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vendredi 3 juillet 2026

𝗗’𝗼𝘂̀ 𝗹𝗲 𝗽𝗮𝗽𝗲 𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁-𝗶𝗹 𝘀𝗼𝗻 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿 ? Sortie du livre "Qui a inventé" la papauté ? de Paul-Éric Blanrue.




Le Vatican vient de prononcer l’une des décisions les plus graves de ces dernières décennies : après la consécration de quatre nouveaux évêques sans mandat pontifical, il a déclaré la Fraternité Saint-Pie X en schisme, excommunié ses évêques, ses quelque 750 prêtres et averti que les fidèles qui s’y rattacheraient formellement s’exposeraient eux aussi à l’excommunication.

Cette décision soulève une question que l’on ne se pose plus : pourquoi un évêque ne peut-il aujourd’hui être consacré sans l’autorisation du pape ? 

Nous sommes tellement habitués à voir Rome nommer les évêques du monde entier, les transférer ou les relever de leurs fonctions que cette organisation nous paraît aussi ancienne que le christianisme lui-même. 

Pourtant, durant le premier millénaire, les évêques étaient élus par leur Église, consacrés par les évêques de leur province et jugés par des synodes. 

Comment est-on passé d’une Église gouvernée par les conciles à une Église où l’autorité suprême est concentrée à Rome ? Cette évolution remonte-t-elle aux apôtres, ou est-elle le produit de l’histoire ?

C’est cette enquête qui m’a conduit à écrire "Qui a inventé la papauté ?" Depuis plusieurs années, j’ai repris le dossier depuis le commencement. Les Évangiles. Les Pères de l’Église. Les canons des conciles. Les lettres des premiers évêques. Les chroniques antiques. Ma seule méthode : suivre les textes dans leur ordre d’apparition.

L’ironie de l’histoire veut que ce livre paraisse au moment même où ces questions reviennent au premier plan. Derrière la crise actuelle se cache une interrogation beaucoup plus fondamentale : 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹’𝗘́𝗴𝗹𝗶𝘀𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘅 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿𝘀 𝘀𝗶𝗲̀𝗰𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗺𝗼𝗻𝗮𝗿𝗰𝗵𝗶𝗲 𝗽𝗼𝗻𝘁𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝗹𝗲 𝗱𝗲́𝗳𝗶𝗻𝗶𝗲 𝗽𝗮𝗿 𝗩𝗮𝘁𝗶𝗰𝗮𝗻 𝗜, 𝘆 𝗮-𝘁-𝗶𝗹 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝘂𝗶𝘁𝗲́ 𝗼𝘂 𝗿𝘂𝗽𝘁𝘂𝗿𝗲 ? 𝗟’𝗘́𝗴𝗹𝗶𝘀𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗽𝗼̂𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶̂𝘁𝗿𝗮𝗶𝘁-𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗮𝗽𝗮𝘂𝘁𝗲́ 𝘁𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘀𝘀𝗼𝗻𝘀 𝗮𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱’𝗵𝘂𝗶 ?

J’ai laissé les sources parler elles-mêmes.

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"𝗤𝘂𝗶 𝗮 𝗶𝗻𝘃𝗲𝗻𝘁𝗲́ 𝗹𝗮 𝗽𝗮𝗽𝗮𝘂𝘁𝗲́ ?
𝗘𝗻𝗾𝘂𝗲̂𝘁𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗥𝗼𝗺𝗲, 𝗣𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹’𝗘́𝗴𝗹𝗶𝘀𝗲."

Disponible en édition Kindle. LIEN 
Le livre broché LIEN

En voici l'introduction titre gracieux :

Il est des institutions dont la longévité finit par leur donner l’apparence de l’évidence. Elles traversent les siècles avec une telle assurance que l’on cesse un jour de se demander comment elles sont nées. Leur histoire disparaît derrière leur ancienneté. Elles semblent avoir toujours existé sous les traits que nous leur connaissons. La papauté appartient à cette famille.
Pour des centaines de millions de catholiques, l’évêque de Rome est le successeur de saint Pierre. Cette affirmation est si familière qu’elle paraît parfois se confondre avec les Évangiles eux-mêmes. Pourtant, les documents ne connaissent pas les habitudes. Ils ignorent les évidences acquises. Ils obligent toujours à recommencer l’enquête.
Car l’historien ne remonte jamais le temps à partir des institutions telles qu’elles existent aujourd’hui. Il procède en sens inverse. Il ouvre les premiers documents, écoute les premiers témoins, suit les premières générations chrétiennes et regarde les institutions prendre forme sous ses yeux. Les conclusions viennent ensuite. Elles ne précèdent jamais les sources.
Le dossier est, cette fois, d’une richesse peu commune. Les écrits du Nouveau Testament, Clément de Rome, Ignace d’Antioche, Irénée de Lyon, Cyprien de Carthage, les grands Pères de l’Église, les canons conciliaires : rarement les premiers siècles ont laissé autant de témoins. Ils déposent les uns après les autres. Encore faut-il les entendre dans l’ordre où l’histoire les fait comparaître.
Une première constatation s’impose. Rome occupe très tôt une place singulière dans la chrétienté. Son ancienneté, le souvenir des apôtres Pierre et Paul, le prestige de la capitale impériale et l’autorité morale de plusieurs de ses évêques lui confèrent un rang que nul historien sérieux ne songe à contester. Mais cette primauté est-elle déjà celle que définira le premier concile du Vatican en 1870 ? Autrement dit, les premiers siècles connaissent-ils déjà un évêque exerçant une juridiction universelle sur toute l’Église, ou assistons-nous au développement progressif d’une institution qui ne prendra sa forme définitive que bien plus tard ?
Toute l’enquête tient dans cette seule question.
Pierre fut-il le premier évêque de Rome ? Les premières communautés chrétiennes reconnaissaient-elles déjà à l’Église de Rome une autorité identique à celle que lui attribuera la théologie catholique moderne ? À quel moment cette conception apparaît-elle dans les textes ? Et surtout, que disent les documents lorsqu’on les lit pour eux-mêmes, sans leur demander de trancher des controverses qui leur étaient encore inconnues ?
Une règle nous accompagnera jusqu’au terme de cette enquête. Les textes parleront avant les commentaires. Chaque auteur sera replacé dans son siècle, chaque document dans son contexte, chaque institution au moment où elle naît et non lorsqu’elle est déjà parvenue à son plein développement. L’histoire ne consiste pas à faire parler Ignace, Irénée ou Cyprien avec le vocabulaire du Moyen Âge ou du XIXᵉ siècle. Elle demande un effort plus modeste et plus exigeant : écouter chaque époque dans sa propre langue.
Le lecteur ne trouvera donc ni un réquisitoire contre la papauté ni un plaidoyer en sa faveur. Il trouvera un dossier. Les pièces en seront examinées l’une après l’autre, sans précipitation. Une tradition n’a rien à craindre des documents dont elle se réclame. C’est même à leur contact qu’elle révèle le mieux ce qu’elle était à son origine… et ce qu’elle est devenue au fil des siècles.