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mercredi 25 avril 2018

L'État minimum c'est un maximum de liberté et de prospérité !


Face au Congrès américain, le président Macron vient cet après-midi de citer Thomas Jefferson, le troisième président des États-Unis. Jefferson avait été ambassadeur des États-Unis en France entre 1785 et 1789. 
J'en profite pour citer à mon tour certains extraits de l'oeuvre de cet ami de La Fayette, qui mettent l'accent sur la minarchie, qui font la promotion de l'État minimum, celui qui se voit réduit à ses fonctions régaliennes, principalement la sécurité, la diplomatie, le Droit et la justice. En somme, cette forme État que nous avons perdue avec le système actuel dans lequel nous pataugeons, dérivé du Léviathan de Thomas Hobbes :

- "Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins."
- "Quand les citoyens craignent leur gouvernement, il y a tyrannie ; quand le gouvernement craint ses citoyens, il y a liberté."
- "Les nations en guerre perpétuelle dépensent leur énergie dans la destruction du travail, de la propriété et de la vie de leurs concitoyens."
- "La liberté licite est l'action non entravée selon notre volonté dans les limites dessinées autour de nous par les droits égaux d'autrui. Je n'ajoute pas dans les limites de la loi, parce que celle-ci n'est souvent que la volonté du tyran, et il en est toujours ainsi quand elle viole les droits des individus."
- "La plus forte raison pour les gens de conserver le droit de porter des armes est, en ultime ressort, de se protéger eux-mêmes contre la tyrannie du gouvernement."
- "Obliger un homme à payer des impôts pour la propagation d'idées qu'il désapprouve et abhorre est scandaleux et tyrannique."
- "Un État assez étendu pour vous donner tout ce que vous voulez, est assez fort pour vous prendre tout ce que vous avez."



Thomas Jefferson
En France, nous avons eu la chance providentielle de bénéficier durant des siècles d'une telle forme d'État, sous la monarchie tempérée des Capétiens. Preuve qu'un chef d'État au pouvoir limité n'est pas le signe de la faiblesse d'une nation. Bien au contraire !
À Venise, le doge (du latin dux, chef) était élu à l'issue d'un scrutin dont le tirage au sort constituait l'une des premières étapes. Il représentait et dirigeait la Sérénissime jusqu'à sa mort. Ses fonctions étaient sctrictement régaliennes : il contrôlait les affaires de l'État et décidait de la paix et de la guerre. Il dirigeait la République avec une assemblée élue, appelée le "Conseil des Dix". 
Bien que chef de l'une des nations les plus riches de l'époque ses pouvoirs étaient extrêmement restreints. Le doge devait dissimuler ses armoiries personnelles, ne pouvait accepter de présents, n'avait pas le droit de quitter ses appartements (très réduits) du palais de la place Saint-Marc, sauf autorisation spéciale. Il ne pouvait pas se rendre dans son ancienne demeure, ni aller au théâtre ou au café, et il lui était interdit de quitter le territoire de la cité de Venise (7km/4km). Son épouse devait être vénitienne ! Ni lui ni aucun membre de sa famille n'étaient autorisés à prendre part à une entreprise commerciale. Ses fils ne pouvaient en aucun cas devenir doge. Ses lettres étaient systématiquement censurées et il n'avait pas le droit de communiquer en privé avec les ambassadeurs étrangers. Par-dessus le marché, il devait offrir des fêtes fastueuses sur ses propres fonds. 
Dans la Sérénissime, toute sorte de dictature personnelle était aussitôt tuée dans l'oeuf, y compris par décapitation, comme ce fut le cas pour Maniero Faliero en 1355. Ce système a duré mille ans et a contribué à faire de Venise la plus belle ville du monde, et l'une des plus prospères. C'est un certain général Bonaparte qui, au nom des sacro-saints principes de la Révolution française, y mis fin en 1797. Vint alors l'heure de la dictature, de la perte d'indépendance et du déclin...

Le palais des Doges

Puisque j'ai commencé par l'Amérique, je finirai par deux citations d'un auteur américain, Henry David Thoreau, auteur de La Désobéissance civile (1849), notoirement connu pour son combat contre l'esclavage :

- "L'État n'est pas armé d'une honnêteté supérieure mais d'une force physique supérieure" ;

- "La seule obligation que j'aie le droit d'adopter c'est d'agir à tout moment selon ce qui me paraît juste."

Comme le prouvent tant d'exemples connus, l'État minimum, c'est un maximum de liberté et un maximum de prospérité !

Paul-Éric Blanrue