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lundi 18 juin 2018

18 juin : deux mythes à déconstruire, le bonapartiste et le gaulliste !


1° LE MYTHE BONAPARTISTE.
D'abord le 18 juin 1815, Waterloo. L'erreur fatale du Napoléon 1er (pour le pays) n'a pas seulement été l'exécrable stratégie de Waterloo mais son retour lors des Cent jours, qui a bouleversé l'équilibre européen et contribué à mettre la France à genoux.

L'historien Emmanuel de Waresquiel : "Si l’on s’en tient aux faits, la première Restauration est très prometteuse en termes de liberté. Louis XVIII, monarque bien plus intelligent et pragmatique qu’on ne l’a souvent écrit, formé par son exil en Angleterre, a pris en compte les acquis de la Révolution. L’égalité devant la loi est reconnue. Idem pour la liberté de réunion. Le catholicisme demeure, certes, la religion d’Etat, mais deux de ses ministres, Guizot et Jocourt, sont protestants. La monarchie réinstituée le 4 juin 1814 est l’un des régimes les plus libéraux d’Europe. La fin du blocus a par ailleurs rouvert les routes commerciales maritimes. La bourgeoisie bordelaise, par exemple, fait de très bonnes affaires. Waterloo, deux mois plus tard, sanctionne en réalité un retour en arrière. Le conservatisme, le refus de la modernisation, sont du côté de Napoléon (...) L’exilé de l’île d’Elbe utilisera beaucoup cet argument pour se tailler une légende à Sainte-Hélène, où il s’emploiera à réinventer l’histoire à sa mesure, en se drapant dans une posture nationale libérale (...) Il dénonce la trahison réelle ou fantasmée des étrangers, des nobles, de tous ceux qui «sont au service des ennemis de la France». Or que propose-t-il? La gloire et la puissance militaire à des dizaines de milliers de soldats désœuvrés et nostalgiques. L’empereur, pour retrouver sa légitimité, renoue avec les haines recuites et les vieilles lunes. Il prétend renouer avec les idéaux de 1789 et réunifier la France. Mais il attise surtout les divisions, ce combustible révolutionnaire par excellence (...) Il faut bien comprendre que l’héritage de Waterloo c’est une France occupée de façon très violente par 150 000 soldats coalisés pendant cinq ans; 700 millions de francs or d’indemnités à payer; des villages entiers incendiés. Waterloo, c’est le mythe bonapartiste. La France, elle, est à genoux." 

2° LE MYTHE GAULLISTE
Le mythe de l'appel du 18 juin 1940 : l'appel que vous entendez n'est pas l'original et le texte de cet appel qu'on a appris à l'école est ultérieur. Le texte diffusé dans tous les manuels scolaires depuis 1958 et inscrit dans le marbre au 4 Carlton Garden à Londres est un faux, punto e basta.

"Depuis que plusieurs chercheurs se sont penchés de près sur la réalité historique de l’événement, dans les années 1990, la version officielle de l'appel du 18 juin 1940 longtemps imposée par les milieux gaullistes est bousculée.

Première vérité à rétablir : le 18 juin, très peu de Français ont entendu l’appel lancé sur les ondes de la BBC par le général de Gaulle. Ce n’est que les jours et les semaines suivantes que, le bouche-à-oreille aidant, beaucoup de Français déterminés à poursuivre le combat se sont mis à écouter la radio anglaise, pour y entendre les mots d’un général français refusant l’armistice. Plutôt que l’appel du 18 juin, ce sont donc généralement les appels lancés par le général de Gaulle le 19 et le 22 juin - dont les textes sont différents de celui du 18 - qu’ont entendus les Français qui l’ont ensuite rejoint à Londres. Aucun enregistrement de l’appel du 18 juin n’ayant été conservé, on confond d’ailleurs souvent l’appel du 18 avec celui du 22 juin, dont on a en revanche conservé un témoignage sonore.
(...) En l’absence de tout enregistrement, le texte même de l’appel suscite le débat. De Gaulle a authentifié une version commençant par les deux phrases suivantes : "Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat". C’est la version généralement retenue. Mais, sous la pression du gouvernement britannique, qui, le 18 juin, voulait encore ménager le gouvernement du maréchal Pétain, ces deux premières phrases ont en fait été remplacées, dans la version réellement diffusée, par deux autres, nettement plus consensuelles : "Le gouvernement a demandé à l’ennemi à quelles conditions honorables pourrait cesser le combat. Il a déclaré en outre que la lutte devait continuer si ces conditions étaient contraires à l’honneur, la dignité et l’indépendance de la France."

LIEN
L'un des autres mythes gaullistes c'est son grade de général. Il avait une retraite de colonel. Il a été général de brigade à titre temporaire, annulé "par Vichy", mais il a considéré que Vichy ce n'était pas la "bonne légalité". Reste qu'il n'a jamais été confirmé général par la République. À la fin de la guerre, il n'a pas fait de demande pour être réintroduit dans son grade de général : il reste donc un colonel. "Général de Gaulle" est un pseudo, un nom de plume, une peinture de guerre, si l'on veut, mais c'est encore un mythe gaulliste. Quand il défilait avec l'uniforme de général deux étoiles, il n'en avait pas droit, il se déguisait, c'était du carnaval (moins léger que celui de Venise). Il y aurait tellement de choses à dire sur cet imposteur !