscons, obscur et impénétrable que l’on puisse se méprendre à ce point sur ses intentions ? À d’autres.

Il faut avoir un infernal aplomb pour dégoupiller une telle contrevérité, surtout lorsqu’on fait profession d’être un intellectuel. Tout se trouve déjà dans son œuvre. À commencer par le concept de dictature.

C’est annoncé dès le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels en 1848 : « Le prolétariat utilisera sa domination politique pour arracher peu à peu tout le capital à la bourgeoisie, pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l’État ». Ailleurs, dans ce même opuscule : les mesures préconisées demanderont « une violation despotique des droits de propriété et des rapports de production bourgeoise ». Vous avez dit « despotique » ? (v. André Senik, Le Manifeste du parti communiste aux yeux de l’histoire. Première édition résolument critique du Manifeste du parti communiste, Pierre-Guillaume de Roux, 2015).

Collectivistes immodérés, antilibéraux forcenés, Marx et Engels consacrent plusieurs chapitres de L’Idéologie allemande, rédigés vers 1845-1846, à attaquer le « petit bourgeois » Max Stirner, l’un des plus brillants représentants du courant individualiste de leur époque. Oh, certes, Marx assigne à la révolution prolétarienne « la tâche de briser la machine de l’État ». Seulement, comme « période de transition pour arriver à l’abolition des différences de classe en général », il faut instaurer « une dictature de classe » ! Voilà tout.

Son mécène Friedrich Engels développe sa pensée en s’en prenant avec sa virulence coutumière aux anti-autoritaires, meilleurs alliés, selon lui, des réactionnaires : « Ces messieurs ont-ils jamais vu une révolution ? Une révolution est à coup sûr la chose la plus autoritaire qui soit. C’est un acte par lequel une partie de la population impose à l’autre partie sa volonté à coups de fusils, de baïonnettes et de canons, moyens autoritaires s’il en fût. Force est au parti vainqueur de maintenir sa domination par la crainte que les armes inspirent aux réactionnaires » (Neue Zeit, « A propos de l’autorité », 1873).

Lénine s’en tint à cette conception du pouvoir : « Il est nécessaire d’utiliser provisoirement les instruments et les procédés du pouvoir d’État contre les exploiteurs, de même que, pour supprimer les classes, il est indispensable d’établir la dictature provisoire de la classe opprimée (…) Le prolétariat doit démolir le vieil appareil d’État et le remplacer par un nouveau » (L’État et la Révolution, 1917).

Marx reléguait la destruction de l’État dans un futur indiscernable. Lénine et Staline firent de même. Dans l’immédiat, Marx prônait la fondation d’un État populaire, expression de l’érection des prolétaires en classe dominante. Bienvenue dans la dictature du prolétariat ! Cet État, prétendument temporaire, aurait pour mission d’éduquer le peuple et le conduire à un niveau de conscience politique qui ferait qu’un beau jour, comme par magie - l’État aurait disparu ! Comment ? Le foisonnant barbu ne l’a jamais précisé. Malin !

Le libertaire russe Mikhaïl Bakounine lui rétorqua que si l’État, après la révolution socialiste, était réellement aussi populaire qu’il le disait, quel besoin y aurait-il de le supprimer ? « Ainsi donc, ajoutait-il, pour affranchir les masses populaires, on devrait commencer par les asservir (…) Nous répondrons qu’aucune dictature  ne peut avoir d’autre fin que de durer le plus longtemps possible (…) La liberté ne peut être créée que par la liberté » (Étatisme et anarchie, 1873). C’était bien réfléchi. Il est bon de se méfier de ceux qui promettent de raser gratis – demain.

Dans le même ouvrage, écrit dix ans avant la mort de Marx, le théoricien anarchiste précisait : « Je déteste le communisme, parce qu'il est la négation de la liberté et que je ne puis concevoir rien d'humain sans liberté. Je ne suis point communiste parce que le communisme concentre et fait absorber toutes les puissances de la société dans l'État, parce qu'il aboutit nécessairement à la centralisation de la propriété entre les mains de l'État, tandis que moi je veux l'abolition de l'État ».

On ne peut pas alléguer que les premiers marxistes n’étaient pas au courant des « petits défauts » de leur système qu’Engels avait pompeusement baptisé du nom de « socialisme scientifique » !

Comme l’histoire l’a démontré, Bakounine avait visé juste. Le marxisme est à la science ce que l’astrologie est à l’astronomie. Le théoricien marxiste Georges Politzer est bouffon lorsqu’il soutient l’idée que « quand on affirme qu’une société socialiste ou communiste n’est pas viable parce que l’homme est égoïste, on oublie que si la société change, l’homme changera aussi » (Principes élémentaires de philosophie, Éditions sociales, 1970). L’homme changera sans doute, mais comment, dans quel sens ? Il s’ouvrira aux autres en repeignant les murs de sa maison en rose et les volets en vert pâle, ou il résistera à l’emprise totalitaire en faisant des bras d’honneur dans le dos de la police étatique ? L’expérience a été réalisée grandeur nature, on a vu comment « l’homme changeant » s’est comporté.

L’un des considérables problèmes du marxisme c’est qu’il a mis en branle, dès ses débuts, une énorme machinerie destinée à tout broyer sur son passage, au profit d’un devenir utopique dont nul ne savait rien, ni comment il devait advenir, ni quand, ni quel aspect il prendrait. C’était un messianisme pur, une eschatologie camouflant sa théologie dévastatrice, un mouvement égalitaire fanatique sacrifiant le présent au fantasme du lendemain. On n’était sûr que d’une chose : la dictature était indispensable à l’éclosion du communisme du futur !

Cette dictature, on la voit à l’œuvre aujourd’hui, en Chine, en Corée du Nord, au Venezuela, à Cuba, ailleurs encore. Chez nous, elle est plus feutrée depuis les désastres de la politique menée en 1981, que l’économiste Pascal Salin qualifie de « grande et terrible cassure » (Pascal Salin, Français, n’ayez pas peur du libéralisme, Odile Jacob, 2007). Le socialisme mitterrandien a réussi, en faisant décoller les impôts, en procédant à des nationalisations, en accroissant les réglementations, à créer un million de chômeurs supplémentaires en cinq ans ! Mais nos élites actuelles vomies par l’ENA et Polytechnique s’en réclament encore peu ou prou. Avec des dépenses publiques à 57 % du PIB, des prélèvements obligatoires à 45 % et cinq millions de fonctionnaires qui gagnent en moyenne 10% de plus que les salariés du privé, la France est près d’être le dernier pays communiste au monde. À la présidentielle française de 2017, sur onze candidats, au moins dix étaient étatistes et quatre marxistes !

Cette attraction de Marx pour l’État était somme toute bien naturelle, car, comme le formulait le philosophe marxien Henri Lefebvre : « Hegel, pour Marx, c’est le Père immortel. C’est le Patron qui détient le capital intellectuel » (La Fin de l’histoire, Anthropos, 2001). Tout s’explique.

Le même Lefebvre écrivit dans ses mémoires, La Somme et le reste (tome II, La Nef de Paris, 1959) : « J’en viens à me demander s’il ne faut pas simplement affirmer que le dogmatisme marxiste ne mérite pas une ombre de discussion, de considération et de respect ; il ne s’effondre même pas, parce qu’il n’existe pas, philosophiquement parlant, et que ses représentants ne sont pas des penseurs mais de simples spécialistes des ‘opérations’ sur le plan idéologique qui supposent derrière elles le pouvoir ».

Il savait de quoi il parlait. Pour se moquer du jdanovisme qui avait défini un art soviétique politiquement correct, Lefebvre avait inventé de toutes pièces une citation de Marx sur l’art qu’il avait placée en épigraphe de l’un de ses livres (« L’art est la plus haute joie que l’homme se donne à lui-même »), et, jusqu’à son aveu tardif, nul « spécialiste de la spécialité » ne s’aperçut de la supercherie !

La démarche de Louis Althusser fut quelque peu semblable à la sienne, en moins honnête toutefois, puisqu’après avoir étranglé son épouse Hélène et avant son suicide, dans son ultime livre, L’Avenir dure longtemps (Stock/Imec, 1992), il  confessa n’avoir guère lu Marx avant d’écrire sur lui et en avoir livré par la suite une interprétation libre, consistant à supprimer des pans entiers de sa doctrine les éléments qui lui déplaisaient, comme la dialectique et le matérialisme. Misère de la charlatanerie d’un cuistre…

*

Marx s'est trompé sur toute la ligne et a fait un maximum de dégâts dans d'excellentes cervelles. L’une de ses innombrables erreurs a été de régler les paramètres de sa boule de cristal sur la seule et unique Révolution française, promue étalon de l’histoire, alors que le processus qui l’a caractérisée (émergence de la bourgeoisie prenant la place de la noblesse) n’a pas eu lieu ailleurs, comme en Angleterre avec la « Glorieuse Révolution » (1688-1689) ou lors de la Révolution américaine (1765-1783), où c’est la liberté individuelle qui triompha, ainsi que le respect de la propriété privée. Il n’y a oncques eu de nécessité historique déterminant le prolétariat à s’emparer du pouvoir à la suite de la bourgeoisie, pas davantage que n’a été découverte une loi scientifique démontrant que la propriété collective des moyens de production devait succéder à la propriété privée. Le sens de l’histoire selon Marx c’est la méthode Coué.

Il est vrai que Marx croyait que, grâce un saut qualitatif, la société allait revenir, à une situation comparable - bien qu’à un degré supérieur en raison du niveau technologique atteint - à ce que cet inventif penseur obtus avait imaginé être les débuts de l’humanité, à savoir le communisme primitif. Retour à la case départ ! Nul préhistorien, bien sûr, ne croit plus aujourd’hui en cette fadaise ancestrale. La propriété existait au néolithique. De saut dialectique, il n’y eut point non plus. Il n’y eut ni communisme primitif, ni communisme supérieur, donc, mais un siècle de malheurs pour une grande partie du monde empuanti par les remugles du marxisme.

La prédiction pacorabanesque de l’extralucide de Trèves concernant le lieu où la fabuleuse révolution socialiste, première étape vers le communisme et la fin de l’histoire, devait avoir lieu s’est révélée fausse. Elle ne s’est pas déroulée en Angleterre, ainsi qu’il l'avait pronostiqué en observant les astres ou en fumant sa boîte de cigares quotidienne, mais dans les pays en voie de développement et, d’abord, chez ceux qui entamaient avec retard leur révolution industrielle, comme la Russie, en 1917.

Un autre pilier de sa doctrine était la théorie de la « valeur travail », empruntée à Adam Smith et David Ricardo. Hélas pour lui, ces deux économistes libéraux avaient commis une grosse bourde. Dès 1803, dans son Traité d’économie politique, Jean-Baptiste Say signala l’erreur. N’importe, Marx les copia-colla et selon sa doctrine, la valeur (d'échange) d’une marchandise est la quantité de travail qui s’y trouve incorporée. Comment le capitaliste fait-il son profit ? Enfantin. En faisant travailler l'ouvrier le plus possible et en le payant le moins possible, juste ce qu’il lui faut pour subsister. La durée du travail de l'ouvrier doit par conséquent être supérieure à la quantité de travail nécessaire à la reproduction de sa force de travail. Le reste constitue la « plus-value », fruit du travail du salarié, récupéré par l’employeur. Ce processus fournit la preuve de « l'exploitation de l'homme par l'homme », puisque le capitaliste est supposé voler aux travailleurs une partie de la valeur de leur travail. « La plus-value, c’est-à-dire cette partie de la valeur totale de la marchandise où est incorporé le surtravail, le travail impayé de l’ouvrier, voilà ce que j’appelle le Profit » (Karl Marx,  Salaires, prix et profits, 1865).

Le raisonnement est fruste, mais l’idée se comprend dare-dare. Pour qu’elle prenne place dans un coin du cerveau, il n’est pas requis de faire fonctionner à plein régime ses petites cellules grises.

Seulement cette théorie est controuvée de bout en bout. De nombreux économistes ont démontré, par des exemples simples, à quel point Marx s’était égaré. De la sorte, si je barbouille durant dix ans une croûte infâme, elle ne vaudra pas le prix du pinceau ni de la gouache qu’il m’a fallu pour la réaliser, mais si un nouveau Titien peint un chef-d’œuvre en une demi-heure chrono, son tableau vaudra cent mille fois plus cher que mon répugnant gribouillage. Ce ne sont pas ma dose ou mon temps de travail intégrés dans mon barbouillis qui feront la valeur de ma marchandise. Dans ses Harmonies économiques (1850) Frédéric Bastiat remet l’église au milieu du village : « La prétendue Valeur des choses n’est que la valeur des services, réels ou imaginaires, reçus et rendus à leur occasion ; (…) elle n’est pas dans les choses mêmes, pas plus dans le pain que dans le diamant, ou dans l’eau ou dans l’air ; (…) aucune part de leur rémunération ne va à la nature ». La valeur c'est l’utilité, le désir qu’une chose suscite, sa rareté, le coût de production, bien sûr -  et surtout la valeur du service subjectif rendu, de quelque nature soit-il, aussi immatériel soit-il, entre les contractants, au terme d’un libre débat. Cette valeur ne se connaît qu'au moment de l'échange, et non dans les bureaux des technocrates planificateurs malgré tous les ordinateurs du monde.  C’est le rapport de deux services échangés et leur appréciation.

Toutes les autres pseudo-lois de l'imposteur Marx se sont révélées inexactes. La « baisse tendancielle du taux de profit » devait condamner le capitalisme à une mort imminente. Le capitaliste tirerait en effet son profit du travail du prolétaire puisque le salaire qu’il lui verse serait, disait-il, plus faible que la valeur résultant de son travail. Du fait de la concurrence, les bourgeois allaient tendre à faire baisser la part du travail salarié par rapport aux machines, d’où une baisse des profits, car lesdites machines ne produisent pas de valeur. Las, les travaux de l’économiste Nicholas Kaldor ont démontré que le taux de profit est demeuré stable aux XIXe et XXe siècles. Quant aux gains de productivité dus au progrès technique, ils n'ont pas bénéficié qu'aux patrons mais aussi et surtout aux salariés !

Il en va de même de « la loi de paupérisation générale ». Marx pariait sur un appauvrissement constant du prolétariat. On a tout au contraire assisté à la formation d'une immense classe moyenne. Rien que du vivant de Marx, le salaire des ouvriers avait doublé, mais il ne s’en était pas aperçu !

Inutile de développer ses autres lois fumeuses, comme celle des « crises de surproduction » (notre monde se trouve au contraire dans le besoin permanent) ou la « loi de concentration » : tout est de la même eau.

Le côté le plus exécrable de l’édifice branlant de Marx est sa théorie de la connaissance. Il estimait, sans la moindre preuve scientifique à l’appui, que « la conscience est un produit social », que « ce n’est pas la conscience qui détermine la vie mais la vie qui détermine la conscience » et que « l'essence de l'homme est l'ensemble des rapports sociaux » (v. L’Idéologie allemande et Thèses sur Feuerbach). C’est bien ce que Martin Heidegger lui reprochait : disposer l’économie avant l’homme, faire dépendre la superstructure (les idées, les opinions) de l’infrastructure (le mode de production), comme si l’économie ne nécessitait pas d’abord l’existence d’un homme pour fonctionner.

Pour Marx, il n’existe pas de nature humaine. Les droits naturels sont une invention bourgeoise créée au bénéfice exclusif des bourgeois. Pour cet aruspice, les hommes ne sont que le produit de la société. Quand ils s’y intègrent, ils perdent leurs spécificités. Il suffit que la société se transforme pour que les hommes se transforment. Les êtres humains sont en pâtes à sel. On en voit aujourd’hui le résultat avec l’idéologie du gender, qui carillonne que les hommes et les femmes ne sont que des constructions sociales ; avec l’organisation du métissage forcé sous le fallacieux prétexte que les races n’existent pas ; avec l’idéologie égalitariste de la tabula rasa, qui nie, par exemple, l’existence des enfants « surdoués » (un philosophe marxiste français, Lucien Sève, a passé sa vie à réfuter leur existence, alors que le fait est bel et bien établi et analysé par les scientifiques contemporains).

*

Ce qui est excessivement ennuyeux c’est qu’un grand nombre de personnalités « anti-système » se réclament de ce zozo. Beaucoup sont de bonne foi. Pour me faire une idée de leur façon de penser, je n’ai pas hésité à m’inscrire un an au Parti communiste (PCF) de la section de Levallois-Perret, la commune des Hauts-de-Seine où je résidais alors. Ma carte porte le n°92 02964 1 6704 0 et a été éditée en janvier 2006. Je ne nierai pas avoir assisté dans ce cadre à un déploiement de bonnes volontés. La plupart des militants ont le cœur sur la main et ne comptent pas leur temps ni leur énergie. J’ai participé à quelques Fêtes de L’Huma, où je me suis fait de bons amis. Je pouvais exhiber avec fierté à mes camarades les quarante-sept volumes des œuvres complètes de Lénine, index compris, qui trônaient dans mon salon, dans l’édition traduite par Roger Garaudy. J’ai étudié ces textes en profondeur, avec un intérêt particulier pour la dialectique. Le lecteur intéressé pourra chercher dans le roman de Yann Moix, Naissance, prix Renaudot 2013, une anecdote exacte relative à cette drôlatique époque.

Il m’est vite apparu que la plupart des militants concentraient leurs efforts sur l’impérialisme américain et tentaient (à tort) de se raccrocher tant bien que mal à un système anti-système qui leur paraissait supérieur à celui qu’ils combattaient, alors qu’il était tout aussi pernicieux et sectaire.

Le Belge Michel Collon est de ceux-là. J’ai participé à l’un de ses livres, Israël, parlons-en ! (Investig’action, 2010), en compagnie de vingt personnalités, dont Noam Chomsky, Jean Bricmont et Alain Gresh, qui ne sont pas de ma famille politique. Proche du Parti du travail de Belgique (PTB), une organisation marxiste-léniniste ultra-militante, Collon est capable de développer un grand sens critique quand il s’agit de dénoncer les méfaits de la politique extérieure américaine, mais, pour des raisons idéologiques, il n’a pas le même recul lorsqu’il est question de faire le bilan objectif du communisme. Ne dites pas de mal du « petit père des peuples » devant lui ! Il s’en tient à la version donnée par Ludo Martens, ex-président du PTB, qui a signé un livre digne de la Légende dorée de Jacques de Voragine, Staline, un autre regard (EPO, 1995).

J’ai rencontré le même genre de problème avec mon défunt ami Jean-Guy Allard (1948-2016). Ancien directeur de l’information au Journal de Montréal et au Journal de Québec, Jean-Guy avait un jour décidé de partir soutenir à Cuba les forces révolutionnaires qui résistaient, sur place, à l’impérialisme américain et à son blocus inhumain. Belle épopée personnelle ! Devenu résident, ayant épousé une délicieuse Cubaine, il loua un appartement à La Havane et se spécialisa dans la lutte contre les terroristes états-uniens, qui faisaient sauter des bombes dans l’île, à l’intérieur les hôtels notamment, ainsi qu’en Amérique latine, sans que jamais le monde occidental ne fût tenu informé par les médias officiels de ses investigations (on se souvient pourtant que la CIA a élaboré pas moins de 368 façons de tuer Castro). Son livre Posada Carriles, 40 ans de terreur (2006) reste la référence sur le terroriste le plus dangereux d’Amérique latine, stipendié par la CIA et surprotégé par les autorités US. Allard devint leur bête noire.

Tenant bon, têtu, toujours très informé, en contact étroit avec les plus secrets des services de l’île, il offrait régulièrement le fruit de ses nombreuses enquêtes dans les colonnes du quotidien Granma, l’organe du Parti communiste cubain où le compañero Fidel livrait lui aussi ses chroniques après avoir pris sa retraite. Jean-Guy était heureux d’avoir été cité dans l’un de ses discours. Il passait souvent à la télévision officielle comme expert des menées terroristes des milieux de Miami qui se tiennent à 150 km des côtes. Sa facilité d’élocution et son lumineux sens de l’humour faisaient de lui un excellent pédagogue.

En dix ans, je me suis rendu à quatre reprises à Cuba, durant un mois à chaque fois, et Jean-Guy m’a fait visiter l'île avec une extrême cordialité, contribuant à me défaire de certaines caricatures que la propagande occidentale m’avait mises en tête. Qui sait, par exemple, que jamais Fidel Castro ne se fit appeler lider maximo ? C'est un mensonge propagé avec « la tranquille assurance qui est le privilège des imbéciles », selon la drôlatique expression d’Arthur Schopenhauer. Cette inexacte appellation est le schibboleth des anti-Cubains de Miami, autrement dit de la CIA. Les Cubains, tout simplement, l’appellent par son petit nom : Fidel.

Jean-Guy fut l’un des signataires surprise de la pétition contre la loi Gayssot que j’ai initiée en 2011, et dont il sera question dans un chapitre prochain. Vu sa position, c’était un notable acte de courage. De là à lui faire entendre raison sur les délires marxistes-léninistes ? J’eus beau lui raconter que, depuis un voyage agité dans la fuligineuse Pologne de Jaruzelski en 1986, j’étais tout sauf communiste, que je ne croyais pas une seconde au mythique Grand Soir, que j’estimais que la CGT vendait de faux rêves aux ouvriers pour assurer sa propre rente de situation - c’était peine perdue. Cuba, c’est vrai, s’était libérée de la sinistre dictature de Fulgencio Batista et avait lutté de toutes ses forces pour devenir un pays indépendant, mais l'information y restait sous le contrôle total de l'État ; l’économie était dans le giron étatique comme au bon vieux temps de l’URSS ; le salaire moyen était largement insatisfaisant (que faire de sa vie avec en poche l’équivalent de 20 euros par mois ?) ; le marxisme-léninisme était une idéologie trop fausse, datée, déficiente et mille fois trop intolérante pour demeurer l'horizon intellectuel d'un être humain normalement constitué ; la vision de l'histoire cubaine était strictement soviétique, chantant sans le moindre esprit critique la gloire de l'Armée rouge. 

Ce qu’il manquait et manque encore à Cuba ? La liberté individuelle bien sûr ! La liberté politique, la liberté de parole, la liberté d'entreprendre ! Mais Jean-Guy était avant tout un militant et il mourut convaincu d’avoir soutenu un régime juste.

Lorsqu’il était venu voir le spectacle de Dieudonné à la Main d’Or, je lui avais fait lire une citation de Fidel, tirée du livre de conversations qu'il avait eues avec Ignacio Ramonet (Fidel Castro, biographie à deux voix, Fayard, 2007). Nous en avions ri de bon coeur cœur. On y sent Fidel avoir conscience de la faiblesse du dogmatisme qui s’est infiltré depuis longtemps dans son camp : « Georges Marchais, déclare-t-il, venait fréquemment à Cuba. Presque tous les ans, il passait ses vacances ici avec sa femme, Liliane, et ses enfants... Un jour, j'ai demandé à Marchais : "Que pensez-vous faire quand vous accéderez au pouvoir ? " Il m'a répondu ; "Nous allons nationaliser toute une série de banques et de grandes entreprises." "Attention !, l'ai-je averti. N'allez surtout pas nationaliser l'agriculture. Laissez les petits producteurs en paix. N'y touchez surtout pas. Sinon vous pourrez dire adieu au bon vin, aux délicieux fromages et à votre excellent foie gras". »

*

Un cas à part doit être réservé à celui que les internautes nomment désormais, pour s’en moquer, « le maître du Logos ». Pauvre Alain Bonnet, devenu un meme malgré lui ! Il voulait rester dans l’histoire comme le successeur de Robespierre, il n’y sera répertorié que comme le conseiller politique d’un humoriste franco-camerounais.

Mais Bonnet, dit Soral, est marxiste ! Et rousseauiste (merci, Michel Clouscard) ! Et nationaliste ! Nationaliste français ou suisse, au fait, car il bénéficie de la double nationalité ? Tout en un, car il veut ratisser large. « Droite des valeurs » : pile, je gagne ; « Gauche du travail » : face, tu perds. Hélas pour lui, du point de vue de la logique interne du marxisme, ce grand écart est impossible. Un marxiste, au mieux, peut devenir patriote quand son pays est en danger (cas de Staline durant la Seconde Guerre mondiale), mais surtout quand les forces révolutionnaires ont pris le pouvoir et désarmé la bourgeoisie. La nation n’est qu’un « bastion » provisoire, selon la terminologie de Fidel, un pôle de résistance parmi d’autres, non une réalité charnelle comme l’entendent les nationalistes ou le « plébiscite de tous les jours » évoqué par Ernest Renan. C’est ainsi que Lénine put déclarer : « Nous sommes partisans de la défense de la patrie depuis le 25 octobre 1917 (prise du pouvoir par les bolcheviks en Russie). C’est précisément pour renforcer la liaison avec le socialisme international, qu’il est de notre devoir de défendre la patrie socialiste. »

L’horizon marxiste est international. Il n’est jamais question d’enracinement, de tradition et de langues locales, de coutumes respectables. Tout doit sauter. On commencera, tiens, par exterminer la famille du tsar. C’est du turbo-jacobinisme. On est loin de Maurice Barrès et de Charles Maurras. Pour ne rien dire de Julius Evola que Soral emmène dans sa barque jusqu’au Brésil sans l’avoir lu, en vertu du principe bien connu du siphonnage : plus on est de fous, plus on rit, et plus ça rapporte d’espèces sonnantes et trébuchantes allouées par l’activiste abusé.

J’ai naguère rédigé un pastiche, dans un style inspiré de celui de Marx, qui consistait, en m’appropriant les principaux concepts marxistes, à aboutir à des conclusions diamétralement opposées à celles du vaticinateur de Trèves. C’était un divertissement intellectuel que je me suis beaucoup amusé à produire et que je situe dans le lignage du canular d’Henri Lefebvre – c’est ce que je nomme mon « écriture vénitienne ». Soral, au contraire, se présente comme un intellectuel marxiste dont la pensée se veut blindée et la cohérence imparable. Au lieu de s’amuser de ses contradictions, il les prend au sérieux. Tout est forcément coordonné et puissamment médité puisqu’un gourou ne se trompe jamais. Interdit de rire du « Président » ! Dieudonné lui-même ne s’y est jamais risqué. (N’est-ce que par trouille et intérêt, ou parce qu’ils ont jadis mené de conserve une opération clandestine avec des individus en cagoule noire ?)

Soral cache ainsi que Marx a reconnu les mérites du capitalisme. Mieux, depuis le Manifeste du Parti communiste, Marx espérait que l’économie de marché allait se diffuser sur toute la planète. Selon celui qui se vantait d'être un « citoyen du monde » (allô, Soral ?), ce mode de production détruirait les frontières, les coutumes, les religions, toutes choses qu'il abominait. Il misait simplement, en bon hégélien inversé, au nom de la dialectique, sur le fait que les contradictions capitalistes feraient s'écrouler le système de l’intérieur et que le prolétariat prendrait les rênes du pouvoir pour imposer ses valeurs, comme la bourgeoisie avait pris la suite de la noblesse en 1793.

Mais de défense de la nation, point ! Marx et Engels haïssaient plus que tout les petits États, indignes selon eux d’exister. Les barrières nationales devaient tomber les unes après les autres. Lénine ne jurait que par la République universelle des Soviets qui devait succéder, espérait-il, à notre monde atomisé en nations souveraines. Il était en faveur d’un gouvernement mondial, du moment qu’il fût soviétique.

L’ennui, avec Soral, c’est que chez lui tout est aussi biaisé, contrefait, absurde, captieux que chez Marx, ce défenseur des prolétaires qui a épousé la fille du baron von Westphalen et n’a jamais voulu travailler de sa vie, préférant se faire entretenir par le fils d’un riche fabricant de coton de Manchester. Marx, ce juif antisémite. Ce grand moraliste qui, comme n’importe quel bourgeois, a fait un enfant à sa servante pour ensuite le faire adopter par Engels, lequel pratiquait volontiers la chasse à courre et se permettait des raccourcis racistes à ses heures - et dont il avait fait la rencontre un soir de beuverie dans une brasserie bavaroise. En ceci, je ne mégoterai pas à Soral son statut d’épigone du cartomancien allemand.

Résumons ? Soral, philosophe sans bac, artiste sans œuvre, passé par les Beaux-Arts sans décrocher de diplôme ; sociologue sans études de sociologie ; instructeur de boxe sans palmarès ni licence ; incapable de travailler ; pilier durant sa jeunesse folle du club gay friendly Le Palace de Fabrice Emaer où il était connu comme pique-assiette ; ayant vécu les premières années de sa vie à Paris au domicile et au crochet d’un écrivain juif homosexuel avant de devenir antisémite et homophobe ; ancien chroniqueur télé de seconde zone chez Patrick Devret, d’où il s’est fait jeter pour incompétence ; reporter de guerre au magazine pour minettes 20 ans sous le pseudonyme hilarant (sic) de Robert Gros et pigiste à la petite semaine pour Entrevue à la rubrique Rumeurs ; cinéaste d’un seul film raté et déprogrammé au bout d’une semaine, inspiré des méthodes de drague de l’un de ses amis pigistes surnommé Brutus ; autoproclamé spécialiste de la mode masculine sur laquelle il prétend avoir rédigé un best-seller, en réalité coécrit par trois personnes ; auteur de pamphlets décousus aux phrases inspirées de l’esprit des Guignols de l’info et de livres à prétention idéologique, saturés d’erreurs et dont il a trouvé les informations principales dans des vidéos glanées sur le Net ; don Juan piteux inapte à la discussion correcte avec une fille sans la harceler et condamné par la justice pour ce fait ; mythomane prétendant avoir été en mesure de répondre aux poings du journaliste belge Olivier Mukuna alors qu’il a pleuré comme une fillette lorsque celui-ci a voulu l’entraîner dans un combat à la loyale, comme il avait refusé le duel à l’épée que je lui ai proposé à l’automne 2009 à Nice (méthode Mensur) par l’entremise de mon témoin, Maître John Bastardi Daumont ; « Français sans peur » qui a ordonné à son second, Marc George, de me dénoncer à la police parce que j’entretenais des relations avec le professeur Faurisson sur lequel il n’avait pas encore mis la main ; « chrétien sans reproche » qui a demandé à Xavier X. de me casser les genoux sous le prétexte que j’étais en désaccord avec lui, un ordre que ce dernier, qui venait d’offrir mon livre sur Sarkozy à sa femme, s’est bien gardé de suivre - et qui, dégoûté par le personnage, m’a raconté comment Soral, aux débuts d’Égalité & Réconciliation (E&R), recevait des enveloppes, ni vu ni connu, à la brasserie Le Suffren, près de l’École militaire ; pétochard réputé dans tout Paris pour avoir fui lors des combats de rue d’E&R, et qui, après avoir pris des cours de boxe au Temple du Noble Art de Paris pour assurer son leadership déclinant, frappe un jeune identitaire lors d’un traquenard arrangé par Dieudonné, avec quatre gardes du corps pour le protéger et empêcher son adversaire de répliquer - sans être toutefois capable de le mettre au tapis ; co-fondateur d’E&R dont l’unique motivation politique repose sur le deal passé avec Philippe Péninque, intime de l’escroc Jérôme Cahuzac, qui consiste à appeler les musulmans à voter pour le FN ; fin stratège « qui a toujours raison » mais dont la présence-éclair au FN a été la cause du score le plus pitoyable du parti au cours des vingt dernières années ; analyste politique « visionnaire » qui prophétisait « DSK contre Marine » au second tour de la présidentielle de 2012 et Alain Juppé comme « candidat du système » en 2017 ; manipulateur faisant accroire qu’il croule sous les procès pour cause de résistance idéologique alors qu’il les provoque par des insultes à répétition, afin de récolter des dons ; prolétaire des beaux quartiers, résidant à Saint-Germain-des-Prés ; faux dur faisant endosser à ses proches la plupart de ses ignominies, ce qui lui permet de les tenir en laisse pour qu’ils taisent les turpitudes de l’association qu’il dirige ; antiraciste feint qui insulte les Noir(e)s ; défenseur fourbe des musulmans, qui vomit l’arabité ; antisémite rabique comme en rêvent les plus ultra des sionistes ; « chevalier Bayard » qui dort le jour et vit la nuit sur Skype, et ne se déplace jamais sans garde du corps.

Soral a voulu se forger une réputation d’intellectuel en guerre contre l’Establishment, alors que son histoire est celle de la dérive d’un noctambule narcissique éjecté du milieu de parasites qu’il fréquentait et qui a décidé de gagner sa vie en exploitant le talent d’autrui sans jamais avoir à travailler lui-même.

En se réclamant des valeurs sur lesquelles le système reposait, il ne pouvait nullement en être l’opposant efficace. Avec Rousseau et Marx comme dopants, toute tentative de construction politique eût systématiquement débouché sur les impasses que l’on connaît. Mieux valait, à l’image de Jean-Marie Le Pen, fonder une PME aux accents tribuniciens que de se confronter à la réalité du pouvoir. C’est plus calme et lucratif. Pour un marxiste, il n’a pas été un mauvais chef d’entreprise. Mais ce n’était pas l’objectif avoué au départ.

Les calomnies incessantes lancées sur la vie privée de ses adversaires, alors que la sienne est calamiteuse, le flot d’imprécations déversées à la façon d’un psychotique sur tout individu ne partageant pas sa lubie du moment, sa satisfaction impardonnable affichée lors du décès du fils de trois ans de Salim Laïbi, son égotisme morbide, les récents combats que ce balèze aux jambes de poulet a refusé à deux jeunes contestataires, tous ces égarements, ces erreurs, ces fautes ont nui à sa cause et ont achevé de décrédibiliser ce rodomont aux yeux du dernier carré de partisans qui le soutenaient.

Par goût personnel et en vertu de névroses non traitées, il eût aimé être dictateur. Adolf, Benito, Joseph, Fidel, qu’importe le flacon pourvu qu’il ait l’ivresse ! Le succès cinématographique de sa sœur Agnès lui est monté à la tête. Il avait soif de notoriété. Ayant vu, en son jeune âge, son père flanqué au violon pour escroquerie, il a voulu compenser l’affront en étant vénéré, adulé, suivi à la baguette par des adorateurs dénués de personnalité, à la recherche, comme lui, d’un père de substitution. Il n’a été qu’un « Mussolini de carnaval », selon l’expression du capitaine Haddock dans Tintin et les Picaros. Un tabarin parfois drôle malgré lui. Aujourd’hui, Soral est déchu sans être jamais monté sur le trône dont il rêvait lorsqu’il se trouvait sous substances.

Au bilan, se déclarant par fanfaronnade ennemi n°1 du système, Tartarin Soral en a été le partenaire accompli puisqu’il est devenu le repoussoir idéal que le système brandit lorsqu’il est mis en accusation. Ses théories confuses et incohérentes, dès qu’elles ont été confrontées au réel, se sont effondrées sur leurs arcs-boutants. Il a conduit ceux qui l’ont approché à être qualifiés de damnés complices d’un gourou complotiste et malfaisant. Il a raté sa vie et a gâché celle de beaucoup de ses sectateurs. Il est temps que cet esbroufeur désolant finisse aux oubliettes et qu’on tourne une bonne fois pour toutes le dos aux mauvaises blagues de Rousseau et de Marx par la même occasion.

Paul-Eric Blanrue

samedi 20 mars 2021

Le confinement est une saloperie. Le confinement est inutile. Nuisible. Criminel.

AFP du jour : "Contrairement aux deux premiers confinements, on peut rester à l'extérieur aussi longtemps qu'on veut, puisqu'on risque davantage d'attraper le Covid-19 à l'intérieur que dehors."

Tu es en retard, AFP.
Un an de retard.
C'est ce que NOUS avons toujours dit.
Depuis le premier jour.
Il n'y a jamais eu de risque d'attraper le Covid à l'extérieur.
Ni au printemps dernier.
Ni à l'automne.
Jamais.
Le confinement est une saloperie depuis le début.
Le confinement est inutile.
Nuisible.
Criminel.


Contrairement à ce que pensent les souverainistes, la liberté ne peut être qu'individuelle : voici pourquoi. Par Paul-Eric Blanrue.

 

Chez nous, en France, on n'entrave absolument rien à la notion de liberté. Les souverainistes, s'en font une idée collective : la liberté de la Polis, de la Cité antique, du Pays, de la Nation, voire de la sacro-sainte Race. S'en écartant provisoirement, ils mènent quelques rares incursions portant sur la liberté de parole (loi Pleven, loi Gayssot, etc.) ou sur la liberté de déplacement, comme on le constate aujourd'hui avec le combat que certains souverainistes mènent pour déconfiner le pays, mais on doit à la vérité de dire que ce sont là des positions d'ordre tactique qui ne se situent pas au coeur de leur doctrine, qui reste irrémédiablement collectiviste. La liberté est adventice. C'est tout au plus une potentialité. "On y pensera après". "Au cas par cas". "La majorité tranchera". Ces gens-là se satisfont ainsi des dictatures souverainistes quand ça les arrange, comme Jean Bricmont devenu grand admirateur de la Chine communiste ou Alain Soral, fan de la Corée du Nord.
Un texte important à connaître sur cette question est celui de Benjamin Constant : "De la liberté des Anciens comparée à celles des Modernes". Cette courte étude dont je conseille vivement la lecture peut être le déclencheur d'une prise de conscience dévoilant les funestes erreurs des collectivistes de la liberté. Constant y montre la différence essentielle existant entre deux types de liberté, la première, celle des Anciens, n'étant en aucune manière la liberté de l'individu mais celle d'une collectivité tout entière.
Sur le papier, l'idée est certainement très belle en théorie, à ceci près qu'en pratique cette "liberté de tous" peut très exactement contrevenir dans tous les domaines, dans tous les actes de notre vie, à la liberté personnelle propre. On en voit aujourd'hui de terribles exemples, avec le masque obligatoire, le confinement, la distinction établie par un Etat pourtant démocratique entre biens essentiels et ceux qui ne le sont pas, et puis toutes les absurdités liberticides vomies par la technostructure, le tout au nom de la devise républicaine où le mot liberté est énoncé en premier.
Pour devenir authentiquement libre, il faut emprunter l'autre chemin, celui de la liberté des Modernes. Il s'agit de partir de l'individu, de façon méthodologique, puisque l'individu se situe au fondement de tout, contrairement au groupe, qui n'est qu'un rassemblement d'individus.
L'individu est la cellule de base de la vie en société ; juste au-dessus de lui se situent la famille, les associations, les réseaux, puis le peuple. Ils s'encastrent naturellement selon une logique ascendante. C'est là une véritable décentralisation, fondée sur un principe de subsidiarité poussé dans ses derniers retranchements.
Le mur contre lequel se cogne la droite française depuis à peu près la fin des Girondins est celui-ci : elle est infichue de comprendre que la liberté d'un pays doit impérativement impliquer la liberté de chacun de ses habitants! C'est bien gentil de s'esbaudir sur le fait que chaque pays a ses coutumes spéciales, et de lui reconnaître le droit de faire ce qu'il veut chez lui au nom du principe de souveraineté, cette fameuse clé de la "liberté collective" souverainiste - mais il faut prendre garde au fait que la collectivité n'a pas, à proprement parler, d'âme, que ce n'est pas un être vivant qui réagit, pense et ressent, ce n'est pas un égrégore. Sa liberté n'est par conséquent qu'un doux fantasme, un jeu sur les mots. Seuls les individus ont la capacité d'agir et de faire des choix libres, seuls les individus peuvent être libres, même s'ils appartiennent par la force des choses à une collectivité, puisque nous sommes des êtres sociaux par essence.
Or la droite française ne pense jamais en ces termes, sauf au XIXe siècle chez des gens comme Bastiat, Tocqueville, ou Flaubert. Un siècle auparavant nonobstant Voltaire et des exceptions notables comme Turgot, on a rejeté tout ce qui venait des pays anglo-saxons, sous prétexte qu'ils expatriaient un individualisme vulgaire, étroit, étriqué, qui rejetait le collectif pour ne se centrer que sur un égoïsme petit-bourgeois, jugé dégueulasse, l'individualisme que l'on a souvent comparé à celui de l'épicier grattant son tiroir-caisse et jetant un oeil torve et apeuré sur son coffre-fort.
On en voit le joli résultat : en France, la liberté individuelle s'est rétrécie à vue d'oeil au cours du XXe siècle. Aux Etats-Unis, critiquables en bien des points, de la FED au keynésianisme, à l'impérialisme, au wokisme et à la cancel culture (phénomènes tout à fait anti-libéraux d'ailleurs), la liberté personnelle y a au contraire réussi, malgré les intrusions étatiques extrêmement nombreuses et croissantes depuis la guerre de Sécession et la Crise de 29, à conserver encore une certaine force aujourd'hui au sein de la population. Cette liberté individuelle s'est excellemment mariée à la communauté, une notion ironiquement bien plus importante, au niveau local, aux Etats-Unis qu'ici (v. l'importance aux Etats-Unis de la notion de sociabilité, des fêtes de villages et de paroisses, du profond respect des droits naturels que sont la liberté et la propriété dans les entreprises, etc.)
La droite française, et même celle du Vieux Continent en son entier, se croyant si supérieure aux autres parce qu'elle est plus ancienne, baignée dans le jacobinisme, noyée par le bonapartisme et son ersatz gaulliste, n'a pas compris ni voulu cette liberté. Très vite, après La Fayette, elle l'a prise pour un produit d'importation impropre à la consommation sur nos terres, à cause, disait-on, de nos traditions grandioses et de leur immuabilité. Pourtant cette notion individuelle et non collective de la liberté est en fait fondée sur le christianisme, une autre de nos traditions fondamentales bien ancrées, qui place l'individu au coeur de sa métaphysique, avec l'âme individuelle seule appelée à être mise au contact de Dieu par transfiguration. Ce n'est pas "la France'" qui montera au Ciel, c'est chacun d'entre nous qui y est appelé : les nationalistes le savent-ils ? Tout l'individualisme rationnel dont je parle découle du thomisme, et plus loin d'Aristote, dont Ayn Rand, par exemple, ne cesse de se réclamer, bien qu'elle fût une juive athée.

Un anar-cap juif agnostique comme Murray Rothbard, véritable fondateur du libertarianisme théorique, était un grand admirateur de saint Thomas d'Aquin et de l'école de Salamanque, d'où il partait, au moins autant que de John Locke, pour tirer les principes de base du droit naturel.
Voici ce que Rothbard déclarait : "Je suis convaincu que ce n'est pas un hasard si la liberté, le gouvernement limité, les droits naturels et l'économie de marché ne se sont vraiment développés que dans la civilisation occidentale. Je suis convaincu que la raison en est l'attitude développée par l'Église chrétienne en général, et l'Église catholique en particulier. Contrairement à la pensée grecque, où la cité-État était le lieu de la vertu et de l'action, le christianisme, avec sa focalisation unique sur l'individu créé à l'image de Dieu et dans le mystère central de l'Incarnation, Dieu créa son Fils comme un personne pleinement humaine - signifie que chaque individu et son salut sont au cœur des préoccupations divines. L'Église n'était liée à aucun roi ou État et servait donc de contrôle vital au pouvoir de l'État. Le concept de tyrannicide et de droit de révolution a été développé par les scolastiques catholiques. Locke (et ses adeptes de la Révolution américaine) était un scolastique protestant, développant et affûtant la doctrine scolastique catholique. Ainsi, même si je ne suis pas croyant, je salue le christianisme, et en particulier le catholicisme, comme fondement de la liberté. (Et aussi de l'art, de la musique et de l'architecture, mais c'est un autre sujet.)"
Ainsi, l'individualisme n'est nullement un égotisme délirant ou une manière de solipsisme avec un individu qui serait considéré comme une monade isolée du reste de l'univers (une idiotie que j'ai lue depuis ma prime jeunesse, chez Charles Maurras ou Alain de Benoist), il est, tout à l'opposé, la notion essentielle qui fonde une communauté. Il n'y a pas de communauté libre qui ne ne soit pas une communauté composée d'hommes libres.
Etonnamment pour les Européens, il se trouve que les Etats-Unis, hormis dans quelques grandes cités hystériques ou délabrées, sont dans les faits beaucoup plus communautaires qu'eux, parce qu'ils s'appuient sur quelque chose de solide, une entité vraie, à savoir l'individu, l'individu et son ouverture naturelle aux autres - et non sur une chimère inexistante comme "la liberté collective" qui détruit toute liberté individuelle partout où elle est érigée en prémisse!
Ce que n'a pas voulu comprendre Rousseau, qui voyait haut mais pensait bas, et qui guide hélas encore notre gauche autant que notre droite, c'est que l'intérêt général n'existe pas, ou plutôt, que s'il existe, il n'est que l'intérêt de chacun garanti.
L'intérêt de chacun, c'est à chacun de le connaître, puisque nul ne peut le faire mieux que lui à sa place. Le Bien commun n'est donc rien d'autre que la garantie que les droits individuels fondamentaux de tous soient respectés, à commencer par la liberté individuelle, qui est une forme première de la propriété puisqu'il s'agit de la propriété de soi, de son esprit et de son corps.
La notion bien comprise de la liberté individuelle implique bien entendu le droit de faire sécession d'un groupe qui écraserait la liberté. Dans l'actualité présente, c'est à ce point de rupture où nous en sommes arrivés !
Paul-Eric Blanrue





vendredi 19 mars 2021

Confinement ? Masques ? Respect ?

 Tu ne jures que par l'Altruisme? Commence par ne pas confiner les gens qui n'ont commis aucun délit!

Tu n'as que l'Autre à la bouche? Un bon début est de pas contraindre ton voisin à porter une muselière dans la rue s'il n'en veut pas!

Tu veux qu'on te respecte? Sois respectable!



Désobéissez ! Par Paul-Eric Blanrue

L'Eglise de la Trouille saute sur tout ce qui bouge pour prolonger la dictature fondée sur la terreur sanitaire qui lui apporte pouvoir et prestige. Mais il n'y a pas que dans la République collectiviste et coercitive de France que la folie covidienne et renfermiste reprend du poil de la bête. L'Eglise de la Trouille a des ramifications un peu partout. La ville de Rome, où j'ai de la famille et que je connais sur le bout des ongles, l'Urbs antique, est déserte : les commerces sont fermés et des soldats en armes se tiennent à chaque coin de rue. A Modène, anecdote : deux fidèles entrent dans une église sans masque : ils sont aussitôt chassés de force par le curé de la paroisse, la police d'État et l'armée ! A Gènes, l'une des cités favorites de notre complice Nietzsche, on a assisté récemment à une marée humaine marchant contre les restrictions Covid du gouvernement Draghi. En Italie, on voit aussi çà et là des clôtures en fer de deux mètres de haut pour empêcher les enfants de jouer avec la balançoire et le toboggan. Prochaine étape, le fil de fer barbelé autour de parcs de jeux ?
Les médias restent silencieux sur ces sujets, mais les manifestants pour la liberté sont chaque jour plus nombreux.
Durant l'affaire HCQ, les autorités ont brandi le principe de précaution jusqu'à l'écoeurement. Le même principe a été invoqué pour justifier la suspension provisoire du vaccin AstraZeneca. Pourquoi ne l'invoque-t-on jamais à propos du confinement, dont on sait qu'il est nuisible aux libertés fondamentales et à la santé ?
On n'aurait donc pas assez confiné ? Allez, hop ! on reconfine ! Tour de manivelle, durcissement ! Même principe que le communisme : si ça ne marche pas, ce n'est pas la faute au communisme, c'est qu'il n'y a pas assez de communisme!
Logique de primates, politique de pygmées intellectuels.
Une vérité est au fond bien cachée : l'Eglise de la Trouille ne craint pas que le déconfinement échoue. Elle a peur qu'il réussisse et de passer pour une secte d'imbéciles imbus de pouvoir, d'incapables prétentieux et de fieffés corrompus.
Selon l'épidémiologiste le plus renommé de la planète, le Pr. Ioannidis, le confinement est inefficace. C'est ainsi. Pour le Dr Jay Bhattacharya, professeur de la Faculté de médecine de l’Université de Stanford :"Le confinement est la plus grande erreur de santé publique jamais commise. Nous en compterons les dommages sanitaires et psychologiques catastrophiques durant toute une génération."
Une belle preuve que le confinement ne fonctionne pas : l'exemple du comté de Los Angeles, au septième rang des États américains pour le nombre de décès de Covid/h, malgré onze mois de masques, de restrictions, d'interdictions de sortie et de fermetures. Aux Etats-Unis, une étude récente révèle que jusqu'à 78% des cancers n'ont jamais été détectés en raison d'un dépistage manqué pendant trois mois du fait des restrictions et des politiques hystériques qui en sont la conséquence. Si l'on extrapole à l'ensemble du pays, c'est jusqu'à un million de nouveaux cas ou plus en neuf mois qui n'auront pas été détectés. Avec le confinement Covid, des ados se suicident et des enfants de huit ans s'auto-mutilent. Pas grave, ça ne fera pas la une de BFMTV...
Le confinement tue. On en meurt et on en mourra. Il est inutile d'un point de vue sanitaire, il est criminel. Voilà l'immense combat du jour, la vérité qu'il importe de diffuser.
L'utilisation généralisée des masques pour la population, cette nouvelle religion sanitaire pour ilotes hypnotisés, n'a pas non plus montré d'utilité empirique pour arrêter les cas de Covid dans l’étude contrôlée randomisée du Danemark. Pourtant on continue de les rendre obligatoires à l'extérieur. Pourquoi cette fantaisie ? Pourquoi ce mythe ? Une étude allemande vient de montrer que "les masques faciaux dans la salle de classe causent des dommages physiques aux enfants, les ministres ont été avertis de rapports faisant état de difficultés respiratoires, de maux de tête et d'étourdissements." Le libellé de l'OMS concernant les masques est le suivant : "Il n’existe que des preuves scientifiques limitées et incohérentes pour étayer l’efficacité du masquage des personnes en bonne santé". Ce qui n'empêche pas le CDC d'être de plus en plus excessif dans sa frappadinguerie. Il préconise désormais le port du masque dès l'âge de 2 ans ! Même après la vaccination du personnel de garde. Et tout en conservant la distanciation sociale. "Les Californiens devraient porter deux masques lorsqu'ils sortent en public", déclare le gouverneur démocrate Gavin Newsom...
Il y a un an, les libertariens montraient la Corée du Sud en exemple. Le pays comptait alors le quatrième plus grand nombre de cas de coronavirus au monde - et pourtant il s'en est sorti sans quarantaines géographiques imposées par des gardes armés, à ;l'inverse de la Chine, dont tout l'ancien monde libre s'est inspiré des méthodes.
On a ri des Etats-Unis. Mais outre-Atlantique les restrictions commencent enfin à être levées dans tout le pays. Les salles de spectacle rouvrent leurs portes, les restaurants se remplissent, et basta les masques y compris dans les bâtiments publics. Le gouverneur de Floride Ron DeSanti vient de déclarer : "La Floride a bien fait les choses et les États confinés ne pas l'ont pas compris!" (Mortalité Covid/h < à la moyenne nationale et < à 27 autres États, y compris la Californie ultra-confinée.) Les écoles de Floride, un des premiers Etats US à reprendre l'enseignement en août, ont rouvert sans devenir des super-épandeurs de Covid. Durant les sept mois suivants, elles ont évité des flambées et maintenu des taux inférieurs à ceux de la population générale.
Pour réagir à cette hystérie provoquée par une secte dangereuse qui ne lâchera pas les manettes du pouvoir aussi facilement que certains l'espèrent, il importe de se souvenir que désobéissance civile et sécession sont les deux mamelles de la liberté.
En attendant, le sais-tu ? Il existe des cafés et des restaurants clandestins dans Paris. Peut-être même dans ta ville ou ton village. J'en ai vus. Amuse-toi à les trouver à ton tour. L'espace d'un instant, tu te sentiras aussi aventurier et libre que les héros d'Hugo Pratt ou d'Alexandre Dumas. Quoi qu'il en soit, agis selon ta conscience et désobéis aux ordres iniques du "plus froid des monstres froids".
Un pays n'est pas libre collectivement parce que le mot liberté figure dans sa devise ou est inscrit au fronton de ses édifices. Un pays est libre si tous les individus qui le composent sont libres. Un vrai patriote est celui qui se bat contre l'Etat qui écrase la liberté.
Paul-Eric Blanrue




mardi 25 août 2020

Un avenir de cités libres ? En route pour la sécession !

Les lecteurs de Sécession, de Paul-Éric Blanrue, des ouvrages de Bertrand Lemennicier, de Hans-Hermann Hoppe, de La liberté par le marché des Tannehill, retrouveront dans cette vidéo passionnante (durée : 1h15), et l'excellent livre de Titus Gebel que présente Olivier Roland, des idées qu'ils connaissent et apprécient.

 


La dictature, tout autant que la démocratie, même la référendaire, sont des dominations coercitives défaillantes à tous points de vue, en plus d'être illégitimes. L'État moderne n'est rien d'autre qu'un système totalitaire larvé et surtout pas le fameux "mal nécessaire" qu'on essaye de nous vendre. Le système redistributif forcé l'est moins encore. Ces structures malades, à bout de souffle, sont à l'origine des principaux maux dont nous souffrons tous, à divers niveaux. 

Tout à l'opposé : des sociétés fondées sur le volontariat et le consentement individuel (il n'y a pas que Vanessa Springora qui y a droit !) et la propriété privée. Ces idées peuvent prendre la forme de cités libres à la manière de l'ancienne Venise, souveraines, autodéterminées, semi-autonomes, ayant leur propre régime fiscal, juridique... Gérées par une société d'exploitation, autrement dit des entreprises à but lucratif, ces cités libres et privées promeuvent l'idée de l'individu souverain de lui-même. Celui-ci signe un véritable contrat de citoyenneté écrit et peut le rompre, incluant la sécession à tout moment. Il n'existe pas de constitution mais un accord consenti entre chaque habitant/client et la société d'exploitation, avec cotisation volontaire.

Chaque cité libre a ses propres critères, différents selon les cas proposés sur le marché. Il peut en exister de tout type. Le barbare qui ne respecte pas les obligations contractuelles signées peut être expulsé sans ménagement. Pas d'ouvertures de frontières à gogo non plus. Pour les autres, en cas de problèmes et de litiges, il leur est loisible de demander des dommages et intérêts au prestataire : c'est la fin de l'irresponsabilité de l'État. On entre là dans un système de liberté et de responsabilité.

Conséquence : la constitution de petites unités décentralisées, basées sur la propriété privée, le volontariat, mettant en concurrence les États et ses services, sont des embryons possibles d'une alternative économico-politique majeure. 

Une heure pour découvrir de manière très détaillée ce modèle de société pacifique et efficace, fondé sur le droit naturel et ne nécessitant pas de révolution sanglante.

Des objections ? Il y en a, mais Olivier Laurent y répond point par point en se fondant sur les réponses pertinentes données par Titus Gebel. Les libertariens, de doux rêveurs ? C'est l'exact contraire de la vérité. Regardez, écoutez, vous ne serez pas déçus ! 

 


lundi 17 août 2020

Édition française d'un classique libertarien US : "La Liberté par le marché" de Morris et Linda Tannehill. En avant-première, la préface de Paul-Éric Blanrue !

 

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C’est en 1970 que parut ce livre exceptionnel de Morris et Linda Tannehill. Son ambition n’est pas mince : il est question de montrer qu’une société de liberté absolue, telle que prônée par les libertariens, est non seulement concevable en théorie, in abstracto, mais parfaitement possible in concreto. Ferraillant contre les badernes qui répètent depuis des lustres, comme un 78 tours rayé, que « l’État est un mal nécessaire », les auteurs précisent à quelles conditions exactes une société authentiquement libre peut exister et prospérer dans notre monde sublunaire. Pour établir leur démonstration rigoureuse, Morris et Linda Tannehill arpentent les principaux domaines de la vie en communauté, justice, défense, police, santé, répondent du tac au tac, sans d’ailleurs jouer aux plus malins, aux objections classiques que leurs adversaires leur opposent et concluent que le triomphe de la liberté réelle doit passer par la nécessaire abolition de l’État qui va de pair avec la stricte application du principe de libre entreprise et de la libre concurrence dans tous les secteurs, y compris ceux que l’on considère d’ordinaire, par paresse, comme étant du ressort exclusif de l’État, les légendaires droits régaliens. 

Les Tannehill ne nous emportent point dans un voyage contemplatif vers la cité de Coucou-les-Nuées des Oiseaux d’Aristophane, ils gardent les pieds sur terre et s’intéressent de près, de façon très technique, à la résolution des délicates affaires du quotidien. Pas de science-fiction, du réalisme pur jus, de la déduction haut de gamme, du concept de pointe. Tout à l’opposé d’un Karl Marx qui resta si vague dans sa description de sa société communiste du futur qu’aucun de ses sectateurs ne tomba d’accord sur ce qu’il convenait de faire avant que Lénine ne tranchât le nœud gordien, en fonction de ses intérêts politiques du moment et de la folie ambiante. La liberté par le marché est à situer dans son époque afin d’en montrer la fraîcheur, l’originalité, l’excellence – et aussi son extraordinaire actualité. 

Dans les années cinquante et soixante, tandis qu’une vaste partie du monde vivait, pétrifiée, dans la terreur imposée par la Guerre froide, divers courants alternatifs et de multiples individualités aux talents singuliers portaient eux aussi, à bout de bras, l’idéal de liberté. La Beat Generation, aux États-Unis, suivie par le mouvement hippie, le Summer of Love de 1967, le festival de Woodstock en 1969 ou les événements de Mai 68 en France, empruntèrent un tout autre chemin que celui préconisé par les Tannehill. On en vit sans tarder le résultat : il mena ceux qui le suivirent les yeux fermés, comme charmés par le joueur de flûte de Hamelin, dans un cul-de-sac. 

Les ouvrages ébouriffants de Jack Kerouac sont un régal, et les aventures hallucinogènes de ses «clochards célestes » qui faisaient la route, virevoltant dans la quête mystique d’un déconditionnement total les conduisant à approcher, à Big Sur ou ailleurs, quelque nirvana approximatif, sont chers à mon cœur. Seulement les membres de ce mouvement mal défini, sans rigueur ni tentative de mise en forme conceptuelle, ont achevé leur course vers les étoiles éparpillés, hagards, perdus ou désabusés, sombrant dans la drogue à outrance ou la soulographie triste. Kerouac lui-même, revenu de tout, comme Arthur Rimbaud après avoir procédé au « dérèglement de tous les sens » et s’échappant, tel un vulgaire colon, vers la Corne de l’Afrique, se mit à soutenir les Marines durant la guerre du Vietnam, pris dans les rets d’une exaltation frénétique de l’impérialisme yankee jadis décrié. 

D’autres mirobolants auteurs se sont perdus dans le labyrinthe abstrus de leurs fantasmes mal maîtrisés, tel Hunter S. Thompson, le fulminant fondateur du journalisme gonzo. Quel personnage ! Comment ne pas l’apprécier ! Mais ses limites et sa perception biaisée de la réalité l’empêchèrent, lui aussi, de concevoir une alternative crédible à la pesanteur de la société où il trempait. Amateur de l’anti- étatiste H.L Mencken, assidu lecteur du génial Fountainhead d’Ayn Rand (dont il admirait le héros, l’architecte créatif et intransigeant Howard Roark porté à l’écran par King Vidor en 1949), et, en outre, ardent défenseur du port d’armes, le politiquement incorrect et légèrement libéral Thompson s’est pourtant rapproché, au fil des ans, des démocrates, fasciné qu’il était par JFK, on ignore pourquoi, et il fut même, un temps, tenté par les lubies de Karl Marx. 

De l’autre côté de l’Atlantique, dans l’Ancien Monde, la chute fut encore plus raide : la liberté tant revendiquée, avec raison, par la jeunesse estudiantine s’est tout de suite faite kidnapper par les mouvements gauchistes, trotskistes, maoïstes et autres tabarins torves et sanglants. Même les théoriciens jouant le rôle de paraître plus subtils que les tribuns des rues échevelés s’époumonant au Quartier latin, comme les situationnistes de Guy Debord, gens raffinés certes, se sont laisser entraîner bêtement par les sirènes du marxisme en vogue, s’accaparant, par habitude et fainéantise, son vocabulaire trop hégélien pour être honnête et ses théories grossières de prophète matérialiste inapte au travail intellectuel sérieux. Leur attrait pour des conceptions erronées dont les épouvantables manifestations étaient pourtant visibles, sur le théâtre des opérations, depuis des décennies, laisse pantois. C’est pourtant bien ainsi que les choses se passèrent, dans un fort curieux oubli du réel, déformé à loisir, au gré de la fantaisie de chacun : une façon malheureuse de s’engager pour une cause, la fameuse Cause avec majuscule obligée, litanie de l’époque, celle du Peuple, bien sûr, comme Jean-Paul Sartre le répétait, en martelant naturellement, cela allait de pair, que « tout anticommuniste est un chien ». 

La liberté, la liberté ! criaient-ils tous, comme s’ils aboyaient pour avoir un os à ronger ou plutôt obtenir le droit d’avoir sous la main une boutique Fauchon à dévaliser. Si le célèbre aphorisme « Il est interdit d’interdire » est une parodie de Jean Yanne, on eut droit néanmoins à des formules audacieuses et ne manquant pas de piquant : « Chacun est libre d’être libre », « Tout ce qui est discutable est à discuter », ou encore « Un homme n’est pas stupide ou intelligent : il est libre ou il n’est pas libre ». Très bien, merveilleux, poétique, admirable ! On se fut volontiers exclamé : encore ! encore !, comme à la fête à Neu-Neu. Sauf que tous ces cris, ces palpitations d’incendie, ces revendications peintes sur les murs les soirs d’errance ne reposaient sur rien d’autre qu’un élan émotif, un gigantesque ras-le-bol du vieux monde, celui que décriaient « Les Cahiers du cinéma » : l’univers de papa-maman, une hiérarchie jugée illégitime, l’oppression en noir et blanc d’une société opaque, trop lourde à porter pour la jeune génération éprise d’air pur. 

C’était un immense cri du cœur de la jeunesse qui s’estimait emprisonnée. Mais cette même jeunesse, hélas, trois fois hélas, ne fut pas capable de s’emparer d’armes intellectuelles pillées ailleurs que dans les arsenaux dont les stocks étaient de loin plus vieillots et cent fois plus ringards que les cadres décatis de la société contre laquelle elle pestait et prétendait se rebeller. 

Preuve que cette agitation n’était pas sérieuse, tous ses adeptes ou presque, du rogue Serge July au rodomont Daniel Cohn Bendit, ont fini par s’intégrer, à l’image des bourgeois repus qu’ils se plaisaient à fustiger jadis, dans le confort onctueux de cette société honnie. Bénéficiant des bienfaits qu’elle leur accordait, ces ex révolutionnaires de pacotille, devenus d’affreux bourgeois-bohèmes, se sont mis à devenir les pires dispensateurs de moraline que le XX e siècle ait compté, fors les ligues de vertu féministes américaines encourageant la Prohibition dans les années vingt. 

Quant au mouvement hippie, aux États-Unis comme dans le Larzac, sans mégoter son apport à la libération sexuelle et à la pop culture, il était désireux de s’extraire de la société de consommation et échoua lui aussi, totalement, dans son œuvre de sécession. Il vécut quelque temps dans un délire psychédélique fol et amusant, quelquefois tragique avec les assassinats perpétrés par la Manson Family. Fondé sur un bricolage syncrétiste, mêlant spiritualité orientale mal digérée, jeunisme vaguement sectaire, gouroutisation facile, sexe et came à tous les étages et pacifisme ultra, il n’a rien su construire qui fut durable. Tout au plus son élégant symbole Peace and Love (une adaptation de l’alphabet runique) est-il devenu un logo justifiant une mode juteuse dont profitèrent abondamment des entreprises capitalistes que les hippies étaient censés rejeter dans les ténèbres extérieures. Horribile dictu, certains d’entre eux finirent leur vie en capitaine d’industrie, à la manière de Steve Jobs. 

Tous ces mouvements manquèrent leur but : l’instauration d’une société d’intégrale liberté. Fâcheux méchef ! Pourquoi ? Parce qu’ils s’échappèrent dans tous les sens, au gré du vent et de leurs émotions, zigzaguèrent comme des étincelles et des chiens fous, ou bien parce qu’ils furent manipulés par de zélés agitateurs ayant à l’esprit des desseins différents de ceux des niguedouilles qui les écoutaient bouche bée. Dans les deux cas, il manquait cruellement une saine théorie à cette doctrine de la liberté, une théorie non empuantie par les pollutions nocturnes du promeneur solitaire genevois ou par la fumée des gros cigares du ratiocineur de Trèves, bref une théorie rationnelle, logique, franche et honnête (c’est-à-dire ne promettant pas le Paradis sur terre), expliquant par le menu les changements réels qu’elle entraînerait automatiquement dans tous les secteurs de la société dès qu’elle serait mise en application.

Mais voilà, quand ils n’étaient pas contaminés par le marxisme, tous les révoltés des années soixante, qui réclamaient la liberté à cor et à cri, n’étaient bien souvent, qu’ils en fussent ou non conscients, que des socialistes utopiques. Certains parmi les plus éclairés d’entre eux appréciaient Henry David Thoreau et partageaient sa vigoureuse conception de la désobéissance civile, mais les références n’allaient pas beaucoup plus loin. Tous, à divers degrés, auraient pu se réclamer de Jean-Jacques Rousseau. Ils étaient contaminés par le virus de la « volonté générale », à leur corps défendant. 

Joli styliste mais piètre penseur, Rousseau est, au-delà de Marx, le maître ultime de ceux qui désirent éperdument la liberté mais vont s’employer, dans le même temps, à choisir la pire des solutions pour parvenir à réaliser cet idéal. Rousseau rêve de liberté, alors que, d’après ses écrits, elle demeure une chimère, une illusion, une impossibilité au firmament de ses divagations intellectuelles. Rousseau, ou la schizophrénie incarnée. Rousseau, en son intime, déteste l’individu. Pour lui, on ne devient homme que lorsqu’on accède au rang de citoyen. Le collectif décide. Toujours. On doit forcer quelqu’un à être libre. Quelle folie ! Il faut contraindre les hommes qui ne se plient pas à la règle édictée par la collectivité. Et alors seulement ils seront libres. Malgré eux. Le législateur détient ainsi un pouvoir sans limite. 

Pour Jean-Jacques, le mal vient de la propriété : tout est là, le reste suivra, la débandade en particulier. Les Tannehill ont des formules frappantes pour démolir cette conception erronée si répandue : « Les droits de propriété sont les droits de l’homme ». C’est dit, et tout s’illumine aussitôt. Rousseau évoque-t-il un contrat social ? Attrayante appellation, magie des mots, à ceci près qu’il y a fraude sur la marchandise puisqu’il ne s’agit que d’un contrat aliénant tous les droits d’un homme à la société, autrement dit d’une dépossession factuelle de ses droits. Un contrat, de plus, non signé par les parties en présence ! 

De nos jours, les Gilets Jaunes, qui se réclament de la pensée de Rousseau par Étienne Chouard interposé, en sont au même stade critique que les pseudo réfractaires des années cinquante et soixante. Ils sont désarmés intellectuellement face à l’État. Ils le critiquent avec virulence, ils le dénoncent avec rage.... et puis ils l’acceptent. Et soudain, ils passent à la vitesse supérieure et changent brutalement de cap : ils estiment que l’État (le même État qui les matraque et les éborgne) n’en fait pas assez, et les voilà qui lui demandent de contrôler davantage la production, la société, leur vie ! État stratège, État régulateur ! La rengaine éternelle... 

À bas l’État = Vive l’État. Moins = plus. Curieuse logique ! Orwell n’est pas loin et cligne de l’œil. À la façon des libéraux dits classiques, les GJ font de l’État un « mal nécessaire », ce psittacisme, cette imposture intellectuelle, alors qu’ils étaient censés se libérer de son emprise. 

Le fond de l’histoire : le principal ennemi, celui qui crée la dysharmonie sociale en empêchant l’autorégulation et en violant avec constance le droit des gens, celui qui mène des guerres, celui qui élabore des lois liberticides, celui qui détient le monopole de la violence légale sur tout un territoire, s’octroyant ainsi, en pratique, tous les droits, c’est l’État. Il faut en revenir à la souveraineté absolue de l’individu. « Prôner l’État, c’est prôner l’esclavage », écrivent avec fermeté les Tannehill, qui n’éprouvent nulle crainte de démasquer pareillement les prétentions illusoires de la démocratie, comme Hans-Hermann Hoppe s’y attellera des années plus tard. 

Les néo-révoltés n’ont pas compris les rudiments du droit naturel qui placent l’individu, sa liberté et sa propriété au premier plan, au cœur de tout. Ils croient sans doute, avec sincérité, lutter pour la liberté individuelle, mais ils demeurent avec obstination des collectivistes, comme Étienne Chouard qui se déclare anarchiste tout en estimant intéressante l’idée que toute la population soit composée de fonctionnaires. Y a-t-il un logicien dans l’avion ? On ne peut pas être collectiviste et défendre les droits de la liberté individuelle. C’est inconciliable, comme le présent ouvrage le démontre, avec une rare pertinence, à chaque page. 

Ni la Beat Generation, ni les hippies, ni les soixante-huitards, ni, de nos jours, les GJ n’ont compris grand-chose à la question du droit naturel, qui éclaire pourtant la piste à suivre dans la noirceur du monde. C’est de cette ignorance abyssale que vient tout le mal. Car c’est d’ici, de cette borne, celle du droit naturel, que tout démarre. 

Les uns ont fini dispersés au bout de quelques années de déambulations, ou avinés au fond du caniveau, faute d’avoir su comprendre les règles de base que la réalité sociale et la nature de l’homme imposaient à l’esprit de celui qui veut avancer et non tourner comme un bourricot autour de son puits ; les autres tentent de faire une révolution française 2.0 avec des ronds-points en guise de Bastille et des principes ayant mené à la terreur robespierriste, au génocide vendéen, puis à l’Holodomor de Staline. Compulsion de répétition. Naïveté, cynisme, et frappante méconnaissance des principes qui doivent guider une action et organiser une société afin qu’elle puisse devenir enfin libre et juste. 

La Liberté par le marché remet les choses au clair. L’argumentation est limpide, bien construite, aérée, progressive, détaillée, rationnelle. Tout l’édifice du livre repose sur une idée simple, un principe d’éthique universelle minimale, semper virens : le principe de non-agression. Ce principe, compréhensible de tous, admis par toutes les traditions et les civilisations les plus élevées, est jour après jour violé par le monopole coercitif de l’État, qui ment, vole, impose ses conceptions du berceau au linceul, sans jamais tenir compte du consentement de l’individu et en lui interdisant tout droit de sécession. 

Au moment où j’écris, la sinistre affaire de la Covid-19 prouve abondamment l’immanité étatique. La réédition de cet ouvrage tombe à pic pour déciller tous ceux qui refusent la servitude volontaire, les esprits libres qui ont décidé de ne plus vivre en somnambules et de s’évader d’un système étouffant devenu invivable. Il est à espérer qu’une poignée d’irréductibles en fasse son viatique pour en propager les idées. 

Sait-on encore raisonner au XXIe siècle ? Si la réponse est négative, il va promptement falloir s’y remettre ! Cet ouvrage, destiné à devenir un classique sous nos latitudes, va nous y aider. 

Paul-Éric Blanrue, 

Saint-Honorat, 15 août 2020.

samedi 18 juillet 2020

Bas les masques ! Réflexions estivales de Paul-Éric Blanrue.

Ah, ces benêts qui juraient leurs grands dieux qu'une fois l'épidémie finie tout redeviendrait comme avant, "à la normale" ! Les voici dans les choux, dépassés, démentis par les faits. Ils sont d'autant moins excusables qu'il n'y a pas de secret : une fois qu'un État a mis la population au pas, il n'a nulle intention de lâcher la bride. Grâce à la Sainte Trouille l'esclavage est de plus en plus volontaire : ça aide. On incendie sur les réseaux ceux qui veulent sortir du rang. On les dénonce à la vindicte populaire comme au bon vieux temps du confinement. Le pli est pris. Pourquoi l'État se gênerait-il ? Qui va s'opposer à ses directives sanctifiées par l'Église de la Trouille et une partie du populo abusé ? Il ne faut point admettre que l'épidémie est derrière nous : songez à la deuxième vague, malheureux ! Angoissez-vous pour la troisième, méditez sur la quatrième, tremblez pour la quinzième !
Masques obligatoires en lieux clos ? Oh, pas pour vous, bonnes gens, non, du tout, mais pour "les autres", bien sûr ! Les autres, les autres ! Point d'égoïsme : de l'altruisme pur sucre. 
Ah oui ?
Axel Kahn et autres professionnels de l'éthique d'État sont de dangereux farceurs. Protégez les autres, mes frères ! Tant que l'un de vos comportements sera jugé à risque par Kahn et les moralistes institués, abstenez-vous ! Telle est la thèse. Ils savent mieux que vous ce qui est bon pour vous. L'Éthique, c'est leur truc. Leur dada. Ils maîtrisent la chose (on ne sait pas comment mais c'est ainsi, ils ont la légitimité infuse), pas comme vous, bétail humain que vous êtes. Comme tout comportement, marcher, rouler, jouer, marcher, baiser et même parler, est potentiellement nuisible à autrui, ne faites plus rien ! Mettez tous des masques sous peine d'amendes. Et taisez-vous.
Si vous voulez rire, demandez tout de même un peu à vos décideurs en vertu de quelle étude randomisée, l'État a pris cette décision. La norme obligée pour HCQ ne l'est soudainement plus pour les masques. Les masques sont tellement nécessaires à la santé publique que l'État a attendu la fin de l'épidémie pour les rendre obligatoires. Mystère la foi étatique.
Le chantage affectif au nom de l'altruisme est vieux comme le clergé. Pour être qualifié de moral un acte ne peut être que volontaire. L'éthique coercitive d'État n'est d'aucune valeur en la circonstance. Exiger le sacrifice de votre liberté est l'ordre d'un maître pour son esclave. Rien de vertueux là-dedans, c'est un déploiement de force pure qui s'abat sur l'homme. Le communisme a fait 100 millions de morts au nom de la défense du prolétariat, les malheureux, les damnés, le sel de la terre. L'écologisme veut écraser vos vies au nom de la défense des vers de terre, des pistes cyclables, des éoliennes et d'un réchauffement dont il est interdit de douter. C'est le même impératif clérical, interdisant d'entretenir une pensée propre et d'exercer nos droits naturels fondamentaux, qui n'ont rien de théorèmes bassement égoïstes puisqu'ils sont au fondement de toute civilisation.
Que celui qui veut porter un masque en porte un. C'est son choix. Il est impératif qu'ils soient disponibles. L'État, tout de suite, sans constituer de stock, aurait dû ouvrir le marché pour que la population puisse s'en procurer (les pharmaciens ont leurs réseaux). Il importe toutefois de se rappeler que ne pas porter de masque ne nuit en rien à la liberté de ceux qui veulent en porter un s'ils le désirent.
On aura remarqué au cours de cette épidémie, et aujourd'hui encore, qu'aucun parti politique n'a réclamé plus de liberté pour le peuple. Tous ont demandé davantage de coercition. La liberté est le danger majeur pour ces brigands qui vivent de l'aliénation générale pour pérenniser leurs méfaits.
Au lieu de faire tremper les gens dans un bain de terreur et les contraindre de sortir avec des masques comme si la peste noire régnait sur le monde au risque de décimer la moitié de la population, offrez-leur donc la liberté thérapeutique afin qu'ils se soignent avec les traitements qu'ils jugent efficaces !
Quand l'État supprime votre liberté et vous confine, c'est vous qui êtes prisonnier. Pas lui. Quand l'État vous interdit de vous soigner avec un traitement efficace c'est vous qui mourrez. Pas lui. Quand l'État vous contraint de vous conduire en esclave, c'est lui le maître. Et si vous ne laissiez pas l'État contrôler vos vies ? On peut y songer, non ?

Paul-Éric Blanrue