BLOG DES AMIS DE PAUL-ÉRIC BLANRUE --- ARCHIVES, ACTUALITÉS, PROSPECTIVES --- DÉMYSTIFICATION ET CONTRE-HISTOIRE

vendredi 17 juin 2011

Tandis que Céline est ostracisé par les pouvoirs publics, lisons quelques lignes méconnues d'auteurs encensés par la République. Rien ne vous choque ?

Romain Rolland (prix Nobel) : Je rappelle à tous les hommes libres d'Europe que l'heure est grave pour la liberté et qu'un devoir urgent leur incombe: la Russie est en danger. Une formidable coalition des puissances impérialistes se prépare dans le monde contre l'Union des Républiques soviétiques, sous la poussée de l'Empire britannique. [...] Si elle est écrasée, ce ne sera pas seulement le prolétariat du monde qui sera asservi, mais toute liberté, sociale ou individuelle (Revue Europe, 15 octobre 1927).

André Malraux: J'accepte les crimes de Staline où qu'ils soient commis (A l'occasion des crimes communistes en Espagne. Cité par René Dazy, Fusillez ces chiens enragés, Orban, 1980).


Henri Barbusse : Qu'on ne se trompe pas sur le sérieux de cet ascendant grandissant qu'exerça Staline, qu'on ne se lance pas à la légère dans les variations bien connues du thème du "pouvoir personnel" et de la dictature. Il ne peut pas y avoir de dictature personnelle dans l'Internationale communiste et en URSS. Il ne peut pas y en avoir parce que le communisme et le régime se dévelop- pent dans des cadres de doctrine extrêmement précis, dont les plus grands sont les serviteurs -    et que le propre de la dictature du pouvoir personnel est d'imposer sa propre loi, son propre caprice, à l'encontre de la loi. [...]
J'ai dit une fois à Staline: "Savez-vous qu'on vous considère en France comme un tyran qui n'en fait qu'à sa tête, et un tyran sanguinaire par-dessus le marché ?" Il s'est rejeté en arrière sur sa chaise, en proie à un gros bon rire d'ouvrier travailleur. [...] Son histoire est une série de réussites sur une série de difficultés monstres. Il n'y a pas une seule année de sa carrière depuis 1917 où ce qu'il a fait n'eût illustré un autre C'est un homme de fer. Son nom le dépeint: Staline - acier. Il est inflexible et flexible comme l'acier. Son pouvoir, c'est son formidable bon sens, l'étendue de ses connaissances, son étonnant rangement intérieur, sa passion de netteté, son inexorable esprit de suite, la sûreté et l'intensité de sa décision, sa perpétuelle hantise de choisir les hommes qu'il faut (Staline, aperçu historique du bolchevisme, Plon, 1935).

Aragon : Quelle est cette flamme au front du cortège 
Cette flamme qui fait pâlir vos brasiers et soudain tout ce qui brûle est un reflet du drapeau rouge 
Les Soviets - partout - les Soviets - partout 
Les Soviets - partout 
Dans la boue drapeau tricolore (Février, revue Commune, mars-avril 1934).
La France, disait Aragon, doit à Staline son existence de nation (D'après Serge Quadruppani, Les infortunes de la vérité, Orban).

Maurice Schumann : Vingt-cinq ans après le coup d'octobre, le b~lan de la Révolution russe, c'est essentielle- ment l'accès à la culture de 150 millions d'hommes et de femmes dont les parents étaient illettrés. On n'imagine pas Révolution à la fois plus nationale et plus profonde (L'Aube secrète de l'armée rouge, L'Aube, 30 novembre 1944).


Paul Eluard : Et Staline pour nous est présent pour demain
Et Staline dissipe aujourd'hui le malheur
La confiance est le fruit de son cerveau d'amour
La grappe raisonnable tant elle est parfaite
Grâce à lui nous vivions sans connaître l'automne
L'horizon de Staline est toujours renaissant [...]
Staline dans le cœur des hommes est un homme
Sous sa forme mortelle avec ses cheveux gris
Brûlant d'un feu sanguin dans la vigne des hommes
Staline récompense les meilleurs des hommes
Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
Car travailler pour vivre est agir sur la vie
Car la vie et les hommes ont élu Staline
Pour figurer sur terre leurs espoirs sans bornes (Poème à Staline, Cahiers du communisme, janvier 1950).


D'après François Brigneau, Avant de prendre congé, tome 1, 1998, Publications FB.